Dispositif convoyeur pour l'acheminement de mouvements
de garde-temps dans une chaîne de montage
La présente invention se rapporte d'une manière générale à la manutention des objets délicats; elle concerne un dispositif convoyeur pour l'acheminement de mouvements de garde-temps dans une chaîne de montage.
Dans l'industrie horlogère, l'acheminement des mouvements en cours de montage constitue un problème difficile à résoudre. Les mouvements sont en effet des objets délicats et si la fabrication des différentes pièces les composant peut être automaltisEet il n'en va pas de même de leur assemblage, qui requiert l'intervention d'opérateurs qualifiés. Afin d'améliorer la productivité du travail de ces opérateurs, le montage s'effectue avantageusement à la chaîne, chaque opérateur étant affecté à un poste de travail et procédant à une opération de montage etlou de contrôle bien déterminée; il convient dès lors de résoudre le problème que pose l'acheminement des mouvements, en cours de montage, d'un poste de travail au suivant.
A cet effet, il est connu, par exemple, d'employer un ruban convoyeur en matière souple sur lequel les mouvements sont fixés individuellement au moyen de leurs platines, ce ruban étant normalement enfermé dans un magasin pouvant être maintenu sous atmosphère contrôlée. Ce dispositif a toutefois pour inconvénients de ne pas permettre le traitement individuel de chaque mouvement, et de n'offrir aucune protection particulière à l'égard des chocs.
Ce dernier inconvénient se retrouve dans un dispo- sitif connu, qui comporte un tapis convoyeur logé en grande pa,rtie dans un tunnel maintenu sous atmosphère contrôlée et pourvu d'un poste de déchargement formant sas.
L'invention a pour but la réalisation d'un dispositif convoyeur pour l'acheminement de mouvements de garde-temps dans une chaîne de montage, qui soit de construction simple et peu onéreuse, qui puisse être facilement adapté aux besoins particuliers de chaque chaîne de montage et permette le traitement individuel des mouvements, et qui surtout assure la protection des mouvements convoyés, notamment à l'égard des chocs.
Le dispositif conforme à l'invention comporte un tapis convoyeur sur lequel les mouvements, éventuellement pourvus d'un support approprié, peuvent être déposés individuellement, et est caractérisé en ce que ce tapis convoyeur consiste en une bande sans fin en matière souple, tendue, dont au moins la nappe supérieure est sur toute sa longueur supportée et guidée par une glissière et en outre protégée par un capot formant avec ladite glissière un tunnel sensiblement étanche maintenu sous atmosphère contrôlée, ledit convoyeur comprenant en outre au moins deux postes, de chargement et de déchargement, chacun pourvu d'un dispositif formant sas.
Ce dispositif préserve les mouvements convoyés de tout choc préjudiciable, à l'opposé des convoyeurs de types connus comportant un organe de transfert formé d'éléments articulés, ou bien un organe de transfert continu supporté par des galets, rouleaux ou autres organes de support espacés. Ce dispositif préserve en outre lesdits mouvements de toute contamination préjudiciable.
notamment par les poussières en suspension dans l'atmosphère ambiante, ou par contact avec une atmosphère, par exemple trop humide ou corrosive.
Le convoyeur ne permet le chargement et le déchargement des mouvements qu'aux postes prévus à cet effet; de ce fait, il est utile, dans certaines formes d'exécution, de lui associer un poste de contrôle centralisé destiné à coordonnner les opérations de chargement et de déchargement dans les différents postes.
La description qui suit a trait à un exemple de réalisation, non limitatif, illustré par les dessins annexés, dans lesquels:
la fig. I représente la section transversale courante d'un convoyeur conforme à l'invention destiné à desser vir une chaîne de montage de mouvements de garde temps
la fig. 2 représente en perspective le support individuel de chaque mouvement de garde-temps;
la fig. 3 représente isolément et en perspective un poste de chargement du convoyeur de la fig. i
la fig. 4 représente en coupe longitudinale partielle un poste de déchargement du convoyeur de la fig. 1; et
la fig. 5 montre en perspective l'extrémité aval du convoyeur de la fig. I et le pupitre de commande centralisée associé.
Le dispositif convoyeur décrit ciaprès à titre d'exemple de réalisation de l'invention est essentiellement constitué par un tapis convoyeur C dont la section transversale courante est représentée sur la fig. 1; ce tapis convoyeur comporte essentiellement une bande sans fin 10 en matière souple, et notamment en matière synthétique à faible coefficient d'allongement, de préférence dépourvue de toutes propriétés triboélectriques telle que polychlorure de vinyle, polytétrafluoroéthylène. ou certains polyamides; la bande sans fin 10 est tendue et entraînée par tous moyens appropriés de type classique, comportant par exemple un rouleau moteur à une extrémité et un rouleau tendeur à l'extrémité opposée de ladite bande.
La nappe supérieure 11 de la bande 10 est supportée et guidée sur toute sa longueur par une glissière comprenant une plaque support, par exemple constituée par une simple planche 13, bordée par deux profilés 14 dans lesquels coulissent les rebords de la bande 10; ainsi, la nappe supérieure Il de la bande est d'une part soutenue sur toute sa surface, de sorte que tout affaiblissement local sous charge est impossible. et d'autre part est parfaitement guidée dans son déplacement; bien entendu. la planche de support 13 et éventuellement les profilés 14 peuvent être recouverte d'un enduit ou d'un revêtement diminuant le frottement, pour d'une part faciliter le glissement de la bande 10 et d'autre part éviter la création de charges électriques susceptibles d'attirer des poussières.
Sur toute sa longueur, le tapis convoyeur C est protégé par un capot 15 en matière plastique translucide ou transparente dont les rebords s'ajustent sur les profilés 14 de manière étanche; ainsi, au moins la nappe supérieure 11 de la bande sans fin 10 est enfermée dans un tunnel étanche T pouvant être maintenu sous atmosphère contrôlée; à cet effet, un certain nombre de diffuseurs 16 judicieusement répartis tout au long du convoyeur C injectent dans ledit tunnel étanche de l'air filtré, dont la température et/ou le degré hygrométrique sont contrôlés si besoin est; le tunnel étanche T renfermant le tapis convoyeur C peut être maintenu en légère surpression par rapport à l'atmosphère ambiante, de manière à éviter toute pénétration d'air extérieur chargé de poussières et/ou de vapeurs nuisibles.
La glissière de support
13 et le capot de protection 115 de la nappe Il de la
bande sans fin 10 sont supportés par des cornières longitudinales 18 elles-memes solidaires d'un bâti de support, par exemple simplement constitué par l'établi E desservi par le convoyeur C; la nappe de retour 12 de la bande sans fin 10 peut passer dans l'espace ainsi ménagé sous la glissière 13, de manière à être protégée à l'égard des souillures extérieures. Enfin, des cloisons longitudinales
19 disposées au-dessus de la nappe supérieure il de la bande sans fin 10 divisent cette dernière en plusieurs pistes.
Le tapis convoyeur C tel qu'il vient d'être décrit en relation avec la fig. 1 présente évidemment des avantages notamment en ce qui concerne d'une part l'absence de toutes vibrations ou de trépidations résultant de la nature des moyens de support et de guidage de la bande sans fin 10, et d'autrc part le maintien des mouvements de garde-temps à transporter sous atmosphère contrôlée, grâce à la présence du capot de protection 15, délimitant le tunnel étanche T.
Lors du transport des mouvements de garde-temps, en cours de montage. il importe d'éviter toutes vibrations et toutes souillures; ces mouvements peuvent être bridés dans des porte-pièces ou supports individuels S. tels celui représenté en perspective sur la fig. 2, afin d'une part de protéger efficacement et de rendre plus aisé la manipulation des mouvements hors du convoyeur C, et d'autre part de faciliter leur cheminement dans ce dernier, ainsi que leur chargement ou leur déchargement, comme on le verra ci-après.
Le support S représenté sur la fig. 2 comporte essentiellement une plaque rectangulaire 20 pourvue d'un évidement central 21 de forme correspondant à celle de la platine du mouvement, dont les deux faces sont ainsi accessibles; le mouvement est retenu dans l'évidement central 12 par le cran d'encageage au moyen de chiens 22 rappelés par ressort, son orientation étant fixée par un guidage 23 destiné à recevoir la tige de remontoir; la plaquette 20 est pourvue à chaque angle de deux bossages opposés 24 destinés à faciliter son empilage; enfin, deux trois 25 judicieusement disposés permettent au moyen d'un dispositif comportant deux goupilles fixes, d'écarter les chiens 22, pour libérer le mouvement et le retirer du porte-pièces S.
La forme extérieure sensiblement rectangulaire du support S a essentiellement pour objet de faciliter son acheminement sur les différentes pistes du convoyeur C sans risque d'accrochage intempestif. Le support S est de préférence exécuté en matière plastique moulée, des couleurs différentes étant éventuellement utilisées pour permettre un repérage aisé des différentes séries en cours de montage.
La présence du capot de protection 15 du tapis convoyeur C permettant de maintenir une atmosphère contrôlée dans le tunnel étanche T, exige évidemment que des dispositions particulières soient prises pour effectuer le chargement et le déchargement des objets à convoyer, notamment si ledit convoyeur dessert une chaîne de montage comportant un grand nombre de postes de travail. Ces postes de travail sont avantageusement situés de part et d'autre du convoyeur C, de préférence à une distance constante correspondant au pas d'avance ou à un multiple entier du pas d'avance de la bande sans fin 10.
En regard de chacun de ces postes de travail, le tunnel étanche T comporte deux fenêtres dans lesquelles sont respectivement fixés, perpendiculairement au convoyeur
C, un dispositif pour le chargement et un dispositif pour le déchargement dudit convoyeur, respectivement représentés sur les fig. 3 et 4.
Le dispositif de chargement représenté sur la fig. 3, destiné à déposer sur le tapis convoyeur C les mouvements sur lesquels vient d'être effectuée l'opération affectée au poste de travail concerné, comporte essentiellement un bâti 30 formant glissière dont la partie adjacente au convoyeur C est recouverte par une plaque de protection transparente 31, et dont l'extrémité libre cons titue une plate-forme de chargement 32 sur laquelle sont posés les porte-mouvements, qui sont introduits dans le convoyeur C au moyen d'un poussoir 33 dont la course est limitée à une longueur sensiblement égale à celle d'un porte-mouvement.
Un palpeur latéral 34 d'une part fait office de cliquet empêchant le retour en arrière des porte-mouvements introduits dans la glissière 30 et d'autre part actionne un contact électrique produisant au passage de chaque mouvement une brève impulsion électrique. Enfin, un levier 35 actionne un dispositif à bascule associé à la plate-forme de chargement 32, ledit levier devant être amené dans une position déterminée pour libérer le passage, et provoquant simultanément la fermeture d'un circuit électrique, comprenant une lampetémoin de rappel 36, attestant que le poste de travail est occupé.
Le dispositif de déchargement comprend essentiellement une butée (non représentée) destinée à arrêter les porte-mouvements S arrivant par l'une des pistes du convoyeur C et devant laquelle est agencé transversalement le dispositif de déchargement représenté sur la fig.
4, désigné par 40 dans son ensemble. Ce dispositif comprend essentiellement un éjecteur 41 porté par une tige coulissant dans des ferrures appropriées et dont l'extra mité extérieure forme une tirette de manoeuvre 42. Un verrou 43 monté pivotant sur l'une des ferrures précitées est actionné par une goupille 44 solidaire de l'éjecteur 41, et vient bloquer la piste du tapis convoyeur 10 durant l'éjection du porte-mouvement S, qui le conduit sur une rampe de sortie inclinée 45. Le verrou 43 ne peut être relevé par l'action de son ressort de rappel 46 qu'après retour de l'éjecteur 41 sous l'effet de son ressort de rappel 47.
Bien entendu, dans le cas où la section cumulée des ouvertures de la paroi du tunnel T que constituent les dispositifs de chargement et de déchargement serait trop importante pour permettre le maintien d'une surpression efficace dans ledit tunnel, des trappes, volets ou autres dispositifs de fermeture mobiles actionnés par le poussoir 33 et la tirette 42 respectivement pourraient être prévus.
On a représenté sur la fig. 5 le poste de contrôle de la chaîne de montage, implantée à l'extrémité aval de l'établi E desservi par le tapis convoyeur C. Ce poste central de contrôle est constitué par un pupitre 50 comprenant un schéma synoptique de la chaîne de montage, constitué par un tableau lumineux 51 sur lequel chaque poste de travail est représenté par un petit rectangle de couleur comprenant trois voyants, par exemple un voyant bleu signalartt l'occupation dudit poste de travail (rappel de la lampe-témoin 36), un voyant rouge signalant un appel dudit poste pour ennui, panne ou besoin de fournitures, et un voyant jaune indicateur des cadences, c'est-à-dire répétant les impulsions provoques par le passage de chaque porte-pièces devant le palpeur 34.
En outre, le pupitre 50 comporte pour chaq,ue poste de travail un compteur 52 enregistrant le nombre de moue.
ments sortis dudit poste, par simple décompte des impulsions issues du palpeur 34. Enfin, un jeu de casiers 53 reçoit les cartes mécanographiques individuelles affectées à chaque opération, sur lesquelles peuvent être por- tées les indications fournies par le témoin bleu et par le compteur correspondant.
Un tapis transporteur auxiliaire 54 amène les mouvements terminés sur la tablette 55 du poste de contrôle 50, en vue de leur retrait du porte-pièces et de leur rangement dans des boîtes de stockage appropriées. Un casier à fournitures 56 permet la préparation par séries des ensembles de pièces détachées à remettre à chaque poste de travail, un contrôle des déchets pouvant être opéré en faisant la différence entre les chiffres de production indiqués par les compteurs 53 et les fournitures distribuées.
Le poste central de contrôle 50 comporte enfin un panneau de commande 57, sur lequel sont regroupés tous les organes tels que voyants, manettes, interrupteurs, cadrans, boutons-poussoirs et autres, nécessaires dans la commande de l'ensemble de la chaîne.