Procédé pour reproduire une gravure demi-ton sur une plaque ou cylindre de rotogravure, dispositif pour la mise en aeuvre du procédé et plaque ou cylindre muni d'une gravure reproduite par ledit procédé Le présent brevet concerne un procédé pour re produire une gravure demi-ton sur un cylindre ou une plaque de rotogravure à partir d'un positif à ton plein.
Le procédé de l'invention est caractérisé en ce qu'on expose à une source unique de lumière une feuille à émulsion photosensible une première fois à travers une trame mise en contact par son côté base avec le côté à émulsion de ladite feuille pour obtenir une image négative de la configuration de la trame sur la feuille et, une deuxième fois à tra vers le positif ton plein en contact, par son côté à émulsion, avec le côté à émulsion de ladite trame, pour obtenir une feuille porteuse d'une image demi- ton négative.
Le brevet concerne églement un dispositif pour la mise en oeuvre du procédé ci-dessus, caractérisé par une trame qui comprend une pellicule dont la base est transparente et porte sur une seule de ses faces une image ayant une configuration de grille comprenant des points carrés opaques uniformes iso lés d'une densité d'environ 4,00 entre lesquels figure un champ translucide uniforme de diffusion de la lumière, d'une densité d'environ 0,20.
Le brevet concerne également le cylindre ou la plaque de rotogravure muni d'une gravure obtenue par le procédé défini ci-avant.
Le dessin annexé illustre à titre d'exemple une forme d'exécution d'un dispositif selon l'invention et illustre quelques phases d'une mise en aeuvre égale ment donnée à titre d'exemple d'un procédé selon l'invention.
La fig. 1 est une vue de face du dispositif cons titué par une trame de contact. La fig. 2 est une élévation latérale schématique de la trame représentée fig. 1.
La fig. 3 illustre une première phase du procédé représentant la position mutuelle de la trame de contact et d'une feuille à couche photosensible, non exposée.
La fig. 4 est une vue de face de la feuille demi- ton après l'exposition.
La fig. 5 illustre une exposition de la feuille à travers la trame de contact et un positif retouché ton plein.
La fig. 6 représente une portion de la face du négatif demi-ton après les expositions.
La fig. 7 illustre une autre phase du procédé. La fig. 8 est une vue de face d'une photographie réelle, fortement agrandie, d'une portion d'un néga tif demi-ton de gravure, réalisé selon le procédé.
Les fig. 1 et 2 représentent une trame de contact S. Elle est produite photographiquement sur une pel licule à couche photosensible par contact à partir d'une trame quadrillée maîtresse. La trame de con tact présente une base de support transparente 15 sur une face de laquelle apparaît une grille formée de carrés opaques 17, séparés par des lignes trans lucides croisées 19.
La trame lignée maîtresse em ployée à produire le dessin de la trame de contact est composée de lignes opaques croisées à 900 et d'ouvertures carrées transparentes.
La largeur des lignes opaques croisées de la trame maîtresse est de 0,0508 mm, pour tous les lignages allant de 6 à 3 lignes par millimètre ; les dimensions des ouvertures carrées transparentes va rient selon le lignage de la trame. Pour obtenir une telle trame de contact on ex pose la totalité de la pellicule vierge pour obtenir une densité uniforme de 0,20 ; ensuite, on met la trame maîtresse en contact avec la pellicule exposée et on fait une seconde exposition pour obtenir des carrés isolés opaques ayant une densité uniforme de 4,00.
On définit la densité d'une plaque ou pellicule photographique en fonction du rapport qui s'établit entre l'intensité de la lumière incidente et l'intensité de la lumière transmise par la plaque ou pellicule. Suivant la définition citée notamment dans 1' En- cyclopaedia Britannica , la densité D d'un ma tériau photographique, est le logarithme de l'opacité, O, qui est, elle définie par l'inverse de la transparence, T.
Ainsi si une lumière d'une intensité I éclaire un dépôt photographique et I' est la lumière transmise par celui-ci T = I'/I ; O = 1/T =I/I' et la densité D = log I/I' ; ou, - log I'/I. La densité d'une plaque varie notamment en fonction de l'épais seur de la base de la plaque et de l'émulsion, de la composition de la base et de l'émulsion, ainsi que du temps d'exposition.
L'avantage de l'emploi d'une trame à champ translucide, au lieu d'une trame à champ transparent, est que, lorsqu'on l'emploie à la production d'un négatif demi-ton de gravure par le procédé décrit, la trame à champ translucide produit, en diffusant légèrement la lumière, un négatif reproduisant les champs fortement éclairés avec un détail bien meil leur que celui qui est produit par une trame à champ transparent.
L'utilisation de la trame et sa fonction seront mieux comprises en se reportant à la description du procédé, qui suit.
On place la base de la trame SB de la trame S, fig. 2, en contact avec le côté à émulsion NE d'une pellicule ou plaque non exposée, N, comme le mon tre la fig. 3.
La séparation ou distance, fig. 3, entre la grille SE et la couche photosensible NE est partout la même et est déterminée auomatiquement par l'épaisseur de la base transparente 15 de la trame de contact S. Lorsque la trame S et la pellicule ou pla que N sont en position (fig. 3), on fait une première exposition à travers la trame à une source unique de lumière L. Cette exposition a pour but d'établir une grille de lignes opaques sur le négatif demi-ton de gravure final et d'isoler les cellules entre elles dans le cylindre ou la plaque après l'attaque.
Lors de cette phase, l'expoiîjtion est tout juste suffisante pour garder la grille à la même largeur que la largeur W des bandes translucides de la trame de contact S ou 0,0508 mm.
La partie exposée du négatif demi-ton N porte la référence 21 et les plages non exposées, la réfé rence 23. Une vue de face de cette exposition est représentée fig. 4. Ensuite, la trame S restant exac tement dans la même position que fig. 3, on met le côté à émulsion PE d'un positif ton plein retouché P qu'il s'agit de reproduire, en contact avec le côté à émulsion SE de la trame de contact S et on fait une seconde exposition sur le négatif N, comme le mon tre la fig. 5.
Les densités variables PE ou la profondeur va riable des grains d'argent dans l'émulsion du positif ton plein P sont représentées schématiquement. Ces densités PE règlent l'intensité de la lumière prove nant de la source L vers le négatif demi-ton N à pla ges transparentes 23 et à plages opaques 21.
Les régions transparentes 23 deviennent à leur tour les cellules du cylindre attaqué ou de la plaque de cuivre attaquée. Une vue de face de l'effet de l'exposition successive à travers la trame de contact et le positif ton plein sur le négatif N est représentée fig. 6. La référence 21 désigne l'exposition de liaison et la référence 21A, les plages ombrées, représentant l'exposition de demi-ton.
Pour supprimer une couleur indésirable, comme, par exemple, un fond blanc dans un négatif demi-ton de gravure, on ôte le positif ton plein retouché P et la trame de contact S, puis on met une plaque de suppression de lignes DP en alignement, émulsion sur émulsion, avec le négatif demi-ton de gravure exposé N, comme le montre la fig. 7. La plaque de suppression DP a des régions opaques 41 et des régions transparentes 43. On fait ensuite une troi sième exposition pour terminer le négatif demi-ton.
Le négatif demi-ton de gravure, fait selon le pro cédé décrit, a une configuration de demi-ton, par suite de quoi le contour des plages transparentes 23 et des plages opaques 21 suit exactement les valeurs de ton du positif ton plein retouché (fig. 8). En outre, le contraste entre deux plages est net et précis, sans contour estompé.
Les opérations supplémentaires, qui suivent or dinairement, constituent des aspects importants du procédé et doivent être notées. Une épreuve par con tact est tirée du négatif demi-ton (voir fig. 8) sur une plaque pour obtenir un positif demi-ton. Le positif par contact ainsi obtenu contient tous les détails du négatif demi-ton. La configuration à points demi-ton opaque a une densité uniforme à contours durs et à séparation nette des lignes entre eux.
Ce positif demi-ton sert à tirer une surimpression, en registrant par-dessus le positif ton plein retouché, sur le papier au charbon (papier présentant une cou che comprenant de la gélatine) appliqué au préalable sur le cylindre ou la plaque de rotogravure. Grâce à la qualité du positif demi-ton, l'on obtient une forme supérieure d'image demi-ton sur le papier au charbon, ce qui à son tour, permet d'obtenir de bons résultats lors de l'attaque du cylindre ou de la plaque.
Le procédé décrit de production de négatifs demi-ton de gravure (grâce à la structure physique de la trame de contact S, à la séparation de la trame qui est uniforme et automatiquement fixée par l'épais seur de la base de trame 15, au rapport déterminé entre le grillage et les cellules.
dans les valeurs de ton complètes et au réglage complet des expositions à travers la trame de contact et à travers le positif ton plein), est grandement simplifié et assure de bons résultats par comparaison avec le procédé habituel de production de reproductions demi-ton dans l'ap pareil photographique, également en ce qui concerne l'équilibre des demi-tons, qui peuvent être obtenus de manière plus uniforme par différents opérateurs.
Il faut observer les aspects importants suivants de la fonction de la trame Le côté émulsion PE du positif ton plein P et le côté émulsion SE de la trame S sont mis en con tact étroit et fonctionnent tous deux en bloc pour produire un négatif demi-ton.
La raison en est que les rayons de lumière R, qui se propagent depuis la source unique de lumière L employée à faire l'exposition, sont de nature à être réfractés ; toutefois, lorsqu'ils traversent le posi tif ton plein PE (positif qui consiste en grains fins d'argent, de densités différentes PS, PN, et transmet tent la lumière comme un corps translucide), les rayons de lumière R sont transformés, après le pas sage à travers le positif ton plein PE, en rayons de lumière légèrement diffus.
C'est cette diffusion des rayons de lumière, qui a lieu au point de contact du positif ton plein PE et de la trame SE, plus la séparation de la trame de contact, SS, qui permet d'obtenir un négatif demi-ton consistant en une succession de plages opaques 21 et de plages isolées transparentes 23, plages 21 et 23 dont la superficie :et le contour varie selon les den sités de ton du positif ton plein (voir fig. 8).
Du fait que le positif ton plein a très peu d'argent dans la région de pleine lumière PN, fig. 5, cette partie du positif reste fort transparente et normale ment elle permettrait aux rayons lumineux de passer fort librement, ce qui produirait un aplatissement et une perte du détail dans les régions de pleine lumière du négatif demi-ton.
Cet inconvénient est supprimé grâce à l'emploi de la trame décrite à champ translucide 19 (fig. 1 et 2), qui permet de transformer, grâce à cette translucidité, la lumière directe traversant la région de pleine lu mière PH, fig. 5, du positif ton plein, .en une lumière légèrement diffuse, ce qui donne de meilleures va leurs de ton et un meilleur détail dans les régions de pleine lumière du négatif demi-ton.
Les valeurs de ton, le modelage et le détail du positif ton plein règlent les plages exposées 21 et les plages non exposées 23 du négatif demi-ton.
Là où il y a des tons plats de densité uniforme dans le positif ton plein, les plages exposées 21 et les plages non exposées 23 du négatif demi-ton pré sentent une configuration symmétrique 24, fig. 8.
Toutefois, là où se trouve du détail et du mode lage dans le positif ton plein, les plages exposées 21 et les plages non exposées 23 ont une configuration non symétrique 25, c'est-à-dire que la forme du contour des plages exposées et non exposées 26 (fig. 8), varie et se conforme au détail et au modelage du positif ton plein. Par conséquent, les plages ex- posées ou opaques, du négatif demi-ton sont com posées d'une série-de lignes irrégulières 27 se croi sant à 900. Les axes 28 des lignes exposées ou opaques sont parallèles entre eux dans les.deux direc tions.
Les plages non exposées ou transparentes du négatif demi-ton se conforment, par leur forme et leur contour, aux plages exposées.
Le cylindre ou la plaque de rotogravure dont la gravure a été produite d'après un négatif, tel que décrit, contiendra toutes les caractéristiques pré sentes dans ledit négatif demi-ton. Les plages ex posées du négatif, 21, représentent la grille, et les régions non exposées du négatif, 23, représentent les cellules attaquées sur le cylindre ou sur la plaque.