Procédé pour l'obtention d'un matériel de pansement non adhérent et matériel de pansement obtenu par la mise en oeuvre de ce procédé
La présente invention a pour objet un procédé pour l'obtention d'un matériel de pansement non adhérent et un matériel de pansement obtenu par la mise en oeuvre de ce procédé.
Les pansements de gaze hydrophile ordinaire présentent l'inconvénient d'adhérer fortement aux plaies ou aux brûlures sur lesquelles ils sont appliqués, par suite de leur imprégnation par les exsudats et de la coagulation de ceux-ci. Il est nécessaire de les imprégner de sérum physiologique pour les détacher et malgré toutes les précautions il se produit des arrachements et des saignements. Les bourgeons charnus sont lésés, la cicatrisation retardée, et les changements de pansements sont très douloureux.
Les pansements connus dits tulles gras n'adhèrent généralement pas et peuvent dans la majorité des cas être enlevés facilement au moment du renouvellement des pansements, mais la plaie est isolée de l'air et bien souvent il se produit une macération avec suintement et la cicatrisation est retardée.
Il est apparu qu'il pouvait être possible par un traitement approprié de la gaze mise au contact de la blessure d'éviter, d'une part, I'adhérence du pansement à la plaie; d'autre part, la macération de celle-ci; ce traitement devait consister en une hydrofugation des fibres textiles constituant la gaze, de telle manière que celle-ci conserve cependant sa perméabilité à l'air et aux exsudats.
Le but de la présente invention est de fournir un procédé et un produit répondant à ces conditions et qui évitent ainsi les inconvénients susmentionnés.
Le procédé suivant l'invention est caractérisé par le fait que l'on traite un matériau fibreux de pansement, par une solution ou une dispersion d'un abiétate d'aluminium.
Dans un mode de mise en oeuvre préféré du procédé suivant l'invention, la gaze est traitée par immersion dans une solution des principes hydrofugeants choisis, dans un solvant organique convenable. La gaze est alors exprimée ou essorée, séchée et stérilisée.
En variante, on pourra traiter de la même manière les fibres servant à la confection de la gaze. II importe avant tout d'obtenir que les fibres seules soient rendues imperméables et que le tissu, comme tel, ne le soit pas, afin de permettre, comme cela a été dit, la circulation de l'air et l'écoulement des sécrétions et sérosités évitant ainsi la macération de la plaie.
L'efficacité du traitement auquel la gaze a été soumise peut être évaluée in vitro par la détermination du temps pendant lequel un fragment de gaze, déposé en une seule épaisseur à la surface de l'eau, peut y flotter sans s'enfoncer. Cette mesure a une valeur indicative, et les résultats obtenus doivent être corlfirmés par ceux d'une étude clinique effectuée avec la gaze stérilisée.
Les substances essayées seules ou en combinaison pour l'imprégnation de la gaze ont été les suivantes:
huile de paraffine,
- Silicone,
- Divers sels ou dérivés de l'aluminium ou du
magnésium (isopropylate d'aluminium, adipa
tes, sébaçates, abiétates d'aluminium et de ma
gnésium) dont la préparation et les effets sont
indiqués ci-après: RE, SULTATS EXPERIMENTAUX
DE QUELQUES ESSAIS
Huile de paraffine
La gaze est immergée dans des solutions d'huile de paraffine, dans le benzène, à des concentrations de 15 à 100 g/l, puis essorée, séchée et éventuellement stérilisée.
Des échantillons de gaze, déposés à la surface de l'eau, y flottent pendant plusieurs jours.
Mais les résultats obtenus en clinique sont moins satisfaisants qu'on aurait pu le penser et dans de nombreux cas le pansement adhère à la plaie. Le renouvellement des pansements est douloureux et provoque des arrachements de tissus cicatriciels et des saignements.
Silicone
Ces mêmes essais ont été effectués avec des échantillons de gaze imprégnée au moyen de solutions contenant 2 à 80 g de silicone par litre de tétrachlorure de carbone. Ces échantillons, pour des quantités de silicone suffisantes, peuvent flotter pendant 2 à 3 semaines sur l'eau; toutefois, les gazes ainsi obtenues sont rêches au toucher et manquent de souplesse, d'autant plus que la concentration en silicone est plus importante, et ainsi se prêtent mal à une utilisation en clinique.
Huile de paraffine et silicone
La gaze a été imprégnée par immersion dans des solutions contenant, pour un litre de tétrachlorure de carbone, 15 à 100 g d'huile de paraffine et 2 à 80 g de silicone.
Après essorage, séchage et stérilisation, les résultats in vitro sont comparables à ceux obtenus avec le silicone seul aux mêmes concentrations. La souplesse des gazes ainsi imprégnées est très améliorée; toutefois, les résultats obtenus en clinique ne sont pas pleinement satisfaisants et le pourcentage de cas dans lesquels le pansement adhère à la plaie reste encore trop important.
Isopropylate d'aluminium
adipates de magnésium ou d'aluminium
séhaçates de magnésium ou d'aluminium
diabiétate de magnésium
L'imprégnation des gazes avec ces produits, mis en solution dans leur solvant de choix, ne leur confère aucune propriété hydrofuge intéressante, les échantillons déposés à la surface de l'eau s'y enfon çant très rapidement.
Monoabiétate de magnésium
Les échantillons traités par une solution à 1,5 O/o de ce sel dans le tétrachlorure de carbone flottent 7 à 8 minutes dans l'eau et s'enfoncent progressivement. Des concentrations plus élevées permettent d'améliorer quelque peu cette durée, qui ne dépasse pas quelques heures.
Diabétate d'alw7liniun7
Le traitement des échantillons par une solution a 0,6 O/o dans le tétrachlorure de carbone leur permet de flotter pendant 5 à 6 minutes seulement. Toutefois, en portant la concentration à 1,5 O/o, le solvant étant alors le benzène, le temps pendant lequel flottent les échantillons s'élève à 12-15 heures.
Triabiétate d'aluniinùun
Les échantillons de gaze traités par une solution à 1,50/0 dans le tétrachlorure de carbone flottent pendant 18 à 20 heures à la surface de l'eau. Cette durée peut être augmentée en traitant la gaze par une solution plus concentrée.
Les abiétates d'aluminium permettent non seulement de conférer à la gaze un caractère hydrofuge notable, mais encore se sont révélés des plus intéressants au cours des essais cliniques.
Les gazes ainsi traitées sont un peu rêches au toucher comme celles traitées par le silicone seul.
L'incorporation dans la solution utilisée pour leur imprégnation de 1,5 à 10 o/o d'huile de paraffine permet dans ce cas encore d'obtenir des pansements plus souples, adhérant peu aux plaies sur lesquelles ils sont appliqués.
Abiétate d'ahmirziunz - Huile de paraffine
Silicone
A titre d'exemple, la technique de préparation de gazes imprégnées avec une solution renfermant du triabiétate d'aluminium, de l'huile de paraffine et un silicone est indiquée ci-après:
Préparation de la solution:
Triabiétate d'aluminium 15 g
Huile de paraffine 10 g
Silicone 12g
Tétrachlorure de carbone q.s.p. 1000 ml
On fait dissoudre le triabiétate d'aluminium dans 800 mi environ de tétrachlorure de carbone. On ajoute l'huile de paraffine, puis le silicone; on complète à un litre avec du tétrachlorure de carbone, on agite pour que la solution soit parfaitement homogène et on filtre.
La gaze est immergée pendant quelques minutes dans cette solution, puis elle est retirée et exprimée ou essorée, et enfin séchée à la température ambiante ou mieux dans un courant d'air chaud. Un séchage à l'étuve à haute température n'est pas utile.
La gaze est enfin découpée en pièces de la taille convenable qui sont conditionnées en boîtes métalliques et stérilisées à l'autoclave.
Cet exemple n'est pas limitatif et les proportions des différents constituants pourraient varier dans d'assez larges proportions, par exemple:
Triabiétate d'aluminium 1 à 30 g
Huile de paraffine 1 à 100 g
Silicone 1 à 80 g
Solvant q.s.p. 1000 mi
Le solvant pourra être constitué par des hydrocarbures légers de la série grasse, des hydrocarbures aromatiques, et notamment le benzène ou le toluène, des solvants chlorés particulièrement intéressants en raison de leur ininflammabilité, tels que trichloréthylène, tétrachlorure de carbone, perchloréthylène, ou encore chloroforme.
Un litre de solution permet de traiter approximativement 500 g de gaze.
Bien que les essais in vitro des gazes traitées au moyen de l'abiétate d'aluminium seul ne donnent pas de résultats très différents de ceux observés avec les gazes traitées par l'huile de paraffine et le silicone seulement, on a pu observer que la présence d'un abiétate d'aluminium conférait aux gazes sur le plan chimique une nette supériorité. Par ailleurs, l'effet de l'abiétate d'aluminium est encore amélioré par l'addition de l'huile de paraffine et du silicone.
Résultats cliniques
Une vaste expérimentation clinique a été effectuée dans de nombreux services chirurgicaux et a porté sur des cas de plaies par écrasement, de plaies étendues après accidents de la route ou accidents de travail, de chirurgie osseuse, de chirurgie plastique, et de greffes. Chacun des malades a reçu en moyenne 5 à 8 pansements successifs.
Les essais ont également été effectués chez des brûlés, certaines brûlures étendues nécessitant l'emploi de vastes champs de gaze stérile.
Enfin, dans de nombreux cas, une comparaison a pu être faite avec des pansements en gaze hydrophile ordinaire et avec des pansements gras. Cette comparaison a confirmé les inconvénients cités plus haut de ces deux types de pansements.
La gaze qui fait l'objet de la présente invention a donné toute satisfaction en ce qui concerne la souplesse et la douceur au contact des plaies. Elle n'adhère pas à celles-ci, ne favorise pas la macération, ne retarde pas la cicatrisation; elle n'est pas irritante et son application ne déclenche ni réaction allergique, ni irritation des téguments qui entourent la plaie.
Elle doit être employée en une seule épaisseur isolante, soit recouverte de gaze hydrophile ordinaire, soit entourant des pansements dits américains y (une couche de gaze, une lame de coton hydrophile recouverte d'une lame de coton cardé).
En ce qui concerne l'adhérence aux plaies, elle se comporte exactement comme les pansements dits
tulle gras , en particulier chez les brûlés, quel que
soit le mode de pansement utilisé: plâtre, bande élastique, sparadrap.
REVENDICATIONS
I. Procédé pour l'obtention d'un matériel de pansement non adhérent, caractérisé par le fait que l'on traite un matériau fibreux de pansement, par une solution ou une dispersion d'un abiétate d'aluminium.
Process for obtaining a non-adherent dressing material and dressing material obtained by carrying out this process
The present invention relates to a method for obtaining a non-adherent dressing material and a dressing material obtained by the implementation of this method.
The dressings of ordinary hydrophilic gauze have the drawback of adhering strongly to the wounds or burns to which they are applied, owing to their impregnation with the exudates and the coagulation of the latter. It is necessary to impregnate them with physiological serum to detach them and despite all the precautions, tearing and bleeding occurs. Fleshy buds are damaged, healing is delayed, and dressing changes are very painful.
The known dressings known as tulles gras do not generally adhere and can in the majority of cases be removed easily when the dressings are changed, but the wound is isolated from the air and very often there is maceration with oozing and healing. is delayed.
It appeared that it could be possible by an appropriate treatment of the gauze placed in contact with the wound to avoid, on the one hand, the adhesion of the dressing to the wound; on the other hand, the maceration thereof; this treatment should consist of water repellency of the textile fibers constituting the gauze, in such a way that the latter nevertheless retains its permeability to air and to exudates.
The aim of the present invention is to provide a process and a product which meet these conditions and which thus avoid the aforementioned drawbacks.
The process according to the invention is characterized in that a fibrous dressing material is treated with a solution or a dispersion of an aluminum abietate.
In a preferred embodiment of the process according to the invention, the gauze is treated by immersion in a solution of the water-repellent principles chosen, in a suitable organic solvent. The gauze is then squeezed or wrung out, dried and sterilized.
As a variant, the fibers used for making the gauze could be treated in the same way. It is above all important to ensure that the fibers alone are made impermeable and that the fabric, as such, is not, in order to allow, as has been said, the circulation of air and the flow of secretions and serosities thus avoiding maceration of the wound.
The effectiveness of the treatment to which the gauze has been subjected can be evaluated in vitro by determining the time during which a piece of gauze, deposited in a single thickness on the surface of the water, can float therein without sinking. This measurement is indicative, and the results obtained should be corroborated by those of a clinical study carried out with sterilized gauze.
The substances tested alone or in combination for the impregnation of the gauze were as follows:
paraffin oil,
- Silicone,
- Various salts or derivatives of aluminum or
magnesium (aluminum isopropylate, adipa
your, sebacates, abietates of aluminum and ma
gnesium), the preparation and effects of which are
indicated below: RE, EXPERIMENTAL SULTS
A FEW TESTS
Paraffin oil
The gauze is immersed in solutions of paraffin oil, in benzene, at concentrations of 15 to 100 g / l, then drained, dried and optionally sterilized.
Samples of gauze, deposited on the surface of the water, float there for several days.
But the results obtained in the clinic are less satisfactory than one might have thought and in many cases the dressing adheres to the wound. Changing dressings is painful and causes scar tissue tearing and bleeding.
Silicone
These same tests were carried out with samples of gauze impregnated with solutions containing 2 to 80 g of silicone per liter of carbon tetrachloride. These samples, for sufficient quantities of silicone, can float for 2 to 3 weeks on water; however, the gauzes thus obtained are rough to the touch and lack flexibility, the more so as the silicone concentration is greater, and thus do not lend themselves to clinical use.
Paraffin and silicone oil
The gauze was impregnated by immersion in solutions containing, per liter of carbon tetrachloride, 15 to 100 g of paraffin oil and 2 to 80 g of silicone.
After spinning, drying and sterilization, the in vitro results are comparable to those obtained with the silicone alone at the same concentrations. The flexibility of the gauzes thus impregnated is greatly improved; however, the results obtained in the clinic are not fully satisfactory and the percentage of cases in which the dressing adheres to the wound is still too high.
Aluminum isopropylate
magnesium or aluminum adipates
magnesium or aluminum sehaçates
magnesium diabietate
Impregnation of the gauzes with these products, dissolved in their solvent of choice, does not give them any advantageous water-repellent property, the samples deposited on the surface of the water sinking there very quickly.
Magnesium monoabietate
The samples treated with a 1.5 O / o solution of this salt in carbon tetrachloride float for 7 to 8 minutes in water and gradually sink. Higher concentrations make it possible to improve this duration somewhat, which does not exceed a few hours.
Alw7liniun7 diabetes
Treating the samples with a 0.6 O / o solution in carbon tetrachloride allows them to float for only 5 to 6 minutes. However, by bringing the concentration to 1.5 O / o, the solvent then being benzene, the time during which the samples float amounts to 12-15 hours.
Aluniinùun triabietate
The gauze samples treated with a 1.50 / 0 solution in carbon tetrachloride float for 18 to 20 hours on the surface of the water. This time can be increased by treating the gauze with a more concentrated solution.
The aluminum abietates not only make it possible to give the gauze a noticeable water-repellent character, but also have proved to be of the most advantage during clinical trials.
The gauzes thus treated are a little rough to the touch like those treated with silicone alone.
The incorporation in the solution used for their impregnation of 1.5 to 10 o / o of paraffin oil in this case also makes it possible to obtain more flexible dressings, adhering little to the wounds to which they are applied.
Ahmirziunz Abietate - Paraffin Oil
Silicone
By way of example, the technique of preparing gauzes impregnated with a solution containing aluminum triabietate, paraffin oil and a silicone is indicated below:
Preparation of the solution:
Aluminum triabietate 15 g
Paraffin oil 10 g
Silicone 12g
Carbon tetrachloride q.s.p. 1000 ml
The aluminum triabietate is dissolved in about 800 ml of carbon tetrachloride. The paraffin oil is added, then the silicone; make up to one liter with carbon tetrachloride, stir so that the solution is perfectly homogeneous and filter.
The gauze is immersed for a few minutes in this solution, then it is removed and squeezed or wrung out, and finally dried at room temperature or better in a stream of hot air. High temperature oven drying is not useful.
The gauze is finally cut into pieces of the correct size which are packaged in canisters and sterilized in the autoclave.
This example is not limiting and the proportions of the various constituents could vary within fairly large proportions, for example:
Aluminum triabietate 1 to 30 g
Paraffin oil 1 to 100 g
Silicone 1 to 80 g
Solvent q.s.p. 1000 mi
The solvent may consist of light hydrocarbons of the fatty series, aromatic hydrocarbons, and in particular benzene or toluene, chlorinated solvents which are particularly advantageous because of their non-flammability, such as trichlorethylene, carbon tetrachloride, perchlorethylene, or even chloroform. .
One liter of solution will treat approximately 500 g of gauze.
Although in vitro tests of gauzes treated with aluminum abietate alone did not give very different results from those observed with gauzes treated with paraffin oil and silicone only, it was observed that the the presence of an aluminum abietate gave the gauzes a clear superiority on the chemical level. Moreover, the effect of aluminum abietate is further improved by the addition of paraffin oil and silicone.
Clinical results
Extensive clinical experimentation has been carried out in many surgical departments and has focused on cases of crush wounds, extensive wounds after road or work accidents, bone surgery, plastic surgery, and transplants. Each of the patients received an average of 5 to 8 successive dressings.
The tests were also carried out in burns, some extensive burns requiring the use of large fields of sterile gauze.
Finally, in many cases, a comparison could be made with ordinary hydrophilic gauze dressings and with fatty dressings. This comparison confirmed the drawbacks cited above of these two types of dressings.
The gauze which is the subject of the present invention has given complete satisfaction with regard to flexibility and softness in contact with wounds. It does not adhere to them, does not promote maceration, does not delay healing; it is not irritating and its application does not trigger any allergic reaction or irritation of the integuments surrounding the wound.
It must be used in a single insulating layer, either covered with ordinary hydrophilic gauze, or surrounding so-called American dressings (a layer of gauze, a sheet of hydrophilic cotton covered with a strip of carded cotton).
Regarding the adhesion to wounds, it behaves exactly like the so-called dressings
greasy tulle, especially in burns, whatever
or the method of dressing used: plaster, elastic band, adhesive plaster.
CLAIMS
I. Process for obtaining a non-adherent dressing material, characterized in that a fibrous dressing material is treated with a solution or a dispersion of an aluminum abietate.