Les techniques de construction modernes font souvent appel à l'emploi de vitrages à vitre multiple hermétiquement fermés dans un but d'isolation à la fois thermique et acoustique. Ceci est spécialement le cas dans les grands bâtiments pour bureaux ou à usage commercial ainsi que dans les immeubles résidentiels avec appartements, dans lesquels la climatisation et la suppression du bruit sont considérées comme essentielles.
De manière classique, les vitrages utilisés sont réalisés avec deux panneaux de verre ou plus placés dans un châssis qui est intégré au mur du bâtiment. Le volume d'air qui est enfermé hermétiquement entre les panneaux de verre sert jusqu'à un certain point à réduire la quantité de chaleur transmise au travers du vitrage et, d'une manière plus importante, atténue sensiblement les sons passant au travers du vitrage depuis l'extérieur du bâtiment.
Ces vitrages posent deux problèmes, à savoir l'humidité et la compensation des pressions. Si l'air emprisonné dans le volume d'air clos entre les panneaux de verre contient même une petite quantité de vapeur d'eau, tout changement de température et de pression dans le volume d'air et tout changement dans la température des panneaux de verre eux-mêmes peut provoquer une condensation qui se forme périodiquement sur les faces internes des panneaux et du châssis. Une exposition répétée ou prolongée à l'humidité conduit à la formation de traînées crasseuses sur les surfaces de verre. En outre, une telle humidité tend à attaquer le matériau du châssis et peut conduire à la détérioration et, à la longue, à la destruction des joints vitaux entre les vitres et le châssis, et des matières obturantes.
Du fait que dans beaucoup de bâtiments en cours de construction une grande partie des murs extérieurs sont en verre et du fait que le verre est réfléchissant, du moins dans une certaine mesure, l'aspect esthétique d'un bâtiment, vu à distance, sera grandement amélioré si une personne regardant celui-ci voit une image non déformée sur les fenêtres. En effet, dans les bâtiments où le panneau extérieur de chaque fenêtre à vitre multiple est soumis à une partie ou à la totalité de la déformation que provoquent les changements de pression, une personne regardant le bâtiment voit des reflets désagréables et même inquiétants donnant l'impression que le bâtiment souffre de malfaçons.
Dans le verre à vitre, les déformations proviennent des changements de pression qui se produisent de part et d'autre du verre. Il est clair que la pression qui règne du côté extérieur d'une fenêtre est créée uniquement par les conditions atmosphériques et ne dépend que de celles-ci. La pression qui règne du côté intérieur de la fenêtre est déterminée par les mêmes conditions atmosphériques, mais en partie seulement, et en sus par les installations de climatisation, les ascenseurs qui montent et descendent dans l'immeuble, les pressions qui sont engendrées par la hauteur du bâtiment, etc. On conçoit donc que pour que le panneau extérieur d'une fenêtre à vitre multiple ne soit pas soumis à des déformations, il faut que la pression entre les panneaux et la pression à l'extérieur du mur dans lequel la fenêtre est montée restent sensiblement égales.
Ainsi toute déformation devant être absorbée par la fenêtre pourra alors être absorbée par le panneau intérieur.
Une personne regardant le bâtiment à distance ne peut pas voir la distorsion auquel est soumis le panneau intérieur et la vue de l'extérieur qu'a une personne se trouvant à l'intérieur du bâtiment ne sera pas déformée du fait que normalement elle se trouve suffisamment près de la fenêtre pour que ses yeux ne remarquent pas la déformation. Il est donc souhaitable de réaliser des moyens permettant d'arriver à ce résultat.
Lors de la fabrication de tels vitrages il est usuel de faire en sorte qu'aucune humidité n'entre dans le volume d'air avant qu'il soit fermé. Toute humidité emprisonnée par inadvertance à l'intérieur du vitrage fermé est éliminée en mettant un matériau de dessiccation dans l'espace d'air. Ce matériau sert en outre à absorber la quantité minuscule d'humidité qui réussit invariablement à migrer ou à s'infiltrer dans l'espace d'air par la garniture d'étanchéité et la matière obturante utilisée. Si on utilise suffisamment de matière dessiccative et aussi longtemps que le vitrage demeure hermétiquement fermé, une protection est réalisée pendant de nombreuses années contre la condensation et contre la formation de traînées crasseuses et la détérioration induites par l'humidité.
Cependant, à la longue, même dans les vitrages les mieux fermés, l'agent dessiccatif se sature et de l'humidité libre commence à s'accumuler.
Pour compliquer encore davantage ce problème, tout changement dans la pression différentielle entre l'intérieur et l'extérieur des vitrages permet même à la plus petite fuite d'air de respirer l'air ambiant. Ce processus réduit grandement le temps nécessaire pour qu'une quantité suffisante d'humidité soit attirée dans l'espace d'air emprisonné afin d'y saturer l'agent dessiccatif et provoquer la condensation, la formation de traînées crasseuses et la corrosion.
Quelle qu'en soit la cause, lorsque se produit cette saturation, le vitrage entier est généralement remplacé en raison de la difficulté et du coût pour remplacer l'agent dessiccatif épuisé et refermer ou resceller les panneaux de verre ou le châssis. Dans les quelques cas connus où il a été proposé d'équiper des fenêtres à vitre multiple avec des moyens pour remplacer l'agent dessiccatif épuisé sans enlever un panneau de verre, même si l'écoulement d'air peut être convenablement arrêté, le remplacement de l'agent dessiccatif est une entreprise laborieuse exigeant passablement de temps.
L'invention a notamment pour but de remédier à ces inconvénients et à cet effet prévoit un dispositif déshydrateur et compensateur de pression pour une installation comportant au moins un vitrage à vitre multiple renfermant au moins un volume hermétiquement fermé et monté dans l'un des murs extérieurs d'un bâtiment, caractérisé en ce qu'il comprend des moyens d'assèchement d'air, une première conduite à air reliant le volume fermé aux moyens d'assèchement et une deuxième conduite à air reliant les moyens d'assèchement à un espace dans lequel la pression atmosphérique correspond sensiblement à la pression atmosphérique régnant du côté extérieur du bâtiment.
Dans une forme d'exécution particulière du dispositif, la deuxième conduite débouche dans un espace se trouvant à l'intérieur du même ou d'un autre bâtiment, celui-ci étant situé et con çu de manière qu'il règne sensiblement la même pression qu'à l'extérieur du bâtiment dans lequel les vitrages sont montés. Lorsque la pression régnant dans les conduites est plus grande que la pression ambiante, le dispositif permet à de l'air de s'échapper dans l'atmosphère et lorsque la pression ambiante est supérieure à la pression régnant dans les conduites, il permet à de l'air de pénétrer dans ces conduites pour le distribuer au ou à chaque vitrage.
L'air à l'intérieur des unités de vitrage et des conduites est de préférence continuellement exposé à un matériau hygroscopique contenu par les moyens d'assèchement. Toute humidité dans cet air migre sous l'influence de sa pression partielle vers l'agent hygroscopique, où elle est absorbée. Ce matériau hygroscopique est positionné dans le parcours de l'air frais atmosphérique entrant dans la deuxième conduite et lui enlève toute humidité qui pourrait autrement aboutir dans les vitrages individuels. Le dispositif déshydrateur et compensateur de pression peut être exécuté avec des parcours interchangeables pour l'air, passant par deux tours de dessiccation ou plus. Des moyens peuvent être prévus pour sécher l'agent hygroscopique saturé dans l'une de ces tours pendant que la ou les autres tours sont en service.
Au dessin annexé, donné à titre d'exemple
La fig. 1 est une vue partielle en élévation de l'une des faces d'un bâtiment muni d'une installation de vitrages hermétiquement fermés et équipé d'un dispositif déshydrateur et compensateur de pression conforme à l'invention.
La fig. 2 est une vue en plan de dessus d'un complexe de bâtiments, certains étant reliés et d'autres isolés, qui est aussi équipé d'un dispositif déshydrateur et compensateur de pression selon l'invention.
La fig. 3 est une vue en perspective de deux vitrages montrant des conduits reliant leurs volumes d'air fermés à un collecteur ; et
la fig. 4 est une vue schématique illustrant une unité de filtrage et de déshydratation susceptible d'être utilisée dans un dispositif déshydrateur et compensateur de pression conforme à l'invention, et sa liaison avec l'installation de vitrages visible à la fig. 1.
A la fig. 1 on voit un bâtiment classique 11 à plusieurs étages qui possède un certain nombre de vitrages 12 à double vitre et hermétiquement fermés, analogues à ceux représentés à la fig. 3, intégrés aux murs en béton du bâtiment, à chaque étage de celuici. Les vitrages 12 comprennent un châssis 14, habituellement en alliage d'aluminium, et possédant des panneaux de verre hermétiques extérieur 15 et intérieur 16, ces panneaux délimitant entre eux un volume d'air étanche 17.
Comme cela ressort de la fig. 2, le dispositif peut aussi être utilisé dans un complexe de bâtiments comprenant un certain nom bre d'ailes ou de bâtiments à moitié détachés I la, I lb, llc, Ild et des bâtiments complètement séparés île, I If.
Chacun des vitrages 14 est muni d'un conduit d'air individuel 18 communiquant entre le volume d'air 17 enfermé dans le vitrage 14 et un conduit d'air commun 19 reliant des vitrages similaires sur un même étage. Tout système classique de raccordement peut être utilisé pour relier les conduits individuels 18 au (x) conduit (s) commun (s) 19 nécessaire (s) pour interconnecter tous les vitrages 14 à chaque étage. Dans la pratique, d'excellents résultats ont été obtenus en utilisant des conduites souples en polyéthylène et des raccords coulissants qui peuvent être facilement mis en place.
Pour certains dispositifs, il peut être avantageux d'utiliser plusieurs conduits communs 19 pour l'interconnexion, mais généralement un conduit commun unique 19 positionné dans le mur au-dessus de la rangée de fenêtres ou dans l'espace d'expansion ou de dilatation au-dessus des fenêtres et voisin du mur du bâtiment suffit pour réaliser l'interconnexion des vitrages 14 à chaque étage.
Tous les conduits communs 19 sont à leur tour reliés à un collecteur 21. Dans un dispositif pour bâtiment monobloc, tel que celui représenté à la fig. 1, le collecteur 21 relie simplement les conduits communs 19 de chaque étage. Dans un dispositif pour complexe de bâtiments, comme celui visible à la fig. 2, le collecteur relie les conduits des divers étages de chacun des bâtiments lla-d, lie et llf. Comme les conduits 18 et 19, le collecteur 21 peut être réalisé en tout matériau convenable, mais il est de préférence réalisé en polyéthylène ou en un autre matériau durable et résistant à la corrosion. Le collecteur 21 peut cheminer dans le bâtiment 11 ou les bâtiments 1 la-f à tout niveau convenable.
Si on le désire, ce collecteur peut passer sur le toit des bâtiments, ou être enterré, par exemple aux endroits où il doit franchir les espaces séparant le bâtiment 1 id des bâtiments île et f.
Le collecteur 21 est relié à une unité de filtrage et de déshydratation 22 montrée à la fig. 4. Dans certains dispositifs très importants, on peut prévoir plusieurs de ces unités 22.
L'unité 22, qui peut être un appareil classique de filtrage et de déshydratation, comprend une paire de tours de dessiccation 23 et 24 contenant un agent dessiccatif 25, des vannes d'entrée et de sortie 26 et 27 à quatre voies, un filtre à particules28, un indicateur de point de rosée par changement de couleur 29, un ventilateur de purge 31, un filtre à poussière 32 et un commutateur 33 à minuterie et à cames. Le fonctionnement de cet appareil est bien connu et n'a pas besoin d'être décrit ici plus en détail. Les flèches de la fig. 4 indiquent le sens de l'écoulement de l'air à travers l'unité 22 lorsque la pression atmosphérique ambiante est plus grande que la pression de l'air dans le collecteur 21.
Dans cette condition, qui peut être le résultat d'un accroissement de la pression barométrique ambiante ou d'un abaissement de la température de l'air dans les espaces 17 des vitrages 14, ou les deux, de l'air atmosphérique pénètre dans le dispositif par un orifice 34 et passe par le filtre à poussière 32 qui enlève les impuretés solides les plus importantes qu'il peut transporter. Le commutateur 33 a précédemment actionné les vannes 26 et 27 pour diriger l'air d'arrivée au travers de la tour de dessiccation 23. En quittant la tour, l'air passe par l'indicateur de point de rosée 29 et le filtre à particules 28 pour entrer dans le collecteur 21. L'agent dessiccatif 25 dans la tour 23 enlève toutes traces d'humidité dans l'air d'arrivée et assure que seul de l'air sec sera introduit dans le collecteur 21 ou les vitrages 14.
Simultanément, le commutateur 33 a mis en route le ventilateur de purge 31 qui dirige un courant d'air, qui peut être chauffé, au travers de l'agent dessiccatif 25 dans la tour 24 pour enlever l'humidité qui y a été accumulée lors de l'utilisation précédente de cette tour. L'air venant de la tour 24 et chargé d'humidité passe par la vanne 27 et est refoulé dans l'atmosphère par l'orifice de sortie 35. L'indicateur 29 permet de contrôler d'une manière continue l'état hygrométrique de l'air introduit dans le collecteur 21. Si l'indicateur 29 détecte qu'il y a de l'humidité dans le dispositif, l'unité 22 se ferme automatiquement jusqu'à ce que le problème soit corrigé, ou bien assure la mise en circuit d'une autre tour contenant de l'agent de dessiccation régénéré.
Le filtre 28 enlève toutes les particules fines susceptibles d'être restées dans l'air après qu'il a passé dans l'unité 22, et sert à maintenir propres les volumes d'air 17 dans les vitrages 14.
Selon la théorie des pressions partielles, chacun des divers éléments de l'air tend à être réparti de façon uniforme dans tout volume donné. Il a été démontré que cette théorie est particulièrement applicable à l'humidité. Ainsi, si l'on suppose qu'il n'y a aucun écoulement d'air à travers l'unité de déshydratation et de filtrage 22 dans l'un ou l'autre sens, il découle de ce qui précède qu'au fur et à mesure de l'absorption de l'humidité au voisinage de l'agent dessiccatif, l'humidité se trouvant dans le collecteur à plus grande distance de cet agent dessiccatif, de même que l'humidité se trouvant au sein même des vitrages, tarde à migrer vers l'agent dessiccatif pour maintenir une répartition uniforme de l'humidité dans tout l'air se trouvant dans le dispositif.
Ainsi, même en l'absence d'un écoulement d'air à travers l'unité 22, la migration de l'humidité conformément au principe des pressions partielles permet d'obtenir sensiblement le même résultat déshydratant, l'air étant amené à devenir de plus en plus sec avec le temps, à condition que l'agent dessiccatif soit sec. Avec ce dispositif, par conséquent, l'humidité qui migre de façon naturelle, bien que lentement, à travers le verre, le métal, le caoutchouc, etc., sera aussi éliminée de l'air du fait des pressions partielles.
Le commutateur 33 inverse les vannes 26 et 27 avant que la matière dessiccative 25 dans les tours 23 et 24 soit saturée, afin que l'air introduit dans le collecteur 21 soit toujours dépourvu d'humidité. Si la température dans les espaces 17 augmente, ou si la pression atmosphérique diminue, ou si ces deux phénomènes se produisent en même temps, au point où la pression dans le collecteur 21 est plus grande que celle de l'atmosphère ambiante, le sens de l'écoulement de l'air dans le dispositif est automatiquement inversé.
Etant donné que l'air dans le collecteur 21 est continuellement en contact avec l'agent dessiccatif 25 dans les tours 23 et 24, quel que soit le sens de l'écoulement à travers l'unité 22, toute humidité qui pourrait pénétrer dans les vitrages 14 est extraite des espaces 17 par la matière dessiccative fortement hygroscopique 25 et est absorbée par celle-ci. Si un ou plusieurs des vitrages 14 présente une fuite mineure, cette caractéristique empêche l'accumulation d'humidité soit dans le vitrage en question, soit dans n'importe lequel des autres vitrages de l'installation.
Dans l'éventualité où un panneau de verre 15 ou 16 se casse, ou doit être enlevé, le restant de l'installation sera aussi maintenu dépourvu d'humidité, étant donné que la quantité d'humidité entrant dans l'installation, considérée dans son ensemble, par le conduit 18 qui se trouve ainsi exposé ne peut être que faible dans un temps relativement court. Lorsque le panneau cassé est remplacé, l'unité 22 commence immédiatement à déshydrater l'espace d'air 17 qui vient d'être refermé et à le ramener dans son état dé pourvu d'humidité. Même sans le flux et le reflux continu d'air dans le dispositif résultant des variations de la pression externe et de la pression interne, toute humidité que renferme le vitrage réparé ou tout autre vitrage 14 est tirée vers l'unité 22 et par la suite éliminée de celle-ci.
Etant donné que la pression dans les espaces 17 de tous les vi
trages 14 est constamment maintenue à la pression atmosphérique ambiante, l'effet de distorsion qui est lié aux variations de la pres
sion différentielle entre les espaces 17 et l'atmosphère ambiante
dont il a été question plus haut est entièrement éliminé. Ainsi, l'une des causes principales de fuite associée aux vitrages hermé
tiquement fermés se trouve être effectivement supprimée, et la longévité de tels vitrages se trouve être sensiblement prolongée.
Le dispositif décrit ci-dessus peut être utilisé aussi bien dans
un bâtiment monobloc de plusieurs étages, un bâtiment monobloc
d'un seul étage, et dans un complexe de bâtiments de hauteurs di
verses ou à des niveaux divers. Les bâtiments à plusieurs étages,
soit monobloc soit dans un complexe, peuvent être des gratte-ciel
de soixante étages et davantage où la pression à l'extérieur peut
varier considérablement entre le rez-de-chaussée et le dernier
étage. Dans tous les cas ci-dessus, on peut ne prévoir qu'un seul
endroit d'entrée et de sortie d'air pour le dispositif mais on ob
tient le même résultat.