Echappement mécanique La présente invention a pour objet un échappement mécanique, notamment pour ap pareil de retardement de précision. Cet échap pement est du type comprenant un organe régulateur oscillant, soumis à l'action d'au moins un ressort de rappel. On connaît déjà de tels échappements, dans lesquels l'organe régulateur est constitué par un balancier muni d'un spiral et entraîné par l'intermédiaire d'une ancre, par exemple.
Ces échappements présen tent toutefois l'inconvénient que la période d'oscillation du balancier ne peut pas descendre au-dessous d'une certaine limite, qui est de l'ordre d'un vingtième de seconde. Or, pour certaines applications et spécialement dans les appareils de retardement de précision, il serait souhaitable de posséder un échappement dont l'organe oscillant vibrerait très rapidement, afin de pouvoir émettre des impulsions électriques de durée très courte, avec une précision de l'ordre d'un ou deux centièmes de seconde.
De plus, un tel mécanisme devrait être capable de supporter des vibrations et des accélérations importantes, telles que celles qui se produisent dans les avions à réaction, sans que son fonc tionnement en soit compromis. Enfin, la pé riode d'oscillation dudit organe devrait être pratiquement indépendante des variations de la force motrice.
L'invention a précisément pour but de fournir un échappement répondant aux condi- tions énoncées ci-dessus. Cet échappement est caractérisé par un mobile d'échappement por tant sur son pourtour une couronne de galets équidistants dont les axes sont parallèles à l'axe dudit mobile, l'organe oscillant étant constitué par une ancre sur les levées de la quelle agissent alternativement lesdits galets du mobile d'échappement lorsque ce dernier tourne sous l'action d'une force motrice, le tout étant conformé et agencé de telle façon que l'ampli tude des oscillations de l'ancre ne soit limitée que par la force de rappel dudit ressort et que la période d'oscillation de l'ancre soit prati quement indépendante des variations de la force motrice.
Le dessin annexé représente, à titre d'exem ple, une forme d'exécution de l'objet de l'in vention. La fig. 1 est une vue en plan de dessus de cette forme d'exécution. La fig. 2 en est une vue en coupe, prise suivant la ligne<I>11-1I</I> de la fig. 1.
L'échappement représenté au dessin com prend deux platines parallèles 1 et 2 qui sont assemblées au moyen de piliers 3. Tous les mobiles pivotent dans ces deux platines. Une première roue dentée 4 est destinée à être entraînée dans le sens horaire de la fig. 1 par une source de force motrice non représentée qui peut être quelconque, par exemple un moteur à ressort. La roue 4 engrène avec un pignon 5 solidaire d'une roue 6, laquelle est en prise avec un pignon 7. L'axe 8 de ce der nier porte un mobile d'échappement qui est constitué par deux plateaux parallèles 9, 10 en forme d'étoiles à cinq branches.
Entre les plateaux 9 et 10, près des extrémités de cha cune de ces branches, pivotent des galets 11 dont les axes sont parallèles à l'axe 8 du mo bile d'échappement, les galets 11 étant équi distants et formant une couronne centrée sur l'axe 8. Le nombre des galets 11 pourrait naturellement être différent de cinq. Les pla teaux 9 et 10 sont chassés sur l'axe 8 de façon à assurer le parallélisme précis des axes des galets 11 avec l'axe 8.
L'organe oscillant est constitué par une ancre 12 chassée sur un axe 13 pivotant dans les platines 1 et 2. L'ancre 12 est formée par une plaquette plane présentant deux oreilles 14 et 15 s'étendant de part et d'autre du plan contenant les axes 8 et 13, et formant levées. La distance entre les axes 8 et 13 est choisie de telle façon que les levées 14 et 15 empiètent sur la trajectoire des galets 11 lorsque l'ancre 12 est dans sa position d'équilibre (position montrée à la fig. 1). L'ancre 12 porte près de l'axe 13 une goupille 16 dirigée vers le haut, à laquelle est attachée une des extrémités d'un ressort à boudin 17 servant de ressort de rappel pour l'ancre 12.
L'autre extrémité du ressort 17 est fixée à une lan guette 18 repliée vers le bas, solidaire d'une plaquette 19 maintenue sur la platine supé rieure 2. La plaquette 19 présente deux rai nures 20 traversées par des vis 21 se vissant dans les piliers 3. Si l'on desserre les vis 21, on peut faire coulisser la plaquette 19 par rapport à la platine 2 et faire varier ainsi la tension du ressort 17, après quoi on resserre les vis 21. Le ressort 17 exerce sur l'ancre 12 une force de rappel tendant toujours à la rame ner dans sa position d'équilibre.
L'échappement décrit fonctionne de la ma nière suivante Comme déjà dit, la roue dentée 4 est en- trainée dans le sens horaire de la fig. 1, de sorte que le mobile d'échappement 9, 10 tend également à tourner dans le sens horaire. La fig. 1 montre l'échappement au moment où le galet 11a de la roue d'échappement entre en contact avec le plan d'impulsion 22 de la le vée 14 et donne une impulsion à l'ancre 12 dans le sens horaire.
A la fin de cette impul sion, le mobile d'échappement 9, 10 continue sa rotation librement pendant un instant, ce qui constitue la chute de l'échappement, puis est brusquement arrêté, car le galet 11 b vient buter sans rebondir contre la face de repos 23 de la levée 15. Comme cette face de repos 23 est une partie de cylindre d'axe 13, l'ancre 12 peut, suivant l'importance de l'im pulsion reçue, continuer sa rotation dans le sens horaire (arc d'oscillation supplémentaire), le galet 11b roulant sur la face de repos 23, ce qui arme le ressort de rappel 17. L'ancre 12 atteint alors sa position d'amplitude maximum, puis revient à sa position d'équilibre sous l'ac tion du ressort 17.
Le galet 11b quitte alors la face de repos 23 et entre en contact avec le plan d'impulsion 24 de la levée 15, donnant ainsi à l'ancre 12 une nouvelle impulsion qui la fera tourner, cette fois, dans le sens anti- horaire de la fig. 1. Le mobile d'échappement 9, 10 continue sa rotation librement un instant, puis est brusquement arrêté, car le galet 11c vient buter sans rebondir contre la face de repos 25 de la levée 14.
Cette face 25 étant également une partie de cylindre d'axe 13, l'ancre 12 peut, suivant l'importance de l'im pulsion reçue, continuer sa rotation dans le sens antihoraire, le galet 11c roulant sur la face de repos 25, ce qui arme le ressort de rappel 17. L'ancre 12 atteint ensuite sa posi tion d'amplitude maximum, puis revient à sa position d'équilibre sous l'action du ressort 17. Le cycle décrit recommence alors de la même façon.
Il résulte de ce qui précède que, pour une impulsion donnée, l'amplitude des oscillations de l'ancre 12 n'est limitée que par la force du ressort de rappel 17 et non par le mobile d'échappement. Par suite, s'il y a variation de la force motrice, il y a variation de l'amplitude de l'ancre, mais la durée de la période d'oscil- lation est pratiquement constante (isochronisme des oscillations). Pour modifier la période d'oscillation, il suffit de changer la tension du ressort 17, en procédant comme indiqué plus haut.
Le ressort 17 pourrait être remplacé par une paire de ressorts à boudin agissant de part et d'autre de l'axe de l'ancre 12, ou encore par un spiral ou une lame-ressort, des moyens permettant de faire varier la force de rappel.
Dès que la force motrice agit sur le mobile d'échappement 9, 10, l'ancre 12 se met à osciller, car les plans d'impulsion 22 et 24 des levées 14 et 15 sont de grandes dimensions et, dans la position de repos de l'ancre 12, ces plans d'impulsion sont placés de telle ma nière qu'il y ait toujours un galet 11 du mobile d'échappement qui se présente sur l'un ou l'autre desdits plans d'impulsion. L'échappe ment est donc autodémarreur, ce qui représente un grand avantage dans la pratique.
L'échappement décrit permet d'obtenir de très grandes fréquences d'oscillation pour l'an cre vibrante 12, atteignant ou même dépassant cinquante oscillations par seconde (c'est-à-dire cinquante cycles ou cent alternances par se conde), de sorte qu'en accouplant ce méca nisme à un train d'engrenages, on peut obtenir des ouvertures ou des fermetures de contacts dans des temps voulus et cela avec une très grande précision. Cette précision est en effet directement fonction de la petitesse de la pé riode de l'organe oscillant 12.