Projecteur cinématographique Certains projecteurs cinématographiques sont munis d'un dispositif d'arrêt sur image permettant d'arrêter l'entraînement du film de façon à permettre l'observation d'une image déterminée de celui-ci. Les films cinématographiques ne résistent pas à la cha leur intense du faisceau lumineux normal de projec tion, et si aucun moyen spécial n'était prévu, la partie du film qui est arrêtée et qui se trouve dans le fais ceau lumineux serait amenée à la température de fusion du support d'acétate de cellulose en quelques secondes.
Pour cette raison, le dispositif d'arrêt sur image comprend un écran, ou filtre, disposé entre la source lumineuse et le film et absorbant la plus grande partie du flux lumineux. Il en résulte une diminution très sensible de la luminosité de l'image projetée, de sorte qu'il est difficile d'observer des détails de cette image. Malgré ces précautions, la chaleur est encore telle qu'elle déforme le film sta tionnaire dans la fenêtre de projection et oblige l'opé rateur à retoucher constamment la mise au point de l'objectif.
La présente invention a pour but de remédier à cet inconvénient. Elle a pour objet un projecteur cinématographique, susceptible d'être entraîné à au moins deux vitesses différentes par un moteur élec trique, comprenant un obturateur à nombre de pales variable, caractérisé en ce qu'au moins une partie des pales de l'obturateur est escamotable, le nombre de pales escamotables étant au moins aussi grand que celui des pales nécessaires pour la projection à vitesse normale, des moyens permettant d'entraîner le pro jecteur à une vitesse lente au moins deux fois plus faible que la vitesse normale et augmenter le nombre de pales en action de l'obturateur afin d'éviter le scintillement.
Le dessin annexé représente, schématiquement et à titre d'exemple, une forme d'exécution d'un pro jecteur objet de l'invention.
La fig. 1 est une vue générale de ce projecteur. La fig. 2 est une vue de l'obturateur équipant ce projecteur, des parties étant arrachées.
La fig. 3 est une coupe suivant la ligne III-111 de la fig. 2.
La fig. 4 est un schéma électrique du moteur du projecteur.
La fig. 5 est un diagramme montrant le couple de ce moteur en fonction de sa vitesse de rotation. Les fig. 6 à 11 se rapportent à trois variantes d'exécution de l'obturateur du projecteur.
Le projecteur représenté à la fig. 1 comprend un bâti 1 portant un moteur non représenté, une source lumineuse constituée par une lampe à basse tension logée dans une partie 2 du bâti, cette partie portant encore un objectif 3. Le bâti 1 porte deux bras 4 et 5 pour les bobines débitrice 6 et réceptrice 7, ainsi que des galets 8 et des débiteurs 9 pour l'en traînement du film.
Sur la partie 2 est prévu un bouton de commande 10 agissant sur un commutateur contrôlant le moteur d'entraînement. Le bouton 10 est représenté au des sin dans la position d'arrêt du projecteur. Lorsqu'on fait tourner ce bouton 10 dans le sens des aiguilles d'une montre, on l'amène tout d'abord en face d'un secteur foncé pour lequel le moteur est enclenché en marche avant, mais la lampe n'est pas allumée. En continuant à faire tourner le bouton, on l'amène suc cessivement en face de deux positions indiquées par 18 et 5, pour lesquelles la vitesse d'entraînement du film est respectivement de 18 et de 5 images par seconde, la lampe étant allumée.
En faisant tourner le bouton 10 dans le sens inverse des aiguilles d'une montre à partir de la position représentée au dessin, on provoque d'abord l'entraînement du moteur en marche arrière avec la lampe éteinte, puis, pour la position indiquée par AR, la marche arrière avec la lampe de projection allumée.
Lorsqu'on utilise le projecteur à la vitesse de 5 images par seconde, on obtient un effet très fort de ralenti qui permet pratiquement d'examiner une scène aussi bien que si l'on effectuait un arrêt sur image. Pour éviter le scintillement, il est nécessaire de pré voir un plus grand nombre d'obturations par tour d'obturateur que pour la vitesse normale. On sait, en effet, que le scintillement disparaît lorsque la fré quence des obturations est égale à au moins 40 par seconde.
Les fig. 2 et 3 représentent un obturateur per mettant d'obtenir 9 obturations par tour lorsque la vitesse d'entraînement est de 5 images par seconde, et seulement 3 obturations pour la vitesse normale de projection, qui a été fixée pour ce projecteur à 18 images par seconde.
Cet obturateur est constitué par un disque 11 présentant sur son pourtour trois pales 12a, l2b et 12c. La partie intérieure de ce disque 11 est embou tie pour former une saillie cylindrique 13. Des trous 14 permettent de fixer le disque 11 sur son support d'entrainement, non représenté. L'obturateur com prend encore deux autres disques 11' et 11" qui présentent chacun trois pales disposées à sa péri phérie. Ces pales sont désignées respectivement par <I>12'a, 12'b,</I> 12'c et 12"a,<I>12"b, 12"c.</I>
Les disques 11' et 11" sont de forme annulaire et le bord intérieur de chacun d'eux présente trois portions 15', respectivement 15", en forme d'arc de cercle centré par rapport aux disques et destinées à prendre appui sur trois tétons 16 décalés de 1200 et rivés sur le disque 11. Les disques 11' et 11" peuvent donc tourner concentriquement par rapport au disque 11 d'un angle correspondant à l'arc cou- vert par les portions 15' et 15" respectivement.
Cet angle est suffisant pour qu'une rotation en sens inverse des disques 11' et 11" permette de placer les pales 12'a et 12"a derrière la pale 12a du disque 11. De même, les pales 12'b, 12"b et 12'c, 12"c sont alors placées respectivement derrière les pales 12b et 12c du disque 11, de sorte que l'obturateur ne présente alors plus quettrois pales actives.
Le déplacement des disques 11' et 11" est com mandé par la force centrifuge par l'intermédiaire de trois masselottes 17 présentant chacune une partie 18 engagée dans une fente 19 d'un disque 20 de forme annulaire qui est fixé au disque 11 grâce aux trois tétons 16. Chaque masselotte 17 entraîne deux bras 21' et 21" qui sont articulés sur elle par une de leurs extrémités, leur autre extrémité étant articulée sur une patte 22', respectivement 22" des disques 11' et 11". La disposition des masselottes 17 est symé trique, de sorte qu'il existe trois bras 21' et trois bras 21".
Trois ressorts 23 de traction sont accro- chés chacun à deux bras 21' et 21" de façon que leur action tende à placer les disques 1 l' et 11" dans la position représentée au dessin, pour laquelle l'obturateur présente neuf pales actives.
La tension des ressorts 23 est telle que lorsque l'obturateur effectue 5 tours par seconde, ces ressorts maintiennent les masselottes 17 dans la position représentée au dessin ; par contre, lorsque la vitesse de rotation est de 18 tours par seconde, la force centrifuge est plus élevée que celle exercée par les ressorts, de sorte que les masselottes 17 coulissent radialement dans les fentes 19 et provoquent, par l'intermédiaire des bras 21' et 21", des rotations en sens inverse des disques 11' et 11" dont les pales viennent se placer derrière celles du disque fixe 11.
Dans la forme d'exécution représentée de l'obtu rateur, chaque pale a une largeur correspondant à un arc de 30,1. Les neuf pales couvrent ainsi un arc de 270,) au total, de sorte que le flux lumineux utile est égal au 25 p/o du flux lumineux total. Lors que la vitesse est de 18 images par seconde, l'obtu rateur présente trois pales actives et le flux passant entre les pales est égal au 75 % du flux total. On voit que la luminosité pour la vitesse de ralenti de 5 images par seconde est trois fois plus faible que la luminosité en fonctionnement normal.
Cette dimi nution est donc moins importante que celle qui doit être faite dans le cas des projecteurs munis d'un dis positif d'arrêt sur image.
Il est bien entendu que la descente de la griffe d'entraînement du film, qui n'est pas représentée, doit être très rapide et inférieure à 30 de rotation de l'obturateur. Il est clair que plus la descente de la griffe est rapide, plus les pales de l'obturateur peuvent être étroites, ce qui permet d'augmenter la luminosité du projecteur.
L'entraînement du projecteur est assuré par un moteur asynchrone, qui n'est pas visible à la fig. 1, et dont le schéma électrique est indiqué à la fig. 4. Ce moteur comprend un enroulement 24 d'excitation principal et un enroulement de démarrage constitué par deux parties 25 et 26 et relié aux bornes de l'enroulement principal 24 par l'intermédiaire d'une résistance 27 et d'un condensateur 28. La partie 26 de l'enroulement de démarrage est susceptible d'être shuntée par une résistance 29 grâce à un inter rupteur 30.
La fig. 5 représente le couple Md d'un tel moteur en fonction de sa vitesse de rotation<I>n.</I> La courbe<I>a</I> en traits pleins montre la caractéristique du moteur lorsque l'interrupteur 30 est ouvert. On voit que le couple est maximum pour une vitesse de rotation légèrement inférieure à la vitesse de synchronisme n1, pour laquelle le couple est nul. La partie ascen dante de la courbe<I>a</I> présente une dépression<I>b</I> qui peut être obtenue de différentes façons connues.
Lorsqu'on ferme l'interrupteur 30, la caractéristique du moteur est transformée comme indiqué par la courbe c pour laquelle le couple devient nul pour une vitesse n_, qui est comprise entre le cinquième et le tiers de n1.
On dispose -ainsi d'un moyen très simple pour obtenir la vitesse de grand ralenti du projecteur de 5 images par seconde, puisqu'il suffit de commander l'interrupteur 30 au moyen du bouton 10. Cependant, il est bien évident qu'on pourrait prévoir d'autres moyens pour obtenir la vitesse de grand ralenti, qui peut avantageusement être inférieure à 6 images par seconde. Ainsi, le moteur d'entraînement pourrait être du type à pôles commutables, ou encore à col lecteur, et sa vitesse pourrait être réglée, de la façon habituelle, au moyen d'une résistance variable bran chée en série avec l'induit du moteur.
La vitesse de ralenti pourrait aussi être plus élevée que dans l'exemple décrit, mais pour obtenir des résultats inté ressants, elle doit être au plus égale à la moitié et de préférence inférieure au tiers de la vitesse normale de projection. Lorsque la vitesse de ralenti est proche de la demi-vitesse normale, on peut prévoir un obtu rateur dont le nombre de pales escamotables est égal au nombre des pales, fixes nécessaires pour la pro jection à vitesse normale. De toute façon, il est avan tageux que chaque pale s'étende sur un arc de moins de 35 , ce qui implique que la durée de la descente de la griffe d'entraînement doit être inférieure à la durée d'une rotation de 351, de l'obturateur.
Les fig. 6 et 7 représentent une variante d'exé cution d'un obturateur dont le nombre des pales en action est modifié par la force centrifuge. Cet obtu rateur est constitué par un disque 31 à la périphérie duquel trois pales fixes 32, 32' et 32" sont décou pées. Ce disque 31 porte, sur une de ses faces, trois tétons 33, 33', 33" sur chacun desquels pivote un bras 34 dont une extrémité porte une pale 35 et l'autre une masselotte 36. Chaque bras est soumis à l'action d'un ressort 37 le maintenant dans la posi tion représentée à la fig. 6, position pour laquelle la pale 35 est active.
On voit que le déplacement de cette dernière vers l'extérieur est limité par un téton 38 fixé dans le disque 31 et constituant une butée pour ledit bras.
Sur l'autre face du disque 31, qui n'est pas repré sentée au dessin, une disposition analogue permet la mise en action et l'escamotage de trois autres pales 39, 39' et 39".
La force des ressorts 37 est suffisante pour main tenir les pales 35 et 39 dans leur position active pour la projection à vitesse lente. Lorsque la vitesse de projection est augmentée pour atteindre la vitesse normale, la force agissant sur les masselottes devient prépondérante et provoque le pivotement des bras 34 pour leur faire occuper la position représentée à la fig. 7, position pour laquelle toutes les pales mobiles sont escamotées, tandis que les masselottes viennent se placer derrière les trois pales fixes 32, 32' et 32". Le pivotement des bras 34, sous l'effet de la force centrifuge, est limité par un moyeu 40 contre lequel le bord intérieur des pales 35 et 39 vient buter.
Lorsque la vitesse de rotation de l'obturateur retombe en dessous d'une vitesse déterminée, l'action des res sorts 37 est plus forte que celle de la force centrifuge et les pales reprennent leur position représentée à la fig. 6.
Les fig. 8 et 9 représentent une autre forme d'exécution d'un obturateur qui est en liaison ciné tique avec un dispositif de commande des vitesses lente et rapide, c'est-à-dire un obturateur dont le nombre de pales actives est commandé uniquement par sa vitesse de rotation ou par la variation de cette dernière, sans qu'un dispositif mécanique de com mande agisse directement sur un dispositif de con trôle du nombre de pales actives.
L'obturateur représenté aux fig. 8 et 9 comprend trois disques 41, 42 et 43 présentant chacun trois pales périphériques 41', respectivement 42' et 43'. Pour faciliter la compréhension du dessin, les pales 42' ont été représentées en :traits mixtes à la fia. 8, et les pales 43' en traits pointillés.
Le disque 41 est fixé sur l'arbre 27, tandis que les disques 42 et 43 peuvent tourner sur cet arbre. Toutefois, la rotation du disque 42 par rapport au disque 41 est limitée par l'engagement d'un téton 44 du disque 42 dans une fente arquée 45 du disque 41. De même, la rotation du disque 43 est limitée par l'engagement d'un téton 46 de ce dernier s'enga geant dans une fente 47 du disque 42. Le disque 43 peut être entraîné par friction par une poulie 48 reliée par une courroie 49 à une poulie 50 d'un moteur auxiliaire 51.
Cette poulie 48 est montée libre sur l'arbre 27 et elle est pressée latéralement contre le disque 43 par un ressort 52 dont la pression est également transmise sur deux garnitures de fric tion 53 et 54 serrées entre les disques 43, 42 et 41.
Le moteur 51 est entramé à une vitesse telle que la poulie 48 tourne un peu moins vite que l'arbre 27 lorsque la vitesse de projection est normale, soit, dans le cas présent, égale à 18 images par seconde. En référence à la fig. 8, le disque 41 est entraîné dans le sens des aiguilles d'une montre et, par suite de la friction exercée par la poulie 48, qui tend à empêcher les disques 42 et 43 de tourner aussi vite que le disque 41, les disques 42 et 43 tournent par rapport au disque 41 jusqu'à ce que leurs tétons 44 et 46 viennent buter contre l'extrémité des fentes 45 et respectivement 47.
Dans cette position, les pales des trois disques sont superposées, de sorte que l'obturateur ne présente que trois pales actives.
Lorsque la vitesse de l'arbre 27 diminue pour obtenir une vitesse de projection de 5 images par seconde, la poulie 48 est entraînée par le moteur 51 à une vitesse supérieure à celle dudit arbre 27, de sorte que cette poulie entraîne par friction les disques 42 et 43 pour les amener dans leur position repré sentée à la fig. 8, de sorte que l'obturateur présente neuf pales actives.
Les fig. 10 et 11 représentent une autre forme d'exécution d'un obturateur, dont la construction est très proche de celui représenté aux fig. 8 et 9. Cet obturateur comprend aussi trois disques 41, 42 et 43 dont la rotation mutuelle est limitée par des tétons 44 et 46 s'engageant dans des fentes 45 et 47. Dans cette forme d'exécution, les disques 42 et 43 peu vent tourner sur l'arbre 27 et le disque 43 porte une masse d'inertie 55.
Cette masse d'inertie s'oppose à l'entraînement en rotation du disque 43 au moment de la mise en marche du projecteur, c'est-à-dire lorsque le disque 41, qui était arrêté, est entramé subitement en rotation dans le sens des aiguilles d'une montre, en référence à la fig. 10. Il en résulte qu'à la mise en marche, les disques 42 et 43 tournent sur l'arbre 27 pour occuper la position dans laquelle leurs pales sont placées derrière les pales du disque 41.
Lorsqu'on passe de la vitesse de 18 images à la vitesse de 5 images par seconde, l'obturateur est soumis à un ralentissement suffisamment rapide et par suite de l'inertie de la masse 55, les disques 43, puis 42 ont tendance à poursuivre leur rotation à la même vitesse, ce qui les fait pivoter par rapport au disque 41 pour venir occuper les positions montrées à la fig. <B>10.</B>
Pendant la projection à l'une ou à l'autre des vitesses prévues, soit 18 et respectivement 5 images par seconde, la vitesse de l'arbre 27 reste constante, de sorte que l'obturateur reste dans la position qu'il a prise. Toutefois, pour supprimer absolument tout risque de modification inopportune de la position de l'obturateur pendant la projection, il est avantageux de prévoir un léger frottement des disques. 42 et 43 soit sur l'arbre 27, soit entre eux et avec le disque 41.
En variante, on pourrait aussi prévoir des crans pour maintenir l'obturateur dans chacune des deux positions de fonctionnement qu'il doit pouvoir occuper.
Il va de soi que la commande du nombre de pales de l'obturateur devant être mises en action pourrait être effectuée non pas par l'action de la force centrifuge, mais, par exemple, par une liaison mécanique entre le bouton de commande 10 et l'obturateur.