Navette d'un métier à tisser Les métiers dont la navette circule sans arrêt dans un circuit fermé présentent en général des trajectoires ayant des rayons de courbure différents. Le plus sou vent, la trajectoire est formée de deux canaux semi- circulaires, distants et reliés entre eux par des canaux droite tangents à ces canaux semi-circulaires.
Les navet tes, circulant sur tout leur parcours à des vitesses si- 4uées entre 15 et 30 m/s, doivent être guidées avec grande exactitude si l'on veut éviter des chocs, cause d'usure et de bruit.
En général. les constructeurs de ces métiers sont par tis de la forme classique des navettes et ont adapté la largeur du canal à cette forme. Ces navette, en forme de prisme, dont une extrémité au moins est effilée, néces sitent une hauteur de canal plus grande dans les partie> courbes que dans les parties droites. Le passage des ca naux droits aux canaux courbés nécessitera un ajutage à hauteur variable reliant d'une manière bien déterminée les deux canaux de hauteur différente. Si ce travail n'est pas exécuté très exactement, il s'ensuivra des chocs aux passages de la navette. causes de bruit et d'usure.
On a proposé une navette en forme de segments de cercle ; dans ce cas, les canaux rectilignes et curviliene: peuvent être de même hauteur, ce qui facilite grande ment leur fabrication. Toutefois, à part le fait que le frottement se fait d'un côté de la navette entre une sur face cylindrique et tin plan. donc sur une génératrice qui s'usera rapidement, cette forme de navette ne per met pas d'éviter un choc au passage d'tin canal rectili gne tangent à tin canal curviligne.
En effet, si le centre de eravité de la navette suit un mouvement sans varia tion brusque, il n'en est pas de même du mouvement de rotation de la navette autour de son centre de gravité ; celui-ci passe brusquement d'une certaine valeur (nulle lorsque le canal est rectiligne) à une autre valeur égale à V/R, V étant la vitesse de la navette et R le rayon de courbure du canal semi-circulaire. On voit donc que ces chocs deviennent conséquents surtout lorsqu'il s'agit de métiers rapides ayant de grandes vitesses de navette. Ainsi, cette forme de navette permet d'avoir un canal de hauteur constante. mais ne permet pas d'éliminer les chocs.
L'invention a pour objet une navette d'un métier à lisser circulant dans un circuit fermé, formé d'un canal de guidage présentant au moins deux rayons de cour bure différents. caractérisée par le fait que les faces de la navette entrant respectivement en contact avec les surfaces intérieures du canal sont délimitées par de. surfaces dont les rayons de courbure correspondent au\ rayons de courbure desdites surfaces intérieures, chacun des faces de la navette étant répartie axialement des deu..\ côtés de son centre de gravité.
Le profil de la navette pourra être déterminé par la surface inscrite entre les courbes des surfaces intérieures du canal de euidauc tracées taneentiellement à deux cercles distincts de di < < - mètre égal à la largeur du canal de etiidage.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, quel ques formes d'exécution de la navette, objet de l'in vention.
La fig. 1 montre une navette passant d'un canal rectiligne dans un canal curviligne à rayon constant. tandis que la fig. 2 montre une navette devant circuler dans tin circuit formé par deux courbures différentes comme montré dans la fig. 3. Les fie. 4, 5 et 6 montrent une navette utilisée dans un métier à griffe dans lequel la pince a été dessinée, et la fig. 7, un moyen polir dimi nuer les frottements.
La navette 1 circule dans l'exemple de la fig. i de gauche à droite ; elle chemine dans le canal rectiligne 2 et est dessinée en pointillés avant son arrivée à l'extré mité de ce canal, c'est-à-dire avant qu'elle ne s'engage dans le canal semi-circulaire 3. Elle est dessinée en plein dans une autre position l' caractéristique, à savoir ;tu moment où son centre de gravité commence à décrire un cercle de rayon Rx.
Deux faces opposées de cette navette sont formées par des surfaces dont les rayons de courbure correspon dent à ceux des canaux. La face extérieure sera com posée, aux extrémités, par deux surfaces cylindriques 4 et 5 de rayon R2, tandis que la partie médiane 6 sera plane.
La face intérieure sera composée, aux extrémités, par deux surfaces planes 7 et 8 parallèles à la surface 6 et distantes de celle-ci de l'épaisseur (E-r) de la na vette, tandis que la partie médiane sera une surface cylindrique 9 de rayon Rt concentrique à R2 et infé rieure à R2 de la valeur (E-E). La valeur E repré sente la largeur du canal de guidage et E le jeu néces saire au déplacement de la navette dans le canal avec le minimum de résistance.
La longueur 1 de la partie médiane de ces faces a été choisie volontairement aussi grande que possible afin d'éviter une brusque mise en rotation de la navette entre la partie rectiligne 2 et la partie curviligne 3 du canal de guidage. En effet, la navette 1 dans sa position dessinée en pointillés aura un mouvement rectiligne uniforme sans rotation autour de son centre de gravité.
A partir de sa position l' où elle est dessinée en trait plein, la navette aura un mou vement uniforme curviligne autour du centre des rayons de courbure du canal 3 ; son centre de gravité 10' sui vra un cercle Rx à la vitesse u)Rx, tandis que la masse de la navette tournera autour de son centre de gravité à la vitesse angulaire constante o. Pendant le déplace ment de la navette depuis le moment où elle pénètre dans le canal semi-circulaire (centre de gravité en 10") jusqu'à sa position dessinée en plein (centre de gravité en 10') c'est-à-dire sur une longueur 1,
son mouvement de rotation autour de son centre de gravité aura passé de 0 à tu. Les forces nécessaires à ce changement de vitesse, forces qui sont prises sur le guidage, seront d'autant plus grandes que 1 sera petit. L'avantage de choisir une grande valeur pour 1 est donc double : di minuer les pressions de la navette sur le canal de guidage au changement de courbures du canal et répartir cette pression sur une grande longueur du canal, c'est-à-dire éviter une usure trop locale qui ferait ressauter la na,ette et conduirait rapidement à des chocs.
La fig. 2 montre le moyen de déterminer le profil de la navette décrite. Deux cercles 15 d'un diamètre (E-e) correspondant à la hauteur E du canal moins le jeu e nécessaire à une bonne marche de la navette sont disposés à une distance 1 l'un de l'autre. Tangentielle ment à ces deux cercles 15. on fait passer les cercles 16 et 17, dont les rayons correspondent aux rayons de courbure R3 et R-1 des surfaces d'une partie du canal. et les cercles 18 et 19 dont les rayons correspondent aux rayons de courbure R5 et R6 de l'autre partie du canal.
La surface minimale restant à l'intérieur de ces courbes (surface hachurée) représente le profil de la navette à laquelle on peut encore ajuster l'extrémité avant pour mieux passer entre les fils de chaîne et l'ex trémité arrière pour mieux recevoir les impulsions entretenant son mouvement. Une navette de cette forme pourra se déplacer sans choc et sans jeu abusif dans un canal de hauteur constante de forme selon fig. 3.
Les fig. 4, 5 et 6 montrent une navette de métier à griffe avec une pince de forme spécialement avanta geuse. Le corps de navette 20 présente à l'arrière de sa face extérieure une encoche 21 fraisée avec une certaine inclinaison.<B>Il</B> présente en outre une gorge 22 de section rectangulaire s'étendant sur toute sa face intérieure, se continuant en 23 sur sa partie arrière et en 24 sur sa face extérieure, communiquant avec et continuant dans la même inclinaison le fond de l'encoche 21.
Dans les gorges 22, 23, 24 se place une lamelle 25 en acier à ressort recourbée à l'arrière et rivée vers la pointe avant de la navette au moyen d'un rivet 26. La partie recourbée de la lamelle 25 forme la pince 27 qui vient s'appliquer exactement sur le fond de l'encoche 21 et de la gorge 24 et forme pince pour retenir le fil de trame.
Une came 28, fixée dans le guidage de la navette, pousse la lamelle 25 et ouvre la pince 27 qui dépasse alors du profil de la navette et prend le fil présenté sur son passage ou lâche le fil ayant été tiré à travers la foule.
Dans ces fig. 4, 5 et 6, le guidage de la navette a été dessiné en traits mixtes pour montrer l'ouverture 29 au travers de laquelle le fil qui doit être pris par la navette sera tendu.
Il est clair que, considérant les jeux nécessaires au mouvement de la navette, les surfaces de la navette pourront avoir des petites différences avec les surfaces correspondantes du canal de guidage. Par exemple, le rayon de courbure d'une surface cylindrique de la na vette pourra s'écarter du rayon de courbure de la surface cylindrique du guidage sur laquelle elle frotte, de la valeur E correspondant au jeu de la navette dans le gui dage. En outre, pour faciliter le glissement des surfaces entre elles, il est souvent utile de prévoir un léger angle entre la direction du mouvement et la surface mobile.
Pour obtenir ce résultat on pourra prévoir des surfaces cylindriques 33, 34, 35 et 36 de rayon de courbure sem blable, mais légèrement excentrées par rapport aux rayons R7 et R8 du guidage, comme le montre la fig. 7. Naturellement, l'angle formé entre les surfaces corres pondantes est très petit et fonction de l'état des surfaces de guidage, si un film d'huile est admissible ou si l'air seul peut agir comme coussinet.
De même, les surfaces planes 30, 31 et 32 peuvent former également un léger angle avec les surfaces de guidage 37. 38 et par conséquent n'être plus exactement parallèles entre elles : cette dérogation n'est tolérée que dans les limites infimes compatibles avec une action aérodynamique fou hydrodynamique) des surface; en mouvement.