Procédé pour projeter une nappe filamenteuse et dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé
La présente invention a pour objet un procédé pour projeter une nappe filamenteuse, notamment un filet.
I1 existe de nombreux cas où l'on voudrait projeter un filet ou autre forme de nappe filamenteuse à des distances qu'il est impossible d'atteindre à la force du bras ou sans s'exposer, par exemple sur des oiseaux ou un animal, ou au cours d'opérations de sauvetage en mer.
Le procédé qui fait l'objet de l'invention permet notamment de tels jets à distance et il est caractérisé en ce que l'on fixe les extrémités du bord avant de la nappe, préalablement ramassée, à des projectiles et que l'on propulse simultanément ces projectiles en direction et au-dessus d'une surface cible.
L'invention a aussi pour objet un dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé, caractérisé en ce qu'il comprend un support pour la nappe filamenteuse à l'état ramassé, deux lance-projectiles qui sont fixés relativement au support et qui servent à lancer des projectiles auxquels sont fixées les extrémités du bord avant de la nappe, et des moyens pour actionner simultanément les deux lance-projectiles.
Au dessin annexé, donné à titre d'exemple:
La fig. 1 est une vue en perspective d'une forme d'exécution possible du dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, et
la fig. 2 est une vue en plan de dessous du dispositif visible à la fig. 1.
Le dispositif représenté aux dessins comprend un récipient 1 sous forme de boîte munie d'un couvercle 2 articulé en 3 et 4 sur l'une, 5, de ses parois latérales, le bord libre du couvercle pouvant être fixé en 6 à la paroi latérale opposée 7 du récipient. A l'intérieur du récipient est placé un filet (non représenté) qui est préalablement plissé en accordéon d'abord dans le sens de sa largeur puis dans le sens de sa longueur. Ce filet plissé vient reposer à plat sur le fond 8 du récipient qui est entièrement ouvert à l'avant.
Aux bords antérieurs des parois latérales 5 et 7 sont articulés en 9 et 10 deux lance-projectiles 11 et 12 dans lesquels sont disposés deux projectiles 13 et 14 représentés en traits mixtes à la - fig. 1. Les lance-projectiles comportent chacun un tube 15, 16 et une détente 17, 18 articulée en 19, 20 sur le tube. L'un, 21, 22, des bras de la détente est disposé en regard d'une fente 23, 24 ménagée dans le flanc du tube 15, 16 et présente à son extrémité libre un bec 25, 26 formant gâchette qui, sous l'action d'un ressort 27, 28 sous tension, amarré d'une part en 29, 30 à l'autre bras, 31, 32, de la détente et d'autre part en 33, 34 au tube retenant en position enfoncée une masselotte 35, 36 à l'intérieur du tube, maintenant ainsi au fond de celui-ci un ressort propulseur 37, 38 à l'état comprimé.
Les tubes sont fermés à leur extrémité arrière ou du moins présentent des épaulements contre lesquels les ressorts peuvent prendre appui. Des butées 39 et 40, fixés au fond 8 du récipient 1, limitent le degré d'introduction des becs 25 et 26 dans les tubes. Pour empêcher les masselottes 35 et 36 de s'échapper des tubes, les ressorts 37 et 38 sont ici fixés à l'avant aux masselottes et à l'arrière aux tubes.
Les lance-projectiles 1 1 et 12 sont actionnés simultanément par des moyens électromagnétiques 41 montés sous le fond 8 du récipient 1. Ces moyens électromagnétiques comportent deux électro-aimants 42 et 43 appelés à coopérer l'un avec l'extrémité libre 44 du bras de détente 31, l'autre avec l'extrémité libre 45 du bras de détente 32. Ces extrémités libres 44 et 45 constituent donc des armatures et peuvent être épaissies à cet effet.
Les moyens électromagnétiques 41 comportent en outre ici une source de courant électrique 46 servant à exciter les électro-aimants 42 et 43 sous la commande d'un bouton-poussoir 47 fixé à la paroi arrière 48 du récipient 1. Ainsi, en appuyant sur le bouton-poussoir 47, on excite les électro-aimants 42 et 43 en même temps.
Ceux-ci attirent les armatures 44 et 45 faisant ainsi pivoter les détentes 17 et 18 sur leurs axes 19 et 20 de sorte que les becs 25 et 26 libèrent les masselottes 35 et 36, permettant ainsi aux ressorts 37 et 38 de propulser simultanément les projectiles 13 et 14 hors des tubes 15 et 16.
Du fait que le filet que l'on veut lancer a en général une largeur plus grande que le récipient 1 et que ce filet doit dans la mesure du possible être déployé au maximum, les tubes 15 et 16 des lance-projectiles sont posi tionnés de façon à former entre eux un faible angle, avec pour bissectrice l'axe de symétrie du dispositif. Ainsi les projectiles auront au départ des trajectoires divergentes, trajectoires qui cependant deviendront parallèles lorsque le filet aura été déployé au maximum dans le sens de la largeur. L'angle que forme les tubes 15 et 16 dépend notamment de la largeur déployée du filet et de la distance à laquelle on veut faire retomber le bord avant du filet.
Pour permettre ce mouvement angulaire des tubes autour des pivots 9 et 10, les détentes 17 et 18 et les électro-aimants 42 et 43 sont placés dans le plan de pivotement des tubes et les armatures 44 et 45 sont rendues suffisamment larges pour qu'elles puissent continuer à coopérer avec les électro-aimants 42 et 43 quelle que soit la position angulaire de tir des tubes. D'autre part, bien que l'espace entre les armatures 44 et 45 et les électro-aimants 42 et 43 augmentera légèrement lorsque les tubes sont rendus divergents, du fait que les butées 39 et 40 restent stationnaires alors que les pivots 19 et 20 se déplacent vers les électro-aimants 42 et 43, la force d'attraction de ces derniers est rendue suffisante pour s'accommoder de cette augmentation de distance.
Les projectiles 13 et 14 ont une forme allongée et le filet est ici fixé à la périphérie des projectiles, parallèlement à leurs axes, sur leurs moitiés postérieures. La fixation du filet aux projectiles peut être effectuée avant ou après leur mise en place dans le dispositif, et peut, par exemple, être assurée à l'aide de crochets dont est pourvue la partie arrière des projectiles et dans lesquels sont engagées des boucles formées aux extrémités du bord avant du filet sur une distance correspondant à environ la moitié d'un projectile, ou à l'aide de bourrelets prévus sur le filet et qui sont glissés dans des rainures de forme appropriée dans les projectiles.
Afin que le filet puisse être entièrement logé dans le récipient 1 tout en étant fixé aux projectiles 13 et 14, le fond 8 du récipient est muni de deux fentes longitudinales 49 et 50 disposées le long des parois latérales 5 et 7 et débouchant dans le bord avant du fond 8 à proximité des pivots 9 et 10, et les tubes 15 et 16 sont. eux aussi, munis de deux fentes longitudinales 51 et 52 en coïncidence avec les fentes 49 et 50, ces quatres fentes s'étendant en arrière jusqu'au droit des becs 25 et 26.
Pour autoriser les déplacements angulaires des tubes 15 et 16, les fentes 49 et 50 vont en s'élargissant vers l'arrière afin que les fentes 51 et 52 ne soient jamais partiellement recouvertes par elles dans l'une quelconque des positions de tir des tubes.
Si les mailles du filet sont suffisamment fines, celui-ci peut par exemple être utilisé pour capturer des pigeons ou autres oiseaux perchant sur un bâtiment ou dans un arbre en lançant le filet de manière à recouvrir entièrement le bâtiment ou l'arbre. Pour la fabrication du filet, on peut employer des fils à mono- ou à multifilaments en diverses matières, par exemple en nylon. Ces fils doivent bien entendu pouvoir résister aux forces auxquelles les soumettent les projectiles. Le cas échéant les fils pourraient être revêtus d'une substance résineuse pour les rendre légèrement poisseux ou être revêtus d'une autre substance collante.
Le dispositif représenté aux dessins peut être modifié de diverses manières. Par exemple, le récipient 1 en forme de boîte pourrait se présenter sous forme d'un cylindre à l'intérieur duquel le filet est enroulé sur un axe rotatif, les tubes 15 et 16 étant alors articulés sur les extrémités du cylindre et celui-ci présentant une fente longitudinale pour le passage du filet et, aux extrémités, deux fentes radiales, prolongeant la fente longitudinale, pour la liaison entre le filet et les projectiles. Le cas échéant, on pourrait se dispenser du cylindre; les tubes 15 et 16 seraient alors articulés sur un support portant l'axe rotatif. Dans le cadre de la fig. 1, on pourrait n'avoir, au lieu du récipient 1, que le fond 8.
A la place des ressorts 37 et 38 pour assurer la propulsion des projectiles 13 et 14, on peut utiliser de l'air comprimé ou des charges explosives. Suivant le mode de propulsion adopté, les moyens pour actionner les deux lance-projectiles doivent être modifiés en conséquence, par exemple en ayant recours à des mécanismes connus de mise à feu d'une charge explosive ou de détente d'une charge d'air comprimé. De toute manière, ces moyens d'actionnement peuvent être agencés pour être commandés à distance.
Dans certains cas, au lieu de fixer le filet à la périphérie des projectiles, on pourrait le fixer au centre de leurs extrémités arrières. Les projectiles pourraient aussi être munis d'ailettes. Bien que l'on préfère des projectiles allongés de forme aérodynamique on pourrait aussi envisager l'utilisation de projectiles de forme sphérique ou autre.
Lorsque le filet est lourd etlou a une grande largeur, on peut prévoir un ou plusieurs projectiles supplémentaires le long de son bord avant, ceux-ci étant fixés au bord de la même manière que les projectiles 15 et 16 et de façon équidistante. Dans le cadre du dispositif représenté à la fig. 1, un nombre correspondant de lanceprojectiles supplémentaires, analogues aux lance-projectiles 11 et 12, sont fixés sous le fond 8 du récipient 1, et un nombre correspondant de fentes supplémentaires, analogues aux fentes 49 et 50, sont pratiquées dans le fond 8. Dans cette éventualité, les moyens pour actionner les lance-projectiles, visibles à la fig. 2, sont modifiés en conséquence.
Bien que l'on se soit attaché plus haut au cas particulier d'un filet, on peut aussi, avec le dispositif représenté, projeter une nappe filamenteuse composée d'une série de longs fils reliés ensemble, au moins à leurs extrémités antérieures, par un ou plusieurs fils traversants. Cette nappe pourrait former en fait un tissu très lâche, qu'il est préférable d'enrouler sur un axe rotatif tel que décrit ci-dessus.
Quelle que soit la forme de la nappe filamenteuse projetée, son bord arrière peut être retenu dans le dispositif projeteur ou pas.