Procédé pour la construction d'une embarcation légère et embarcation obtenue par ce procédé La présente invention se réfère à la construction d'une embarcation légère, destinée notamment aux plages. De telles embarcations sont très souvent mises en location sur des plages et sont soumises sans ménagements à des conditions d'utilisation très dures, ce qui fait que leur durée d'emploi ne dépasse pas quelques saisons.
L'invention a pour objet un procédé dont le but est de permettre de construire des embarcations de plage possédant notamment les meilleures qualités de légèreté, de solidité, d'étanchéité, de beauté de lignes et d'excellentes qualités nautiques, tout en étant d'une construction simple.
De telles qualités, difficilement conciliables, peu vent être judicieusement équilibrées. C'est ainsi que la légèreté est difficilement conciliable avec une construction robuste, qui conduit à construire lourd, surtout pour une bonne étanchéité. D'autre part, la facilité de la construction recherchée pour l'économie du prix de revient conduit à des formes droites nui sant aux qualités nautiques ainsi qu'à la beauté des lignes.
Le procédé suivant l'invention consiste à réaliser les bordés de l'embarcation au moyen d'un cadre de forme et de deux éléments pleins pour lesquels le cadre sert de pièce intercalaire, à réunir lesdits bordés à l'avant et à l'arrière de manière à constituer une armature rigide et à fixer sur le dessus et le dessous de cette armature les éléments constituant respecti vement le pont et le fond de l'embarcation.
Le principal matériau employé dans cette cons truction est avantageusement le bois contre-plaqué et, pour la liaison des divers éléments entre eux, on peut utiliser des liants ou colles possédant les qualités voulues de résistance à l'eau.
On sait que l'action de l'eau et du soleil sur le bois a pour effet de donner des jeux aux assemblages. Dans les constructions conventionnelles, les mem brures et les bordés comportent de multiples joints qui sont maintenus au moyen d'un grand nombre de vis, pointes, chevilles, etc., et ces joints perdent leur. étanchéité au bout de peu de temps. Dans les cons tructions légères, il n'est pas possible de calfater les joints puisque le calfatage n'est applicable et efficace qu'avec des épaisseurs de bois relativement impor tantes et qui, de ce fait, ne peuvent pas être utilisées pour des embarcations légères.
L'entoilage général ou localisé permet de remé dier dans une certaine mesure à ces inconvénients, mais il est coûteux et précaire. D'autre part, la toile s'use rapidement par frottement ou se déchire et, par conséquent, l'étanchéité n'est jamais perma nente. Il en résulte que, dans les embarcations de plage construites suivant les procédés habituels, il est indispensable de prévoir un nable pour pouvoir vider l'eau.
Le procédé suivant l'invention a pour but de permettre de réaliser de telles embarcations très légères sans l'aide d'aucune clouterie ni visserie et de supprimer complètement les membrures et car casses ; il peut éviter ainsi tous les inconvénients signalés ci-dessus. Il peut permettre, en particulier, d'obtenir une étanchéité complète et permanente et, par conséquent, de supprimer tout vidage après uti lisation, donc de rendre inutile l'emploi d'un. nable.
Suivant un mode de misé en aeuvre de l'inven tion, les côtés de l'embarcation sont fabriqués en forme définitive sur moule et les divers éléments intervenant dans la constitution desdits côtés. sont collés au moyen de résines synthétiques polymérisées.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme de mise en oeuvre du procédé faisant l'objet de l'invention.
La fig. 1 est une vue en perspective de différents éléments constituant un côté ou bordé de l'embar cation et du moule destiné au montage ; la fig. 2 est une vue en coupe transversale d'un côté après collage ; la fig. 3 est une vue en plan de l'armature réa lisée ; la fig. 4 est une vue en élévation de la mise en place du dessus et du fond ; la fig. 5 est une vue en coupe transversale relative à cette opération ; les fig. 6 et 7 sont des vues en perspective d'em barcations terminées.
Dans la forme de réalisation représentée, on constitue le cadre de forme au moyen de deux élé ments 1 et 2 ayant les dimensions et le contour cor respondant aux bordés ou côtés de l'embarcation. Ces éléments sont constitués avantageusement au moyen d'un matériau léger, inerte et poreux et qui est utilisé dans le bâtiment pour les isolations pho niques et thermiques. Un tel matériau peut être ployé et découpé pour suivre toutes les courbures voulues sans risque de fente ni de déformation. Conjointe ment avec le cadre de forme, on utilise deux élé ments 3 et 4, par exemple en feuille de contre-plaqué et ayant des formes et dimensions correspondant aux éléments 1 et 2.
Les quatre éléments sont convenablement enduits d'une colle constituée par une résine synthétique polymérisable et, après empilage, sont placés sur un moule 5. Après mise<B>-</B>en place d'un contre- moule 6, on exerce une pression convenable. Le col lage étant terminé, on obtient un des côtés ou bordés de l'embarcation.
La même opération est effectuée, avec des élé ments identiques, pour l'autre côté.
En assemblant ces deux côtés ou bordés, on obtient une armature 7 (fig. 3) rigide.
On effectue ensuite la fixation du dessus 8 et du fond 9 par collage au moyen de résine synthé tique en exerçant une pression entre un moule 10 et un contre-moule 11.
On remarquera que le procédé décrit permet d'obtenir trois zones d'étanchéité 12-13 et 14 (fig. 5). En cas de voie d'eau accidentelle, il restera donc deux zones étanches conservant à l'embarcation une certaine flottabilité malgré le remplissage de la zone accidentée.
On remarquera également que ce procédé permet de donner aux surfaces de collage de grandes dimen- sions grâce à l'épaisseur donnée aux éléments, no tamment aux éléments intercalaires.
D'autre part, le matériau utilisé pour constituer les éléments intercalaires 1 et 2 étant poreux, ce matériau s'imprègne facilement de colle. Le gonfle ment résultant de cette imprégnation est facilement égalisé par la pression exercée lors du collage du dessus et du fond, ce serrage répartissant par ailleurs d'une manière automatique, la colle dans l'intérieur du matériau sans qu'elle soit rejetée. Cet effet est extrêmement intéressant puisqu'il réalise la retenue de la colle à l'endroit voulu, alors qu'autrement tout serrage tendrait à rejeter à l'extérieur un produit qui est indispensable à la solidité de l'ensemble.
De plus, outre son rôle d'agent de collage, la résine synthé tique permet d'obtenir un effet de durcissement du matériau poreux qui transforme ce dernier en un bloc absolument étanche à l'eau.
Outre les qualités indiquées ci-dessus, les embar cations réalisées conformément au procédé décrit présentent l'avantage de pouvoir résister au plein soleil à des températures relativement élevées.
L'embarcation peut être complétée par des quilles d'échouage en nombre suffisant pour la protection des fonds. On peut également prévoir des soutiens intérieurs dans le cas où l'on emploie des contre plaqués de très faible épaisseur pour le dessus et le fond. Une telle construction permet encore d'abais ser le poids de l'embarcation tout en lui conférant une bonne solidité.
Les fig. 6 et 7 montrent à titre d'exemple deux embarcations réalisées suivant le procédé décrit. On a représenté à l'arrière, en 15, une découpure for mant poignée, l'avant 17 ayant lui-même une forme appropriée pour que ces deux extrémités puissent présenter les prises nécessaires à la manutention. On peut également prévoir, comme le montre la fig. 7, un siège 16 fixé très solidement de façon amovible par queue d'hirondelle sur le dessus de l'embarcation.