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Projectile La présente invention a pour objet un projectile qui peut constituer, par exemple, une bombe aérienne, destiné à être propulsé en vol par la réaction produite par l'éjection d'un fluide à l'arrière du projectile suivant des directions divergentes entre elles vers l'arrière et distribuées symétriquement autour de l'axe longitudinal du projectile agencé de manière que le fluide propulseur sorte du projectile à une certaine distance en avant de son extrémité postérieure, et susceptible d'être lancé de manière à sortir avec une vitesse initiale déterminée d'un dispositif de lancement.
Un projectile de ce type peut être propulsé par éjection de gaz, mais il est évident que ce projectile pourrait être, par exemple, un projectile sous-marin. De même, le fluide propulseur pourrait être un liquide.
Lorsqu'un projectile de ce genre n'est pas muni d'un dispositif quelconque de commande de direction, la trajectoire qu'il décrit est déterminée par la manière dont il est lancé, le mode d'éjection du fluide, la forme du projectile et la distribution de sa masse, ainsi que par les perturbations qui peuvent se trouver dans le milieu ambiant. Si on ne tient pas compte de ces perturbations, il doit être théoriquement possible de lancer successivement une série de projectiles identiques, d'une manière identique et d'amener ainsi tous les projectiles à atteindre le même point.
Toutefois, dans la pratique, il est impossible de réaliser un certain nombre de projectiles absolument identiques entre eux, et par ailleurs des projectiles très semblables ne se comportent pas exactement de la même façon. En particulier, la direction d'éjection du fluide par rapport à l'axe du projectile, ainsi que la vitesse d'éjection s'écartent de façon variable de la normale, et, par conséquent, diffèrent d'un projectile à l'autre. L'invention a pour but de réduire considérablement ou de rendre même négligeable l'effet de petits défauts soit dans la construction du projectile lui-même, soit dans l'éjection du fluide, sur la trajectoire désirée du projectile.
Le projectile pourrait comprendre aussi un dispositif de commande de direction, un tel dispositif de commande étant généralement utilisé non pour compenser les défauts de précision, mais pour guider le projectile.
Quand le projectile est une bombe, celle-ci peut être lancée par un canon avec une certaine vitesse initiale et être entraînée de façon auxiliaire pendant au moins une partie de son vol par autopropulsion. Jusqu'à présent, dans les projectiles usuels de ce genre, le fluide destiné à la propulsion est éjecté habituellement à l'extrémité de la queue, et ceci se révèle une cause de fonctionnement imprécis, principalement parce qu'un léger défaut d'orientation dans la direction d'éjection a pour effet une poussée réactionnelle qui communique à l'engin un moment de basculement sensible.
Il a été proposé d'effectuer l'éjection de fluide le long de directions divergeant entre elles vers l'arrière autour de l'axe longitudinal du projectile, le fluide sortant du projectile à une certaine distance en avant de son extrémité postérieure. Cependant, dans cette solution, le point dit de convergence où se rencontrent lesdites directions divergentes quand on les prolonge vers l'avant, coïncidait avec le centre de gravité du projectile.
11 résulte des recherches effectuées par le titulaire qu'il est nécessaire, pour que les petites imprécisions aient un effet très faible ou même négligeable, non seulement que le fluide sorte en jets
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divergeant symétriquement à partir d'un point situé à une certaine distance en avant de l'extrémité arrière du projectile, mais aussi de choisir la position de ce point de convergence par rapport à un certain point dénommé ci-après point de rotation .
Ce point est celui sur lequel doit agir toute force propulsive oblique destinée à communiquer au projectile un mouvement linéaire comprenant une composante transversale, mais non accompagné d'un mouvement angulaire autour d'un axe transversal à l'axe longitudinal du projectile. Ce point ne peut être déterminé d'une façon directe par essai avec le projectile au repos, étant donné que sa position est variable suivant la force propulsive et la vitesse du projectile. Nous allons voir comment il peut être déterminé.
Il est possible également de déterminer le point neutre du projectile. C'est un point de l'axe longitudinal du projectile, sur lequel agit la force de poussée de l'air quand le projectile se trouve dans un courant d'air en mouvement par rapport à lui suivant une direction inclinée par rapport à son axe longitudinal. On peut trouver le point neutre, par exemple, en plaçant le projectile sur un support à la Cardan dans un courant d'air constant, établi, par exemple, dans une soufflerie, et en changeant la position du projectile sur son support jusqu'à ce qu'il n'ait plus tendance à piquer du nez dans le courant et se trouve en équilibre indifférent.
Pour que le projectile se propulse le nez en avant en équilibre stable quand aucune force propulsive ne s'exerce, le centre de gravité doit être situé en avant du point neutre et c'est le cas dans le projectile suivant l'invention. C'est à cause du fait que le point neutre ne coïncide pas avec le centre de gravité que le point de rotation a une position variable.
Si la force propulsive ne provoque pas d'accélération, il s'ensuit que le projectile se déplace dans l'air dans les conditions où il se trouvait dans le courant d'air ci-dessus et le point de rotation est placé au point neutre. Mais si la force est suffisante pour entraîner une accélération, le point de rotation est alors déplacé du point neutre vers le centre de gravité, sans jamais aller au-delà, dans une mesure qui est déterminée par l'accélération et la vitesse du projectile. Le point neutre étant, dans le projectile suivant l'invention, placé en arrière du centre de gravité, le point de rotation se trouve aussi en arrière du centre de gravité.
Quand on possède la position du centre de gravité, du point neutre, et les indications sur la vitesse et l'accélération du projectile pendant tout le temps où une force propulsive s'exerce sur le projectile en vol, il est possible de déterminer analytiquement par les lois de l'aérodynamique la petite zone dans laquelle se déplace le point de rotation pendant le vol. Cette analyse permet de trouver une position fixe du point de rotation pour laquelle le projectile se comporte sensiblement comme un projectile dont le point de rotation se déplace dans ladite zone. On appelle point de rotation effectif cette position fixe.
Dans cette analyse, on doit prendre en considération principalement la première partie du vol du projectile, étant donné que l'effet d'un défaut de précision provoquant une déviation du projectile est d'autant plus grand que la distance parcourue ensuite par le projectile jusqu'à son objectif est plus grande.
Le projectile suivant l'invention est caractérisé en ce qu'il est agencé de manière que son point neutre soit disposé en arrière de son centre de gravité, et que le point de convergence des directions d'éjection du fluide soit disposé en arrière du point de rotation effectif, mais en avant du dernier quart de la surface du projectile en élévation latérale.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution du projectile selon l'invention et des diagrammes explicatifs.
La fig. 1 est une vue en élévation de cette forme d'exécution.
La fig. 2 en est une coupe longitudinale partielle à plus grande échelle.
Les fig. 3 à 7 sont les diagrammes explicatifs.
Le projectile représenté aux fig. 1 et 2 est destiné à être tiré d'un appareil analogue à un canon. Il comporte une tête 2, pourvue d'un diaphragme 3 qui la sépare, en une partie avant et une partie arrière. La partie avant de la tête contient une charge d'explosif 8 avec une fusée d'obus logée dans un nez 20. La partie arrière est constituée par un corps résistant à la pression, dans lequel est logé un agent de propulsion 10, de la cordite, par exemple, disposé autour de l'extrémité antérieure d'un tube 4. Ce tube se prolonge en arrière de la tête, en formant une queue qui porte, à son extrémité postérieure, un empennage stabilisateur 6, en forme de tambour légèrement divergent vers l'arrière.
Le tube 4 a une certaine longueur et, quand on doit tirer le projectile, on introduit le tube avec sa queue 6 dans le canon, en adaptant dans la queue une broche en forme de tige, non représentée. A l'extrémité antérieure du tube est placée une charge 9 qui est allumée par un mouvement de la broche vers l'avant. L'allumage de cette charge produit une poussée vers l'avant, communiquée au projectile, qui est ainsi lancé hors du canon avec une certaine vitesse initiale. En même temps, le gaz enflammé provenant de la charge 9 passe à travers des trous 11 et allume de la poudre 13 placée dans une rainure creusée dans l'agent de propulsion 10.
De cette façon, l'agent de propulsion 10 lui-même est enflammé et se met alors à brûler en donnant du gaz qui engendre une poussée de réaction qui propulse le projectile et l'accélère davantage.
Il peut arriver que le projectile quitte le canon avant que l'agent 10 brûle de façon convenable. Pour éviter que la régularité de mouvement et la stabilité de vol du projectile soient altérées au moment du lancement, le temps de mise à feu de la charge de propulsion doit être synchronisé avec celui
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de la charge primaire ou de lancement. On peut atteindre ce résultat par un agencement permettant de communiquer l'ignition initiale à la charge de propulsion et de là à la charge de lancement.
Ceci revient à dire que la charge de propulsion est allumée par un dispositif de commande externe, et la charge de lancement est allumée soit directement par l'ignition initiale de la charge de propulsion, soit par une amorce destinée à allumer la charge de propulsion. Ceci veut dire qu'au moment où le projectile quitte le canon, la charge de propulsion est entièrement allumée, et à partir de ce moment la partie initiale du vol du projectile peut être réglée.
Le temps qui s'écoule entre l'allumage des deux charges peut être déterminé à l'avance par un choix d'amorces ou par l'emploi, si cela est nécessaire, d'un retard pyrotechnique, ou il peut correspondre au temps de course de pièces mobiles, par exemple d'un percuteur venant frapper son amorce ou encore au temps mis par la pression pour s'élever suffisamment pour briser un obstacle mécanique. On peut utiliser un moyen électrique pour allumer la première des deux charges.
Au lieu d'employer une broche formant une pièce d'un canon le projectile peut comprendre une broche qui s'adapte dans le tube de queue et porte, à son extrémité postérieure, un obturateur, la charge de lancement étant logée entre l'obturateur et une douille de cartouche. La broche et l'obturateur sont séparés du reste du projectile par l'élévation de pression à l'intérieur du projectile peu de temps après sa sortie du canon.
Le gaz sort par quatorze buses de la tuyère 12, disposées symétriquement autour de la partie arrière de la tête 2. A titre de variante, on peut prévoir un nombre différent de ces buses. Ces buses définissent des passages pour les gaz, inclinés sur l'axe du projectile et disposés sur un cône ayant son sommet en un point 14, qui est le point de convergence. Ces buses sont, considérées individuellement, conver- gentes-divergentes avec un évasement réduit à leur sortie. Cette forme est choisie de manière à diriger le jet de gaz avec plus de précision dans la direction de l'axe de la buse que ne le fait une buse conver- gente-divergente normale.
Le centre de gravité, que l'on peut déterminer facilement, est situé en un point 16 placé dans le premier tiers de la longueur totale de l'engin à partir de l'avant. Le point neutre est indiqué en 18. Le point de rotation effectif est indiqué en 19. A mesure que l'agent de propulsion 10 brûle, la masse du projectile diminue, et le centre de gravité 16 peut changer de position, mais comme l'agent 10 est disposé autour du point 16, la position du centre de gravité n'est guère affectée par la consommation du- dit agent.
Afin de maintenir le centre de gravité en avant du point neutre, et le point de rotation en avant du point de convergence, il est nécessaire de donner au projectile une forme générale convenable et de disposer la réserve de l'agent propulseur de telle sorte que le centre de gravité ne se déplace pas trop vers l'arrière au fur et à mesure que cet agent brûle.
La disposition des diverses parties du projectile est étudiée de façon que la poussée résultante coïncide avec l'axe longitudinal, c'est-à-dire que les buses sont placées symétriquement autour de cet axe. En pratique, cependant, divers types d'erreurs peuvent se présenter comme il est indiqué sur les fig. 3 à 6. Dans chaque figure, deux buses seulement sont représentées à titre d'illustration. L'éjection des gaz à la sortie de ces buses engendre des poussées Tl et T' qui ont une résultante T. Quand il n'y a pas de défauts de précision, Tl et T-2 sont de même grandeur, sont inclinés également par rapport à l'axe longitudinal 2, et se coupent au point de convergence prévu 14 sur l'axe longitudinal.
Sur la fig. 3, Tl présente une erreur de grandeur, tout en ayant une position et une inclinaison correctes. Ce défaut peut provenir d'une combustion irrégulière de l'agent de propulsion, ou de trop grandes dimensions de la buse. Il en résulte que la résultante T est inclinée par rapport à l'axe longitudinal, tout en passant cependant par 14. Sur la fig. 4, Tl présente une erreur d'inclinaison et, par suite, T est à la fois légèrement incliné et légèrement déporté du point 14. Sur la fig. 5, Tl présente une erreur de position et, en conséquence, T est légèrement écarté de l'axe longitudinal et, par suite de 14.
Les erreurs qui apparaissent dans les fig. 4 et 5 peuvent provenir soit d'un défaut d'alignement d'une buse, soit d'un passage irrégulier du gaz dans la buse. Plusieurs erreurs peuvent naturellement s'ajouter. Elles peuvent rester constantes pendant tout le vol ou, au contraire, varier. Cette possibilité de variation, ajoutée à la diversité des types d'erreurs, rend impossible la suppression complète de l'effet des erreurs.
Il peut aussi arriver que le centre de gravité, ou le point neutre, ou les deux à la fois; ne se trouvent pas exactement sur l'axe longitudinal du projectile. Dans ces conditions, comme on le voit sur la fig. 6, l'axe longitudinal réel 24 unissant ces points ne passe pas par le point de convergence 14. De cette manière, T présente un moment par rapport à un point 14' qui se trouve sur l'axe 24, de front avec le point 14.
Par ailleurs, en partant d'une condition dans laquelle le projectile n'a aucune vitesse angulaire ni aucune vitesse latérale, il est possible par une composante de poussée latérale de communiquer à l'engin un mouvement latéral ou de translation, en d'autres termes de le faire dériver, sans lui donner en même temps un mouvement angulaire, c'est-à-dire une rotation. Ceci se produit si la poussée passe par le point de rotation (déterminé par la vitesse linéaire instantanée et l'accélération).
Si la poussée passe par un point situé à une petite distance en arrière du point de rotation, il s'ensuit que le projectile non seulement dérive transversalement, mais aussi tourne dans une direction qui compense cette dérive, et, à
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une certaine distance, sa trajectoire vient couper la trajectoire que le projectile aurait décrite s'il n'avait pas subi à la fois une translation et une rotation. Les déviations dues à cette dérive et à ce changement d'orientation ne peuvent s'annuler sur toutes les distances, étant donné que l'une résulte d'un mouvement linéaire et l'autre d'un mouvement angulaire.
La fig. 7 représente, d'une manière exagérée, une trajectoire A suivie par un projectile qui n'est soumis à aucune dérive ni déviation angulaire, une trajectoire B suivie par un projectile soumis à dérive et une troisième trajectoire C suivie par un projectile soumis à la fois à une dérive et à une déviation angulaire en directions opposées.
En disposant le point de convergence en arrière du point de rotation effectif, on met à profit cette possibilité que la dérive et la déviation angulaire, dues à une composante latérale de poussée, peuvent entraîner des déviations dans des directions opposées. De la sorte, les effets d'une erreur du type représenté sur la fi-. 3 se compensent l'un l'autre.
Sur la fig. 4, la résultante T peut être décomposée en une force du type indiqué sur la fi-. 3 passant par le point 14, plus un petit couple. Les effets de la force passant par 14 s'annulent comme il a été expliqué précédemment. L'importance du petit couple est si faible qu'il n'affecte pas sérieusement la direction de l'engin.
Sur la fig. 5, T peut être décomposée en une force parallèle passant par 14 plus un petit couple dont la grandeur dépend du bras de couple de T autour de 14, c'est-à-dire de la plus courte distance du point 14 à la ligne d'action de T. De façon analogue sur la fig. 6, T peut être décomposée en une force parallèle passant par 14' plus un petit couple.
La force parallèle qui passe par le centre de gravité et le point neutre n'a évidemment aucun effet perturbateur sur la direction du projectile et l'effet du couple est réduit par suite de la petitesse de son bras de couple. - En particulier, on peut remarquer une grande différence entre le bras de couple réduit qui apparaît sur les fig. 4 à 6 et le bras de couple considérable qui existe autour du point de rotation dans un projectile connu, pourvu d'une tuyère dans sa queue, ce bras considérable entraînant un mouvement important de déviation angulaire (avec une dérive qui n'est pas plus grande), par suite d'une erreur semblable d'inclinaison de la poussée engendrée par cette tuyère.
Dans un plan vertical, l'effet des diverses erreurs se superpose, non sur une trajectoire rectiligne, mais sur une trajectoire incurvée déterminée par la force de gravité ainsi que par les conditions prévues de poussée et le mode de lancement ainsi que l'effet de la force de résistance de l'air.
En bref, dans le projectile décrit, la disposition relative des quatre points envisagés (centre de gravité, point neutre, point de rotation effectif et point de convergence) est telle qu'un moment résultant tendant à faire changer le projectile de direction et une composante transversale de poussée provenant d'un défaut de symétrie des poussées engendrées par le gaz traversant les passages de buses, provoquent des dérivations, dues respectivement à un changement de direction et à une translation du projectile, qui se compensent mutuellement et au bout d'un trajet déterminé sont du même ordre de grandeur. Le point de rotation effectif est, comme il a été expliqué ci-dessus, déterminé pour un mode donné de lancement et une poussée donnée.
Si le projectile est tel que la force de propulsion a une durée limitée, on peut arriver à une précision raisonnable pour diverses portées de l'engin en choisissant comme portée déterminée à l'avance la distance atteinte lorsque cesse la force propulsive. Pour des plus longues portées, aucune autre erreur ne peut être introduite par la force propulsive puisqu'elle a cessé, et pour des portées plus courtes l'angle sous- tendu par un objectif donné est plus grand, et par conséquent les erreurs sont de moindre importance.
Le projectile représenté sur la fig. 1 donne un exemple de l'ordre des dimensions en ce qui concerne la taille du projectile, et les distances comprises entre le centre de gravité, le point neutre et le point de convergence. La longueur hors tout du projectile de la pointe 25 du nez au bout de la queue 22 peut être de 34,9 cm, la distance de la pointe 25 au centre de gravité 16 de 10,8 cm, la distance de la pointe 25 au point neutre 18 de 14,6 cm, et la distance de la pointe 25 au point de convergence 14 de 14,1 cm. En pratique, l'agent de propulsion du projectile brûle d'une façon régulière, jusqu'à épuisement brusque en un point intermédiaire du vol du projectile.
Depuis le lancement et jusqu'à ce que ce point intermédiaire soit atteint, le point de rotation reste considérablement en avant du point neutre par suite de l'accélération qui se maintient jusqu'à l'épuisement de l'agent de propulsion. Ensuite, la poussée cesse et, de ce fait, ne peut provoquer aucune nouvelle erreur. Cependant, la déviation finale du projectile de son objectif dépend de la distance qu'il doit encore parcourir dans son vol au- delà du point intermédiaire.
Dans la construction d'autres projectiles analogues, il est naturellement possible de déterminer la position du point neutre et aussi une petite zone, dans laquelle se trouve le centre de gravité. Il est alors possible, comme on l'a vu, de déterminer la position du point de rotation effectif pour un mode particulier de lancement et une poussée donnée, et d'agencer les buses de manière que le point de convergence se trouve à une distance telle en arrière du point de rotation que les effets des erreurs se compensent mutuellement comme il a été décrit. II est préférable d'utiliser l'analyse théorique seulement en vue de donner au point de convergence une position approximative et de trouver ensuite la position optimum par simple expérience.
Ceci implique d'essayer un petit nombre de séries de projectiles identiques, sauf que leur point de convergence est placé
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dans une position légèrement différente dans chaque série. On obtient très facilement ces différentes positions en modifiant l'inclinaison des buses sur l'axe longitudinal, ce qui a pour effet de modifier la position du sommet du cône suivant lequel sont distribuées les buses de la tuyère. La dispersion de chaque série au lancement est mesurée et on retient pour l'utilisation future les dimensions de la série donnant la plus faible dispersion.
On peut construire des projectiles analogues à celui décrit, mais présentant un grand nombre de formes et de dimensions différentes, de sorte que pour créer des formes et des dimensions nouvelles, ce mode de détermination expérimentale se révèle en général plus rapide que les calculs théoriques poussés.
Un effet secondaire, provenant d'une différence dans la direction ou le débit des décharges de gaz par des buses opposées de chaque côté du projectile, est que deux parties opposées du stabilisateur de queue (considéré comme symétrique autour de l'axe longitudinal du projectile) se trouvent dans des parties du sillage (formé par la combinaison des filets d'air s'écoulant sur l'engin et du gaz sortant des buses) qui ne sont pas symétriques autour de l'axe longitudinal du projectile. Il en résulte, en particulier, que les deux parties opposées du stabilisateur de queue sont soumises à des forces dues à l'air dont les composantes transversales ne sont pas égales et opposées.
La différence entre ces composantes n'exerce qu'un effet réduit sur la dérive, mais, par suite de son grand bras de moment, elle peut avoir un effet appréciable sur la direction de l'engin. Cet effet s'ajoute alors à celui qui est dû à l'asymétrie des poussées des buses et qui tend à modifier la direction angulaire. Le stabilisateur peut, soit augmenter, soit diminuer l'effet total de déviation angulaire suivant l'angle que font les plans des ailettes de stabilisation avec l'axe du projectile et suivant la position du stabilisateur par rapport aux buses. Au cours de l'expérience, on tient compte automatiquement de cet effet secondaire.
L'angle des surfaces du stabilisateur par rapport à l'axe du projectile détermine également la résistance à l'avancement exercée par le stabilisateur, et on doit trouver un compromis entre plusieurs exigences : opposer une faible résistance pendant la combustion de l'agent de propulsion, puis une faible résistance après l'épuisement de cet agent, et exercer l'influence qui peut être souhaitable sur l'effet de déviation angulaire produit par une erreur donnée dans l'éjection des gaz.
Dans certaines circonstances, il peut être possible de se dispenser tout à fait d'un stabilisateur de queue, ou de le remplacer par un renflement ou un agrandissement conique au bout du tube de queue. Ses dimensions peuvent être inférieures à la moitié du diamètre de la partie principale du projectile.
Si la queue d'un projectile est, proportionnellement à son corps, plus grande que la queue du projectile représenté sur la fig. 1, le point neutre peut alors être placé plus loin en arrière, et le centre de gravité peut aussi être plus loin en arrière. Toutefois, dans tous les projectiles du type décrit, le point de convergence se trouve en avant du dernier quart de la surface du projectile en élévation latérale.
L'effet stabilisateur de la position et de l'orientation des buses 12 est accru par le fait que le stabilisateur de queue 6 est un tambour ouvert qui est légèrement divergent vers l'arrière. L'emploi d'un tel stabilisateur de queue réduit l'effet progressif de changement d'orientation, de telle sorte qu'il compense plus exactement la dérive par translation, quelle que soit la portée de l'engin.
Au lieu d'un agencement circulaire de buses 12, on peut utiliser, pour la sortie des gaz, un orifice ou passage annulaire, entourant le projectile et interrompu seulement par des cloisons radiales. Ceci permet d'avoir la même surface d'écoulement pour un diamètre total plus petit.
Dans les projectiles du type représenté, on utilise un agent de propulsion solide. A titre de variante, cet agent peut être liquide et peut nécessiter, ou non, de l'oxygène pour entretenir sa combustion. La source de gaz peut être un brûleur à gaz sous pression. Le gaz peut sortir par décharges successives plutôt que d'une façon continue. Un combustible liquide peut être emmagasiné à une certaine distance de la tuyère ou des buses, par exemple dans le nez d'un projectile à charge creuse, et envoyé de là à un point de combustion par une tuyauterie.
En outre, les projectiles du type décrit peuvent ne pas recevoir d'impulsion initiale par une charge de lancement, mais être accélérés à partir d'une position de repos uniquement par une force quelconque de propulsion par réaction.
Ls moyens décrits ci-dessus pour compenser les défauts de précision sont d'un intérêt particulier en ce qui concerne les projectiles qui, dans leur mouvement, ne tournent pas autour de leur axe longitudinal. Ils s'appliquent aussi aux projectiles qui ont un mouvement lent de rotation et qui, sans les moyens de correction décrits, tendraient à décrire une trajectoire hélicoïdale. On peut provoquer cette lente rotation délibérément par rayage ou par inclinaison des buses ou des surfaces stabilisatrices. De plus, une faible rotation peut provenir d'erreurs dans l'éjection gazeuse, mais ceci est sans inconvénient.
Cependant, le projectile décrit ne peut être du type dans lequel on imprime un mouvement de rotation assez rapide pour avoir un effet stabilisateur gyroscopique, étant donné que les causes d'imprécision envisagées plus haut n'existent pas avec les projectiles doués d'une rotation rapide. Les projectiles porteurs d'une charge creuse n'ont généralement pas une rotation rapide car ceci gêne le succès de l'utilisation de la charge creuse. Si ces projectiles sont munis d'ailettes latérales, ils ne reçoivent pas de rotation de façon délibérée, mais s'ils sont pourvus d'un empennage tubulaire, ils
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peuvent avoir une rotation lente et, dans ces deux cas, ils peuvent être du type décrit.