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Mine Un des problèmes qui se posent dans toute action de guerre est la nécessité, parfois urgente et impérieuse, d'arrêter ou tout au moins de ralentir une avance rapide des forces ennemies, ou une attaque par surprise de celles-ci, sur toutes sortes de terrains (y compris les terrains couverts de neige) au moyen de champs de mines, improvisés au besoin et placés à l'endroit décisif.
Il faut donc tenir compte des natures de terrains les plus défavorables, de la possibilité d'employer des urines enterrées ou dûment camouflées, ou immer- gées à faible profondeur, ainsi que des moyens à employer pour la mise en place rapide des mines (lancement à partir de camions, bateaux ou avions) pour leur dissémination en surface. La mine qui va être décrite a été conçue et étudiée de manière à répondre à cette mission étendue, qui comprend non seulement tous les cas qui peuvent se présenter dans les nécessités tactiques modernes,
mais aussi l'entraînement du personnel et les exercices et manoeuvres des armées dans des conditions de sécurité absolue. Cette mine peut être utlisée a) pour l'entraînement, dans n'importe quel milieu (terrain quelconque, neige et eau) ; b) par dispersion en surface, quels que soient le milieu sur lequel les mines sont lancées (sur terre ou dans l'eau) et les moyens employés pour le lancement (de camions, bateaux ou avions).
Lorsque cette mine comprend une charge fumigène d'exercice, elle peut être utilsée pour des fins pacifiques c) toujours enterrée, pour la protection de frontières internationales, pour la protection de champs d'expériences de type secret, etc. ; d) pour l'entraînement du personnel spécialisé tel que sapeurs-mineurs, troupes d'assaut, etc. ; pour les exercices tactiques et pratiques d'unités spécialisées (commandos, parachutistes, ete.) ; pour les manoeuvres tactiques d'ensemble réelles de grandes unités d'armées, etc.
La mine selon la présente invention est caractérisée en ce qu'elle est constituée entièrement en une matière indétectable et comprend une enveloppe, une fusée et une charge, l'enveloppe étant formée d'un couvercle et d'un fond assemblés entre eux et le couvercle présentant une ligne de rupture agencée de manière à céder sous l'action d'une force déterminée, le tout étant agencé de manière que, lorsqu'une force suffisante agit sur le couvercle, la ligne de rupture cède et une partie du couvercle soit enfoncée et agisse sur la fusée qui provoque l'ignition de ladite charge.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'objet de l'invention.
La fig. 1 est une coupe verticale de cette forme d'exécution.
La fig. 2 est un agrandissement de la partie de la fig. 1 inscrite dans le cercle en traits mixtes II. La fig. 3 est un agrandissement de la partie de la fig. 1 inscrite dans le cercle en traits mixtes III. La fig. 4 est une vue en coupe d'un capuchon de protection pour la fusée.
La mine représentée comprend trois parties principales, qui sont une enveloppe, une fusée et une charge.
Le poids total maximum de cette mine chargée et prête à l'emploi est de 90 g environ et son diamètre de 71 mm. Sa forme extérieure est celle d'un disque lenticulaire en raison des diverses fins auxquelles doit répondre son utilisation. Son fonctionnement, qui est le même dans les deux seules positions qu'elle peut prendre, est provoqué par une pression extérieure et celui de la fusée par une percussion.
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L'enveloppe de la mine est faite entièrement en matière plastique. Elle est formée de deux parties, le couvercle 9 et le fond 10, vissés l'une sur l'autre.
Le couvercle 9 présente en son centre un orifice taraudé dans lequel est vissé un bouchon T dont le bord est moleté pour améliorer sa préhension avec les doigts. La surface cylindrique intérieure dudit orifice se prolonge vers le bas et son diamètre est légèrement supérieur à celui de la fusée décrite ci- après.
Le couvercle 9 présente à sa partie supérieure, vers le dernier tiers de son rayon en partant de son centre, une gorge a définissant une ligne de rupture. Cette gorge a divise le couvercle en deux parties principales reliées par une cloison verticale très mince. Ces deux parties principales du couvercle 9 constituent une surface centrale mobile vulnérable et un anneau périphérique fixe invulnérable. La ligne de rupture a ne cède pas tant qu'une force déterminée n'agit pas sur la partie centrale du couvercle 9.
Pratiquement, la ligne de rupture est calculée de manière à céder sous l'action d'une force de 30 kg, mais on peut choisir d'autres valeurs.
Le fond 10 sert à loger la charge 12, qui est formée de trinitro:toluène pour les mines du type de guerre ou d'une pastille fumigène pour les mines du type d'exercice. Sa base et son bord latéral cyEndri- que sont intérieurement lisses.
Lorsqu'on assemble le couvercle 9 et le fond 10, on peut enduire le pas de vis d'une substance liquide adhésive avant le vissage, pour assurer une étanchéité parfaite.
La charge 12 pèse 40 g environ lorsqu'elle est constituée par du trinitrotoluène. Elle a la forme indiquée sur le dessin, c'est-à-dire que -sa partie inférieure épouse le profil du fond 10 et que sa partie supérieure est plane. Au centre, elle présente une cavité cylindrique destinée à recevoir la fusée correspondante, qui reposera au fond de cette cavité. Si la mine est une mine d'exercice, la charge 12 sera constituée par un explosif fumigène de faible puissance. La fusée doit être en contact direct avec la charge 12, sans interposition de poche d'air.
La fusée est représentée dans la partie centrale de la mine en position de repos. Elle est formée de trois parties principales, faites également en matière plastique de différentes compositions selon les fonctions mécaniques que chacune d'elles est appelée à remplir lors du fonctionnement général. Ces trois parties sont un couvercle porte-percuteur, un porte- détonateur et une cartouche porte-amorce.
Le couvercle porte-percuteur est formé de deux éléments 1 et 2 réunis par une gorge de rupture b qui joue un rôle analogue à celui de la gorge de rupture a du couvercle 9 de l'enveloppe. L'élément 1 constitue la partie invulnérable du couvercle de la fusée ; il est de forme cylindrique, lisse extérieurement, et sa face intérieure est taraudée. L'élément 2 vulnérable est constitué par une pièce allongée pré- sentant une partie supérieure arrondie, une partie centrale cylindrique et une partie inféreiure terminée en pointe.
La gorge de rupture b nécessite un effort de rupture inférieur à celui de la gorge a du couvercle de la mine, égal, par exemple, au tiers de ce dernier. Cet effort de rupture peut varier entre certaines limites, pourvu que soit sauvegardée la sécurité personnelle lors des manipulations. Par exemple, dans le modèle décrit, dans lequel la ligne de rupture a cède sous l'action d'une force de 30 kg, la fusée doit fonctionner pour une pression minimum de 14 kg.
L'élément 2 constitue le percuteur de la fusée, une fois qu'il est séparé de l'élément 1 du couvercle. Normalement, quand il est prêt à fonctionner (position de repos), ce percuteur 2 dépasse l'élément 1 du couvercle et forme une saillie sur laquelle doit agir la pression extérieure de fonctionnement.
Le porte-détonateur 3 est constitué par une pièce cylindrique évidée qui est, tant extérieurement qu'intérieurement, tournée. Son bord supérieur est extérieurement fileté pour y visser l'élément 1 ; le bord inférieur, de surface lisse extérieurement, est taraudé sur sa face intérieure pour y visser la cartouche porte-amorce 5 décrite plus loin.
La partie supérieure du porte-détonateur 3 présente une creusure qui reçoit la partie inférieure du cylindre central du percuteur 2, quand les deux pièces 1 et 3 sont vissées l'une sur l'autre, et cette creusure sert de guide pendant la course du percuteur 2 après que celui-ci a été libéré de l'élément 1 du couvercle par rupture de la cloison verticale de la gorge b. Le porte-déto- nateur présente également un alésage cylindrique inférieur, de diamètre plus petit, qui sert de logement à un détonateur 6, formé, par exemple, de fulminate de mercure.
La cartouche porte-amorce 5 est composée d'une capsule cylindrique dont les parois et le fond sont entièrement lisses et qui sert de logement à l'amorce 7, par exemple une pastille de tétralite ou de poudre noire fine inflammable, selon que la mine est du type de guerre ou d'exercice . La capsule 5 présente extérieurement deux diamètres ;
la partie supérieure filetée, de diamètre plus petit, est celle sur laquelle est vissée la partie inférieure du porte-déto- nateur 3, et la partie inférieure de la capsule 5 est massive dans le type de guerre, tandis qu'elle présente plusieurs lumières dans le type d'exercice, en vue d'assurer une meilleure transmission du feu à la charge fumigène 12.
Une rondelle de séparation 4, en polystyrène, constitue une garniture auxiliaire de la fusée et est située entre les pièces 3 et 5.
Dans les mines du type d'exercice, on peut recouvrir la surface extérieure du porte-détonateur 3 d'une pellicule plastique adhésive protectrice pour assurer la protection des explosifs qui sont extrêmement hygroscopiques.
Une fois les trois pièces 1, 3 et 5 vissées entre elles, l'ensemble de la fusée forme un bloc parfait. Pour immobiliser la charge 12 quand la fusée
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n'est pas mise en place, et même quand elle l'est, pour éviter que l'ensemble charge-fusée puisse se mouvoir dangereusement lors des manipulations de la mine, cette dernière est munie d'une grande rondelle 11 de polystyrène qui est maintenue en place par un épaulement intérieur du couvercle 9 et par la surface supérieure de la charge 12 sur laquelle elle s'appuie.
Une fois la charge 12 mise en place dans le fond 10, il subsiste un vide à la partie supérieure de la mine, qui permet la descente libre de la partie centrale détachée du couvercle 9 lorsqu'elle se sectionne le long de la gorge de rupture a par suite de la pression exercée sur elle. On peut cependant placer, si on le désire, sur cette face supérieure de la charge 12, une pastille contenant de la grenaille indétecta- ble. Ainsi, sans gêner le fonctionnement de l'élément sensible vulnérable du couvercle 9, dans sa course d'action sur la fusée, on peut transformer la mine en une mine contre personnel à grenaille indétectable, ce qui augmente son efficacité.
Pour protéger la fusée pendant son transport, avant qu'elle soit assemblée à la charge, on peut prévoir un capuchon 8 (fig. 4) coiffant le couvercle porte-percuteur 1-2.
Selon le genre de terrain (marécageux ou mou), on peut munir la mine d'un plateau de contre- pression convexe sur lequel on pose la mine lors de sa mise en place. Ce plateau s'oppose à la possibilité de descente de la mine lorsqu'on marche dessus, ce qui lui permet de fonctionner lorsqu'une pression déterminée est exercée sur elle.
Le fonctionnement de la mine décrite est le suivant Lorsqu'on marche sur la mine, on agit soit directement sur toute la surface de l'élément mobile vulnérable du couvercle 9, soit sur une partie de celle- ci, soit indirectement par contre-pression si la mine est à l'envers. Dans tous ces cas, au moment où cette pression dépasse la limite de rupture calculée pour la gorge de rupture a du couvercle 9, l'élément central mobile vulnérable sera libéré, accompagné du bouchon T, tandis que l'élément fixe invulnérable du couvercle 9 restera solidaire de l'enveloppe.
Le bouchon T frappera alors l'extrémité supérieure du percuteur 2 de la fusée, placé au-dessous de lui à la distance voulue, en produisant l'effet d'un coup de marteau et en faisant fonctionner la seconde partie de la mine, c'est-à-dire en rompant la gorge de rupture b qui, comme déjà dit, est calculée de manière à céder sous l'action d'une force inférieure à celle nécessaire pour faire céder la gorge de rupture a du couvercle 9.
Cette seconde rupture suivra donc instantanément la précédente au premier contact qu'aura la face inférieure du bouchon T avec le percuteur de la fusée, car la distance entre ces pièces est très faible. Lorsque se produit la séparation des éléments fixe et mobile du couvercle de la fusée, qui sont respectivement l'anneau circulaire qui continue à faire partie du couvercle 1 et le percuteur 2, ce dernier sera libéré et ira sous l'action de la force agissant sur lui, guidé parfaitement dans le trou cylindrique du porte-détonateur 3 dans sa course très courte, frapper de sa pointe percutante le détonateur 6. Le fonctionnement est analogue à celui produit par un ressort utilisé dans d'autres mines classiques du même genre.
La détonation du détonateur 6 étant ainsi provoquée détermine l'explosion de l'amorce 7 qui, à son tour, se transmet à la charge 12.
Tout ce processus de fonctionnement est instantané.
La mine décrite présente notamment les avantages suivants: a) ses faibles dimensions facilitent son emploi, sa dissimulation, son camouflage, ainsi que les exercices d'entrainement, l'approvisionnement individuel et d'ensemble, les transports terrestres et aériens, en vrac, etc. ; elle est en outre économique ; b) la mine a une forme particulièrement appropriée à l'action du pied, lorsqu'on marche dessus. Grâce à cette forme, elle ne peut jamais prendre que l'une des deux positions de fonctionnement quand elle tombe. Elle répond donc aux conditions d'utilisation tactique pour la dissémination en surface ; c) les éléments constitutifs sont simples et leur nombre a été réduit au maximum.
On obtient ainsi une diminution du coût de fabrication avec la garantie d'un fonctionnement efficace ; d) on dispose d'une ample marge de sécurité, afin que la manceuvre, le transport et l'emmagasinage de la mine soient garantis pleinement contre le risque d'un fonctionnement prématuré ; e) la fabrication est économique. Cette condition permet d'utiliser la mine avec prodigalité et d'augmenter le plus possible la densité des champs de mines (facteur essentiel pour en accroitre l'efficacité) et surtout permet l'emploi moderne en dissémination par dispersion en surface ;
f) la mise. à feu se produit en un temps minimum, ce qui rend l'explosion instantanée lorsqu'on marche sur la mine ou qu'on l'actionne de quelque autre manière ; g) la mine est étanche, ce qui permet d'utiliser la mine dans des eaux de peu de profondeur (inférieure à la taille moyenne normale d'un homme), en tant que mine contre le personnel.