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Fusée électrique pour roquette L'invention a pour objet une fusée électrique pour roquette.
Dans les roquettes à fusée électrique, il est connu de charger, avant le départ du coup ou à l'instant de celui-ci, un condensateur d'alimentation monté sur le projectile, condensateur qui, après le départ du projectile, est relié aux circuits d'allumage de la fusée, circuits qui provoquent l'explosion du détonateur au moment où se produit une impulsion (impulsion de percussion ou analogue) déclenchant la fusée.
Dans de telles fusées, il est prévu, entre le condensateur d'alimentation et les circuits d'allumage de la fusée, un commutateur qui, sous l'action des forces d'inertie mises en jeu lors du départ du projectile, est déplacé de sa position initiale, où il assure la liaison du condensateur d'alimentation avec un contact extérieur servant à la charge de ce condensateur, à sa position finale, dans laquelle il provoque la liaison du condensateur d'alimentation avec les circuits d'allumage de la fusée.
Lorsqu'on a recours aux commutateurs à inertie habituellement utilisés dans les fusées pour roquettes, on obtient des distances de sécurité de bouche pouvant avoir des valeurs très différentes selon la température extérieure, puisque l'accélération initiale des roquettes dépend essentiellement de cette température.
Le but de l'invention consiste à rendre la distance de sécurité de bouche (c'est-à-dire la distance entre la rampe de lancement de la roquette et la position à laquelle celle-ci est armée par l'arrivée du susdit commutateur à inertie en sa position finale) pratiquement indépendante des variations de la température extérieure.
La fusée électrique selon l'invention, comprenant un condensateur d'alimentation destiné à être chargé, au plus tard au moment du départ du projectile, et destiné à être relié, après le départ du projectile, aux circuits d'allumage de la fusée par l'intermédiaire d'un commutateur à inertie comprenant un organe mobile dont le mouvement, de sa position initiale à sa position finale, détermine, par sa durée, la distance de sécurité de bouche, est caractérisée par le fait que l'organe mobile du commutateur à inertie est disposé à l'intérieur d'une enceinte remplie d'un liquide de freinage ayant une viscosité pratiquement indépendante de la température.
De cette manière, pour un commutateur donné, la durée du déplacement de l'organe mobile depuis sa position initiale jusqu'à sa position finale, ne dépend plus que de l'accélération et cette durée est inversement proportionnelle à l'accélération. Pour une faible accélération de la roquette, qui correspond à une température extérieure basse, la durée nécessaire à l'organe mobile pour parcourir la distance entre ses deux positions est supérieure à celle correspondant à une forte accélération, c'est-à-dire à une température extérieure élevée.
De cette façon, on peut obtenir que la distance parcourue par la roquette, durant le court espace de temps nécessaire à l'organe mobile pour passer de sa position initiale à sa position finale, soit pratiquement toujours la même, de sorte que la sécurité de bouche soit assurée, dans tous les cas, jusqu'à ce que la roquette se soit éloignée de sa rampe de lancement d'une distance bien déterminée.
Une forme d'exécution de la fusée électrique selon l'invention est décrite ci-après, à titre d'exemple.
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La fig. 1 du dessin ci-annexé représente un commutateur que comprend cette forme d'exécution, et la fi-. 2 est un graphique illustrant le fonctionnement dudit commutateur.
Le commutateur représenté comporte une enceinte métallique tubulaire 3 dont la paroi extérieure est électriquement reliée à un condensateur d'alimentation de la fusée. A l'intérieur de cette enceinte est disposé un piston mobile 4 qui tient lieu d'organe mobile de commutation, et qui est sollicité par un ressort 5 contre un organe de contact 6 relié électriquement à un conducteur 1 à travers lequel le condensateur peut être chargé de l'extérieur, cet organe de contact étant vissé dans un élément 7 formant fond, en matière isolante. L'élément isolant 7 est fixé solidement et de façon étanche dans l'extrémité inférieure de l'enceinte 3 et isole l'organe de contact 6 de l'enceinte 3.
Le piston 4 tenant lieu d'organe mobile de commutation est muni à sa partie supérieure d'une tige de contact 9 qui, lorsque le piston 4 se déplace vers le haut, entre en contact avec une pièce 10 qui est enchâssée dans une plaque 11 en matière isolante fermant l'enceinte 3 à son extrémité supérieure, Ladite pièce 10 est électriquement reliée, par un conducteur 2, à un dispositif qui provoque l'armement de la fusée en branchant le condensateur d'alimentation sur les circuits d'allumage de la fusée et en le séparant d'avec le conducteur servant à sa charge de l'extérieur.
Au-dessous de la plaque 11 et à l'intérieur de l'enceinte 3 est disposée une pièce métallique 12 dont le fond est percé dans son milieu de manière à présenter un orifice de guidage 13 pour la tige de contact 9. Ledit fond, qui comporte encore des trous 14 disposés autour dudit orifice de guidage 13, forme surface d'appui pour l'extrémité supérieure du ressort 5.
L'intérieur de l'enceinte 3 est rempli d'un liquide dont la viscosité est pratiquement indépendante de la température et qui exerce sur le piston un effet de freinage lors du déplacement de celui-ci de sa position initiale (représentée sur la fig. 1) à sa position finale pour laquelle la tige de contact 9 est appliquée contre la pièce 10. On utilise avantageusement comme liquide de freinage une huile de silicone.
Lorsque le commutateur est dans sa position initiale représentée fig. 1, le conducteur de charge 1 est relié au condensateur d'alimentation, mais celui-ci est séparé de la pièce 10. Par contre, pour la position finale de l'organe mobile 4, 9, le conducteur d'alimentation 1 est séparé du condensateur qui est alors relié au dispositif qui provoque l'armement de la fusée, en empruntant au condensateur d'alimenta- tion une partie du courant qu'il a emmagasiné lors de sa charge précédente.
Le graphique de la fig. 2 illustre le fonctionnement du commutateur à inertie qui vient d'être décrit et qui a pour mission de rendre pratiquement constante la distance de sécurité de bouche, quelle que soit la température extérieure. La longueur de cette distance de sécurité dépend du réglage de la tension initiale du ressort 5 (tension réglable par un vissage plus ou moins profond, dans le cylindre 3, de l'organe de contact 6 sur lequel repose le piston 4 en sa position initiale), de la caractéristique du ressort, de la viscosité du liquide de freinage, du jeu entre le piston 4 et le cylindre 3, de la masse de l'organe mobile 4, 9, de la longueur du chemin que doit parcourir cet organe pour passer de sa position initiale à sa position finale, etc.
En agissant sur ces différents facteurs, il est possible de régler avec précision, à volonté, la distance de sécurité.
Sur le graphique de la fig. 2, les abscisses représentent la distance de sécurité, en mètres (m) et les ordonnées, le temps mis pour parcourir cette distance, en seconde (s). Sur ce graphique, sont dessinées trois courbes x, y, z, qui représentent la fonction temps-espace d'une roquette pour trois températures extérieures différentes.
La première courbe, x, est relative à une température extérieure de - 250 C, pour laquelle on suppose l'accélération initiale voisine de 50 g. La seconde courbe, y, est relative à une température extérieure de + 150 C ,(accélération initiale de l'ordre de 100 g) et la troisième, z, à une température extérieure de -f- 500 C (accélération initiale de l'ordre de 200 g).
Sur chacune de ces courbes on a indiqué, respectivement, par les points x1 , xq ; y1 , y2 ; et z1 , z.> , les distances de sécurité de bouche pour deux réglages différents du commutateur à inertie. Il est bien visible sur le graphique que les points x1 , y, et z1 , correspondant à un réglage bien déterminé du commutateur, représentent toujours une distance de sécurité de bouche d'environ 50 mètres, malgré les très fortes différences des températures extérieures. De même, les points x2, y@, z2, correspondant à un second réglage du commutateur, représentent une distance de sécurité voisine de 100 mètres.