Procédé pour la mouture du blé et machine pour la mise en #uvre de ce procédé La présente invention a pour objet un procédé pour la mouture du blé et une machine pour la mise en aeuvre de ce procédé.
En général, on entend par farine de blé .de qualité supérieure la farine débarrassée des impuretés résul tant du son pulvérisé du grain de blé, mais contenant la partie essentielle de ce grain de blé. Les conditions requises pour la production de farine de la meilleure qualité sont les suivantes 1) la charge de blé doit être soigneusement nettoyée, 2) le son ne doit pas être brisé, 3) il faut employer un mode de blutage approprié, et 4) il ne faut adopter aucune opération qui détruise la partie essentielle du grain.
Des quatre conditions susmentionnées, la pre mière et la troisième sont réalisées de façon satisfai sante aujourd'hui, mais la seconde et la dernière de ces conditions n'ont jamais été remplies entièrement jusqu'à présent.
On emploie sur une grande échelle actuellement, pour la mouture du blé, des. moulins comprenant des meules en acier, rayées de cannelures, de sorte que le blé est complètement écrasé par ces meules. Ce procédé peut donner satisfaction en un certain sens, mais il ne satisfait guère à la seconde et à la dernière condition. Les morceaux floconneux de son ne doi vent pas être pulvérisés en farine, et en même temps la cellule de l'endosperme ne doit pas être détruite.
L'opération habituelle de mouture est effectuée sur des meules rayées de cannelures, qui sont action nées en sens contraires à des vitesses différentes. Après le blutage, la matière la plus grossière est trans- portée vers les secondes meules, qui sont un peu plus rapprochées l'une de l'autre que les premières, ce qui écrase le blé. Ensuite, le blé écrasé est tamisé et la matière la plus grossière passe à travers les troisièmes meules, puis le blé est de nouveau tamisé. Ce procédé habituel consistant à alternativement moudre et tami ser, est répété plusieurs fois.
Lors de chaque broyage successif, les meules sont un peu rapprochées l'une de l'autre, et une quantité de plus en plus grande d'endosperme est libérée et éloignée par tamisage. La matière soumise à chaque broyage successif contient de moins en moins d'endosperme.
Dans le procédé de mouture au moyen de meules, le point de contact entre les meules est un contact linéaire. Le contact linéaire exerce une action mo mentanée, et c'est pourquoi l'action de mouture est si violente que le blé est d'habitude trop écrasé. Dans le but de moudre le blé de façon efficace, il est néces- saire d'employer des,
meules à vitesse de rotation éle vée et à pression élevée, de sorte que le poids croissant de la meule en proportion de sa vitesse de rotation élevée et la forte élasticité qui en résulte doivent aussi être pris en considération.
Malgré les procédés de conditionnement moder nes du blé, les désavantages résultant de la pulvéri sation du son et de l'altération de la cellule ne sont pas évités.
Le procédé selon l'invention a pour but de remé dier auxdits inconvénients des procédés connus et, à cet effet, il est caractérisé en ce qu'on fait passer le blé additionné d'eau entre deux éléments se dépla çant à des vitesses différentes et en sens contraires, et en ce qu'on produit entre les deux éléments une aire de contact approximativement plane, de manière à moudre le blé avec une friction et une pression toutes deux relativement basses.
Le dessin représente, à titre d'exemple, deux for mes d'exécution de la machine selon l'invention pour la mise en oeuvre du procédé.
La fig. 1 est une vue latérale de la première forme d'exécution de cette machine. La fig. 2 est une vue en coupe d'un rouleau re couvert de matière élastique.
La fig. 3 est une vue en perspective du dispositif d'entraînement d'un élément en forme de jalousie. La fig. 4 est une vue de face d'une tige métalli que de l'élément en forme de jalousie.
La fig. 5 est une vue latérale d'une partie de l'élément en forme de jalousie.
La fig. 6 est une vue latérale de la seconde forme d'exécution, comprenant deux éléments en forme de jalousie, frottant l'un contre l'autre.
La fig. 7 est une vue en coupe d'une tige métal lique d'un des éléments en forme de jalousie.
La fig. 8 est une vue latérale d'une partie d'un des éléments en forme de jalousie.
En se référant aux fig. 1 à 5, une roue dentée ou roue à chaîne 1 ayant un nombre approprié de dents est fixée à l'une des extrémités d'un arbre métallique 7 ayant une grandeur et une longueur appropriées. Au moins deux roues dentées sont fixées à l'arbre, à ses deux extrémités, mais une pluralité de roues peuvent être prévues suivant la longueur de l'arbre. Pour fixer les idées, deux roues sont montrées dans cette forme d'exécution.
Un élément 3 en forme de jalousie comprend un ensemble de tiges métalliques 4 reliées entre elles, qui peuvent se mouvoir sans fin autour des arbres supérieur 7 et inférieur 8 en s'en gageant avec la roue à chaîne 1 de l'arbre supérieur 7. L'élément 3, en forme de jalousie, est en prise avec la roue à chaîne 1 de l'arbre supérieur 7.
La forme de la tige métallique 4 est montrée sur les fig. 4 et 5 ; elle est analogue à un U, une extrémité étant concave et l'autre convexe. Chaque extrémité de la tige métallique est appointie en 12 de façon à pou voir être engagée dans l'oeillet d'un maillon de chaîne 9.
Toutes ces tiges 4 avec leurs extrémités appointies engagées dans l'oeillet de chaque maillon 9 sont reliées et assemblées ensemble en une succession constituant l'élément en forme de jalousie de l'inven tion. Avec la formation d'un maillon 9 aux deux extrémités de chaque tige de l'élément en forme de jalousie, le maillon 9 entre en prise avec la dent saillante de la roue à chaîne 1.
Avec la rotation de l'arbre supérieur relié à deux roues à chaîne, l'élé ment en forme de jalousie est amené à se déplacer sans fin en engagement avec la dent et le maillon correspondant. Comme montré sur la fig. 1, l'arbre supérieur avec les roues à chaîne à ses deux extré mités est prévu à la partie supérieure du bâti de la machine, et le rouleau de guidage inférieur 2, fait en une matière appropriée, est fixé au bas du bâti.
L'élément en forme de jalousie 3 comprenant une série de tiges métalliques 4 avec une série de maillons de chaîne 9 est agencé de manière à se mouvoir sans fin autour de l'arbre supérieur 7 et du rouleau de guidage inférieur 2. En bref, l'élément en forme de jalousie est en un sens analogue à une roue à che- nilles.
Dans la partie intermédiaire de l'élément 3 en forme de jalousie, un rouleau 5, recouvert d'une matière élastique telle que du caoutchouc <B>10,</B> est monté de façon à pouvoir pivoter librement.
Un rouleau dur 6, par exemple en fer, est prévu à l'extérieur de l'élément 3 en forme de jalousie, parallèlement à l'élément 3 et tout près de lui. Le rouleau dur 6, l'élément 3 en forme de jalousie et le rouleau 5 recouvert de matière élastique sont destinés à entrer en contact les uns avec les autres, en se déplaçant parallèlement les uns aux autres, de ma nière à moudre le blé ; le rouleau dur 6 et le rouleau 5 recouvert de matière élastique doivent donc être placés de manière efficace en réglant leur angle de contact.
Le dispositif pour régler l'angle de contact n'est pas décrit ici pour ne pas allonger, car il ne fait pas partie de l'invention.
Une charge de blé additionné d'eau est placée dans la trémie 11 disposée au-dessus de la machine, puis est déversée dans l'espace situé entre l'élément 3 en forme de jalousie et le rouleau dur 6.
On fait alors tourner la roue à chaîne 1 dans le sens de la flèche à la vitesse de 1,8 mètre par seconde, de manière à faire mouvoir sans fin l'élément en forme de jalousie autour des arbres supérieur et inférieur, après quoi le rouleau élastique 5 est amené en con tact avec l'élément 3 en forme de jalousie et avec le rouleau dur 6 avec le mouvement du pivot du rouleau recouvert de matière élastique, et par suite la surface dudit rouleau pénètre par la force de pression du rouleau dur à travers l'élément en forme de jalousie, comme montré sur la fig. 1.
En même temps, le rouleau dur est entraîné en rotation en sens inverse, comme montré par la flè che, à la vitesse de 3,6 mètres par seconde.
A partir de la trémie 11, le blé additionné d'eau tombe dans l'espace situé entre l'élément en forme de jalousie et le rouleau dur. La pression communi- quée à l'élément en forme de jalousie et au rouleau dur est réglée de telle manière que la cellule de l'en- dosperme ne soit pas altérée et que le son ne soit pas pulvérisé, en tenant compte de la quantité de blé à moudre et de la grosseur des grains.
Le blé passe suivant une aire de contact relativement spacieuse entre l'élément en forme de jalousie et le rouleau dur, en raison de la différence de vitesse et des sens de rotation opposés, puis le son est séparé de l'endo- sperme. Le procédé convient particulièrement bien pour une mouture au moyen de cylindres.
La combi naison rouleau recouvert de matière élastique, élé ment en forme de jalousie et rouleau dur avec plu sieurs canaux de type connu, correspond aux pre miers cylindres des machines connues. La combinai son second rouleau recouvert de matière élastique, élément en forme de jalousie et rouleau dur avec une pluralité de canaux minces, correspond aux seconds cylindres des machines connues.
La seconde forme d'exécution de la machine (fig. 6 à 8) présente un autre élément en forme de jalousie 3' à la place du rouleau dur 6 de la première forme d'exécution représentée sur la fig. 1. Une cons truction à maillons 9 de l'élément en forme de jalou- sie de la seconde forme d'exécution est différente de celle de la première forme d'exécution, comme mon tré sur la fig. 7.
Le maillon 9, qui est en prise avec une roue à chaîne 1, respectivement l', est construit en prévoyant deux pièces métalliques 14 en forme de L aux deux extrémités d'une tige métallique 13 et en introduisant une goupille 15 à travers les deux pièces en L. L'élément en forme de jalousie 3, res pectivement 3', comprenant une série de tiges reliées entre elles, est supporté sur l'arbre supérieur 7, res pectivement T, ayant une roue à chaîne 1, respecti vement l', et,sur le rouleau de guidage inférieur 2, respectivement 2', de manière à former une roue à chenilles sans fin.
Un rouleau 5, respectivement 5', recouvert d'une matière élastique telle que du caoutchouc 10, est monté à pivot vers le milieu de l'élément en forme de jalousie 3, respectivement 3', à l'intérieur de celui- ci. Le nombre de rouleaux recouverts de matière élastique à prévoir à l'intérieur de l'élément en forme de jalousie dépend des nécessités du procédé de mouture de la farine.
On a représenté un rouleau recouvert de matière élastique 5, respectivement 5', sur la fig. 6, mais il doit être entendu que ce nombre peut être supérieur à un. Comme le rouleau 5 recou vert de matière élastique, respectivement 5', est monté à pivot, il est réglable de manière à être amené en contact étroit avec l'élément en forme de jalousie correspondant, afin de produire une friction entre les deux éléments en forme de jalousie 3, 3' se déplaçant en sens inverses et à des vitesses différentes.
Un dis positif de commande du rouleau n'est pas décrit ici, car différents dispositifs peuvent être employés à cet effet.
La charge de blé à moudre tombe à partir de la trémie 11 dans l'espace situé entre les deux éléments en forme de jalousie 3, 3' comme montré sur la fig. 6. La section de chaque tige métallique 13 des élé ments en forme de jalousie est analogue à un U, comme montré sur la fig. 8, l'une des extrémités étant concave et l'autre convexe.
L'un des éléments en forme de jalousie 3, 3' a des tiges de section convexe dans le sens du mouve ment et se meut plus vite que l'autre ayant des tiges de section concave dans le même sens du mouve ment. On règle le rouleau recouvert de matière élasti que de manière que les deux éléments en forme de jalousie 3, 3' puissent entrer en contact étroit l'un avec l'autre. Chacun des rouleaux recouverts de matière élastique prévus à l'intérieur des éléments en forme de jalousie tourne à la même vitesse que l'élé ment qu'il presse. Deux rouleaux recouverts de matière élastique entrent en contact étroit au-delà de deux éléments en forme de jalousie, de sorte qu'une aire de contact à friction relativement spa cieuse est produite entre deux éléments.
Par cette aire de contact à friction relativement spacieuse sous une pression relativement faible, la charge de blé est écrasée sans action d'écrasement violente. Dans cette forme d'exécution, les vitesses de déplacement des deux éléments en forme de jalousie 3, 3' sont respectivement de deux mètres et d'un mètre par seconde. Le procédé de mouture par con tact plat dans cette forme d'exécution convient par ticulièrement aux procédés pour le remoulage mêlé et le remoulage grossier.