Elément de réseau repliable et extensible pour la construction d'un obstacle
Les obstacles et barrages utilisés dans de nombreuses applications sont généralement constitués par des entrelacements de fils tendus entre des piquets fichés dans le sol. Un tel procédé permet de réaliser une barrière infranchissable qui ne peut être constituée toutefois que dans certains cas particuliers, étant donné qu'elle nécessite l'enfoncement de piquets et, par suite, la présence d'un terrain relativement meuble. Par ailleurs, on comprend que l'érection ou la mise en place d'une telle barrière nécessite un travail long impossible à exécuter dans certains cas d'utilisation.
On a aussi proposé de réaliser des obstacles ou barrages au moyen d'éléments de réseaux préfabriqués destinés à être uniquement posés sur le sol. Ces barrages, qui peuvent être constitués à partir d'éléments relativement souples ou rigides, présentent le plus souvent des problèmes de stockage et de transport car ils occupent toujours, même dans les cas les plus favorables, un volume et un encombrement au sol très importants. En outre, ces élément préfabriqués sont généralement difficiles à manipuler et font courir le risque d'accidents plus ou moins graves au personnel chargé de leur mise en place.
La présente invention vise à remédier aux inconvénients ci-dessus en créant un élément repliable et extensible occupant à l'état de repos un très faible encombrement facilitant le stockage et le transport et pouvant être mis en oeuvre rapidement, sans aucun risque, par un personnel non spécialement qualifié.
L'élément de réseau repliable et extensible pour la constitution d'un obstacle faisant l'objet de l'invention est caractérisé en ce qu'il est constitué par des cadres rigides articulés successivement les uns aux autres de façon alternée pour réaliser une armature repliable en accordéon, chaque cadre étant relié au cadre contigu par des bandes constituées initialement pour former, après expansion par traction, des barbes et des picots saillants s'opposant, par leur coefficient d'accrochage et de pénétration, à tout franchissement de l'obstacle constitué par le déploiement d'au moins un élément de réseau.
Des formes de réalisation de l'objet de l'invention sont représentées, à titre d'exemples, au dessin annexé.
La fig. 1 est une élévation latérale partielle d'un élément de réseau conforme à l'invention.
La fig. 2 est une vue transversale prise sensiblement suivant la ligne II-II de la fig. 1.
Les fig. 3 et 4 sont des élévations latérales montrant deux positions caractéristiques de l'élément de réseau suivant la fig. 1.
La fig. 5 est une élévation transversale analogue à la fig. 2, mais montrant une variante de réalisation de certains des éléments constitutifs du réseau.
Suivant les fig. 1 et 2, L'élément de réseau comprend une armature 1 pliante, constituée par des cadres 2, 2a, 2b ..., 2n articulés les uns aux autres suivant un mode d'assemblage du type en accordéon. Chaque cadre 2 est réalisé dans l'exemple suivant les fig. 1 et 2 par deux montants rigides 3 reliés, en retrait de leurs parties terminales haute et basse 31 et 32, par des traverses rigides 4 et 5 dont les parties terminales 4t, 42 et 51, 52 s'étendent extérieurement aux montants 3. Le cadre 2 est assemblé au cadre 2a réalisé de façon identique, par exemple au moyen d'agrafes ou de douilles 6, représentées en traits mixtes à la fig. 2, entourant simultanément les traverses 4 des deux cadres.
Pour conférer une grande liberté d'articulation à l'intérieur des agrafes ou douilles 6, les montants 3 du cadre 2a présentent un écartement différent de celui des montants 3 du cadre 2, de manière à être placés extérieurement ou intérieurement à ces derniers. Le cadre 2b, qui présente par exemple une même conformation que le cadre 2 pour que ses montants 3 soient décalés par rapport à ceux du cadre 2a, est relié à ce dernier par des agrafes ou des douilles 7 qui sont montées pour entourer les traverses côte à côte 5. Les cadres suivants sont respectivement assemblés alternativement comme décrit ci-dessus de manière à constituer ensemble l'armature 1.
Pour simplifier la constitution de l'armature 1, il est préférable de former le cadre 2 au moyen de deux montants 3 dont les parties terminales sont enroulées ou enfilées libres pour tourner sur les deux traverses 4 ou 5 sur lesquelles elles peuvent être calées axialement, par exemple au moyen de butées 8 et 9. La traverse 4 est prévue commune au cadre 2a et supporte les parties terminales supérieures des montants 3 qui sont ainsi placés extérieurement aux montants 3 du cadre 2. Le calage axial des montants 3 du cadre 2a peut être assuré par des butées 10 et 11 enfilées sur les parties 41 et 42 de la traverse et contribuant, avec les butées 8, à maintenir les deux montants côte à côte dans les plans requis.
Les parties terminales 3 des montants 3 du cadre 2a sont ensuite enfilées sur les parties terminales 51 et 52 d'une traverse 5 sur laquelle sont préalablement montées les parties terminales de deux montants 3 destinés à constituer, ultérieurement. le cadre 2b. Comme précédemment, des butées 12 et 13 sont montées sur la traverse 5 commune aux cadres 2a et 2b pour contribuer, avec les butées 9, à maintenir les montants correspondants dans les plans verticaux requis. En procédant alternativement comme décrit ci-dessus, on constitue une armature 1 beaucoup plus simple également articulée suivant un mode d'assemblage du type en accordéon.
Les différentes traverses homologues, constituant aussi des pièces d'articulation de deux cadres contigus, sont reliées entre elles, perpendiculairement aux cadres, par des bandes 14 prévues par exemple au nombre de trois pour s'étendre parallèlement entre elles en étant fxées, par des attaches 15, au niveau des zones médianes des traverses 4 et 5 et au niveau des plans d'articulation des montants 3 contigus des deux cadres successifs.
Chaque bande 14 est constituée par une languette ou une lanière de matière déformable, par exemple en feuillard métallique, présentant sur toute sa longueur des crevés, des trous ou des poinçonnages 16 associés à des fentes ou découpes transversales 17 pratiquées alternativement à partir de l'un et l'autre des bords longitudinaux.
Les montants 3, sensiblement alignés, de deux cadres contigus, sont également reliés entre eux par au moins deux bandes 18 analogues, mais de plus faible longueur, que les bandes 14 avec lesquelles elles constituent une nappe périphérique entourant l'armature 1.
L'élément de réseau, tel que décrit ci-dessus, est normalement soumis après constitution à une opération de pliage destinée à ramener les différents cadres articulés les uns sur les autres, de manière à former un faisceau groupé représenté à la fig. 3. Au cours de cette opération, les différentes bandes 14 et 18 sont repliées sur elles-mêmes en étant soumises, suivant leur nature, à une déformation élastique ou permanente. Au stade de la fabrication, cette opération peut être exécutée pour que les différentes bandes pliées s'étendent à l'intérieur du faisceau de cadres repliés, de manière à réduire encore le faible encombrement présenté par un élément de réseau plié.
Cette particularité est très appréciable car elle permet de constituer initialement un élément de réseau de longueur utile choisie présentant, en réalité, un faible encombrement facilitant, à la fois, son stockage dans les magasins ou entrepôts et son transport sur les lieux d'utilisation au moyen de tous engins mobiles appropriés.
L'empilage de l'élément de réseau comme illustré par la fig. 3 présente, par ailleurs, un autre avantage car il devient possible d'assurer la superposition des différents cadres d'un ou de plusieurs éléments de réseau sur une palette pouvant être utilisée directement ensuite, par exemple au moyen d'un élévateur à fourches ou d'une grue, pour permettre le chargement et le déchargement d'engins de transport.
Lorsqu'il y a lieu d'ériger ou de constituer un obstacle ou un barrage, il suffit de dégager l'élément de réseau plié par rapport à la palette, puis de déplier successivement les différents cadres, de manière à les placer dans la position représentée à la fig. 1. Cette opération peut être exécutée sans aucun risque pour le personnel chargé de la manoeuvre, étant donné qu'il suffit de saisir les montants 3 des deux cadres extrêmes puis ensuite de procéder, par simple traction, au déplacement des différents cadres les uns par rapport aux autres. L'un des cadres extrêmes est ensuite fixé fermement sur le sol, par exemple en enfonçant dans ce dernier les parties inférieures 32 des montants 3 qui constituent, à cet effet, des broches ou des crampons permettant d'affermir suffisamment le maintien du cadre extrême correspondant.
Les différents cadres articulés sont ensuite déployés dans le sens de la flèche f, de manière à provoquer, par traction et extension de l'armature 1,
I'expansion des différentes bandes 14 et 18 qui sont amenées, par déformation permanente, à s'ouvrir au niveau des découpes 17 et des crevés, des trous ou des poinçonnages 16 pour présenter, ensuite, la conformation illustrée à la fig. 4. Suivant cette figure, chaque bande 14 comporte alors, alternativement à partir de ses côtés longitudinaux, des barbes, dents ou picots 19 constituant, par leur faculté de pénétration et d'accrochage, des organes saillants s'opposant à la traversée de l'obstacle ou du barrage qui est définitivement constitué après expansion maximale de toutes les bandes 14 et 18, par exemple en enfonçant dans le sol les parties terminales 32 des différents cadres articulés.
Un obstacle ou un barrage peut ainsi être constitué par un seul élément de réseau, tel que représenté à la fig. 1, ou par plusieurs éléments placés bout à bout, de manière à former une barrière infranchissable comportant, en plus des barbes, dents ou picots 19, des broches, des pointes ou des hérissons saillants 20 constitués par les différentes parties terminales des montants 3 et des traverses horizontales 4 et 5.
Dans certains cas, il peut être utile d'utiliser l'élément de réseau pour constituer un obstacle ou un barrage placé sur un sol dont la nature s'oppose à la pénétration suffisante des broches d'ancrage formées par les parties terminales 3, et 3 des montants des différents cadres.
Dans un tel cas, il suffit d'arrimer et de fixer par tout moyen convenable les traverses 5 des cadres articulés extrêmes 2 après la mise sous tension par traction destinte à provoquer la formation des barbes, dents ou picots 19 par expansion des bandes 14 et 18.
La nature particulière des différents éléments constitutifs de l'élément de réseau présente, en outre, I'avantage de permettre la constitution d'un obstacle ou d'un barrage s'étendant suivant un trajet rectiligne ou sinueux.
En effet, en provoquant l'ancrage des différents cadres au fur et à mesure de leur déploiement, il est posssible de conférer à certains des cadres un décalage transversal relatif par rapport aux cadres antérieurs ou postérieurs, de manière à constituer un obstacle ou un barrage sensiblement en épi.
Suivant l'application envisagée, il peut être prévu de procéder au démontage de l'un ou de plusieurs éléments de réseau d'un obstacle ou barrage précédemment déployé en vue d'une réutilisation future. Dans un tel cas, les parties terminales 32 sont dégagées du sol ou libérées des lieux d'arrimage et de fixation puis les différents cadres articulés sont repliés les uns sur les autres en assurant le rabat simultané des différentes bandes 14 et 18 à l'intérieur du faisceau de cadres empilés. Au cours d'une utilisation future, L'élément de réseau est de nouveau mis en place comme décrit ci-dessus en étant soumis à une extension par traction au moins égale à celle initialement subie de façon à tendre suffisamment les différentes bandes 14 précédemment expansées.
La fig. 5 illustre une variante de réalisation suivant laquelle chaque cadre 2 est constitué sous la forme d'un cercle 21 relié au cercle contigu par l'intermédiaire d'une bague, d'une douille ou d'une agrafe 22 alternativement prévue à la partie haute puis à la partie basse, de manière à assurer l'articulation des différents cadres d'un même élément de réseau suivant un assemblage du type accordéon. Chaque cercle 21 est associé à deux barres rigides 23 placées pour s'étendre suivant deux diamètres sensiblement perpendiculaires et prolongées, extérieurement au cercle, par des parties terminales 24 constituant pour celles reposant sur le sol des broches d'ancrage et pour celles prévues à la partie supérieure de l'élément de réseau des pointes ou des hérissons analogues à ceux portant la référence 20 à la fig. 4.
Les différentes bandes 14 peuvent être prévues au niveau des zones de jonction du cercle 21 et des barres 23 ainsi que dans la partie médiane de ces dernières. Pour rendre l'élément de réseau plus compact dans le cas où il y a lieu de constituer un obstacle ou un barrage absolument infranchissable, il peut être prévu de faire comporter à chaque cercle 21 une barre rigide supplémentaire 25, comme cela est illustré en traits mixtes à la fig. 5. Par ailleurs, il peut être prévu également de compléter la nappe périphérique entourant les cadres par des bandes croisées ou non pour s'étendre intérieurement à l'armature 1.