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Dispositif pour la mise à feu d'une charge explosive Il est connu depuis longtemps que les dynamites, les explosifs chloratés et nitratés, ainsi que la plupart des explosifs autres que la poudre noire ne peuvent être pratiquement amenés à détonation que par l'explosion préalable d'un détonateur.
Dans la pratique, ce dernier comprend essentiellement une petite charge de matière fulminante, qui est portée à l'inflammation, avec détonation immédiate subséquente, soit par la flamme d'une mèche de mine, soit par celle d'un organe d'allumage électrique.
Jusqu'à présent, le détonateur, dans la très grande majorité des cas, est constitué par un tube métallique, généralement cylindrique et fermé à une extrémité, dont la paroi est plus ou moins épaisse, dans lequel est toujours logée une charge de matière fulminante, dite charge primaire .
Une partie de cette dernière est parfois remplacée par une autre matière explosive logée au fond du tube, ne s'allumant pas directement à la flamme, mais en contact avec la charge fulminante et dénommée charge secondaire . Celle-ci est amenée à détonation complète par l'explosion de la charge primaire.
De toute manière, un minimum de matière fulminante primaire s'allumant à la flamme de la mèche de mine ou à celle de l'organe d'allumage électrique est indispensable pour entraîner l'explosion violente du détonateur.
Lorsque le détonateur est allumé à la mèche de mine, et c'est encore dans l'ensemble du monde, la majorité des cas, le montage du petit tube métallique, constituant la gaine du détonateur, sur la mèche est effectué en introduisant la mèche dans l'extrémité ouverte du petit tube jusqu'à ce qu'elle touche la matière fulminante, plus ou moins comprimée. La gaine métallique du détonateur est alors sertie sur la mèche, généralement au moyen d'une pince à sertir spéciale. Cette opération de sertissage doit à la fois fixer d'une manière très solide le détonateur sur la mèche, pour que l'extrémité de cette dernière soit en contact avec la matière fulminante, et assurer, autant que possible, la complète étanchéité à l'eau du sertissage.
Depuis peu de temps, et surtout pour le creusement des tunnels, une nouvelle pratique tend à se généraliser : c'est la fourniture, par les fabriques de mèche de mine et d'explosifs, de tronçons de mèche coupés aux longueurs appropriées à la profondeur des trous de mine, et déjà munis à l'une de leurs extrémités d'un détonateur métallique y fixé par sertissage.
Or, il s'est avéré qu'une imperméabilité totale du sertissage est pour ainsi dire impossible à obtenir dans le cas où l'on veut utiliser, pour cette pratique, des mèches modernes, imperméables, extérieurement revêtues, à la boudineuse, de matière plastique, et des détonateurs métalliques ordinaires.
En effet, si l'on opère dans des trous de mine humides ou pleins d'eau, avec des mèches recouvertes de matière plastique et des détonateurs métalliques, l'eau finit toujours, à la longue, par se glisser entre la paroi extérieure de la mèche et la paroi intérieure du détonateur, amenant de fréquents ratés d'allumage, même si l'on a eu soin de jointoyer la mèche et le détonateur à l'endroit du sertissage au moyen d'enduits imperméables à l'eau.
L'usager du dispositif mèche- détonateur ne peut donc jamais savoir à l'avance s'il ne se produira pas de ratés d'allumage, pour peu qu'il s'écoule entre le chargement du trou de mine
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et le tir de cette dernière, un certain laps de temps plus ou moins long.
La présente invention a pour but de remédier à ce défaut capital en procédant à un changement essentiel dans la confection du dispositif mèche- détonateur ci-dessus décrit. Elle a pour objet un dispositif pour la mise à feu d'une charge explosive.
Ce dispositif est caractérisé en ce qu'il comporte un tube en matière plastique, fermé à une de ses extrémités, dans lequel sont disposés, à partir de son extrémité fermée: un tronçon de cordeau détonant, une petite charge fulminante et l'extrémité d'une mèche d'allumage ou d'un organe d'allumage électrique, ladite mèche ou ledit organe, qui comporte extérieurement une gaine imperméable, étant fixé audit tube de manière étanche à l'eau.
Le remplacement de la gaine métallique utilisée jusqu'ici par le tube ci-dessus visé, en matière plastique, permet d'obtenir un dispositif qui peut être exempt de toute partie métallique, ce qui diminue sensiblement la gravité des accidents provoqués par l'explosion involontaire du dispositif.
Le tronçon de cordeau détonant fait fonction de charge secondaire . Ce cordeau peut, par exemple, être chargé de nitropentaérythrite et comporter une gaine de textile.
La petite charge fulminante joue le rôle de charge primaire ; elle peut, par exemple, être en un azoture de métal lourd. La mèche d'allumage peut être une mèche de mineur à combustion lente.
Lorsque le tube en matière plastique, formant gaine, est transparent, il est alors avantageux de placer en lui, en un endroit visible, une substance changeant de couleur lorsqu'elle passe de l'état sec à l'état humide. Le fabricant comme l'usager pourront ainsi se rendre compte de l'étanchéité du dispositif, en le trempant quelques instants dans l'eau, et des risques de ratés par suite de pénétration d'humidité dans la gaine. Cette substance changeant de couleur peut être mélangée à la charge fulminante primaire qui est visible ; elle peut être un sel de cobalt, changeant de couleur en présence d'humidité.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, deux formes d'exécution du dispositif selon l'invention. La fig. 1 est une coupe longitudinale schématique d'une première forme, associée à un clip pour la fixation du dispositif dans une cartouche d'explosif.
La fig. 2 est une coupe analoge d'une deuxième forme, dans laquelle l'allumage est obtenu par un organe électrique.
Les mêmes chiffres de référence indiquent les mêmes parties dans les deux formes d'exécution. En référence à la fig. 1, le dispositif représenté comporte une gaine étanche constituée par un tube 10 en matière plastique, fermé à son extrémité 11. Sont logés dans ce tube à partir de l'extrémité 11 un tronçon de cordeau détonant 12, une petite charge fulminante 13 et l'extrémité d'une mèche d'allumage 14. La charge 13 est serrée entre le cordeau 12 et la mèche 14. Le diamètre intérieur du tube 10 est à peine supérieur au calibre du cordeau 12 et de la mèche 14 ; le tube 10 en matière plastique a une longueur dépassant de quelques centimètres celle du tronçon 12 de cordeau.
La mèche 14 comporte un revêtement 15 en matière plastique, étanche à l'eau. Cette mèche est fixée en 16 par soudure ou collage de son revêtement 15 avec la paroi interne du tube 10. Cette soudure peut être réalisée par plusieurs moyens, par exemple par réchauffement local obtenu par un courant de haute fréquence ; le collage peut être effectué au moyen d'un latex ou d'une dispersion de matière plastique. Ainsi tout le dispositif est étanche à l'eau même après plusieurs jours de séjour dans l'eau ; la charge 13 peut renfermer un indicateur d'humidité comme mentionné ci-dessus.
Le dispositif représenté s'utilise comme les détonateurs habituels montés aux extrémités de mèches d'allumage. Un clip 17 est fixé, à une de ses extrémités, à la mèche 14 et bute contre l'extrémité ouverte du tube 10 ; il présente à son autre extrémité un crochet 18 qui peut être enfoncé dans la cartouche à tirer.
Dans la forme d'exécution de la fig. 2, l'organe électrique d'allumage comporte un fil 21 traversant une minuscule charge fulminante 20, le fil 21 étant porté à incandescence lors du passage du courant électrique d'allumage. Ce courant est amené par les fils 22 et 23 enfermés dans une gaine 24 étanche à l'eau et noyés dans un bouchon 25. Ce dernier est fixé de façon étanche à l'intérieur du tube 10. La charge 20 touche le cordeau détonant 12.