Procédé de prise de mesures du corps humain et de formation d'un mannequin reproduisant exactement ce corps, appareil pour sa mise en aeuvre et mannequin obtenu au moyen de ce procédé La présente invention comprend un pro cédé de prise de mesures d'un corps humain et de formation d'un mannequin reproduisant exactement ce corps, tel que celui d'un individu vivant ou d'un mannequin ou d'une statue, procédé destiné en particulier à l'industrie de l'habillement.
Elle comprend également un appareil pour la mise en ouvre de ce procédé, ainsi qu'un mannequin obtenu au moyen de ce procédé.
Jusqu'à présent, la prise des mesures du corps humain s'effectuait suivant des principes très anciens à l'aide de rubans souples gradués indiquant uniquement les dimensions et non la conformation des diverses parties du corps, l'une par rapport à l'autre.
On a déjà proposé des appareils grâce aux quels on projetait la silhouette vue de face et de côté sur un plan vertical. Bien que, théori quement, plus satisfaisants, ces appareils ne donnaient que des résultats approximatifs en core inférieurs aux données classiques.
Le procédé que comprend l'invention est caractérisé en ce qu'on effectue la prise des mesures en les rapportant à un système de co ordonnées géométriques spatiales matérialisé, par rapport auquel le corps à mesurer est pra tiquement immobilisé, la position dans l'espace de chaque point de la surface du corps étant définie par un groupe de trois coordonnées, et en ce qu'on reconstitue la forme du corps au moyen de palpeurs supportés par une struc ture, le réglage de la position de chacun de ces palpeurs étant effectué en fonction de la valeur numérique des coordonnées déterminées pour le point correspondant au moment de la prise des mesures du corps.
L'appareil, qui comprend aussi l'invention pour la mise en ouvre de ce procédé, est ca ractérisé par un système de coordonnées géo métriques spatiales matérialisé, comportant des touches supportées par une structure. Ce sys tème de coordonnées peut être un système car tésien à trois directions de référence, ces trois directions, ou deux seulement, pouvant être perpendiculaires, ou bien un système de coor données polaires dans l'espace, ou tout autre système convenable.
Le mannequin que comprend aussi l'inven tion, obtenu au moyen du procédé cité, est ca ractérisé par des palpeurs répartis dans des plans horizontaux et verticaux, eux-mêmes ré partis aux niveaux et aux écartements voulus, et mobiles axialement et immobilisables en po sition, leurs extrémités portant des glissières assurant le guidage de bandes souples dont l'ensemble constitue une surface plus ou moins discontinue reproduisant celle du corps mesuré.
Dans une première forme d'exécution de l'appareil, le système de coordonnées est un système cartésien à trois axes de référence. Une première direction d'axe est donnée par les montants verticaux d'une cage, ces montants étant gradués et servant de guides à des règles horizontales, elles-mêmes graduées et mobiles parallèlement à elles-mêmes, donnant la direc tion du second axe de référence. Sur ces règles se déplacent enfin des sabots dans lesquels coulissent des tiges perpendiculaires au plan déterminé par les deux directions précédentes. Ces tiges, également graduées, portent des touches destinées à être mises au contact du corps à mesurer.
Dans ces conditions, chaque mesure est caractérisée par trois nombres, qui constituent son repérage univoque dans l'espace, à savoir une mesure verticale sur les montants de la cage, à partir du sol, par exemple, une mesure horizontale sur une règle à partir d'un desdits montants et une mesure horizontale sur une tige située en un point déterminé de cette règle horizontale.
Dans une autre forme d'exécution de l'ap pareil, à système de coordonnées polaires, une première direction est donnée par un axe ver tical unique servant simultanément d'axe de rotation à un cadre, l'angle de rotation de ce cadre par rapport à une position repère cons= tituant une seconde variable.
Sur ce cadre sont également disposées des tiges graduées munies de touches. Chaque me sure est alors caractérisée par la position angu laire du cadre, la hauteur de la touche au-des sus du sol par exemple, et l'enfoncement de sa tige, soit un groupe de trois nombres comme précédemment.
Selon une forme d'exécution réunissant les caractéristiques des deux précédentes, le cadre peut être fixe, constituant un bâti vertical le long duquel coulissent des règles circulaires dans des plans horizontaux, servant elles-mê mes de guides à des tiges munies de touches.
Chacun des groupes de trois nombres ainsi relevé pour chaque point mesuré permet de si- tuer dans l'espace le point du corps correspon dant et l'ensemble de tous les pointages effec tués permet une représentation spatiale de ce corps.
Cette représentation en forme d'un man nequin peut être obtenue selon un principe identique, à savoir, par rapport à un système de coordonnées convenable dont la matériali sation constitue une réplique complémentaire d'une des matérialisations précédentes. C'est- à-dire qu'à la place du corps mesuré, ce man nequin comporte le même nombre de palpeurs que pour la prise de mesures et dans une po sition telle que les palpeurs de mesure viennent leur correspondre exactement en opposition.
Par exemple, on peut assembler une série de profils matérialisés dans des plans parallè les, chaque profil étant constitué par une pla que, par exemple en carton, définie par les mesures prises dans le plan considéré.
Cet assemblage peut être réalisé dans les plans horizontaux et / ou verticaux, et il cons titue déjà un véritable mannequin identique au corps mesuré.
Dans une forme d'exécution du mannequin que comprend l'invention, les palpeurs sont répartis dans des plans horizontaux et verti caux, eux-mêmes répartis aux niveaux et aux écartements convenables, ces palpeurs étant mobiles axialement et capables d'être immobi lisés en position, leurs extrémités portant des glissières assurant le guidage de bandes souples dont l'ensemble constitue une surface plus ou moins discontinue à l'image de celle limitant le volume du corps à reproduire.
Les plans dans lesquels se déplacent les palpeurs peuvent être concrétisés par des pla ques en carton, bois, métal ou matière plasti que, portant des moyens de guidage des pal peurs et mobiles, d'une part le long d'un axe vertical, d'autre part le long de certains axes horizontaux répartis aux emplacements voulus, en particulier aux épaules.
Dans les deux cas précédents, l'extrémité des palpeurs porte des glissières servant au maintien de bandes souples, par exemple en matière plastique, de telle sorte que ces bandes peuvent coulisser dans ces glissières. L'ensem- ble de ces bandes forme une surface discon tinue qui suffit à constituer la forme du man nequin.
Le dessin annexé représente, à titre d'exem ple, quelques formes d'exécution de l'appareil que comprend l'invention, ainsi qu'une forme d'exécution du mannequin que comprend aussi l'invention.
La fig. 1 est une vue de face d'une pre mière forme' d'exécution de l'appareil selon l'invention. La fig. 2 en est une vue de profil. La fig. 3 en est une vue partielle agrandie en perspective.
La fig. 4 est une coupe horizontale d'un groupe de deux appareils, analogues à celui des fig. 1 à 3, délimitant un individu.
La fig. 5 est une vue de face d'une seconde forme d'exécution de l'appareil.
La fig. 6 est une vue à plus grande échelle des détails de cette seconde forme d'exécution. La fig. 7 est une vue perspective d'une troisième forme d'exécution de l'appareil.
La fig. 8 est une vue perspective à plus grande échelle d'un détail de cette forme d'exé cution. La fig. 9 représente en perspective à grande échelle un organe de cette forme d'exécution. Les fig. 10 et 11 représentent schématique ment deux autres formes d'exécution de l'appa reil. .
La fig. 12 montre schématiquement une forme d'exécution du mannequin que com prend aussi l'invention.
La fig. 13 est une vue perspective d'un dé tail de ce mannequin.
La fig. 14 illustre schématiquement un au tre détail dudit mannequin.
Dans l'appareil représenté en fig. 1 à 4, 1 et l' sont deux colonnes verticales soutenues par un pied 2. Le long de ces colonnes verti cales coulissent des sabots 3 de chaque côté de chacun desquels sont soudées des tiges 4, 4' dont chaque couple est situé dans un plan horizontal. Sur chacune des tiges 4' coulissent des sabots 5 portant chacun, dans un plan ver tical, deux manchons 6 et 6'. Enfin, dans cha cun des manchons 6 coulisse une tige 7 termi née à son extrémité par une touche 8.
Les co lonnes, 1, l', les tiges 4, 4' et les tiges 7 sont graduées, de telle sorte que pour chaque point de l'espace, une touche 8 peut être amenée en ce point, qui est alors défini par les graduations lues sur la colonne, la tige 4 correspondante et la tige 7 correspondante. Le rôle des doubles colonnes 1, des doubles tiges 4 et des doubles manchons 6 est d'assurer un guidage précis de chacun des éléments coulissant dans son plan respectif.
Comme on le voit sur la fig. 2, si l'on con sidère un profil vertical tel que celui de la sil houette 9, il est défini par une série de points <I>8a, 8b, 8c, 8d,</I> 8e, c'est-à-dire autant de grou pes de trois mesures lues sur les colonnes 1, les tiges 4 et les tiges 7. L'ensemble des pro fils pris de face et de dos dans une série de plans verticaux détermine donc un volume avec d'autant plus de précision que les plans verticaux considérés seront plus rapprochés.
Il en est de même pour les profils horizon taux déterminés également de face et de dos, comme il est représenté sur la fig. 4. Sur cette figure, on a représenté deux appareils tels que le précédent, comportant, le premier les élé ments 1 à 8, le second des éléments correspon dants, 11 à 18. On détermine ainsi une série de profils horizontaux 19, dont l'ensemble constitue, seul ou en combinaison avec les profils 9, une représentation spatiale du vo lume de l'individu mesuré.
Cette représentation spatiale constitue en elle-même un mannequin assez précis. On peut obtenir une représentation plus précise encore, et durable, en utilisant un appareil semblable dans lequel des palpeurs seraient situés à l'em placement de l'individu 9, 19, en opposition aux touches 8, 18. Le même appareil peut convenir puisque, les tiges 7 ayant toutes la même longueur, leur extrémité 10 opposée aux touches 8 donne le profil recherché.
Dans l'appareil des fig. 5 et 6, des colonnes verticales 20, 20' soutenues par des supports 21, au lieu d'être situées au centre de tiges 4, supportent des sabots 22, portant à leur tour chacun un couple de tiges 23, 23'. Sur cha cune des tiges 23 coulisse un manchon 24 por tant lui-même un manchon 25 et un manchon 25' situés dans le même plan vertical. Dans le manchon 25 coulisse enfin une tige 26 termi née par une touche 27. Le rôle des éléments 20 à 27 est le même que celui des éléments 1 à 8 de l'appareil précédent.
On remarquera ce pendant que chaque couple successif de tiges 23, 23' est porté par un seul sabot 22, et que ces sabots 22 eux-mêmes coulissent alternati vement sur la colonne 20 et sur la colonne 20'. De cette sorte on peut rapprocher les couples 23, 23' l'un de l'autre au maximum sans être gêné par la hauteur des sabots 22. L'appareil des fig. 7 à 9 comporte une cage constituée par deux cadres identiques 30 et 30' fixés à une base 31 pouvant s'ouvrir pour laisser passer le sujet. Chacun des cadres 30, 30' est analogue en principe à celui de la fig. 5, avec cette diffé rence que les règles horizontales 32 sont main tenues à chacune de leurs extrémités par les montants verticaux 33, par un système de cré maillères.
Sur chacune des règles 32 se déplace un curseur 34 représenté plus en détail sur la fi-. 9 et comportant un logement pour une réglette 35 portant une touche 36. L'ensemble du curseur 34 et de la réglette 35 peut être immobilisé sur la règle 32 par une vis 37 comme on le voit sur la fig. 9. En effet, la règle 32 est creuse et comporte à l'intérieur une tige circulaire 38 sur laquelle s'appuie la partie supérieure 39 du curseur 34 de telle sorte que, par rotation de la vis 37, celle-ci appuie tout d'abord sur la réglette 35 qui, à son tour, appuie contre le bord inférieur de la règle 32, le cur seur étant guidé dans son mouvement de trans lation par la tige 38.
Une règle 40 située à la partie supérieure de la cage peut supporter un palpeur vertical pour prendre les mesures dans cette direction. Une fois les mesures prises, on écarte les deux moitiés de cette cage, les tou ches respectives portent les profils de face et de dos. Dans la forme d'exécution représentée sur la fig. 11, une cage 41 porte des règles 42 cir culaires dans des plans horizontaux, des pal peurs 43 étant dirigés vers un axe fixe 44. Dans la forme d'exécution représentée en fig. 10, au tour d'un axe 45 tourne un cadre 46 portant des touches 47, l'angle dont tourne le cadre étant indiqué par une graduation 48.
Dans les différentes formes d'exécution de l'appareil, chaque point de l'espace est ainsi défini par un groupe de trois nombres, soit trois longueurs, soit deux longueurs et un angle, qui le déterminent sans ambiguïté. En prenant ces nombre ou les compléments de ces nombres par rapport à un repère, on obtient des mesures permettant de déterminer de façon également unique un mannequin positif qui sera alors ma térialisé, soit par des palpeurs, soit par des pro fils parallèles horizontaux et/ou verticaux, soit par une surface délimitée par ces palpeurs ou ces profils.
Les fig. 12 à 14 représentent une forme d'exécution du mannequin obtenu par ledit pro cédé. 50 sont deux axes verticaux le long desquels sont mobiles des plateaux horizontaux 51. Les axes 50 sont articulés sur des rotules 52 par rapport à un pied fixe 53. Vers la partie supé rieure des axes 50 est monté au moins un axe horizontal 54 qui permet le déplacement de plateaux verticaux 55.
Sur chaque plateau 51 sont disposés des moyens de guidage 56, ici des manchons, mais qui pourraient être de simples griffes, dans les quels se déplacent des palpeurs 57 disposés dans des plans verticaux passant par l'un ou l'autre des axes 50, ces palpeurs étant terminés par des glissières 58 dans lesquelles passent des bandes 59 en matière plastique.
Comme on le voit sur la fi-. 12, l'ensemble des glissières 58 détermine le trajet d'un en semble de bandes 59 qui lui-même constitue le mannnequin dont les dimensions et la confor mation dépendent du réglage des palpeurs 57. Ce réglage est fonction des mesures prises sur le sujet à l'aide de l'une des formes d'exécution de l'appareil que comprend l'invention. On notera que la .conformation du cou et des épaules, particulièrement délicate à repro duire, est obtenue grâce à la combinaison des plateaux 55 mobiles horizontalement sur l'axe 54. Ces plateaux portent des palpeurs munis de glissières dans lesquelles coulissent des ban des 60 éventuellement complétées par des pla quettes 61 articulées sur des charnières et cons tituant la totalité de la surface du cou.
Par ailleurs, des moyens mécaniques per mettent le déclenchement des palpeurs. Comme on le voit, ceux-ci sont poussés vers l'extérieur par des ressorts 62 contenus dans les manchons 56. Chaque palpeur comporte des alvéoles 63 et peut être immobilisé dans autant de positions qu'il y a d'alvéoles à l'aide d'un ergot 64 à l'extrémité d'une tige 65 articulée en un point du plateau 51. Un système de câbles flexibles 66 permet de commander l'inclinaison des ti ges 65 au moment voulu et par suite d'immo biliser les palpeurs 57 au développement voulu. Ces câbles flexibles 66 peuvent être réunis et manoeuvrés de l'extérieur du mannequin dont ils sortent en 67.
Ou bien on peut prévoir un système de déclenchement simultané. De même, l'inclinaison des axes 50 sur les rotules 52 peut être bloquée de l'extérieur par un système à vis conique.
Le mannequin pourrait encore comprendre une pellicule de matière souple destinée à être disposée sur les palpeurs afin de reproduire la forme du corps mesuré.