Boîtier orientable et susceptible d'être incliné pour montre-bracelet
Tout porteur d'une montre-blacelet exécute, maintes fois chaque jour, le mouvement du bras nécessaire à la consulter. Pour certaines personnes, il s'agit d'un geste anodin auquel elles ne prêtent pas attention. D'autres en sont parfois gênées dans leur activité, notamment celles qui utilisent couramment une montre-chronographe ou toute autre pièce portant de fines divisions techniques.
On sait que la lecture précise de telles indications n'est possible qu'en présentant le cadran en un plan sensiblement perpendiculaire à la direction du regard.
Qu'il s'agisse d'un usage professionnel ou sportif, dc contrôles cycliques fréquemment répétés ou quelque peu prolongés, il est fort désagréable de tenir un bras relevé.
en une position qui ne permet guère l'emploi libre dc la main. Cela provoque donc chaque fois une interruption momentanée de l'activité, qui peut être préjudiciable à la concentration ou au rendement. C'est pourquoi il n'est pas rare de constater qu'un porteur de montrebracelet l'enlève du poignet pour la tenir dans ses doigts ou la poser sur sa table de travail, si ce n'est sur quelque support improvisé. A ces utilisateurs, la montre, montéc en bracelet, ne rend pas tous les services qu'elle se propose d'offrir.
Divers fabricants d'horlogerie ont déjà eu l'idée de construire, à l'intention de cette clientèle particulière, des modèles fonctionnels, mieux adaptés à ses besoins spéciaux. Les uns ont conçu des monlres dont le boîtier est fixé au bracelet, non plus à l'endroit habituel correspondant au dos de la main, mais bien sur le côté correspondant au prolongement du pouce. D'autrcs ont imaginé d'incliner le boîtier par rapport au bracelet, en un angle tel que, dans une position déterminée de l'avantbras, le cadran se présente mieux à la vue.
Ces innovations, considérées isolément ou cumulées, sont certes intéressantes pour certains usagers. Elles nc représentent toutefois qu'une solution limitée du pro blème, car la position de l'avant-bras n'évolue pas loujours dans le même champ, selon les activités diverses auxquelles peut être appelé successivement le même individu. Le seul exemple d'un chroniqueur sportif démontre fort bien que. lorsqu'il prend des notes à son poste de travail, son bras n'est pas orienté de la même façon que lorsqu'il observe une manifestation au volant de sa voiture.
D'autre part, I'encombrement d'un boîtier incliné est sensiblement plus grand que celui d'un boîtier traditionnel, ce qui l'expose inutilement à des heurts et dégradations. lors de toute utilisation dans laquelle ses particularités sont superflues, par exemple entre les heures de travail.
Un autre type de boîtier, mobile, est utilisé notamment dans la construction de certaines montres-bijoux; c'est le boîtier à couvercle masquant le cadran à la vue et protégeant la glace des rayures. Lorsqu'on ouvre le couvercle, on peut incliner la carrure, et par conséquent le cadran, grâce à un gond ou charnière soudée à la périphérie. Ce mécanisme, destiné à atteindre la couronne de remontoir, permettrait dans certains cas d'utiliser la montre en position ouverte. Mais on ne voit pas qu'il soit heureux de la porter ainsi au poignet, car elle risquerait d'être abîmée au moindre choc involontaire, en raison de son encombrement excessif, en un volume fort peu compact.
Dc ces diverses conceptions déjà connues, retenons (brevet suisse No 343946, Solvil et Titus) qu'il a été imaginé une boîte articulée sur un support fixé au bracelet, de manière à pouvoir occuper au moins deux positions,
I'une rabattue et l'autre relevée, de façon à faciliter la Iccture de l'heure. C'est le système d'inclinaison déjà décrit, au moyen d'une charnière, sans possibilité d'orientation axiale. Pour permettre un changement de cette position axiale, retenons (brevet suisse No 371055, Sumart) qu'il a été imaginé une boite de montre-bracelet comportant une carrure, un fond et un anneau support d'anses assemblés à ladite carrure, de façon à pouvoir orienter la carrure par rapport aux anses, en la maintenant dans son plan. Ici donc, il n'y a pas de possibilité de procéder à l'inclinaison de la boîte.
Il a encore été imaginé (mémoire exposé suisse Nil 1580/67, Haillon
Watch Co.) une boîte de montre-bracelet, comprcnanl un fond-calotte emboîté dans une carrure-lunette. Une portée intérieure de la carrure-lunette, contre laquelle prend appui une bague de fixation du fond-calotte, est perpcndiculaire à l'axe de l'alésage du fond-calotte et inclinée par rapport au plan de repos du boîtier. Le boîtier est ici incliné invariablement et non orientable axialement.
La présente invention a pour but d'étendre les possibilités d'orientation du cadran par rapport au bracelet en réunissant les avantages de la montre-bracelet d'cncombrement relativement limité et les avantages fonctionnels de la montre-bracelet à boîtier incliné. Elle se propose également de cumuler une faculté d'inclinaison avec une faculté d'orientation radiale, de façon à permettre à l'usager un libre choix entre de multiples possibilités de positionnement.
Le boîtier pour montre-bracelet, objet de l'invention, est caractérisé par le fait qu'il comprend, emboîtées téles copîquement et tournant l'une dans l'autre, les pièces suivantes: une base annulaire, au moins une came frontale annulaire et une carrure, la surface d'appui entre la base et la came étant perpendiculaire à l'axe de l'alésage dc la base et inclinée par rapport à l'axe de l'alésage de la came, la surface d'appui entre la came et la carrure étant perpendiculaire à l'axe de l'alésage de la came et inclinée par rapport à l'axe de l'alésage de la carrure, les inclinaisons des surfaces citées étant égales, le tout dc manière qu'en faisant tourner l'une ou l'autre ou plusieurs des pièces par rapport à la base, on oriente la carrure en la maintenant dans son plan,
on incline simplement la carrure ou on oriente et incline à la fois la carrure.
Les dessins annexés illustrent, à titre d'cxemplc. une forme d'exécution non limitative de l'invention.
Les fig. 1, 2 et 4 représentent chacune isolément l'un des éléments essentiels.
La fig. 3 représente une première phase de montagc entre deux de ces éléments, tandis que
la fig. 5 représente une seconde phase du montage, le troisième élément étant ajouté aux deux premiers.
Les fig. 6, 7 et 8 représentent, en coupe, un boîtier orientable terminé, dans trois positions différentes. pour faciliter la compréhension du fonctionnement.
Sur la fig. 1, on voit en I la coupe transversale d'un anneau constituant une base fixe, cet anneau étant rendu solidaire d'un bracelet non représenté. Une face d'appui 2 et un évidement cylindrique 3 sont préparés à recevoir une came frontale orientable radialement selon un axe de pivotement A-A, axe de l'alésage de la base. Un perçage 4 taraudé est destiné à recevoir de l'extérieur une vis de retenue non représentée dont une extrémité lisse pourra dépasser à l'intérieur de l'évidement 3. On placera, par exemple, trois de ces vis à intervalles équidistants sur le pourtour de l'anneau I.
Sur la fig. 2, on voit en 5 la coupe transversale d'unc came frontale annulaire présentant en un décrochement périphérique une face d'appui 2' et un rétrécissemcnt cylindrique 6 préparés à introduction libre dans l'évidement 3 de manière à permettre une orientation selon t'axe A-A sur 360 degrés. Un alésage 7 et une face d'appui 8 usinés obliquement par rapport à la face 2' constituent un élément de guidage selon un axe B-B divergeant de l'axe A-A. Une gorge 9 est pratiquée sur le pourtour, dans laquelle pénétrera l'extrémité lisse des trois vis introduites des perçages 4. Un perçage 10 taraudé est destiné à recevoir de l'extérieur une vis de retenue non représentée dont une extrémité lisse pourra dépasser à l'intérieur de l'évidement 7.
On placera, par exemple, trois de ces vis à intervalles équidistants sur le pourtour de la came annulaire 5.
Sur la fig. 3, on voit en coupe transversale la mise en place de la came 5 sur l'anneau 1. On remarquera que les faces d'appui 2 et 2' disposées l'une sur l'autre demeurent en un plan perpendiculaire à l'axe A-A selon lequel pourra pivoter la came 5 sur l'anneau ì et incliné par rapport à l'axe B-B. On remarquera également la concordance du perçage 4 et de la gorge 9 dans lesquels pourra être introduite la vis de retenue déjà décrite.
Sur la fig. 4, on voit en 1 1 la coupe transversale d'une carrure annulaire présentant, en un décrochement périphérique oblique, une face d'appui 8' et un rétrécissement cylindrique 12 préparés à introduction libre dans l'évidement 7 dc manière à permettre une orientation selon l'axe B-B sur 360 degrés. Une gorge 13 est pratiquée sur le pourtour, dans laquelle pénétrera l'extrémité lisse des trois vis introduites des perçages 10. Un pcr çage 14 et un fraisage 15 sont destinés au passage dc la tige de remontoir jusqu'au mouvemcnt, ainsi qu'à une pénétration partielle de la couronne, dans ]c corps de la carrure. Dans l'exemple représenté ici, il est prévu que la tige de remontoir sera placée en regard du repère de midi sur le cadran, dans la plus grande hauteur de la bande de carrure.
Sur la fig. 5, on voit en coupe transversale la mise en placc de la carrure 1 1 sur la came 5, laquelle a déjà été placée sur l'anneau I. On remarquera que les faces d'appui 8 et 8' disposées l'une sur l'autre se présenlent en un plan perpendiculaire à l'axe B-B, aulour duquel la carrure il pourra pivoter sur la came 5, et incliné par rapport à l'axe de l'alésage de la carrure. On remarquera également la concordance du perçage 10 et de la gorge 13 dans lesquels pourra être introduite une vis de retenue déjà décrite.
Au fond des gorges 9 et 13, on pourra percer une série d'alvéoles, par exemple tous les 30 degrés. Dans l'alignement des perçages 4 et 10, on percera un trou supplémentaire destiné à recevoir une goupille à ressort, d'extrémité scmi-sphérique, servant de blocage léger, si l'on enlend effectuer le pivotement respectif des éléments 5 et 11 par palier plutôt qu'en continu. Ainsi, il sera possible d'éviter une rotation involontaire de ces éléments.
Sur la fig. 6 on voit que la carrure Il a été équipée d'un fond 16 et d'une glace 17 complétant la fermeture de la boîte. On voit également des cornes 18 et 18' destinées à la liaison de l'anneau 1 avec le bracelet non représenté. Ainsi cet anneau I constitue une base fixe par rapport à laquelle les autres éléments sont mobiles.
La tige de remontoir et la couronne, qui prendront place dans le perçage 14 et le fraisage 15, sont situés au midi du cadran. En cette position, le boiticr se présente scnsiblement comme un boîtier traditionnel, quelque peu surélevé en raison du vide 19 nécessaire aux changemets d'inclinaison. Lorsque, pour un certain usage, on désirera que la position du midi soit décalée respectivement de 30, 60 ou 90 degrés, on fera pivoter la came 5 autour de l'axe A-A jusqu'au point voulu, la montre conservant en toute orientation sa hauteur initiale, la carrure 1 1 n'ayant pas pivoté par rapport à la came 5.
Sur la fig. 7, on voit une première phase du processus d'inclinaison, dans laquelle la came 5 a été tournée de 180 degrés par rapport à l'anneau 1, toujours selon l'axe
A-A. La partie la plus haute de la came 5 se trouve maintenant diamétralement opposée par rapport à sa position initiale (fig. 6), mais la carrure 1 1 n'a pas pivoté par rapport à la came 5. Dans cette position transitoire, le perçage 14 et le fraisage 15, donc aussi le midi du cadran. sont en attente d'orientation.
Sur la fig. 8, on voit une phase terminale extrême de processus d'inclinaison, dans laquelle c'est maintenant la carrure 11 qui a été tournée de 180 degrés, selon l'axe B-B par rapport à la came 5 'qui n'a plus pivoté. La partie la plus haute de la carrure ayant été superposée à la partie la plus haute de la came, on a obtenu diaméoralement une élévation et un abaissement produisant l'inclinaison maximale du boîtier. On remarque que le perçage de tige 14 et le fraisage 15, et par conséquent le midi du cadran, ont retrouvé la situation radiale qu'ils occupaient initialement.
II est clair que, la came 5 et la carrure 11 I pouvant être orientées individuellement sur 360 degrés chacune.
il est loisible à l'utilisateur de placer le point le plus élevé, tout comme le repère de midi, à l'endroit de la circonférence qui lui convient le mieux, lors de tout changement d'activité.
II est évident que diverses variantes de construction sont possibles. S'agissant des faces d'appui 2-2' et 8-8', on pourra en modifier la coupe et y créer des chicanes, par exemple pour éviter une trop forte pénétration d'hu midité ou de poussière. On pourra également utiliser ces faces pour la création d'un encliquetage à dentures permettant une répartition très progressive des positions d'arrêt de la came 5 et de la carrure 11. Dans ce cas, les éléments de retenue prévus plus haut ne seront plus des vis introduites dans les perçages 4 et 10 (fig. 1 et 2), mais par exemple de petites lames de ressorts circonférentielles.
Rien ne s'oppose encore à ce que. pour obtenir un plan d'inclinaison plus accentué de la carrure à l'état déployé du mécanisme, sans augmentation de hauteur à l'état replié, on utilise deux ou trois cames s'emboitant télescopiquement l'une dans l'autre. Les parois de ces cames pourraient alors être amincies et leurs faces d'appui remplacées par des rainures de guidage et des patins de coulissement correspondants.
Dans toute forme d'exécution qu'on aura retenue, il sera avantageux de prévoir une cannelure périphérique des éléments tournants ou de les munir d'un ergot qu'un ongle puisse manoeuvrer. II sera également favorable de régler le syslème d'encliquetage de telle manière que l'un des éléments puisse être manoeuvré plus librement que l'autre.