Appareil pour contrôler la résistance des tissus
et des matières en feuilles ou en bandes
La présente invention est relative au contrôle de la résistance des matières, telles que les tissus et papiers, se présentant sous forme de feuilles ou bandes.
Les appareils utilisés actuellement pour la mesure de cette résistance et appelés dynamomètres agissent soit par déchirure, soit par éclatement de la matière à examiner.
Les tests ainsi réalisés sont par définition des tests destructifs et entraînent de ce fait des dépenses de matière qui sont d'autant plus élevées que les mesures doivent être plus nombreuses. Ceci est le cas notamment lorsqu'on examine des matières à caractère non homogène, comme c'est le cas des tissus par exemple.
Par ailleurs les appareils utilisés sont fragiles, de sorte que les mesures doivent être faites au laboratoire, ce qui nécessite des allées et venues entre ce dernier et l'atelier et entraîne d'importantes pertes de temps.
L'appareil qui fait l'objet de l'invention a été conçu pour remédier à ces inconvénients. Portatif, facile à manier et de construction robuste, il est prévu pour tester des tissus ou toute autre matière en un nombre d'endroits illimité, et sans que pour cela il soit nécessaire de prélever de la matière et de la détruire. Cet impératif entraîne comme corollaire le principe même de l'appareil qui ne cherche pas à déterminer la résistance ultime du produit, mais qui constate si le produit est égal ou non à une résistance dynamométrique imposée.
Cet appareil est caractérisé en ce qu'il comprend une pince, présentant deux mâchoires évidées entre lesquelles est destinée à être serrée la matière à tester, et un stylet assujetti à l'une des branches de la pince, de manière à pouvoir se déplacer perpendiculairement à l'évidement des mâchoires sous l'action d'un poids exerçant sur la tête du stylet une force réglable par l'intermédiaire d'un bras de levier variable.
On conçoit que cet appareil, guère plus encombrant qu'une pince, puisse être aisément amené en tous les points de la matière à tester de manière à évaluer la résistance en ces divers points et par suite la résistance d'ensemble de la pièce soumise à l'essai.
Ceci est en outre permis par le fait que l'appareil peut être réglé pour éviter la perforation ou l'éclatement de la matière lorsqu'elle présente une résistance normale. En effet, il suffit de déterminer au préalable le bras de levier correspondant à la perforation de la matière ayant une résistance normale, puis de régler ce bras de levier à une valeur légèrement inférieure. En opérant alors à l'essai dans ces conditions, on ne doit observer aucune perforation. S'il s'en produit toutefois une, c'est que la matière testée à une résistance insuffisante et aurait dû de toute façon être mise au rebut. Ainsi on peut opérer le contrôle de la résistance d'une matière sans avoir à l'endommager si sa résistance est normale.
Le dessin annexé représente schématiquement et à titre d'exemple non limitatif, une forme d'exécution particulière préférée de l'objet de l'invention.
La fig. 1 en est une vue en élévation latérale, avec arrachement partiel, en position de repos.
La fig. 2 est une vue en coupe à plus grande échelle suivant la ligne 2-2 de la fig. 1, et
la fig. 3 est une vue analogue à la fig. 1 illustrant l'appareil prêt à fonctionner.
L'appareil représenté au dessin, dont les différentes parties sont en acier ou autre métal de préférence inoxydable, comprend, en premier lieu un dispositif de prise de la matière à tester. Ce dispositif est constitué par une pince 1 dont les deux branches 2 et 3 sont articulées en 4. Cette articulation est ménagée sur une pièce coudée 2a rapportée sur la branche 2, cette dernière se prolongeant en 2b au-delà de son raccordement à la pièce 2a. Les branches 2 et 3 comprennent chacune à une de leurs extrémités une poignée 5 permettant d'exercer une pression sur la pince à l'encontre d'un ressort 6 qui la sollicite en position d'ouverture. Une boucle 7 artictulée sur la branche 2 coopérant avec un crochet 8 de la branche 3 permet de maintenir la pince fermée.
La pièce 2a et la branche 3 comprennent à leur extrémité opposée aux poignées 5 une mâchoire respectivement 9 et 10. La mâchoire 9 est solidaire de la pièce 2a, cependant que la mâchoire 10 est articulée en 11 dans une chape terminant la branche 3.
Ceci permet un contact parfait des mâchoires qui sont évidées en leur centre en 12 et dont les faces en regard comportent des cannelures 13 ou autres rugosités destinées à agripper solidement la matière T à tester.
Le dispositif de mesure de l'appareil comporte un stylet 14 engagé à une extrémité dans une tige 15 à laquelle il est fixé de manière amovible par une vis 16. L'autre extrémité du stylet comporte une arête émoussée 17 constituée par exemple par un rectangle de 5 X t mm. Le stylet 14 et la tige 15 sont agencés pour se déplacer perpendiculairement aux mâchoires 9 et 10, l'arête 17 pouvant ainsi pénétrer dans les évidements 12. A cet effet, l'extrémité supérieure de la tige 15 comporte une chape articulée en 18 sur un bras 19, dont l'une des extrémités est articulée en 20 sur une partie coudée à angle droit du prolongement 2b.
Un curseur 21 peut se déplacer sur le bras 19 face à une graduation 22 de celui-ci, de sorte que la force s'exerçant en 19 sur la tête du stylet 14 peut être modifiée à volonté par variation du bras de levier existant entre les points 21 et 18.
n est en outre prévu un dispositif de guidage et de freinage du stylet 14. Ce dispositif comprend un cylindre 23 articulé en 24 par une chape sur le prolongement 2b. Un piston 25 se déplace dans ce cylindre en y comprimant l'air, lequel peut toutefois s'échapper par un orifice calibré 26 prévu dans le fond du cylindre. La tige 27 du piston est articulée en 28 sur une biellette 29 munie à son autre extrémité d'une chape; cette chape est elle-même articulée en 30 et 31 respectivement sur la tige 15 et la partie coudée du prolongement 2b.
Les points 18,
20, 30 et 31 forment ainsi les sommets d'un parallélogramme articulé en sorte que la tige 15 est assujettie à se déplacer parallèlement à la partie coudée du prolongement 2b et par suite perpendiculairement aux mâchoires 9 et 10.
Enfin une béquille de blocage 32 est également montée oscillante en 28 sur la tige 27 du piston. En s'appuyant sur le couvercle 33 du cylindre 23, la béquille 32 empêche la descente du piston et par suite du stylet 14.
Le fonctionnement de l'appareil est le suivant:
L'appareil est dans la position de la fig. 3, les branches de la pince étant ouvertes sous l'action du ressort 6 libéré par le déverrouillage du dispositif 7, 8 et la béquille 32 bloquant le stylet 14. On vient alors saisir et tendre entre les mâchoires 9 et 10 la partie de la matière T dont on veut évaluer la résistance. On referme alors la pince et la bloque en cette position par le verrou 7, 8. En libérant la béquille 32, le stylet 14 descend dans l'évidement 12 de la mâchoire 10 et entre en contact avec la matière T. On notera que la chute du stylet 14 a lieu, d'une hauteur constante et sous une vitesse uniforme par suite du dispositif de freinage, analogue à un dash-pot, constitué par le cylindre 23, son orifice 26 et le piston 25.
En outre, on peut agir sur la force qui s'exerce sur la tête du stylet 14 en dépla çant le curseur 21. C'est là précisément, ce qui permet d'éviter d'endommager la matière en cours d'essai. En effet, il suffit de déterminer au préalable la position du curseur 21 pour laquelle un échantillon de la même matière ayant une résistance normale est perforé par le stylet. En disposant alors le curseur sur une division légèrement inférieure, la matière au cours du même essai ne doit pas être perforée à moins d'être défectueuse. On peut ainsi promener l'appareil en long et en large sur la matière à tester et évaluer si sa résistance d'ensemble est satisfaisante, la matière sortant intact de cet essai dans l'affirmative.
A remarquer en outre que l'appareil peut également être utilisé comme un éclatomètre classique, le curseur 21 étant progressivement éloigné du point 18 jusqu'au moment où il y a perforation.
Dans cette application particulière, on peut d'ailleurs remplacer le stylet 14 à arête émoussée 17 par un stylet se terminant par une bille d'acier.