CH355032A - Aérodyne et son utilisation - Google Patents

Aérodyne et son utilisation

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CH355032A
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Louis Pohl Lothar
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Lothar Louis Pohl Et Specializ
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Description


  Aérodyne et son     utilisation       La présente invention comprend un     aérodyne    et  son utilisation.  



  La voilure aérodynamique la plus classique pour  la création d'une     portance    est, bien entendu, l'aile;  par un choix judicieux du profil de l'aile, il est pos  sible de     réaliser    un dispositif qui,     entraîné    en dépla  cement rapide dans l'air, engendre une     poussée    sur  la cellule attenante et     peut    la maintenir ainsi en vol.  Mais l'aile est loin d'apporter la     solution    idéale et  parfaite au problème de la portance, ainsi que l'attes  tent le grand nombre et la diversité des. profils     mis     au point dans le passé et dans le présent pour réaliser  les caractéristiques     aérodynamiques    idéales.  



  La venue de l'hélice et notamment de l'hélice à  pas variable a mis à la disposition des techniciens un  moyen avantageux pour la     création    d'une force pro  pulsive, et la     combinaison    de l'hélice entraînée par  un moteur d'une part, avec l'aile de l'autre, a permis  aux hommes de     réaliser    le vieux rêve du vol indé  pendant et soutenu.

   Mais l'hélice n'a pas apporté jus  qu'ici de solution intéressante au problème de la       portance,    bien que dans, certains types récents d'aéro  dynes dits à courte     distance    d'envol et d'atterrissage,  on ait prévu des moyens. pour imprimer aux     hélices     et à leurs moteurs une rotation de 900 pour les  placer dans une position verticale dans laquelle ils       permettent    un     décollage    quasi vertical, puis les rame  ner à leur position horizontale normale pour le vol  horizontal.  



  Le     procédé    le plus direct pour engendrer la     pous-          sée    verticale a été jusqu'ici celui adopté dans l'auto  gire ; on sait que dans cette solution, on équipe un  avion plus ou moins classique d'un rotor à trois  pales qui, lorsque l'engin avance sur le sol sous  l'effet de son hélice et de son aile classiques, est mis  en     autorotation    sous l'action de son     déplacement    par    rapport à l'air, et transforme ainsi     une    fraction de la  force d'avancement en portance ou poussée verticale,  assurant ainsi à l'autogire une très courte distance  de     décollage    et d'atterrissage.

   Le stade suivant peut  être     considéré    comme celui qui     consiste    à     entraîner     le rotor par     un    moteur, ce qui     conduit    à l'hélicoptère;

    c'est là, à l'heure     actuelle,    le moyen le plus répandu  pour la création directe d'une poussée     ascensionnelle.     Mais l'emploi d'un rotor à pales     entraîné    par moteur  comporte de nombreux inconvénients, dont notam  ment la tendance que présente la cellule de l'engin  à tourner en sens inverse du rotor ;     cet    inconvénient  a été     surmonté,    dans une     certaine    mesure, par l'em  ploi de petits réacteurs en bout de pales.  



  Cependant le principal inconvénient du rotor à       pales    vient de la     complexité    des mécanismes de com  mande qu'il exige ; il faut en effet que l'angle d'inci  dence de chaque pale varie périodiquement sur cha  que tour complet. A cela viennent s'ajouter le pro  blème     relatif    au     contrôle    du degré de portance assuré  par les pales, ainsi que des     difficultés.    supplémen  taires relatives à l'utilisation de cette portance pour  fournir également la poussée propulsive ; on conçoit  donc que l'hélicoptère     comporte    des inconvénients  nombreux et graves.  



  L'aérodyne que comprend la présente invention  comporte au moins une     aile    portante produisant une  portance par rotation autour d'un axe dirigé suivant  son envergure. Il est caractérisé en ce qu'il est con  formé de manière à présenter une résistance aéro  dynamique minimum dans la     direction    de l'enver  gure de l'aile     portante.    La présente invention com  prend en outre     l'utilisation        dudit    aérodyne     comme     missile.  



  On exposera tout d'abord, en regard des     fig.    1  à 9 du dessin, le principe de     fonctionnement    de dif-           férentes    ailes portantes produisant une     portance    par  rotation autour d'un axe     dirigé    suivant leur envergure.  



  La     fig.    1 est un ensemble de diagrammes indi  quant les forces de     portance    agissant sur un cylindre  tournant autour de son axe dans un fluide s'écoulant  normalement à l'axe du cylindre.  



  La     fig.    1(a) est une vue du système matériel,  la     fig.    1(b)     indiquant    les     forces    de portance, et la       fig.    1(c) le parallélogramme des forces.  



  La     fig.    2 est analogue à la     fig.    1(a), mais est rela  tive au cas d'un     cylindre    aplati.  



  Les     fig.    3 à 6 montrent comment varient les  forces quand le     corps    de la variante de la     fig.    2  tourne de     1800.     



  La     fig.    7 illustre le comportement aérodynamique  d'une voilure ayant un faible rapport d'épaisseur.  



  La     fig.    8 montre les variations de l'angle de plané  quand tourne la voilure de la     fig.    7.  



  La     fig.    9 montre, sous, forme idéalisée, la trajec  toire de vol obtenue quand un corps muni d'une  voilure suivant la     fig.    7 tombe en chute libre.  



  Dans un but de     clarté,    l'analyse qui suit est sim  plifiée ; on comprendra en effet que les forces aéro  dynamiques agissant sur une surface sont complexes  et ne se prêtent généralement pas au traitement géo  métrique simple     utilisé    dans le présent exposé. Il n'en  reste pas moins, ainsi que le comprendront les     aéro-          dynamiciens,    que l'analyse simplifiée     utilisée    ici est  parfaitement valable et ne peut se trouver contredite  par une analyse plus poussée qui ferait intervenir des  facteurs     supplémentaires,    négligés ici.  



  Pour la     commodité    du langage, on suppose dans  ce qui suit que le     fluide    considéré est l'air atmosphé  rique, et on appellera généralement   voilure   l'aile  portante.  



  On     commence    par rappeler des notions connues.  Sur la     fig.    1, on voit un corps cylindrique A de       profil    transversal     parfaitement    circulaire, tournant à  la     vitesse    angulaire w autour de son axe disposé per  pendiculairement à l'écoulement de l'air, le     corps    A  se déplace avec une vitesse relative de translation v" .  Les courbes S représentent l'allure des filets d'air  autour du     corps    et engendrant, sur le bord de fuite  de celui-ci, une zone de turbulence T correspondant  au sillage du corps.

   On remarque que le point a au  sommet du profil se     déplace    dans le sens de l'écoule  ment et     communique    ainsi aux molécules d'air un       surcroit    de vitesse, tandis que le point b au point  bas     réduit    d'autant la vitesse des molécules atmo  sphériques s'écoulant en regard. L'air reçoit donc un  accroissement de son énergie cinétique à la partie  supérieure du     corps    et subit une réduction de son  énergie cinétique à sa     partie    inférieure.

   L'énergie  totale de l'air demeurant constante selon     le    théorème  de Bernoulli, il faut que cet accroissement et que ce  décroissement de l'énergie cinétique soient compensés  par un décroissement et un accroissement correspon  dants de l'énergie     piézo-métrique    ou de la pression  de l'air; il y aura donc une     dépression    ou aspiration  à la     partie    supérieure du     contour    aérodynamique A,    une surpression ou poussée ascensionnelle à sa partie  inférieure.

   C'est ce qu'on a indiqué     fig.    1(b) pour le  haut et le bas du profil, de part et d'autre de l'axe  horizontal passant par le centre de rotation, les pres  sions étant portées en ordonnées en fonction de la  distance mesurée selon le diamètre horizontal du  profil, diamètre dont la longueur est 2r.

   L'aire  hachurée supérieure, portant le signe négatif, indique  qu'il y règne une dépression, c'est-à-dire une aspi  ration vers le haut ; l'aire hachurée inférieure, mar  quée du signe positif, indique qu'il y règne une sur  pression, c'est-à-dire un effet de poussée, de bas en  haut     également.    On remarquera que les courbes de  pression et de dépression dessinent approximative  ment chacune une alternance de sinusoïde dont le  maximum se présente aux deux points     morts    haut et  bas du profil et qui s'annulent aux deux bords.  



  La     fig.    1(c) montre le parallélogramme des forces  agissant sur la voilure ; le vecteur     vertical    ascendant  représente la somme des forces d'aspiration et de  poussée précitées, c'est-à-dire la     portance,    qui ainsi  résulte de la rotation de la voilure ; le vecteur hori  zontal D est la traînée ou force retardatrice s'oppo  sant à l'avance de la voilure à travers l'air ; la résul  tante R de ces deux vecteurs a une grandeur et une  orientation variables suivant les valeurs absolues et  relatives des vecteurs. composants.  



  Suivant la     fig.    2, le profil de la voilure A est  modifié, ayant ici la forme d'une ellipse et non plus  d'un cercle. Il en résulte une     modification    du     flux     d'écoulement, les filets S étant plus aplatis, et la tur  bulence T plus réduite.  



  La     fig.    3 montre la même voilure à profil ellipti  que après une légère rotation dans le sens     anti-          horaire,    de     sorte    que son grand axe présente un petit  angle d'incidence a.

   Si on considère les trois points  <I>a, b,</I> c sur la     partie    supérieure du profil, on remarque  que le point c est situé à la limite de la zone turbu  lente, que le point b est plus rapproché du bord  d'attaque, et que le point a est très voisin de     celui-          ci    ; en raison de la     forme    elliptique du profil le point  <I>b</I> est plus voisin de l'axe de rotation que le point<I>a.</I>  La     fig.    3(b) montre le diagramme des pressions cor  respondant au profil elliptique. On voit que les forces  d'aspiration et de poussée ne varient plus     sinusoïda-          lement    mais que les maxima ont été décalés vers le  bord d'attaque.

   En effet, sur la     partie    supérieure de  la voilure, il n'y a virtuellement pas d'écoulement  d'air en contact direct avec la surface dans toute la  zone arrière de     turbulence    jusqu'au point c, et l'as  piration ne commence donc à s'élever au-dessus de  la valeur zéro qu'à     partir    de     ce    point. L'aspiration  croit alors jusqu'à son maximum, atteint sensible  ment en a, puis tombe rapidement à zéro au bord  d'attaque.  



  La raison en est aisément comprise en considé  rant les vitesses linéaires en<I>a</I> et<I>b.</I> En raison de  leurs distances différentes au centre de rotation, les  vitesses linéaires de déplacement de ces deux points  dans l'air sont différentes, celle du point a étant supé-           rieure    à celle du point b. Le déplacement de ces  deux points étant à peu près parallèle à l'écoulement  des filets d'air voisins, la     rotation    du point a a pour  effet d'imprimer à l'énergie cinétique du     fluide    un  accroissement plus grand que celui imprimé par le  point<I>b,</I> et la dépression est donc plus forte en<I>a</I>  qu'en b.

   La chute brusque de la dépression vers le  bord d'attaque est due, elle, à deux causes: en pre  mier lieu, l'accroissement d'énergie cinétique est rapi  dement     compensé    par le frottement des molécules  d'air contre la surface du corps, dissipant l'énergie  en chaleur ; en second lieu, il se produit dans cette  zone un changement de     direction    assez brusque dans  les filets d'air par rapport au sens de rotation, chan  gement qui doit entraîner un passage correspondant  de la pression d'une valeur négative dans la région  supérieure de la voilure, qui se déplace dans le même  sens que l'air, à une valeur positive (poussée) dans  la région inférieure où les molécules d'air sont frei  nées par la     surface.     



  Sur la     fig.    4,     l'angle        d'incidence    de la voilure  A a crû à une valeur â supérieure à a, et on voit  d'après le diagramme des, pressions de la     fig.    4(b)  que le point de     portance    maximum est reporté  encore plus près du     bord    d'attaque, et que l'effet  d'aspiration est     encore    plus fortement localisé en ce  point.

   La zone de     turbulence    ou le sillage T a  empiété plus loin     encore    sur la partie supérieure du  profil, de sorte que le point c est maintenant situé  dans la zone de     turbulence,    et que le point d'aspira  tion nulle, pour la     surface    supérieure de la voilure,  est tout près du plan vertical passant par l'axe de  rotation.

   A la     surface    inférieure de la voilure, il n'y  a que peu ou point de turbulence, et la poussée y  croit     modérément,    pour atteindre son maximum envi  ron dans le même plan vertical que le maximum de  l'aspiration ; mais la poussée créée sur la surface infé  rieure     il'a    ni     l'intensité,    ni la concentration locale,  que possède l'aspiration sur la surface supérieure.  



  On voit donc qu'il     existe    un certain angle d'inci  dence a pour lequel, au cours de la rotation de la  voilure de profil elliptique le vecteur portance L  atteint une valeur maximum; la valeur de cet angle,  dépendant des,     caractéristiques    du profil     utilisé,    est  généralement comprise entre 10 et     30o.     



  Sur la     fig.    5, l'angle d'incidence a atteint     901),    le  grand axe du profil elliptique étant maintenant per  pendiculaire à l'écoulement de l'air ; il y a une tur  bulence et une     traînée    T maximum, et très peu de  portance créée par entraînement d'air; en effet, la       fig.    5(b) montre que la zone sur laquelle les varia  tions de pression se font sentir, est extrêmement  réduite tant sur la     surface    supérieure qu'à la surface  inférieure.

   On peut donc dire que pour l'angle de       90 ,    la très faible portance créée par entraînement  de l'air par la voilure, est compensée par les pertes       importantes    par frottement des molécules d'air contre  celle-ci.  



  Sur la     fig.    6(a), la voilure a décrit     1201,    à partir  de son orientation initiale ; on remarque maintenant,    sur la surface supérieure, un point de transition pour  lequel le sens relatif de l'écoulement des filets d'air  s'inverse, de sorte que l'entraînement par la surface  tournante réduit l'énergie cinétique des molécules  d'air plutôt qu'il ne l'augmente.     Ceci    se traduit, sur  le diagramme des pressions de la     fig.    6(b), par la  présence d'une région de pressions positives agissant  de haut en bas sur la surface supérieure ;

   ainsi,  après la région de pressions négatives ou d'aspiration  tendant à soulever la voilure, mais à s'opposer à sa  rotation, il se produit, à environ un tiers de la dis  tance au bord d'attaque, une inversion conduisant à  une région de pressions positives qui s'opposent éga  lement à la rotation, mais agissent pour rabattre la  voilure vers le bas.  



  A la face inférieure de la     voilure    il existe une  zone étendue de turbulence T, de sorte que la zone  de pressions positives ou de poussée ne commence  que peu après le point milieu; la     poussée    augmente  alors rapidement en donnant une     forte    poussée ascen  sionnelle tendant à soulever la voilure et aussi à la  faire tourner.  



  La portance globale résultante, égale à la force       d'aspiration    dans la     région    postérieure de la sur  face supérieure augmentée de la poussée dans la  région antérieure de la surface inférieure,- et dimi  nuée de la     force    dirigée de haut en bas dans la  région antérieure de la surface supérieure, possède  ainsi une     intensité    faible, qui dépend de la valeur  de l'angle et des     caractéristiques    de la voilure, et  qui peut soit aider la     rotation    de la voilure, soit s'y  opposer.

   En tout cas, pour une orientation telle que  celle de la     fig.    6, la portance comme le moment de  rotation agissant sur la voilure, sont faibles ou  nuls.  



  La rotation de la voilure l'amène ensuite à la  position de 1800, indiscernable de la position de  départ de la     fig.    2 puisqu'on a supposé le profil  symétrique, et le cycle recommence. En     effet,    pour  assurer une périodicité régulière, on donne à la voi  lure un profil symétrique par rapport à sa corde  maximum.  



  La     fig.    7     monstre    une voilure dont le profil qui  s'écarte de la forme elliptique est aplati et a des  bords effilés d'attaque et de fuite. .L'effet d'un tel  aplatissement du profil, c'est-à-dire en     diminuant    le  rapport d'épaisseur     f/t    (où<I>f</I> est     l'épaisseur    et<I>t</I> la lar  geur de la     corde,    voir     fig.    7), est de reporter le  centre de pression P, point d'application de la por  tance     résultante,    vers le bord d'attaque de la voilure,  et d'augmenter     ainsi    son moment de rotation.

   Ce       moment,    en effet, peut s'exprimer par le produit       L,   <I>. d,</I> où     L,    est la composante de la     portance    per  pendiculaire à la     corde    principale de la voilure,     et    d  la distance du centre de poussée au centre de  rotation.  



  Si on largue la voilure en chute libre avec son  axe     longitudinal        normal    à la direction de chute, elle  va donc être mise en rotation, et les forces de por  tance et de traînée varient continuellement, ainsi      qu'on l'a vu plus haut, d'une façon périodique, la  portance maximum apparaissant d'une manière géné  rale pour la position de traînée minimum et récipro  quement. Les forces auxquelles la voilure est sou  mise dans sa chute devant s'équilibrer, il s'ensuit  théoriquement que l'angle de plané, c'est-à-dire  l'angle y de la trajectoire de la voilure en chute libre  avec     l'horizon,    doit lui aussi varier     continuellement     suivant une courbe périodique, en se conformant  aux variations de portance et de traînée.

   On peut  1e voir sur le diagramme vectoriel de la     fig.    8a, où  les     flèches    1, 2 et 3 schématisent trois positions de  la voilure,     indiquées    en<I>(b), (c) et</I>     (d)    respectivement  à droite de la figure, pour lesquelles l'angle d'inci  dence a croît de la position (b) à la position     (d).     La portance maximum est obtenue pour la position       (d).    Dans le diagramme des forces exercées sur la  voilure, la résultante de la     portance    (L) et de la traî  née     (D)    doit à tout moment être égale et opposée au  poids     (W)    de la voilure.

   Ainsi, quand la portance L  et la traînée D varient, leur résultante doit toujours  demeurer constante en direction (verticale     ascen-          dante)    et en intensité. Le     diagramme    des forces pour  les trois     orientations    de voilure figurées en (b), (c)  et     (d),    sont indiqués en<I>(a).</I> Dl et     Ll    y désignent la  traînée et la portance pour la position (b),     D.    et L.,  pour la position (c), et     D3    et     L3    pour la position     (d)

  .     Le diagramme     montre    que la résultante     Ro    de ces  deux forces reste constante pour toutes les     positions.     A mesure que la traînée croît et que la     portance     décroît, l'angle qui en résulte pour la force de traînée,  force qui, évidemment, est toujours dirigée en sens  inverse du déplacement de la voilure (déplacement  qu'indiquent les     flèches        y1,        y2,        y3),    augmente cons  tamment de la position<I>(b)</I> à la position     (d).        Ainsi,

       quand la voilure en forme de plaque ou lame plane  ayant le profil de la     fig.    7 tournoie en tombant en  chute libre dans l'air, son angle de plané y varie  continuellement, et sa direction de chute doit donc  elle aussi, en     principe,    être continuellement variable.  



  Cette trajectoire théorique de la voilure en plané  est représentée en traits pleins sur la     fig.    9. On voit  que l'angle de plané croît pour atteindre un maxi  mum pour chacun des points tels que C, où la voi  lure a tourné de 1800. Mais en raison de     l'inertie          mécanique    de la voilure tournante qui, bien entendu,  est pesante et présente donc un     certain    moment       d'inertie    I, cette     trajectoire    voit ses ondulations s'atté  nuer un peu pour donner une     trajectoire    sensiblement  rectiligne comme le montre la ligne en traits inter  rompus,

   et l'angle de plané reste à peu près cons  tant à une valeur moyenne     y,    Cette valeur est fonc  tion de plusieurs facteurs, mais principalement de la  vitesse angulaire     co    et du moment     d'inertie    I, la fonc  tion étant de la forme  
EMI0004.0044     
    L'analyse ci-dessus a été simplifiée par l'hypo  thèse que la rotation de la voilure est continue et  constante. Mais quand cette rotation est due unique-    ment au moment de rotation M créé par la transla  tion de la voilure dans l'air, c'est-à-dire lorsqu'il  s'agit d'une     autorotation    plutôt que d'une rotation  forcée, cette rotation est loin d'être uniforme.

   En  effet, le moment de rotation qui lui donne naissance  n'est présent que pendant de brèves     périodes.    inter  mittentes lorsque l'angle d'incidence a est compris  dans les limites convenables ; la rotation est alors  elle-même intermittente et saccadée. Une rotation  uniforme et continue ne peut pas être obtenue avec  une voilure en     forme    de plaque ou lame plane.  



  On décrira maintenant, à titre d'exemple et en  regard des     fig.    10 à 20 du dessin, plusieurs formes  d'exécution de l'aérodyne que comprend l'invention,  avec des variantes de détail, ainsi que l'utilisation de  certaines d'entre elles     comme    missile.  



  Les     fig.    10 représentent une première forme  d'exécution de l'aérodyne en forme de lame torse ou       hélicoïdale    ; la     fig.    10(a) étant une vue perspective  et la     fig.    10(b) étant une élévation en bout.  



       Les        fig.    11(a) et (b) montrent, en perspective  éclatée et en bout respectivement, la manière     dont     la forme d'exécution de la     fig.    10 peut être assimilée  à une série de plaques distinctes ayant chacune un  profil aérodynamique simple.  



  La     fig.    12 montre la variation de la     portance     engendrée dans le cas d'un aérodyne suivant la       fig.    10, quand celui-ci décrit une rotation de     360o.     



  La     fig.    13 illustre graphiquement la trajectoire  décrite par     l'aérodyne    de la     fig.    10, en chute libre.  La     fig.    14 est une vue en perspective d'une pre  mière variante de     cette    forme d'exécution.  



  Les     fig.    15(a) et (b) représentent, en perspective  et en bout, une deuxième variante.  



  La     fig.    16 est une vue en perspective d'une  deuxième forme d'exécution, l'enveloppe externe  étant supposée transparente.  



  La     fig.    17 est un diagramme de la trajectoire de  vol de cette forme d'exécution.  



  La     fig.    18 montre en perspective la même forme  d'exécution, mais débarrassée de son aile     portante.     La     fig.    19 est une vue en perspective d'une  troisième forme d'exécution.  



  La     fig.    20, enfin, montre en<I>(a), (b)</I> et (c), trois  variantes de profils transversaux de l'aile     portante    de  l'une ou l'autre des formes d'exécution précédentes.  



  L'aérodyne représenté dans les     fig.    10 est consti  tué par une plaque plane allongée, ou lame A, ayant  un profil transversal semblable à celui de la     fig.    7,  et ayant une longueur ou envergure t et une profon  deur ou longueur de corde t suivant le grand axe  du profil, lame ayant subi une torsion autour de  son axe longitudinal     G-G    pour former un hélicoïde.

    L'angle de torsion totale dont le profil tourne sur la  longueur l de son envergure entre     l'extrémité    K et  l'extrémité N étant désigné par s, on voit sur la       fig.    10(b) que, au moment où l'extrémité K présente  un angle d'incidence a l'autre extrémité N présente  l'angle     d'incidence        c(+    s, et tous les points intermé  diaires le long de l'envergure de la voilure sont à      des incidences intermédiaires entre ces deux valeurs.

    La rotation de la corde ou grand axe du profil  autour de l'axe longitudinal de la     voilure    est, en  général, continu et unidirectionnel, et a de préférence  un taux de torsion angulaire (exprimé par<I>7, x</I> étant  la distance suivant l'envergure) constant ; cette der  nière condition, toutefois., n'est pas indispensable, et  en     certaines    circonstances on pourra faire varier le  taux de torsion le long de la voilure pour agir sur  le     comportement    aérodynamique de celle-ci.  



  Pour étudier le comportement d'une telle     voilure     lorsqu'elle tourne dans un courant d'air dont l'écou  lement est perpendiculaire à son axe de rotation, il  est commode de la diviser par la pensée en une  série de sections ou plaques telles     que    Al, A2,  A3, ... dont chacune a une longueur suivant l'axe  de     rotation    assez courte pour que l'angle de torsion  sur cette longueur puisse être négligé, et ces diverses  sections étant décalées     angulairement    les unes par  rapport aux autres pour     rétablir    approximativement  la torsion le long de la voilure totale ainsi recons  tituée.

   C'est ainsi que sur la     fig.    11(b), la première  section A1 présente     l'angle    d'incidence a et la der  nière A3 l'angle a     -I-    s. Il est évident que lorsque  l'ensemble tourne autour de son axe, les diverses  sections passent successivement par la valeur critique  de leur angle     d'incidence,    pour laquelle la portance  est maximum, les unes après les autres. Dans l'en  semble, la     portance    de chaque section élémentaire  s'étale sur une fraction notable de la demi-période  de rotation.

   Bien que la     rotation    de la voilure héli  coïdale autour de     son    axe au sein d'un courant d'air  perpendiculaire à cet axe donne lieu à une valeur  de crête plus faible de la     portance    par rapport à la  valeur obtenue à l'aide d'une voilure plane de même  envergure et de même largeur,     cette        portance    persiste  sur une     partie    plus grande de la rotation.

   Cet étale  ment de la     portance    apparaît sur la     fig.    12, où la       portance    est     portée    en ordonnées et l'angle de rota  tion en abscisses ; les courbes en traits pleins se  rapportent à la plaque torse, les courbes en pointillé  à la plaque plane. On voit que les impulsions de por  tance pour la plaque plane présentent une valeur de  crête plus élevée     concentrée    sur une course angu  laire très étroite, alors que dans le cas de la plaque  torse, ces impulsions sont un peu moins hautes mais  subsistent sur une course angulaire plus étendue.  



  Les forces élémentaires de     portance    présentent,  bien entendu, une     résultante    appliquée en un certain  centre de poussée;     celui-ci    se déplace continuelle  ment d'une extrémité à l'autre du bord d'attaque de  la voilure, à mesure que les divers points de     ce    bord  passent     successivement    par la valeur optimum de  l'angle d'attaque.

   Il semblerait que cette     particularité     doive entraîner une variation de la stabilité de la  voilure autour de son axe ; mais on constate que le  couple     gyroscopique    développé par la voilure tour  nante annule complètement     cette        tendance    à l'insta  bilité.    Lorsqu'on largue une voilure torse du type  représenté     fig.    10, en chute libre dans l'air, elle est  soumise à un système complexe de forces dont le  détail dépend des caractéristiques géométriques et       physiques    de la voilure, mais qui donnent     lieu    dans  l'ensemble, ainsi qu'on l'a vu plus haut, à un angle  de plané y bien constant.

   En raison de la torsion de  la voilure, qui     répartit    la     portance    et le moment de       rotation    sur une     course    angulaire     appréciable,    la voi  lure décrit dans l'air une trajectoire     régulière    et con  tinue; ainsi qu'on le verra plus loin, sa vitesse angu  laire w atteint une valeur     limite    constante quand la  voilure tombe librement sous le seul effet de la  pesanteur.

   Les facteurs agissant sur la     vitesse    angu  laire et l'angle de plané sont : le     poids.    W de la  voilure ; l'aire     apparente        v    en projection sur le plan  horizontal, ces deux facteurs     intervenant    par leur       rapport    W/ p qui est le poids par     unité    de surface ;

    la finesse, c'est-à-dire le rapport du carré de l'enver  gure à la surface     horizontale,    soit     12/,7    ; cette expres  sion; dans le cas, où la corde a une longueur cons  tante<I>t</I> de     sorte    que<I>v =</I>     tl,    se réduisant<I>à</I>     l/t   <I>;</I> le  profil de la voilure;     enfin    l'angle de     torsion    s.  



  Si on maintient tous ces paramètres fixes à  l'exception de l'angle de torsion s, on     peut    étudier       l'influence    de celui-ci sur le     comportement    de la voi  lure. On voit ainsi que pour s petit, de sorte que  la     voilure    tend vers la voilure plane décrite ci-dessus,  la rotation est faible et saccadée, et le     comportement     de la voilure irrégulier et imprévisible.

   Si s est très  grand, tendant vers 900, la répartition longitudinale  des forces de     portance    et de traînée devient trop  dissymétrique: l'une des     extrémités    de la voilure est       soumise    à un maximum de traînée et à un minimum  de     portance    alors que l'autre extrémité subit le mini  mum de traînée et le maximum de portance<B>;</B> il appa  raît alors une tendance à entrer en rotation autour  de l'axe transversal,     tendance    que ne peut compenser  l'effet gyroscopique, et la stabilité aérodynamique de  la voilure     est    compromise.

   On     conçoit    donc qu'il  doit exister une plage optimum pour l'angle de tor  sion total s ; on a     constaté    que     cette    plage optimum  est comprise entre 5 et 500, ce quia pour     effet    de  faire passer la course angulaire utile pour la portance,  de sa limite antérieure d'environ 300, à une nouvelle  limite d'environ 800.  



  Il est évident que, pour une voilure     donnée,    il  doit exister un état d'équilibre dans lequel la vitesse  angulaire w a une valeur limite, communiquant à la  voilure un angle de plané y constant. En effet, si la  vitesse angulaire vient à     diminuer    à partir de sa  valeur     limite    supposée, l'angle de plané     croîtrait    ;

    mais ceci entraîne à son     tour    un     accroissement    de la  vitesse angulaire, d'où une réduction de l'angle de  plané jusqu'à la valeur d'équilibre; de même en cas       d'accroissement    de la vitesse angulaire.     Ainsi,    en  régime     permanent    et en     l'absence    de tout moyen de  freinage, il     existe    pour toute voilure une vitesse angu  laire caractéristique     et        un    angle de plané caractéris  tique.

   Bien entendu, si l'an fait intervenir des moyens      agissant sur la vitesse angulaire, on peut faire varier  l'angle de plané et la     trajectoire    de vol de la voilure  se modifierait en conséquence.  



  Quand on laisse tomber la voilure en chute libre  dans l'air, elle finit toujours par prendre une orien  tation telle que son axe longitudinal de rotation est  perpendiculaire à la trajectoire, et par prendre une  vitesse de rotation constante autour de cet axe de       sorte    qu'elle plane à un angle constant sur l'horizon.  Ce     comportement    de la voilure torse en chute libre  a lieu en plusieurs stades que montre la     fig.    13. La  voilure étant larguée en U, commence par tomber       brutalement    sans rotation bien nette jusqu'à un cer  tain     point    V.

   En ce point, à la suite des variations       intrinsèques    des forces naturelles agissant sur la voi  lure, celle-ci prend un léger mouvement de rotation  autour de son axe. Cette rotation s'accentue de V  à X, et pendant     ce    temps l'axe de rotation de la  voilure se déplace jusqu'à se trouver en coïncidence  avec l'axe de symétrie du profil transversal et la voi  lure tourne elle-même autour de son axe transversal  jusqu'à ce que sa rotation se fasse autour d'un axe  perpendiculaire au     déplacement.    Au point X par  conséquent la voilure tourne autour de son axe lon  gitudinal et se déplace perpendiculairement à cet axe.

    La vitesse angulaire de la voilure augmente alors  jusqu'à la valeur     limite    déjà mentionnée; en même  temps l'angle de plané     diminue.    Au point Y, l'état  limite est atteint ; la     trajectoire    est alors sensiblement  une droite faisant l'angle     ys    avec l'horizon. En  l'absence de toutes autres forces, la voilure conser  verait     cet    angle. Mais on peut, par des moyens appro  priés, faire varier la vitesse angulaire de la voilure  et réaliser ainsi un angle de plané différent<B>y',.</B> C'est  ce qui a été figuré à partir du point Z sur la figure.

    A partir de ce point, bien que le système soit tou  jours en équilibre, la vitesse angulaire a été ramenée  volontairement en dessous de sa valeur limite de  sorte que l'angle de plané a été     accrû    par rapport à  sa valeur     naturelle    en chute libre.  



  La variante représentée à la     fig.    14 comporte  des volets F sur les bords d'attaque et de fuite de  la voilure parallèlement à l'axe de rotation     G-G.    Le  braquage de ces volets permet d'agir sur l'angle de  plané. Le rôle essentiel de ces     volets    est d'introduire  une interruption dans les     surfaces    de la voilure ; aussi  leur position le long des bords d'attaque et de fuite,  ainsi d'ailleurs que leur nombre, peuvent-ils s'écarter  de la disposition préférée représentée.  



  Dans la     variante    représentée à la     fig.    15, on agit  sur la vitesse angulaire de la voilure au moyen de  tuyères de     soufflage    ou de réaction J, disposées le  long des bords d'attaque et de fuite ; ces tuyères  peuvent être prévues sur un des bords de l'une des  faces, et le bord opposé de l'autre     face    ; on pourrait  bien entendu aussi prévoir des tuyères sur les deux  bords de chaque face, à condition de prévoir alors  des moyens pour leur     commande    sélective par paires.  



  Un petit réacteur ou turboréacteur M est monté  symétriquement par rapport aux deux     axes.    Les gaz    d'échappement du réacteur sont conduits aux tuyères  J disposées sur les bords     d'attaque    et de fuite pour  agir sur la vitesse angulaire w et par suite l'angle de  plané y. Le combustible nécessaire est contenu dans  des chambres réservoirs réparties régulièrement le  long de l'axe     G-G.        Le    réacteur M pourrait être rem  placé par un simple compresseur     alimenté    en air par  des ouïes ménagées sur l'axe longitudinal     G-G,    et  refoulant l'air comprimé par les tuyères J.

   On pour  rait également emmagasiner de l'air comprimé avant  le décollage et le libérer sous un débit     commandé     selon les besoins pour modifier l'angle de plané.  



  Une utilisation particulièrement importante de  l'aérodyne est celle de missile ou engin guidé, car  il offre une solution à certains problèmes qui jus  qu'ici ont été une     source    de gros déboires. Les deux  problèmes principaux se rapportent: l'un, au succès  de la rentrée de l'engin dans les     couches    denses de  l'atmosphère, l'autre, à l'allongement de la     portée     sans faire appel à des propulseurs plus importants,  tels qu'étages de fusée supplémentaires.  



  Suivant le     schéma    de la     fig.    17, il s'agit d'envoyer  un projectile balistique d'un premier point 5 de la       surface    terrestre, à un autre point 6 de     celle-ci.    Si  on utilise la trajectoire balistique usuelle 8 de forme  parabolique, l'engin pour atteindre une grande portée  doit parvenir à une altitude élevée hl, ce qui impli  que d'une part une impulsion de lancement élevée, et  conduit d'autre part à une vitesse très élevée de l'en  gin à sa rentrée dans l'atmosphère.  



  La     fig.    16 montre, en     perspective    simplifiée, le  dernier étage d'un engin propulsé par fusées, à caré  nage extérieur 14 ayant la forme usuelle, mais sup  posé transparent. A     l'intérieur    de cet étage     terminal     est logé un engin 15 dit   de rentrée  . Il comporte  deux pales 16 et 17 de part et d'autre d'une partie  centrale 19 destinée à contenir une charge utile. Les  pales communiquent à l'ensemble de l'engin 15 la  forme générale de la voilure allongée torse définie  plus haut.

   La partie centrale 19     forme    en quelque       sorte    un petit engin     porté,    caréné, et équipé d'un  propulseur indépendant     constitué    par un     réacteur-          fusée    20. Les pales 16 et 17 sont largables, étant  reliées à la section centrale au moyen d'accouple  ments 18 de part et d'autre de     cette    section, sur un  axe 13-13     de    celle-ci perpendiculaire au plan de  symétrie de la partie centrale.  



  Le     fonctionnement    est le suivant : l'engin   de  rentrée   15 est porté à haute altitude à l'intérieur  de l'enveloppe 14 de l'étage terminal habituel, jus  qu'à l'apogée 9 d'une trajectoire indiquée sur la       fig.    17, à l'altitude h2. En ce point, le carénage  extérieur 14 retombe et l'engin 15 est exposé à  l'atmosphère, dans laquelle il tombe en chute libre.

    Cette chute se poursuit     jusqu'en    un     point    10, en lequel       l'autorotation    intervient, l'engin commençant à tour  ner autour de son axe longitudinal qui s'est     placé     perpendiculairement à la     trajectoire.        Le    régime de  rotation s'établit à vitesse angulaire constante en un  certain point 11, au-delà duquel l'engin effectue un      vol plané à angle     réduit    sur l'horizon, jusqu'en un  point 12 où il va pénétrer dans les couches denses  de l'atmosphère.

   En ce     point,    12, les pales 16 et 17  sont larguées, et la     petite    section centrale 19 voit  ses fusées motrices 20 mises en route, pour percuter  l'objectif, où sa charge explose. L'étape finale consis  tant à     convertir    l'engin à voilure torse tournante en  un engin à fusée normal, bien que non indispensable,  est avantageuse pour la raison suivante : l'engin à  voilure torse tournante aurait un     angle    de plané  extrêmement faible au sein de l'atmosphère dense au  voisinage du sol, et il serait, en outre, soumis aux       influences    variables des conditions     atmosphériques    du  moment, rendant imprécis le point d'impact ;

   de plus,  son faible angle de plané et sa vitesse relativement  réduite le rendraient vulnérable à l'interception par  des engins de défense.  



  Pour maintenir l'engin avec précision sur son cap  au cours de la     descente,    il peut être muni de moyens  de contrôle de la trajectoire et de moyens de guidage  vers l'objectif ; ces moyens pourraient comprendre  des gouvernes, un dispositif de guidage par inertie,  un dispositif sensible à l'infrarouge, etc.  



  On remarquera que, pour une portée égale  à     celle    du projectile balistique classique suivant la  trajectoire 8, l'engin lancé comme il vient d'être  décrit ne doit atteindre qu'une altitude     h.    très infé  rieure à celle hl de l'engin classique. On sait que le  gain     réalisé    sur la puissance de propulsion n'est pas  proportionnel au gain d'altitude, mais croit beaucoup  plus rapidement. Ceci permet une simplification de  l'étage fusée, et par suite une     économie    de prix de  revient et une meilleure sûreté de fonctionnement.

    L'engin ainsi réalisé     présente,    réciproquement, une  portée beaucoup plus grande que celle d'un engin  classique projeté à l'altitude     h2,    comme l'indique la  trajectoire en traits interrompus partant du point 9.  D'autre part, en raison de l'effet de freinage exercé  par les forces de tramée sur l'engin en cours de  rentrée dans l'atmosphère,     celle-ci    se produit à une  vitesse     beaucoup    plus faible que celle de l'engin clas  sique, résolvant ainsi le problème de la rentrée dans  l'atmosphère et     permettant    l'emploi de matériaux  plus économiques. que ceux qui seraient autrement       nécessaires.     



  L'engin à rentrée dans l'atmosphère, que l'on  vient de décrire, est également utilisable pour les  besoins de la défense. En effet, il suffit lors de son  lâcher à haute altitude de régler ses caractéristiques  aérodynamiques de telle sorte qu'il décrive une tra  jectoire descendante en hélice de pas très faible.

   On  pourrait ainsi maintenir l'engin pendant une période  de temps prolongée au-dessus d'une     zone    à défendre,  telle qu'une grande ville ; muni d'un dispositif de  détection approprié tel qu'un détecteur à l'infrarouge,  il serait sensible à l'approche lointaine d'un objet  hostile tel qu'un engin intercontinental dirigé vers. la  zone à défendre ; ses pales     hélicoïdales    seraient alors  larguées ainsi qu'on l'a décrit, et le petit engin porté,  constituant sa partie centrale, irait alors intercepter    l'objet ennemi, à     proximité    duquel il     ferait    éclater  sa charge d'explosif.

   Il faudrait, bien entendu, lancer  de nouveaux engins défensifs de ce type au fur et à  mesure que ceux précédemment largués tombent dans  les couches basses de l'atmosphère.  



  Un autre mode     d'utilisation    d'un tel engin consis  terait à le lancer du bord d'un navire de     guerre    pour  survoler une zone maritime dans laquelle on soup  çonne la     présence    d'un sous-marin ennemi. En  réponse à un dispositif de détection électromagné  tique dont l'engin serait équipé, celui-ci verrait ses  voilures larguées et le petit engin porté piquerait sur  le sous-marin.    La forme d'exécution représentée à la     fig.    19  comporte deux engins défensifs élémentaires ayant  chacun la     forme    de l'engin à rentrée dans l'atmo  sphère décrit plus haut, et disposés côte à côte.

   Leurs  axes longitudinaux sont parallèles, et l'un des bords  de la voilure de chacun d'eux est en contact avec  un bord de la voilure de l'autre. Lancés dans l'air  parallèlement à leur axe longitudinal, chacun de ces  engins élémentaires présente un sillage très réduit de  sorte qu'un carénage est superflu en vue de suppri  mer les efforts aérodynamiques de torsion en vol  rectiligne. L'engin multiple 21 représenté sur la     fig.     19 comprend deux engins distincts 29 et 22, dont  chacun a la forme déjà décrite, comportant une     partie     centrale portée, désignée 27 pour l'engin 29 et 28  pour l'engin 22 ; les pales 23-24 et 25-26 respecti  vement pour les engins 29 et 22, donnent à ceux-ci  la forme de la voilure allongée et torse, décrite plus  haut.

   Lorsque l'engin composite a atteint une altitude  appropriée, les deux engins élémentaires 29 et 22 se  séparent le long de leur bord     commun    et deviennent  indépendants l'un de l'autre, chacun se plaçant sur  une trajectoire hélicoïdale comme on l'a décrit plus  haut. A la fin de leur trajectoire de descente, ils  peuvent être reçus dans une étendue d'eau ou une  autre aire de réception appropriée ; grâce à leur  vitesse réduite et au petit angle de leur trajectoire sur  l'horizon, leur atterrissage se fera sans dommage, de  sorte qu'ils pourront être récupérés et réutilisés.  



  La propriété selon laquelle l'engin, après une pre  mière partie de trajectoire à grande vitesse parallèle  ment à son axe longitudinal, s'arrête brusquement et  poursuit son vol à vitesse réduite perpendiculairement  à son axe, et sous un angle de plané très. faible, tout en  tournant autour de cet axe, peut     présenter    un avan  tage précieux pour déjouer les contre-mesures enne  mies, que celles-ci prennent la     forme    d'une tentative       d'interception    d'engin défensif dirigé contre un avion  assaillant, ou de la destruction d'un engin     balistique          intercontinental        dirigé    contre un objectif à détruire.

    En effet, toute tentative de défense ou d'interception  de ce genre doit reposer nécessairement sur un calcul  de la trajectoire de l'engin, en altitude et en vitesse,  calcul étendu sur un     certain    laps de temps, en vue  de prévoir à l'avance un point d'interception pos  sible ; or     tout    calcul de ce genre repose nécessaire-      ment sur l'hypothèse d'une trajectoire régulière,     c'est-          à-dire    régie par une loi uniforme.  



  Cette hypothèse n'est pas valable dans le cas de  l'engin décrit, dont l'altitude, la trajectoire et la  vitesse sont soumis à une variation discontinue, d'ail  leurs intervenant à un instant     qui        pourrait    être com  mandé à volonté ; avant cette discontinuité on a  affaire à un projectile balistique classique, à faible  tramée et grande vitesse, après, à une voilure tour  nante à faible vitesse de vol et à faible angle de  chute. Tout calcul     d'interception    précis est ainsi rendu       virtuellement    impossible.  



  Dans toutes les formes d'exécution décrites, le  profil transversal de la voilure ou autre organe est  supposé de forme générale elliptique, ou plus exac  tement ovale à     extrémités        effilées,    et à fort aplatis  sement (voir     fig.    20(b)). Un tel profil est assez simple  à réaliser et satisfait aux conditions essentielles de  symétrie par rapport à son grand axe et de forme  générale aplatie ; aussi     ce    profil est-il satisfaisant.  Mais on peut utiliser d'autres profils plus, ou moins  avantageux.

   Le profil le plus simple est représenté  sur la     fig.    20(a)     comme    étant constitué par     celui     d'une simple lame ou plaque     mince    rectangulaire. Ce  profil a un rendement médiocre de transformation  de l'énergie cinétique du fluide en travail utile. La       fig.    20(c) montre un profil qui n'est plus symétrique  par rapport à son axe principal, mais l'est par rap  port à son centre, les deux moitiés du profil de     part     et d'autre de l'axe principal pouvant être amenées en  coïncidence par une rotation de 1800 autour de ce  centre ; le profil dans son ensemble a le contour  général d'un S très aplati. Un tel profil est d'un ren  dement élevé.

   De préférence, le     rapport    de l'épais  seur ou petit axe par rapport à la corde ou grand  axe, est faible, et les bords d'attaque et de fuite sont  effilés pour réduire la résistance à l'écoulement ; en  outre il est préférable qu'il existe une symétrie de  rotation. Par ailleurs, la voilure ne présente pas  nécessairement, avant torsion hélicoïdale, le contour  plan rectangulaire qu'on a représenté dans les diver  ses formes d'exécution décrites. C'est ainsi que ce  contour pourrait être ovale ou autre. Pour     certaines     applications, il pourrait même être intéressant de  rendre ce contour dissymétrique par rapport à l'axe  transversal ; on pourrait ainsi, notamment, arriver à  modifier la trajectoire de vol de l'aérodyne.

Claims (1)

  1. REVENDICATION I Aérodyne comportant au moins une aile portante produisant une portance par rotation autour d'un axe dirigé suivant son envergure, caractérisé en ce qu'il est conformé de manière à présenter une résistance aérodynamique minimum dans la direction de l'en vergure de l'aile portante. SOUS-REVENDICATIONS 1. Aérodyne selon la revendication I, caractérisé en ce qu'il comprend des moyens pour commander la vitesse angulaire de rotation de l'aile portante. 2. Aérodyne selon la sous-revendication 1, carac térisé en ce que lesdits moyens comprennent des organes producteurs de jets gazeux. 3.
    Aérodyne selon la sous-revendication 1, carac térisé en ce que lesdits moyens comprennent des volets. 4. Aérodyne selon la revendication I, caractérisé en ce que le profil transversal de l'aile portante est un profil aérodynamique présentant un centre de symétrie. 5. Aérodyne selon la revendication I, caractérisé en ce que le profil transversal de l'aile portante est de forme générale elliptique. 6. Aérodyne selon la revendication I, caractérisé en ce que l'aile portante présente une torsion régu lière et de même sens le long de son envergure. 7.
    Aérodyne selon la sous-revendication 4, carac térisé en ce que l'angle de torsion d'une extrémité à l'autre de l'aile portante est compris entre 0,5 et 50o. 8. Aérodyne selon la revendication I, caractérisé en ce qu'il est pourvu de moyens de propulsion. 9. Aérodyne selon la revendication I, caractérisé en ce qu'il comprend un compartiment pour des pas sagers ou pour une charge utile, et en ce que ladite aile portante est montée de façon amovible sur ledit compartiment de manière à pouvoir être larguée en vol. 10.
    Aérodyne selon la revendication I, caractérisé en ce qu'il est disposé dans une enveloppe profilée commune à plusieurs aérodynes semblables, et en ce qu'il peut en être séparé. REVENDICATION II Utilisation de l'aérodyne selon la revendication comme missile. SOUS-REVENDICATION 11. Utilisation selon la revendication II, carac térisée en ce que l'aérodyne est compris dans l'étage final d'un engin autopropulsé à plusieurs étages.
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