Pipe-line de sécurité La présente invention a pour objet un pipeline de sécurité pour le transport d'hydrocarbures liquides ou gazeux tel que défini dans la revendication 1 du brevet principal, c'est-à-dire qu'il comporte une conduite entou rée d'une enveloppe scellée à ses deux extrémités sur la conduite, l'intervalle annulaire entre la conduite et l'en veloppe étant rempli d'eau, l'enveloppe étant perforée en au moins un point et la perforation débouchant dans une chambre dans laquelle le niveau de l'eau s'établit pour le moins à un niveau correspondant à l'ordonnée la plus haute du secteur considéré, un dispositif étant inséré entre ladite perforation et l'atmosphère, ce dispo sitif détectant des dépassements prédéterminés de ni veaux inférieur et supérieur de la surface libre de l'eau dans ladite chambre,
cette surface libre étant à la pres sion atmosphérique, le dispositif actionnant pour le moins des appareils de signalisation, ladite enveloppe présentant au moins une fente longitudinale rendue étanche, des appuis garnissant partiellement l'intervalle annulaire.
Dans un tel pipeline, s'il se produit une fuite d'en veloppe, du fluide s'échappe et l'indicateur de fuite d'en veloppe est fondé sur cette perte de fluide. S'il se produit une fuite de conduite, de faibles quantités du produit transporté en haute pression fuient dans l'intervalle au travers de la fuite, ce qui refoule du fluide ou du produit transporté au travers de la perforation ; la détection d'une fuite de conduite est fondée sur ce refoulement.
Toutefois, du refoulement peut aussi se produire sans qu'il y ait de fuite, par exemple lorsqu'une élévation de température provoque une dilatation du fluide.
Des refoulements, ou plus généralement des mouve ments de l'eau vers la cuve ou inversement, se produi sent non seulement en cas de modifications thermiques, mais aussi en cas de variations de pressions dans la con duite qui, de ce fait, dilate ou contracte sa paroi. 11 est important de différencier l'origine d'un mouve ment du liquide intervallaire et d'empêcher l'action sur des dispositifs d'alarme ou de télécommande si le dépla cement du liquide est d'origine thermique ou est engen dré par des modifications de volume du réservoir annu laire constitué entre la conduite et l'enveloppe.
Le pipeline, objet de la présente addition, permet précisément cette différenciation selon l'origine du mou vement du liquide ; il est caractérisé en ce qu'il com prend des moyens qui interdisent l'action sur les appa reils de signalisation lorsque les mouvements de l'eau dans la chambre sont engendrés par d'autres causes que des fuites dans la conduite ou dans l'enveloppe.
Les trois planches annexées illustrent, à titre d'exem ple, des formes d'exécution de l'invention.
Les fig. 1 et 2 représentent deux versions de moyens donnant lieu à des indications de fuite ; dans ces ver sions, des variations de volume du fluide intervallaire dues à des modifications thermiques ne déclenchent pas d'indications.
Les fig. 3 et 4 illustrent une autre version de moyen ; dans cette version, des variations de volume de l'inter valle dues à des modifications de pression dans la con duite ne déclenchent pas d'indications ; en outre, cette version illustre une jonction extensible qui ne donne pas lieu à une variation de volume de l'intervalle quelle que soit la position relative des tronçons joints.
Si l'on se réfère à la fig. 1, on voit en 1 la paroi de la conduite, en 2 celle de l'enveloppe, en 3 l'intervalle ; la perforation de l'enveloppe est surmontée du tuyau 4 débouchant dans la cuve 5 remplie d'eau 8 jusqu'au niveau 9 et fermée par le couvercle amovible 6.
Le flotteur 10 peut se déplacer dans la cage de gui dage 7 ; il porte deux butées 12 et 13 ; lorsque le dépla cement du flotteur est suffisant dans un sens ou dans l'autre, l'une de ces butées agit sur la tête 13 du levier 14 articulé en 15, de sorte que la tige 18 coiffée de l'in terrupteur 21 va fermer des contacts soit en 22, soit en 23, de circuits électriques alimentant l'un des panneaux d'alarme 24 ou 25 ; le panneau 24 est opératif si le flot teur a baissé et le panneau 25 s'il s'est élevé. En consé quence, 24 indique la fissure d'enveloppe et 25 celle de conduite.
Dans cette exécution, le support 16 de l'articulation 15 est fixé sur le couvercle ; la position de l'articulation est réglable en hauteur par la coulisse 17. Quant à la tige 18, son élongation est réglable par le déplacement de sa fixation 19 dans la boucle 20 ; l'interrupteur 21 et les contacts sont disposés dans le coffret 31 fixé sur le couvercle.
En 26, on voit un thermostat plongé dans l'eau de la cuve ; il commande des relais 27 et 28 ; les liaisons ne sont pas représentées. Les contacts 29 et 30 de ces relais sont fermés au repos. Leur ouverture empêche l'alimen tation des panneaux. Dans cette version, la détection de fissure est immédiate si le thermostat n'est pas opératif et différée s'il l'est.
Si l'on se reporte à la fig. 2, on retrouve en 4, 5, 6. 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25 31 les mêmes désignations que pour la fig. 1.
Dans cette version, le coffret 31 n'est pas fixé sur le couvercle ; il est, ainsi que l'articulation 15, solidaire d'une tige 35 d'un piston 33 se déplaçant dans un cylin dre 32 disposé dans l'eau de la cuve. La chambre 34 du cylindre est remplie de gaz dont la pression et l'accès sont contrôlés par la sonde 36. Il résulte de la construc tion que, du fait du grand coefficient de dilatation ther mique du gaz enfermé dans 34, le déplacement du pis ton traduit la variation de température de l'eau.
Lorsque seul le niveau de l'eau se modifie, c'est qu'il y a fissure sans modification thermique; la tête 13 va être frappée par l'une des butées ; l'interrupteur 21 va fermer le contact approprié.
Lorsque sans qu'il y ait fissure, la température de l'eau se modifie, le gaz se dilate ou se contracte et le pis ton se déplace, entraînant tout le système des leviers et coffret, mais en même temps le volume d'eau dans la cuve change par expansion ou contraction thermique et, de ce fait, le flotteur monte ou descend dans le même sens que le mouvement du coffret. Si tout est bien réglé, il n'y a .pas de mouvement relatif du flotteur et de la tête 13 ; même si le réglage est imparfait et qu'il y ait mou vement relatif, l'écart entre la tête et les butées est suf fisant pour qu'il n'y ait pas d'action réciproque; l'in terrupteur ne ferme pas les contacts et ne donne pas l'alarme.
Par contre, lorsqu'il se produit simultanément une fissure et une modification thermique, il se produit tou jours un mouvement relatif du flotteur et de la tête et toujours l'indication de fissure sur le panneau adéquat.
Dès que l'indication est donnée, un robinet 38 est fermé automatiquement ou à la main afin d'élever la contrepression dans l'intervalle et de réduire ainsi la sortie du produit. Une soupape 37 est prévue afin toute fois de limiter dans tous les cas la pression intervallaire en dessous de la valeur critique.
En même temps que l'indication est donnée, les cir cuits peuvent agir sur les pompes et les vannes de la con duite et déclencher les mesures appropriées.
Si l'on se réfère aux fig. 3 et 4, on voit en 45 l'inter valle limité par la conduite 60 et l'enveloppe 59 de matière plastique; la conduite contient par exemple du pétrole 55 ; l'anneau 46, limité extérieurement par le manchon d'acier 58, contient aussi du pétrole à la même pression que la conduite.
La conduite 60 est coupée et les deux extrémités sont séparées par une lacune ; sur chaque extrémité est fixée une couronne désignée par 56 pour l'une et-57 pour l'au tre ; ces couronnes ont des dentures longitudinales qui peuvent s'imbriquer l'une dans l'autre. En cas de dila tation longitudinale de la conduite terminée par 56, le volume de l'intervalle 45 n'est pas modifié, on constate en outre qu'un racleur franchit sans encombre la lacune.
L'intervalle 45 rempli d'eau communique par une tubulure 47 avec une cuve 49 remplie d'eau. A l'inté rieur de la tubulure 47 on a disposé en 51 un indicateur d'écoulement. Si l'eau est immobile dans la tubulure, les contacts de l'indicateur sont ouverts ; au contraire, s'il y a refoulement de l'eau vers la cuve ou aspiration de l'eau de la cuve, l'indicateur ferme l'un ou l'autre de ses contacts, ce qui a pour effet de donner un signal sur le panneau 53 - refoulement - ou sur le panneau 54 aspiration - et d'actionner à partir du même circuit toutes télécommandes appropriées.
Toutefois les circuits qui conduisent vers ces pan neaux ne sont fermés que si les contacts de l'interrup teur 52 à pression différentielle sont eux-mêmes fermés. Or, un tube 48 raccordé sur l'anneau 46 est séparé en deux par une membrane 61 et débouche dans un petit bassin 50 rempli d'eau ; la partie inférieure du tube 48 est pleine de pétrole sous pression et la partie supérieure est pleine d'eau. Un diaphragme 62 fait communiquer le tube avec la cuve et deux sondes de l'interrupteur 52 prennent la pression de part et d'autre du diaphragme.
Lorsqu'il se produit une variation de pression du pétrole et tant qu'elle dure, le diaphragme est parcouru par un courant d'eau qui crée une chute de pression de part et d'autre du diaphragme ; l'interrupteur différentiel 52 est, par sa membrane, sensible à cette différence de pression et actionne, selon le sens de cette différence, l'un ou l'autre de ses contacts, ce qui provoque l'ou verture du circuit correspondant vers les panneaux.
Il y a lieu d'observer que la jonction de dilatation 56I57 n'est pas indispensable au fonctionnement; si elle n'existe pas, l'anneau 46 est simplement rempli d'eau sous une certaine pression. En cas de modifications de la pression de pétrole, la paroi de la conduite se dilate ou se contracte, ce qui a pour effet de modifier cette pression d'anneau et le fonctionnement est analogue à celui qui a été décrit ci-dessus.