Vitrage multiple Il est connu d'insérer entre les feuilles de verre cons tituant un vitrage multiple un joint d'étanchéité en ma tière plastique qui doit présenter un certain nombre de qualités dont les principales sont l'imperméabilité, la bonne adhérence sur le verre, l'absence de vieillisse ment.
L'expérience prouve qu'une étanchéité absolue de l'espace interne d'un vitrage multiple est cependant difficile à réaliser, car les joints en matière plastique con nus présentent tous une certaine perméabilité à la va peur d'eau, qui est très faible, mais qui peut compro mettre néanmoins le comportement du vitrage, surtout dans les régions humides.
Au surplus, au cours même de la fabrication des vitrages multiples, on enferme nécessairement dans l'es pace interne du vitrage la vapeur d'eau qui se trouve à l'état adsorbé sur la surface du verre. Cette vapeur d'eau adsorbée est très difficile à éliminer au moment d;, la fabrication. En revanche, l'expérience prouve qu'elle se désorbe plus ou moins rapidement avec le temps en fonction des caractéristiques climatiques du lieu où le vitrage est placé et en particulier en fonction des cycles de chauffage et de refroidissement qu'impose au vitrage le climat considéré.
Cette vapeur d'eau désorbée et confinée dans l'espace interne du vitrage multiple, attaque la surface du verre en y laissant des marques qui, selon leur importance, peuvent nuire à la qualité du produit.
La présente invention permettant d'éviter ces incon vénients a pour objet un vitrage multiple comportant des feuilles de verre parallèles et espacées au moyen d'un joint de matière plastique, étanche à l'humidité, disposé sur le pourtour du vitrage et adhérant au verre. Ce vitrage est caractérisé en ce que la matière plastique constitutive du joint renferme au moins 5 % d'une substance déshydratante sous forme pulvérulente.
La titulaire a en effet constaté que le fait que la substance déshydratante soit noyée dans la masse du joint d'étanchéité en matière plastique, ne l'empêche pas de jouer son rôle d'adsorbant de l'humidité, ce qui peut s'expliquer en admettant que la matière constitutive des joints d'étanchéité ne présente jamais une imperméa bilité absolue.
Le nouveau joint du vitrage multiple de l'invention est ainsi susceptible non seulement d'adsorber l'humidité qui peut accidentellement se trouver enfermée dans le vitrage au moment de sa fabrication, mais il dessèche progressivement l'espace interne du vitrage en fixant la vapeur d'eau qui était adsorbée primitivement sur la surface interne des feuilles de verre et qui, ainsi qu'on l'a dit, tend à se désorber avec le temps, de sorte que cette vapeur d'eau ne peut attaquer le verre et y pro duire des marques.
L'efficacité des joints du vitrage multiple selon l'invention est telle que l'on observe dans certains cas une amélioration des caractéristiques du vitrage avec le temps, amélioration concrétisée par l'abaissement pro gressif du point de rosée du vitrage.
Comme matière plastique pour constituer ledit joint, on peut utiliser les matières plastiques utilisées cou ramment dans les vitrages multiples, parmi lesquelles on peut citer entre autres le poly-iso-butylène, le thio- kol, le polyuréthane, les résines acryliques, certains pro duits à base de poly-butadiène ou de poly-butadiène et de polystyrène.
En ce qui concerne la substance pulvérulente à in troduire comme déshydratant, on peut citer en premier lieu le gel de silice broyé, les silices de combustion ou de précipitation, les tamis moléculaires, etc.
En revanche, la titulaire a constaté que l'oxyde et le chlorure de calcium constituent des substances moins énergiques et ne sont, de ce fait, pas recommandables pour la mise en oeuvre de l'invention. Il convient bien entendu de déshydrater au maxi mum la substance adsorbante avant de l'incorporer dans la matière plastique devant constituer le joint d'étan chéité. Cette déshydratation est effectuée de façon connue par chauffage de la substance déshydratante, par exemple à 2000-2200 C pendant deux heures.
La quantité de substance déshydratante à intro duire dans le joint en matière plastique ne doit pas être trop faible, afin de ne pas compromettre l'efficacité de celui-ci. La quantité de substance déshydratante doit donc être supérieure à 51% par rapport au poids total du joint. Par ailleurs, il n'est pas recommandé de dé passer une proportion de substance déshydratante de 25% environ, faute de quoi la plasticité et la malléa bilité du joint diminuent, ce qui rend sa mise en oeuvre de plus en plus difficile et peut même compromettre l'imperméabilité du joint et son adhérence sur le verre.
Ces valeurs s'entendent pour un vitrage de dimen sions moyennes, de l'ordre de 1 à 2m!>, environ.
On donne ci-après quelques exemples de réalisation de l'invention au moyen de joints en poly-iso-butylène, chargés de carbone black, la substance adsorbante étant constituée par de la silice.
On fabrique des vitrages triples d'une surface de 1 m2, en utilisant comme joints d'étanchéité les diffé rents mélanges ci-après
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Des triples vitrages réalisés avec ces différents mé langes ont été soumis aux essais suivants <I>1.
Vieillissement accéléré</I> Pour cet essai, le vitrage est placé dans une enceinte dans laquelle la température s'élève progressivement de 25 à 550 C, puis redescend à 251, C pendant que l'humi- dité relative varie de 19 à 99 %,
puis redescend à 18% l'humidité maxima correspond à la température maxima et vice versa, la durée de chaque cycle étant de 8 heures. <I>2. Vieillissement naturel</I> Pour cet essai, les vitrages sont placés à l'extérieur, dans deux climats différents, à savoir à Paris et en Camargue.
Les essais consistent à mesurer dans chaque cas le point de rosée des vitrages à l'origine et son évolution avec le temps. Les résultats sont les suivants
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<I>Mélange <SEP> 1 <SEP> (sans <SEP> déshydratant) <SEP> - <SEP> Vieillissement <SEP> accéléré</I>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> initial <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> -+- <SEP> 40 <SEP> C
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> après <SEP> 15 <SEP> jours <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 15o <SEP> C
<tb> <I>Vieillissement <SEP> naturel <SEP> à <SEP> Paris</I>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> initial <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> ;
- <SEP> 40 <SEP> C
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> après <SEP> 6 <SEP> mois <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 12 <SEP> à <SEP> 15 <SEP> C On constate une impression nette des surfaces in ternes du vitrage après un an de pose.
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<I>Vieillissement <SEP> naturel <SEP> en <SEP> Camargue</I>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> initial <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> -L <SEP> 40 <SEP> C
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> après <SEP> 3 <SEP> mois <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 12 <SEP> à <SEP> 151, <SEP> C
<tb> Impression <SEP> nette <SEP> après <SEP> 6 <SEP> mois <SEP> de <SEP> pose.
<tb> <I>Mélange <SEP> II <SEP> - <SEP> Vieillissement <SEP> accéléré</I>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> initial <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> .
<SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> - <SEP> <B>8o <SEP> C</B> après 4 mois d'essais, le point de rosée atteint 00, valeur à laquelle il se stabilise.
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<I>Vieillissement <SEP> naturel:</I>
<tb> <I>a) <SEP> à <SEP> Paris</I>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> initial <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> - <SEP> <B>80C</B>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> après <SEP> 10 <SEP> mois <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> -280 <SEP> C
<tb> <I>b) <SEP> en <SEP> Camargue</I>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> initial <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> - <SEP> <B>80C</B>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> après <SEP> 8 <SEP> mois <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> .
<SEP> - <SEP> 250 <SEP> C
<tb> <I>Mélange <SEP> III <SEP> - <SEP> Vieillissement <SEP> accéléré</I>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> initial <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> - <SEP> <B>80C</B>
<tb> après <SEP> 3 <SEP> mois <SEP> d'essais, <SEP> le <SEP> point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> s'élève <SEP> et <SEP> se
<tb> stabilise <SEP> à <SEP> 00 <SEP> C.
<tb> <I>Vieillissement <SEP> naturel <SEP> en <SEP> Camargue</I>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> initial <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> - <SEP> <B>80C</B>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> après <SEP> 2 <SEP> mois <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> .
<SEP> - <SEP> 170 <SEP> C
<tb> <I>Mélange <SEP> IV <SEP> - <SEP> Vieillissement <SEP> accéléré</I>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> initial <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> - <SEP> <B>80C</B>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> après <SEP> 3 <SEP> mois <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> -100 <SEP> C
<tb> <I>Vieillissement <SEP> naturel <SEP> en <SEP> Camargue</I>
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> initial <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> - <SEP> 8o <SEP> C
<tb> Point <SEP> de <SEP> rosée <SEP> après <SEP> 2 <SEP> mois <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> .
<SEP> - <SEP> 250 <SEP> C Pour mettre en évidence l'efficacité des joints dé crits ci-dessus, on rappelle que l'impression des surfaces internes du vitrage débute faiblement lorsque le point de rosée dépasse 00 C. Lorsque le point de rosée dé passe -f- 50 C, l'impression évolue de façon encore peu visible, mais elle devient rapide pour un point de rosée supérieur à 100C.
On constate, d'après les résultats des essais ci-dessus mentionnés, que les joints d'étanchéité chargés de subs tance déshydratante sont très efficaces pour s'opposer à l'impression des vitrages avec le temps.
Ainsi qu'on l'a dit, les essais ci-dessus ont été ef fectués avec des vitrages dont la surface était de l'ordre du mètre carré. Pour de très petits vitrages, de l'ordre de 0,1 m2, une adjonction de substance déshydratante de 5 0/0 seulement est suffisante. En revanche, pour des vitrages d'une surface notable, supérieure à 2m2, la quantité de substance n'est de préférence pas inférieure à 15 0/0.