Procédé de préparation d'un vaccin
La présente invention concerne un procédé de préparation d'un vaccin contre la fièvre aphteuse, du type inactivé, lyophilisé ou non.
On sait qu'il existe de nombreuses techniques industrielles de préparation de vaccins contre la fièvre aphteuse, dont les principales, utilisées dans la pratique, sont toutes obtenues à partir d'un maté- riel virulent dérivé du bovin. On peut les résumer comme suit :
1. La technique classique basée sur l'obtention du matériel virulent par inoculation de bovins dans la langue, la veille de l'abattage.
Les inconvénients que présente cette technique sont les foyers de contamination permanents, les difficultés de contrôle des divers types de virus et finalement le prix élevé du matériel obtenu.
2. Une autre technique basée sur la culture in vitro en épithélium sain de bovin.
Cette technique présente également des inconvénients, à savoir : a) nécessité d'installer le laboratoire de fabrication
à proximité de l'abattoir pour l'utilisation ulté-
rieure de la langue saine, après élimination de
l'épithélium ; b) nécessité d'employer des bovins sensibles à la
fièvre aphteuse pour obtenir des cultures de titre
satisfaisant pour l'élaboration ultérieure d'un
vaccin efficace ; c) équipe technique hautement spécialisée et ins
tallation couteuse.
3. On a encore préconisé la culture < in vivo) y sur des bovins préalablement infectés du virus de la variole.
Cette technique s'est révélée très onéreuse et ne semble pas avoir été industrialisée sur une grande échelle, étant donné les difficultés qu'elle présente.
4. Enfin, une autre méthode consiste à inoculer le virus sur des veaux nouveaux-nés, immédiatement séparés de la mère après leur naissance et à utiliser les organes virulents comme source de matière première.
Cette technique présente, elle aussi, ses incon vénients. D'abord, on n'obtient qu'un faible rendement en matériel virulent. De plus, il est nécessaire d'exercer un contrôle permanent sur les naissances de divers élevages, ce qui n'est pas toujours possible.
Enfin, le procédé n'est guère économique si l'on tient compte du prix élevé du veau sacrifié.
A la connaissance de la titulaire, personne jusqu'à présent n'a tenté d'inoculer avec le virus de la fièvre aphteuse des animaux d'autres espèces dans le but d'obtenir une source de matériel virulent.
Si quelques tentatives ont été réalisées antérieurement dans ce domaine, ce ne fut pas cependant dans le but de créer une source de matériel virulent avec la possibilité d'employer ce dernier comme base pour un vaccin, mais seulement dans des cas isolés et seulement au laboratoire, en vue de faire un titrage, comme par exemple, l'inoculation des souris. Ce procédé, toutefois, n'a pas et n'a pas eu d'application, que ce soit au laboratoire ou dans l'industrie, comme source de matériel virulent, en raison de son impraticabilité.
Considérant ces problèmes et cherchant à remédier aux inconvénients que présentent les méthodes connues jusqu'à ce jour et employées industriellement pour la préparation d'un vaccin efficace et bon marché contre la fièvre aphteuse, la titulaire a découvert un procédé nouveau et perfectionné pour préparer de tels vaccins, dans lequel les inconvénients signalés plus haut sont éliminés.
Le problème de la préparation d'un vaccin, à partir d'une matière virulente ou d'une culture de virus de la fièvre aphteuse, n'offre pas de difficultés à proprement parler et les diverses méthodes employées donnent des résultats satisfaisants.
Le point crucial de cette question de fabrication de vaccins efficaces contre la fièvre aphteuse réside principalement et substantiellement dans l'obtention et dans la préparation du matériel virulent dans des conditions parfaites et adéquates pour la préparation ultérieure du vaccin.
Le procédé qui constitue l'objet de la présente invention vient résoudre ce problème technique qui n'a reçu jusqu'à présent aucune solution satisfaisante.
La titulaire a découvert qu'en inoculant, de préférence par voie intrapéritonéale, le type de virus bovin désiré à des lapins âgés d'au plus 5 jours et non sevrés, on peut disposer d'une source iné- puisable et adéquate de matériel virulent par l'utili- sation totale ou partielle de l'animal inoculé.
De plus, la titulaire a découvert, de façon imprévisible, que grâce au procédé de l'invention, il est possible de préparer un vaccin hyper-concentré et qui, dans ces conditions, peut tre facilement, économiquement et industriellement lyophilisé en conservant son efficacité totale.
La préparation du vaccin peut tre réalisée de la manière suivante :
On provoque la virhémie par l'inoculation du virus aux lapins nouveau-nés et non sevrés âgés au plus de 5 jours et de préférence de 1 à 3 jours. La mort des animaux survient en général 24 à 30 heures après l'inoculation. On procède alors à la désintégration totale du matériel obtenu en le soumettant d'abord à une trituration grossière dans un malaxeur puis à une désintégration plus poussée dans un moulin colloïdal. On effectue cette désintégration dans un milieu tamponné quelconque ayant un pH compris entre 7 et 9,5 contenant ou non des substances bactéricides ou bactériostatiques.
La suspension ainsi obtenue peut tre uilisée telle quelle (vaccin tissulaire) ou, alternativement, purifiée par filtration ou centrifugation (vaccin de lavage). Après quoi, la suspension est additionnée d'un adjuvant usuel, comme par exemple, saponine, hydroxyde d'aluminium, gélatine, carboxyméthylcellulose ou autres produits ayant la propriété d'adsorber ou de former un type complexe viral qui favorise l'action antigénique du virus. Cette formation du complexe viral ou son adsorption peut se faire entre 3 et 48 heures, à des températures variant entre 20 et 40 C.
Finalement, la suspension obtenue est inactivée par exemple par l'action du formol pendant 24 à 48 heures, à des concentrations variant de 0,4 à 2 %o d'aldéhyde formique à 40, D/o ou de tout autre inactivant usuel approprié. Après cette action d'inactivation, la suspension ou solution obtenue constitue le vaccin dit inactivé . Si l'adjuvant est autre que l'hydroxyde d'aluminium, la suspension peut tre facilement lyophilisée. Après lyophilisation, la masse sèche obtenue est pulvérisée et constitue alors un vaccin tissulaire inactivé et lyophilisé.
Les avantages du vaccin préparé selon la présente invention sont nombreux et peuvent se résumer comme suit :
1. Prix très bas des lapereaux nouveau-nés et utilisation totale du matériel virulent ;
2. Elevage simple et facilement contrôlable par n'importe quel fabricant de vaccins et en n'importe quelle région sans nécessiter le voisinage d'un abattoir pour la fourniture du matériel bovin peu abondant et coûteux.
3. Certitude absolue d'obtenir un matériel virulent pur car l'infection se fait uniquement par inoculation artificielle au laboratoire, contrairement aux bovins qui peuvent tre infectés naturellement par un virus de type différent de celui inoculé sur la langue.
Cette caractéristique de l'invention est extrmement intéressante et cela la distingue nettement des procédés connus à partir du matériel bovin. C'est ainsi que, selon l'invention, en partant de lapins nouveau-nés, on peut obtenir avec la certitude absolue de l'impossibilité d'une infection accidentelle antérieure un matériel virulent consistant uniquement et exclusivement du type de virus inoculé.
Ainsi, il est possible de préparer à partir de ce matériel virulent des vaccins de types spécifique, par exemple O, A, C, et mme de leurs sous-groupes, et de la mme façon, par une solution préalable et adéquate, un vaccin réellement et quantitativement dosé renfermant les composants actifs désirés.
4. La manipulation facile des lapereaux au laboratoire élimine les dangers de foyers permanents de dissémination de la maladie, comme c'est le cas pour le procédé classique d'inoculation sur la langue des bovins dans les abattoirs ;
5. Installations pour l'obtention de matières premières et préparation du vaccin simples, économiques et ne nécessitant pas d'appareillage complexe, ni de techniciens spécialisés ;
6. Titre élevé de matériel virulent obtenu, sans variation sensible, contrairement au procédé de culture < in vitro qui donne des titres variables, principalement quand il s'agit d'épithéliums provenant d'animaux peu sensibles à la fièvre aphteuse ;
7. Les lapereaux sont hautement susceptibles à tous les types de virus aphteux et n'exigent pas une technique spéciale pour l'adaptation ;
8.
Rapide production de vaccin avec un type de virus différent de ceux qui normalement sont connus dans les régions considérées ;
9. Possibilité de préparer un vaccin concentré, ce qui permet une lyophilisation facile et rapide.
Cette lyophilisation augmente la stabilité et permet la livraison du vaccin dans des régions lointaines sans avoir recours à la réfrigération, d'où économies de transport.
Les exemples suivants montrent comment le matériel virulent obtenu de la manière décrite ci-dessus peut tre inactivé.
Exemple 1
On prépare un vaccin monovalent tissulaire C ayant la composition suivante :
Matériel virulent....... 83 g Saponine.......... 8,8 g
Formol 40 /o......... 0,88 ml
Merthiolate de sodium...... 0,35 g
Solution tampon glycocolle pH 9,3-9,5.1750 ml
Un tel vaccin a protégé contre l'inoculation ex périmentale d'un virus aphteux 100 ouzo des animaux vaccinés, alors que deux animaux témoins non vaccinés ont contracté la maladie.
Exemple 2
On prépare un vaccin monovalent C de lavage ayant la composition suivante :
Matériel virulent.... 83 g
Saponine...... 2,72 g
Formol 40 /o........ 0,27 ml
Merthiolate de sodium..... 0,19 g
Solution tampon glycocolle pH 9,3. q. s. p. 546 ml
Un tel vaccin a protégé 90 ouzo des animaux en expérience.
Exemple 3
On prépare un vaccin monovalent A ayant la composition suivante :
Matériel virulent.... 135 g Saponine........... 4,6 g
Formol 40'0/o...... 0,93 ml
Merthiolate de sodium. 0,18 g
Solution tampon phosphates pH 8,1-9,5 923 ml
On a obtenu 88 ID/o de protection sur les animaux vaccinés.
Exemple 4
On prépare un vaccin monovalent O ayant la composition suivante :
Matériel virulent........ 500 g
Hydroxyde d'aluminium...... 700 ml
Formol 40 10/o......... 3,5 ml
Merthiolate de sodium...... 0,7 g
Solution tampon glycocolle pH 9,2-9,5.3500 cm3
On a obtenu 90 /o de protection.