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Amorce électrique pour la mise à feu d'une charge d'explosif La présente invention a pour objet une amorce électrique pour la mise à feu d'une charge d'explosif, comprenant deux électrodes entre lesquelles une étincelle est destinée à être produite.
On a déjà proposé diverses amorces électriques destinées à produire la mise à feu d'une charge d'explosif au moyen d'une étincelle. Les unes comprennent deux électrodes séparées par un diélectrique à travers lequel se produit l'étincelle. L'inconvénient de cette solution réside dans le fait que la résistance de passage au courant est pratiquement infinie ou pour le moins très élevée, de sorte qu'elle n'est pas mesurable. On ne peut donc pas contrôler l'amorce par la mesure de sa résistance. Une autre solution consiste à disposer entre les deux électrodes une couche métallique mince que traverse le courant. L'étincelle se produit alors soit par fusion de cette couche métallique, soit en passant par des chemins ou lignes de fuite ménagés dans la couche métallique.
Ces chemins sont généralement obtenus par une mise sous tension préalable de l'amorce, ce qui produit des fusions localisées de la couche métallique.
L'inconvénient de cette solution réside dans le fait que la résistance électrique de l'amorce varie dans de larges mesures d'un essai à l'autre puisqu'elle dépend essentiellement des chemins ou lignes de fuites créés dans la couche métallique par l'étincelle précédente. Un contrôle de l'amorce par la mesure de sa résistance est ainsi rendu impossible. En outre, la tension à laquelle se produit l'étincelle est très variable, de sorte qu'il n'est pas possible de définir un seuil de tension à partir duquel la mise à feu de l'explosif se produit.
Le but de la présente invention est de fournir une amorce électrique qui présente, lorsqu'elle est intacte, une résistance bien définie variant entre des limites déterminées, de telle sorte que le contrôle de son état soit aisé. Une simple mesure permet en effet de constater si l'on se trouve dans les limites normales de résistance prévues par le fabricant, auquel cas l'amorce est bonne, ou si la résistance mesurée est inférieure ou supérieure à ces limites, auquel cas l'amorce contrôlée est défectueuse.
Le but de l'invention est, en outre, de fournir une amorce dans laquelle l'étincelle ne se produit qu'à partir d'une tension donnée, cette tension ne variant pas à la suite des essais auxquels l'amorce peut être soumise. Un seuil de sécurité est ainsi créé.
L'amorce suivant l'invention est caractérisée par le fait qu'une couche de matière semi-conductrice est interposée entre les deux électrodes.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'objet de l'invention.
La fig. 1 est une coupe axiale d'une amorce électrique, et la fig. 2 est une vue d'un détail de la fig. 1, à plus grande échelle.
L'amorce représentée comprend une douille 1 destinée à se visser, par un filetage 2, dans le culot d'un projectile chargé d'explosif. Cette douille 1 enferme un bloc de matière isolante 3 à l'intérieur duquel est logée une électrode métallique centrale 4, une bague métallique 5 à l'intérieur de laquelle est disposée une charge primaire de poudre de mise à feu 6, et une seconde charge de poudre de mise à feu, désignée par 8. Ces différents éléments reposent soit sur des épaulements intérieurs de la douille 1,
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soit les uns sur les autres, et sont maintenus dans la douille 1 par un sertissage de son extrémité la.
L'électrode 4 se termine par un téton central 4a, lequel affleure la face supérieure 9 du bloc de matière isolante 3. Cette face 9 est recouverte d'une couche mince 10 de matière semi-conductrice, d'une épaisseur de l'ordre de quelques microns, obtenue par évaporation sous vide. Cette couche 10 de matière semi-conductrice est elle-même recouverte d'un film métallique 11, par exemple d'argent, d'une épaisseur de l'ordre de quelques centièmes de millimètre, obtenue par évaporation sous vide également. Ce film 11 est en contact, par sa périphérie, avec la bague 5, laquelle est elle-même en contact avec la douille 1.
La douille 1 et la bague de contact 5 constituent ensemble la deuxième électrode qui se prolonge par le film métallique 11.
Un courant électrique fourni par la décharge d'un condensateur doit donc, pour passer d'une électrode à l'autre, traverser la couche semi-conductrice 10. Les caractéristiques de cette dernière étant bien définies, le passage du courant ne pourra se produire qu'à partir d'une tension déterminée, d'où l'obtention du seuil de sécurité susmentionné. Le courant traversant la couche semi-conductrice produit une étincelle qui crève, par fusion, le film métallique 11 et atteint ainsi la charge primaire 6 de poudre et produit son allumage.
Il est à remarquer que l'amorce peut être essayée, ou même utilisée plusieurs fois, chaque étincelle se formant à l'endroit de moindre résistance de la couche semi-conductrice. Cependant, comme les différences de résistance d'un point à l'autre de cette couche sont infimes, la résistance de l'amorce ne varie pas d'une façon appréciable d'un essai à l'autre. La matière semi-conductrice pourra être quelconque, par exemple du sélénium ou un quartz, à condition que sa température de fusion soit plus élevée que celle du métal constituant la couche 11.
En variante, la couche métallique 11 pourra être remplacée par une électrode massive, auquel cas des moyens devront être prévus, par exemple des trous ménagés dans cette pièce, pour permettre aux étincelles d'atteindre la masse primaire 6 de poudre.