[0001] La présente invention se rapporte à une pièce d'horlogerie comprenant un mobile rotatif, notamment un balancier, muni d'un arbre de pivotement monté entre deux paliers solidaires respectivement d'une platine et d'un pont, au moins une vis de fixation de ce pont sur la platine, au moins un organe de réglage de la distance entre le pont et la platine, muni d'une partie filetée vissée dans le pont et d'une partie de plus grand diamètre située entre la base du pont et la platine et un élément de compression élastique interposé entre la partie de plus grand diamètre et la base du pont.
[0002] Il existe plusieurs systèmes permettant de régler la distance entre un pont et une platine de mouvement d'horlogerie, pour adapter le jeu axial d'un arbre de pivotement d'un mobile rotatif d'une pièce d'horlogerie, en particulier celui de l'arbre de balancier.
[0003] Parmi ces différents systèmes, on peut citer le EP 1 804 142 qui comporte un organe de réglage comprenant une partie tubulaire filetée extérieurement, vissée dans le pont de balancier. Cette partie tubulaire est solidaire à une extrémité d'une partie de plus grand diamètre, disposée entre le pont de balancier et la platine et à son autre extrémité d'une fente diamétrale permettant de faire tourner l'organe de réglage pour modifier l'écartement entre le pont de balancier et la platine. Un ressort est interposé entre la partie de plus grand diamètre et la base du pont de balancier pour assurer le maintien de la partie vissée dans la position réglée.
Une vis de fixation est engagée dans la partie tubulaire et se visse dans un filetage de la platine jusqu'à ce que sa tête prenne appui contre une nouure ménagée dans la surface supérieure du pont de balancier.
[0004] Ce système de réglage comporte deux inconvénients importants. Le premier vient du fait que l'entraînement en rotation de l'organe de réglage ne peut intervenir qu'après avoir enlevé la vis de fixation. Le second vient du fait que la tête de la vis de fixation prend appui sur le pont de balancier, exerçant une pression axiale sur le filetage de l'organe de réglage dans un sens, alors que le ressort disposé entre la partie de plus grand diamètre et la base du pont de balancier exerce une pression axiale sur le filetage de l'organe de réglage dans l'autre sens.
[0005] Par conséquent, après avoir réglé avec précision l'ébat de l'arbre de balancier à l'aide de l'organe de réglage, ce réglage est forcément modifié lorsque l'on fixe la vis de fixation. En effet, il existe toujours un certain jeu dans un pas de vis. Pendant le réglage, ce jeu est rattrapé dans un sens par la pression exercée par le ressort, tandis que la vis qui appuie sur le pont de balancier exerce une pression axiale en sens opposé, rattrapant le jeu du pas de vis en sens inverse. Or, l'ébat que l'horloger doit donner à l'arbre du balancier est de l'ordre de 2 à 3 centièmes de millimètres. C'est donc dire que le jeu du pas de vis est sensiblement du même ordre de grandeur. Il sera donc obligé de choisir un ébat plus grand lors du réglage, puisque cet ébat sera réduit lors du serrage de la vis de fixation.
[0006] Le but de la présente invention est de remédier, au moins en partie, à cet inconvénient.
[0007] A cet effet, cette invention a pour objet une pièce d'horlogerie conforme à la revendication 1.
[0008] De préférence, cette pièce d'horlogerie comporte un second élément de compression élastique interposé entre la tête de la vis de fixation et l'extrémité adjacente de la partie filetée de l'organe de réglage.
[0009] Grâce à cette forme d'exécution préférée de l'invention, le réglage de l'ébat de l'arbre de pivotement du mobile rotatif peut être effectué sans aucun desserrage de la vis de fixation du pont, en sorte qu'il n'y a pas de risque de modifier le réglage lors du serrage de la vis de fixation, celle-ci n'appuyant d'ailleurs pas sur le pont, mais sur l'organe de réglage. La présence de deux joints antagonistes permet d'effectuer le réglage de hauteur en augmentant la précompression d'un joint alors que la pré-compression de l'autre joint est diminuée. De toute manière, il s'agit de réglages de l'ordre de quelques centièmes de millimètre, typiquement de 2 ou 3 centièmes de millimètre.
L'utilisation de deux joints élastomère toriques, aussi appelés joints 0-ring de 0,20 mm de diamètre de section, comprimés chacun d'environ 1/4 de leur diamètre initial permet une plage de réglage de l'ordre d'un dixième de millimètre, ce qui donne une marge de réglage largement suffisante tout en conservant les joints élastomère toriques sous précontrainte de compression.
[0010] Avantageusement encore, le pont dans lequel est pivoté l'arbre du mobile rotatif s'étend de part et d'autre du balancier et comporte deux vis de fixation et deux organes de réglage.
[0011] Le dessin annexé illustre, schématiquement et à titre d'exemple, une forme d'exécution et une variante de la pièce d'horlogerie objet de la présente invention.
<tb>La fig. 1 <sep>est une vue partielle en coupe d'un mouvement de pièce d'horlogerie passant par l'axe de pivotement du balancier et par les vis de fixation du pont de balancier, selon la forme d'exécution préférée;
<tb>la fig. 2 <sep>est une vue en coupe agrandie d'une vis de fixation de la fig. 1;
<tb>la fig. 3 <sep>est une vue semblable à la fig. 2d'une variante.
[0012] Dans l'exemple qui est représenté et sera décrit ci-après, le pont de balancier qui est représenté est fixé en deux endroits situés de part et d'autre du balancier. Il est évident que l'invention est aussi applicable à un pont de balancier fixé par une seule vis. Bien que cette invention s'applique en premier lieu au réglage du jeu de l'arbre de balancier, elle pourrait s'appliquer à tout autre mobile d'une pièce d'horlogerie.
[0013] On voit sur la fig. 1une platine 1 sur laquelle est fixé un pont 2. La platine porte un palier 3 qui reçoit une extrémité d'un arbre de pivotement 4 d'un balancier 5. Le pont 2 porte un autre palier 6 qui reçoit l'autre extrémité de l'arbre de pivotement 4.
[0014] Le pont 2 est fixé de part et d'autre du balancier 5 par deux vis de fixation 7 identiques. Pour la suite de la description, nous nous référerons plus particulièrement à la fig. 2. La vis de fixation 7 comporte trois parties, une tête 7a à une extrémité, une partie filetée 7b à l'autre extrémité et une partie intermédiaire 7c non filetée, dont le diamètre est, de préférence, supérieur à celui de la partie filetée, en sorte qu'une portée est ménagée entre la partie filetée 7b et la partie intermédiaire 7c.
[0015] L'extrémité filetée 7b de la vis 7 est vissée dans un élément taraudé 8 chassé dans la platine 1. Bien évidemment, en variante, la vis pourrait être fixée dans un taraudage ménagé directement dans la platine 1. La partie intermédiaire ' 7c de la vis 7 passe librement à travers un passage traversant un organe de réglage 9 tubulaire. Cet organe de réglage 9 comporte une partie filetée 9a vissée dans un taraudage 2a du pont de balancier 2. Une extrémité de l'organe de réglage 9 comporte un bord annulaire 9b dont la face' externe appuie contre la platine 1, tandis que la face parallèle opposée forme une portée. Un élément de compression élastique, de préférence, formé par un joint élastomère Torique 10 précontraint est disposé entre la portée du bord annulaire 9b de l'organe de réglage et la base 2b du pont de balancier 2.
[0016] L'autre extrémité de l'organe de réglage 9 tubulaire comporte, dans cet exemple, une fente diamétrale 9c destinée à permettre à un outil de venir en prise avec elle pour faire tourner l'organe de réglage 9 et ainsi varier la distance entre la base 2b du pont de balancier et la face d'appui externe du bord annulaire 9b de l'organe de réglage.
[0017] Comme on peut le constater sur la fig. 2, le diamètre de la partie filetée 9a de l'organe de réglage 9 est sensiblement supérieur à celui de la tête 7a de la vis de fixation 7, en sorte que la fente diamétrale 9c ménagée à son extrémité est accessible de part et d'autre de la tête 7a de la vis de fixation 7. Il suffit donc d'un tournevis spécial dont la lame présente une échancrure pour le passage de la tête de vis 7a, pour permettre se manoeuvrer l'organe de réglage 9 sans enlever la vis de fixation 7.
[0018] De préférence, comme illustré par la fig. 2, un second élément de compression élastique, avantageusement formé par un joint élastomère Torique 11, est disposé entre la tête de vis 7a et l'extrémité adjacente de l'organe de réglage 9. Grâce à cette disposition de deux joints antagonistes, lors du déplacement axial de l'organe de réglage 9 dans un sens, la compression de l'un des joints élastomère Torique 10, 11 augmente alors que celle de l'autre diminue et inversement lorsque l'organe de réglage 9 est déplacé dans le sens axial inverse.
[0019] Lors de la mise en place, on choisira une pré-compression de chaque joint élastomère Torique 10, 11 correspondant à une certaine valeur. Cette valeur correspond de préférence à la plage de réglage désirée plus une certaine valeur qui permet de garantir que les joints élastomères Toriques 10, 11 restent toujours précontraints. Par exemple, avec des joints élastomère Toriques dont la section à l'état libre est de 0,20 mm, on comprimera chaque joint élastomère Torique 10, 11 de l'ordre de 0,05 mm, donnant une plage de réglage de l'ordre de 0,10 mm. La présence de deux joints antagonistes permet d'entraîner l'organe de réglage 9 sans aucun desserrage de la vis de fixation 7.
Une fois que le jeu de l'arbre de pivotement 4 du balancier 5 est réglé, l'horloger n'a plus aucune autre opération à effectuer, en sorte qu'aucune interférence ne viendra modifier le réglage choisi.
[0020] La variante illustrée par la fig. 3ne se différentie de celle de la fig. 2 que par le fait que le joint élastomère Torique 11 est supprimé, en sorte que la tête 7a de la vis de serrage appuie directement contre l'extrémité adjacente de l'organe de réglage 9. Avec cette variante, il est nécessaire de légèrement desserrer la vis de fixation 7 pour permettre de faire tourner l'organe de réglage. Toutefois le desserrage et le serrage de la vis de fixation 7 n'ont aucune répercussion sur le réglage choisi entre le pont 2 et la platine 1, étant donné que la tête de vis 7a n'appuie pas sur le pont de balancier 2, mais sur l'organe de réglage 9.
Par conséquent la vis 7 serre l'organe de réglage 9 contre la platine 1, le pont de balancier étant fixé à la platine 1 par l'organe de réglage 9 vissé dans le pont 2, le jeu du pas de vis étant rattrapé par le joint élastomère Torique 10 précontraint.