La présente invention concerne une piéce d'horlogerie électrique munie d'une platine et comprenant un vibreur, au moins un élément piézo-électrique ou électrostrictif étant monté sur ce vibreur pour exciter celui-ci.
II est connu d'une maniére générale que, en utilisant comme base de temps un diapason, on peut obtenir une montre d'une précision extrémement élevée comparée à la précision des montres classiques connues utilisant un dispositif balancier spiral. Un certain nombre de montres à diapason ont été utilisées en pratique.
Il existe deux types de convertisseurs électromécaniques: le dispositif d'entraînement électrodynamique et le dispositif d'entrainement électrostrictif ou piézo-électrique. Dans un transducteur d'entrainement électrodynamique, un circuit magnétique est prévu à l'extrémité des branches de la fourchette. Un bobinage au moins est disposé à un espace très faible d'un aimant permanent fixé au vibreur. Un courant est amené à traverser ce bobinage, ou un de ces bobinages, et le vibreur est excité par l'induction mutuelle du courant électrique et du flux magnétique. La tension induite sur l'autre bobinage est généralement amenée à la connexion d'entrée d'un transistor agencé pour entretenir l'oscillation.
Puisque chaque bobinage est fixé de maniére inamovible au boîtier du circuit électrique, ce bobinage et ce circuit électrique peuvent tre placés dans une boite et moulés. Dans le cas d'un transducteur à entrainement électrostrictif, I'oscillation est entretenue au moyen d'un élément électrostrictif à haute constante diélectrique, comme par exemple le PbZrTiO3, fixé au moyen d'adhésifs aux parties voisines de la base (ou pieds) des branches du diapason, le diapason du vibreur étant excité par l'interme- diaire de cet élément électrostrictif.
Dans ces montres à diapason, il est parfois nécessaire d'enlever seulement le vibreur de la platine de la montre afin de procéder à un ajustage ou à un réglage. Dans le cas où le transducteur est à entrainement électromagnétique ou électrodynamique, le vibreur et le transducteur sont disposés de maniére à n'tre pas en contact l'un avec l'autre. II est cependant nécessaire de faire preuve d'une très grande attention lorsque l'on enléve le vibreur de la platine, du fait que le vibreur et le transducteur sont géométriquement disposés l'un par rapport à l'autre d'une maniére très compliquée.
En effet, spécialement lorsque le diapason est mû électrodynamiquement, il est nécessaire que l'aimant permanent, de forme généralement cylindrique, soit introduit à l'intérieur du bobinage en général en forme de coupe. Ainsi donc une trés grande habileté est requise pour séparer le vibreur du circuit électrique du transducteur monté dans la montre. Par contre, si le transducteur est à entrainement électrostrictif, I'élément ou les élé- ments électrostrictifs sont toujours attachés au vibreur de maniére à former corps avec lui, il est ainsi aisé de monter le vibreur sur la platine et de le démonter de celle-ci.
Cependant un autre inconvénient se présente alors, du fait que pour monter et démonter le vibreur il est également nécessaire de déconnecter ou de reconnecter le fil conducteur qui est soudé à l'élément ou aux éléments électrostrictifs. Comme le fil conducteur dans le cas d'un vibreur entrainé électrostrictivement est fait d'un fil de cuivre isolé d'un diamètre aussi faible que 0,05 mm (dans le but d'éviter des pertes) une rupture de ce fil peut facilement se produire. Avec un fil conducteur de cuivre aussi fin, une très grande habileté est également requise pour dénuder l'extrémité du conducteur de l'émail qui l'isole. II est donc en fait extrmement difficile de connecter ce fil sur sa cosse de connexion, ou de déconnecter ce fil de sa cosse de connexion, sans le casser.
Par ailleurs, toute opération de soudage ou de désoudage provoque un échauffement risquant de porter atteinte aux bonnes qualités de l'élément électrostrictif ou piézo-électrique; de ce fait, mme indépendamment des risques de cassure, une déconnexion et une reconnexion répétée du fil fin s'avère fort desavantageuse. Ceci est une des raisons pour lesquelles des montres à diapason entraînées par électrostriction n'ont jusqu'à présent pas été fabriquées dans la pratique, en dépit de leur structure simple.
On a déjà proposé (brevet FR N 1539922) de fixer un diapason piézo-électrique sur une embase servant de plaque de connexion, chaque fil conducteur reliant une électrode du diapason à un conducteur fixe dans l'embase. Toutefois, cette forme de construction ne présente pas l'avantage de conserver à l'ensemble diapason-embase des dimensions non notablement supérieures à celles d'un diapason seul. Ce fait, de toute manière peu favorable, devient véritablement gnant, voire prohibitif, lorsqu'il s'agit d'équiper une montre de petites dimensions.
On a déjà décrit également (brevet US N 2235317) une pièce d'horlogerie électrique comprenant un vibreur excité par un élé- ment piézo-électrique. Le vibreur et l'élément piézo-électrique sont montés sur une plaque de connexion qui comporte aussi des plots de fixation des fils de connexion. L'assemblage est réalisé de manière à former un ensemble susceptible d'tre monté dans le bâti de la pièce d'horlogerie. L'élément piézo-électrique en question n'est toutefois pas à proprement parler un élément d'excitation piézo-électrique faisant corps avec le diapason, mais consiste en un microphone relié au diapason par un barreau qui ne saurait tre assimilé à un fil extrmement fin. L'excitation du vibreur est par ailleurs effectuée par des moyens électromagnétiques et le microphone piézo-électrique sert de moyen de captage.
On n'a donc pas là à proprement parler le problème du raccordement d'un élément d'excitation piézo-électrique à l'aide de fils qui par nature doivent tre extrmement fins et dont la soudure est de ce fait difficile. L'ensemble amovible formé par le diapason vibreur et le capteur piézo-électrique, tel qu'il est utilisé dans cette pièce d'horlogerie antérieurement connue, ne résout pas - et n'a pas à résoudre - le problème d'une connexion qui, d'une part, sut > prime ou diminue très fortement les pertes d'énergie et qui, d'autre part,
est établie d'une maniére permettant l'enlèvement du vibreur hors du boîtier sans qu'il soit nécessaire de procéder à des soudures impliquant un grand risque d'endommagement d'un élé- ment piézo-électrique ou électrostrictif du fait de la température élevée qu'elles développent.
On connaît également (brevet FR N 1482412) déjà un diapason pour pièce d'horlogerie qui porte des bobines dont les connexions traversent les branches du diapason et se terminent à une plaquette de connexion qui est fixée sur le diapason à l'aide des vis de fixation du pied du diapason. Il s'agit là toutefois d'un vibreur entraîné électromagnétiquement, et le diapason est agencé de manière telle que, lorsqu'il est enlevé de la plaque de base, il se trouve aussi désolidarisé de la plaquette de connexion. Les conducteurs servant au raccordement de la bobine qui entraîne électromagnétiquement le diapason sont menés le long de la surface d'une branche de celui-ci.
Une telle construction rend possible le démontage du diapason vibreur sans que la plaque de connexion soit liée à ce vibreur, mais un tour d'adresse aussi délicat que la mise en place d'un conducteur le long de la surface de la branche du vibreur n'est pas quelque chose de simple, et le fait que cela soit requis s'avère notablement coûteux pour la production.
On peut citer encore un vibreur mécanique antérieurement décrit (brevet CH N 400917) et qui, étant entretenu par des moyens piézeélectriques, est utilisé comme base de temps en entraînant directement le train d'engrenage d'une montre. Aucune mesure particulière n'est toutefois prévue sur ce vibreur pour apporter une solution au problème précédemment cité, à savoir les risques de cassure du fil fin en cas de déconnexions et de reconnexions répétées de celui-ci.
Le but de la présente invention est de fournir une pièce d'horlogerie électrique à vibreur entraîné piezo-électriquement ou par électrostriction et qui, tout en prévoyant pour le vibreur les connexions de fils fins requises pour éviter des pertes d'énergie, ne présente pas les défauts susmentionnés, à savoir les risques de cassure du fil fin lors de déconnexions et reconnexions répétées de celui-ci; I'élimination de ces risques permettant au vibreur d'tre démonté et remis en place d'une manière aisée.
Conformément à l'invention, la piéce d'horlogerie électrique munie d'une platine comprenant un vibreur, au moins un élément piézo-électrique ou électrostrictif étant monté sur ce vibreur pour exciter celui-ci, est caractérisée en ce qu'elle comprend une plaque de connexion montée sur ledit vibreur, et un ou plusieurs fils conducteurs fins reliant chaque dit élément piézo-électrique ou électrostrictif à des points de cette plaque de connexion, ledit ou lesdits éléments piézélectriques ou électrostrictifs, ladite plaque de connexion, et lesdits fils conducteurs fins formant avec le reste du vibreur un ensemble susceptible d'tre aisément, en un bloc, monté sur ladite platine de la pièce d'horlogerie et enlevé de cette platine,
des moyens de raccordement de cet ensemble étant prévus pour établir le raccordement du vibreur par l'intermédiaire de ladite plaque sans que la suppression ou l'établissement du raccordement implique une opération sur les fils conducteurs fins.
Le dessin annexé illustre, à titre d'exemple, des formes d'exécution de l'objet de l'invention.
La fig. I est une vue en plan d'une montre à diapason entrainée par électrostriction;
la fig. 2 représente une première forme d'exécution d'un assemblage plaque de connexion vibreur, et
la fig. 3 est une vue en coupe correspondant à la fig. 2.
Sur ces figures, on voit premièrement un vibreur à diapason 1, au bas des branches duquel sont fixés deux éléments électrostrictifs 2 et 3 constituant respectivement l'élément électrostrictif d'entraînement et l'élément électrostrictif de captage (ou de détection).
Le fil conducteur 4 de l'électrode d'entraînement et le fil conducteur 5 de l'électrode de détection sont soudés à ces éléments électrostrictifs et sont connectés également aux points de fixation 7 et 8 d'une plaque de connexion 6. Ces cosses 7 et 8 servent respectivement de connexion d'entrainement et de connexion de détection pour le diapason et sont connectées par des bandes de couche conductrices 6a, 7a au circuit bloc électrique 9 au moyen d'un fil de matériau conducteur recouvert de vinyl. Cette connexion peut tre faite par un film fin de Be-Cu. Dans l'exécution selon les figures, la plaque de connexion 6 est, comme on le voit sur les fig. 2 et 3, fixée à une queue intérieure 22 du diapason au moyen d'une vis 10. L'assemblage formé par le diapason et la plaque de connexion est monté par vissage sur la platine de la montre 15 au moyen de vis Il et 12.
Avec la construction ci-décrite, selon laquelle la plaque de connexion de diapason reste toujours assemblée, il suffit, lorsque l'on doit démonter ou remonter le diapason, de dévisser ou de remettre en place les vis Il et 12 et les fils de connexion 13 et 14, fils de connexion qui sont suffisamment solides pour résister à la rupture. Il n'est pas nécessaire d'éloigner les fils conducteurs très fins 4 et 5 qui pourraient très facilement se rompre, et de ce fait la
manipulation du vibreur est très aisée.
Cette construction permet donc un montage et un démontage facile du diapason à entraînement par électrostriction, I'assemblage formé par la plaque de connexion et ledit vibreur étant tout d'abord réalisé en effectuant les connexions des éléments d'électrode électrostrictives avec des cosses de la plaque de connexion au moyen de fils conducteurs très fins, et en plaçant l'assemblage ainsi réalisé sur la platine de la montre (et pour le démontage en enlevant cet assemblage de la platine de la montre). On a ainsi une possibilité de montage et de démontage beaucoup plus commode que dans le cas des montages classiques, ce qui rend possible un ajustement ou un réglage puis une remise en place du vibreur sans qu'il soit nécessaire de faire appel à une maind'oeuvre particulièrement instruite et entrainée à cet effet.