[0001] La présente invention a pour objet une pièce d’horlogerie munie d’un tour d’heures variable. Dans la description de cette invention, quatre principes permettant de faire varier le tour d’heures seront décrits:
l’actionnement manuel du tour d’heures, par un perfectionnement du mécanisme décrit dans le brevet susmentionné. Cet actionnement pouvant être le fait de la couronne principale, d’une deuxième couronne, d’une lunette ou d’un poussoir;
l’actionnement par le mouvement mécanique de la montre, débrayable et permettant des fonctions comme l’indication jour/nuit en changeant la face visible des heures;
l’actionnement par un mouvement quartz, par l’intermédiaire d’un rotor spécifique, débrayable;
l’actionnement par une masse oscillante permettant une variation aléatoire de la face visible des heures, ou une variation séquencée ou une variation pilotée par le mouvement ou par un autre organe, par exemple un appareil de mesure de grandeur physique ou un détecteur.
[0002] Généralement, les indications horaires du tour d’heures sont portées sur le cadran et représentées au moyen de symboles tels que chiffres romains («1», «II», «XII») ou arabes («11», «2», «12»), ou autres motifs disposés à l’endroit de chaque point horaire ou de certains seulement d’entre eux.
[0003] Sur les montres dites de moyenne ou de haut de gamme, il est fréquent que ces indications soient symbolisées par une pierre fine, semi-précieuse ou précieuse, par exemple un diamant. Là aussi, la totalité des indications horaires «1, 2, 12» peut être représentée matériellement ou une partie seulement d’entre elles (de fait, dans de nombreux modèles de montre, la représentation du tour d’heures est symbolisée par quatre repères horaires (présence, par exemple, d’un diamant aux points horaires «12», «3», «6» et «9», voire par un seul (présence d’un diamant à l’endroit des douze heures).
[0004] Ces indications représentant le tour d’heures sont statiques et, bien entendu, le détenteur d’une telle pièce d’horlogerie ne peut en aucun cas en modifier l’aspect. Pourtant, dans bien des situations, il peut être intéressant d’adapter ou d’harmoniser ces indications aux circonstances momentanées, par exemple à la tenue vestimentaire, grâce à un système évolutif.
[0005] Le but de la présente invention, dont le domaine d’application privilégié est l’horlogerie haut de gamme, est de remédier à l’inconvénient rapporté en réalisant une pièce d’horlogerie. Il est atteint, grâce aux moyens définis dans la revendication 1, des moyens techniques particuliers permettant d’atteindre ce but à bon compte faisant l’objet des revendications dépendantes.
[0006] L’invention va être décrite ci-après en détail, à titre d’exemple non limitatif, à l’appui du dessin annexé dans lequel:
<tb>– la fig. 1<sep>est une vue en 3D montrant l’aspect d’une montre selon l’invention, sans le boîtier;
<tb>– la fig. 2<sep>est une vue éclatée de la montre, selon une forme d’exécution;
<tb>– la fig. 3<sep>est une perspective partiellement éclatée permettant de voir une première forme d’exécution de l’invention;
<tb>– les fig. 4A et 4B<sep>représentent des exemples de plots rotatifs pourvus de pierres, en prise avec une crémaillère;
<tb>– les fig. 5A, 5B et 5C<sep>représentent des moyens d’actionnement de la ou des crémaillères;
<tb>– la fig. 5 ́<sep>représente une coupe de la pièce d’horlogerie selon l’invention et selon une ligne 3H30–9H30;
<tb>– les fig. 6 et 7<sep>illustrent une autre solution pour la variation de la vitesse de rotation des plots;
<tb>– la fig. 8<sep>montre la couronne entraînant la rotation des plots;
<tb>– la fig. 9<sep>est une vue schématique de la face visible d’une montre bracelet selon l’invention;
<tb>– la fig. 10<sep>est une vue en plan de la face supérieure du mouvement de cette montre, montrant une position du mécanisme de commande de l’entraînement automatique;
<tb>– la fig. 11<sep>est une vue illustrant le dispositif d’entraînement automatique;
<tb>– la fig. 12<sep>est une vue décrivant l’opération de mise à l’heure;
<tb>– les fig. 13, 14 et 15<sep>sont des vues en coupe selon les lignes V–V, VI–VI et VII–VII des fig. 10 et 12.
[0007] La fig. 3 représente une montre bracelet 1 d’axe 2, à boite formée d’une carrure 10 et d’un fond 20 circulaires, comportant un cadran 3, des aiguilles 4, un mouvement 5, une glace 6, un dispositif 7 de mise à l’heure (et, selon le cas, d’actionnement d’autres fonctions), dont on ne voit que la couronne, coopérant avec le mouvement 5 et disposé de préférence entre deux et trois heures.
[0008] La carrure présente en coupe la forme approximative d’un U renversé, dont la branche intérieure est désignée par 13, la branche extérieure par 12, et la branche supérieure reliant les deux branches parallèles par 14, ces trois branches délimitant un évidement 11. Le fond 20, présentant également un dégagement en regard de l’évidement 11, non visible sur la figure, est rendu solidaire, de façon démontable, de la carrure 10. La montre comprend en outre les moyens d’une forme d’exécution de l’invention dont le fonctionnement, faisant intervenir des éléments décrits plus loin, est aisé à comprendre.
[0009] La boite 10 abrite une crémaillère circulaire 50 d’axe de rotation se confondant avec l’axe 2 de la montre, à double denture 51, 52 de module identique. La double denture est séparée par un évidement 53. La surface de base 54 de cette crémaillère (fig. 4B, 5A), à l’opposé de l’évidement 53, repose sur la surface inférieure du dégagement précité dans le fond 20, de sorte que ladite base puisse glisser sur ledit fond, les parties en présence étant de préférence métalliques et usinées de sorte à minimiser le coefficient de frottement.
[0010] Un dispositif d’actionnement 60 de la crémaillère 50, monté de préférence entre trois et quatre heures, comporte une tige 61 d’axe 62 guidée et portée par la carrure à l’instar du dispositif de mise à l’heure 7, deux roues-pilote dentées 63, 64 en prise respectivement avec la denture 51 et 52 de la crémaillère 50, et une couronne de manœuvre 65, dont l’actionnement dans un sens ou dans l’autre autour de l’axe 62 a pour effet d’entraîner la crémaillère dans le sens correspondant chaque fois.
[0011] On aperçoit également à la fig. 3trois plots identiques 40. Chaque plot est libre en rotation autour de sa tige 42, resp. de l’axe 43 de cette tige, axe compris dans un plan passant par l’axe 2 de la montre, et présente une roue dentée ou satellite 44, ainsi qu’un prisme droit de section carrée 41, selon l’exemple un cube, dont les faces s’étendent parallèlement à l’axe 43. D’un côté de ce cube 41, le satellite 44, monté sur la tige 42, est en prise avec la denture 51 de la crémaillère 50, de l’autre côté de ce même cube, la tige 42 est guidée sur une portée dans un alésage 15 pratiqué dans la branche 13 de la carrure 10. On observe enfin que la partie 14 de la carrure 10 présente, en regard de chaque plot, une ouverture 16.
[0012] Le plot 40 est montré à plus grande échelle à la fig. 4A, avec sa tige 42 d’axe 43, son satellite 44 et son cube 41 montés sur la tige 42. Les arêtes et notamment les coins 49 sont arrondies, afin de pouvoir agencer le plot aussi près que possible de la branche 14 de la carrure 10, c’est-à-dire de l’ouverture 16. En effet, la courbure des arêtes obtenue par arrondissement des coins évitera au cube 41 d’entrer en conflit avec la partie 14 au voisinage de l’ouverture 16 lors de sa rotation. Dans la face 45 du cube 41, est inséré ou serti, par exemple un diamant 45A, dans la face adjacente 46 est inséré un rubis 46A, dans la face 47, opposée à la face 45 est insérée une émeraude 47A, dans la face 48, adjacente à la face 45 et opposée à la face 46, est inséré un saphir. Ainsi qu’on l’a dit plus haut, le satellite 44 coopère avec la denture 51 de la crémaillère 50. En outre, on observe sur la fig. 4A que, selon l’exemple représenté, le satellite 44 présente douze dents.
[0013] La fig. 4B montre un autre exemple de plot, de référence globale 30, non représenté dans l’exemple de disposition de la fig. 1. Ce plot comprend une tige 32 d’axe 33; il est libre en rotation autour de cet axe. Le corps du plot présente la forme d’un prisme droit triangulaire 31, dont les arêtes 39 sont courbes, pour les mêmes raisons que celles déjà exposées à l’alinéa précédent à propos du plot 40. Les trois faces parallèles à l’axe 33 sont désignées par les références 35, 36, 37. Ces faces présentent respectivement, par exemple un diamant 35A, un rubis 36A et une émeraude 37A. Un satellite 34 coopère avec la denture 52 de la crémaillère 50. Selon l’exemple représenté, le satellite 34 comporte neuf dents.
[0014] A la fig. 3, les prismes 41 des plots, agencés dans les évidements 11 de la carrure et 53 de la crémaillère 50, afin que la rotation des plots ne soit pas entravée, sont bien entendu situés à l’endroit des points horaires «1», «2», «3», ... «12». Il en est de même pour les ouvertures 16, dont la surface est approximativement égale à celle des pierres serties dans les prismes ou cubes. On note encore que le bord non visible de chaque ouverture 16, c’est-à-dire du côté de la surface de dessous de la branche 14, est largement fraisé. Grâce à ce fraisage et au fait que les arêtes du cube correspondant sont arrondies, les faces 45, 46, 47, 48 pourront venir à fleur de la surface supérieure de la branche 14. Le tour d’heures résulte ainsi de l’alliance entre ces ouvertures 16 et des parties des plots 40 que l’on a choisi de faire apparaître à travers celles-ci.
[0015] Selon la forme d’exécution montrée à la fig. 3, les plots sont disposés de sorte que toutes les faces 45 soient orientées de la même façon, ainsi que, par conséquent, toutes les faces 46, 47, 48. De plus, comme on l’a dit plus haut, les ouvertures 16 sont telles qu’elles laissent apparaître les pierres venant en regard. Ainsi, en partant d’une situation où chaque face 45 se trouve en regard de l’ouverture 16 correspondante, les indications horaires du tour d’heures seront représentées matériellement par l’apparition des diamants insérées dans lesdites faces 45. En actionnant la couronne 65 du dispositif 60, par exemple dans le sens des aiguilles d’une montre, la crémaillère se déplacera également dans le sens des aiguilles d’une montre, déplacement qui fera tourner les plots 40 autour de leur axe 43 dans le même sens. On pourra ainsi faire apparaître successivement les différentes faces des plots, en d’autres termes, un tour d’heure symbolisé par des rubis, puis par des émeraudes, puis par des saphirs, et à nouveau par des diamants. Toutes positions intermédiaires seront également possibles, si bien qu’un point horaire pourra être représenté, par exemple, pour partie par des diamants, pour partie par des saphirs, lune et l’autre de ces pierres n’étant alors, à chacun de ces points, vue que partiellement et sous un angle différent que sous celui correspondant aux positions indiquées plus haut, où les faces des cubes viennent pratiquement obturer les ouvertures 16 (position «entière») et, comme on l’a dit plus haut, se trouvent à fleur de la face supérieure de la partie 14.
[0016] On comprend aisément que les combinaisons de présentation du tour d’heures peuvent être considérablement augmentées en agençant à des points horaires déterminés des plots 40 et, à d’autres points horaires, des plots 30. A titre d’exemple, il est intéressant de disposer aux points horaires «12», «3», «6» et «9» des plots 30, tandis qu’aux autres points horaires «1», «2», «4», «5», «7», «8», «10» et «11» seront disposés des plots 40. Dans ce cas, le satellite 34 étant en prise avec la denture 52, la tige 32 viendra se loger dans un alésage correspondant pratiqué dans la partie 12 de la carrure 10. Afin de ne pas limiter les variations de placement des plots, on prévoira avantageusement aussi bien dans la branche 12 que 14, à tous les endroits correspondants des points horaires «1» ... «12», des alésages de guidage des tiges 42 et 32. Il est clair que dans le présent exemple, les dentures 51 et 52 de la crémaillère 50 ne se situent pas sur un même niveau, mais sont étagées, le satellite 44 ayant douze dents, le satellite 34 ayant neuf dents, et ces satellites, ainsi que les dentures 51, 52, devant avoir un même module. Toujours selon cet exemple particulier et nullement limitatif, le tour d’heure pourra alors être symbolisé de multiples manières; sans compter les positions intermédiaires, les combinaisons «entières» possibles seront, les suivantes (la première indication ci-après correspondant à celle des plots 40, la seconde à celle des plots 30): diamant/diamant, saphir/émeraude, émeraude/rubis, rubis/diamant, diamant/émeraude, saphir/rubis, émeraude/diamant, rubis/émeraude, diamant/rubis, saphir/diamant, émeraude/émeraude, rubis/rubis.
[0017] Bien entendu, de multiples combinaisons autres peuvent être obtenues, par des choix de plots et de satellites différents.
[0018] La fig. 5A montre le dispositif d’actionnement 60 de la crémaillère 50 et un dispositif d’appui ou de frein 70. Le dispositif d’actionnement est guidé par la carrure 10 grâce à des alésages (non représentés à la fig. 3) ajustés aux dimensions des parties 66, 67 de la tige 61 et portant ces parties. Les caractéristiques d’engrenages des roues pilotes dentées 63, 64 sont adaptées à celles de la denture 51, 52 de la crémaillère 50 (même module, correspondance des diamètres primitifs ou lignes primitives). La crémaillère présente en outre un profil 68 étage, coopérant avec un profil correspondant de guidage (non représenté) pratiqué dans le fond 20.
[0019] Au moins un dispositif de frein 70 est prévu; ce dispositif est constitué d’une plaquette 71, par exemple en verre, et d’un ressort 72 disposé dans une creusure pratiquée dans le fond 20, de telle sorte qu’une force soit exercée par ledit ressort sur la crémaillère, par l’intermédiaire de la plaquette 71. Les fonctions de ce dispositif sont doubles: d’une part, empêcher toute rotation intempestive de la crémaillère, par exemple lors des mouvements de poignet, d’autre part, permettre une rotation aisée et continue par actionnement de la couronne 65. De préférence, on prévoira deux dispositifs, agencés de façon diamétralement opposées l’un de l’autre.
[0020] Les fig. 5B et 5C montrent une variante d’exécution selon laquelle la crémaillère est formée de deux parties indépendantes 55, 56, la crémaillère extérieure 55 étant actionnée par un dispositif 60B dont la seule roue-pilote dentée 60D est en prise avec la denture de la partie 55, la crémaillère intérieure 56 étant en prise avec la seule roue-pilote dentée 60C du dispositif 60A. L’ajustage des faces portant la référence globale 57 est tel qu’il n’y ait pas de frottement entre les deux crémaillères, afin d’éviter que la rotation de l’une provoque une rotation inopinée de l’autre. Les autres caractéristiques sont semblables à celles du dispositif 60.
[0021] La fig. 5 ́ montre le dispositif d’actionnement de la crémaillère 150, et par conséquent des plots formant le tour d’heures, agencé de préférence dans un plan bisecteur entre 3 heures et 4 heures. Ce dispositif comprend une tige 161 d’axe 162, guidé dans des alésages de la carrure 110 (ou 110B), un tube 163, des joints d’étanchéité (non référencés), une roue-pilote dentée 164, en prise avec la crémaillère 150, une couronne 165 bloquée sur la tige 161, une pièce de positionnement 166 et une entretoise, ainsi qu’un moyen de blocage 167 de la pièce 166, de sorte que seul subsiste un degré de liberté en rotation, les éléments 166A, 164 étant aménagés dans un évidement de la carrure 110 (ou 110B). Bien entendu, le module de la roue-pilote 164 est identique à celui de la denture de la crémaillère 150. De façon tout à fait analogue à ce qui a été vu plus haut pour la 1<ère> forme d’exécution, l’actionnement du dispositif 160 au moyen de la couronne 165 provoquera la rotation de tous les plots autour de leur axe respectif, de sorte qu’apparaîtront tour à tour les différentes faces des prismes de ces plots avec leurs pierres qui y sont serties. Là aussi, toutes combinaisons de présentation du tour d’heures sont possibles, en fonction du choix du nombre de plots, de la forme des prismes, des caractéristiques des satellites, des motifs que présente chaque face d’un prisme ou du genre de pierre qui y est serti. On se reportera, pour des exemples de combinaisons, à la lecture de la première forme d’exécution. On notera que là aussi, pour des raisons d’esthétique, les dégagements de la carrure et la disposition des plots sont définis de telle manière que les plans des faces des prismes puissent venir se confondre avec le plan supérieur 181 du faux cadran.
[0022] Selon une variante non représentée, il est possible de prévoir, dans l’une ou l’autre des formes d’exécution décrites, en lieu et place de satellites et d’une crémaillère, par exemple des roues à friction coopérant avec une couronne à friction les fonctions de ces éléments étant, par ailleurs équivalentes à celles remplies par satellites et la crémaillère.
[0023] Enfin, en plus du dispositif de frein 70, ou en lieu et place de celui-ci, il est possible de prévoir au moins un dispositif de positionnement discret des plots comprenant une tige à tête arrondie agencé dans un logement, un ressort étant placé entre cette tige et le fond du logement. La tête arrondie vient en appui contre la face inférieure de la crémaillère, cette face étant pourvue, aux endroits adéquats, de douze creusures de même diamètre que ladite tête, chacune en forme de calotte à faible profondeur, de sorte que pour toutes les positions-entières, c’est-à-dire celles pour lesquelles les faces des prismes des plots sont à fleur avec la face supérieure 180 du faux cadran, la tête arrondie de la tige est poussée dans la creusure par le ressort. En actionnant à nouveau le dispositif 160 (fig. 5 ́) pour une nouvelle présentation du tour d’heures, la tige sera d’abord poussée dans son logement contre l’action du ressort, puis s’enclenchera dans la creusure suivante venant à se présenter en face d’elle sous l’action du ressort, de manière à «fixer» le nouveau tour d’heures.
[0024] Les producteurs de montres cherchent constamment à varier la présentation de la face visible de celles-ci, donnant l’indication horaire. Dans ce but de nombreuses propositions ont déjà été faites pour donner au cadran et au tour d’heure des allures particulières et inhabituelles. D’autre part on cherche aussi à varier et amplifier les différentes indications que le découpage du temps effectué par la base de temps de la pièce d’horlogerie permet d’imaginer. Ainsi des dispositifs d’affichage qui donnent le quantième, le jour de la semaine, les phases de la lune, l’heure sur 24 heures, ou qui possèdent une seconde aiguille des heures ajustable sur un fuseau horaire choisi à volonté, etc., sont bien connues.
[0025] Une deuxième variante de l’invention a pour but de proposer, outre les moyens de modification manuelle du tour d’heure, des moyens pour obtenir une modification automatique de la position des plots sans compliquer les mécanismes de manière exagérée, ce qui permet d’élargir considérablement les champs d’application de l’idée contenue dans le document précité.
[0026] On va décrire ci-après à titre d’exemple une forme d’exécution de l’objet de l’invention en se référant au dessin annexe, dont la fig. 9 est une vue schématique, en plan, de la face visible d’une montre bracelet selon l’invention, la fig. 10est une vue en plan de la face supérieure du mouvement de cette montre, montrant une position de fonctionnement du mécanisme de commande, la fig. 11 est une vue semblable à la fig. 10 illustrant une position d’entrainement automatique, la fig. 12 est une autre vue semblable à la fig. 10 expliquant l’opération de mise à l’heure, les fig. 13, 14et 15 sont des vues en coupe selon les lignes V–V, VI–VI, et VII–VII des fig. 10 et 12. Comme on le voit à la fig. 1, la montre selon l’invention a l’apparence d’une montre bracelet tout à fait normale. Le boîtier de cette montre n’est pas représenté. Il peut être de n’importe laquelle des constructions usuelles. Le cadran 3 est équipé de douze signes horaires répartis sur son pourtour, présentant l’apparence de pierres. Des aiguilles 4 des heures, des minutes et des secondes tournent au dessus du cadran 3. La paroi du boîtier est traversée, sur trois heures par une tige de commande 61 portant une couronne 65. Cette tige actionne un mécanisme de commande. Par déplacement axial de la couronne 65 elle peut s’arrêter dans trois positions différentes.
[0027] A la fig. 10, où la tige 61 et la couronne de commande 65 sont représentées dans leur position moyenne, divers mécanismes logés sous le cadran sont visibles, le cadran 3 ayant été enlevé. En fait les signes horaires sont des décors portés par des plots 30, 40 de forme cylindrique ou prismatique, à face latérale bombée qui sont répartis autour du mouvement et peuvent tourner autour d’axes radiaux. La fig. 13montre que le mouvement 5 de la montre décrite est engagé dans une cage circulaire formée de deux pièces: un cercle inférieur 80 et un cercle supérieur 81, et que les plots 30, 40 sont montés sur une tige 32, 42 qui pivote par ses extrémités dans des gorges ménagées dans les cercles 80 et 81. Le plot 30, 40 orienté sur trois heures tourne sur la tige 61. Il est monté sur un manchon 82 tournant sur la tige. Ce manchon 82 est solidaire, comme les tiges 32, 42, d’un satellite 34, 44. Les tiges 32, 42 situées sur 2/4/6/8/10 et 12 heures sont légèrement plus proches de la surface de la platine qu’autres tiges, ces dernières étant à la même hauteur que l’axe de la tige 61. Ces différences de hauteur entre les axes des satellites 34, 44 sont aussi visibles aux fig. 5 à 8. Une crémaillère de commande 50 (fig. 10) est coaxiale au mouvement et placée sur la platine, de réalisation différente de celle décrite précédemment. Cette crémaillère présente, à sa périphérie une denture 51 dont les dents sont en saillie vers le bas et engrènent dans les satellites 34, 44. Les diamètres de ceux-ci seront naturellement ajustés de manière que leurs dentures engrènent pareillement dans la denture 51. Cette disposition permet de donner des formes différentes aux différents plots 30, 40 et de les faire tourner à des vitesses différentes.
[0028] Sur son bord intérieur la crémaillère 50 présente une autre denture 18, à dents espacées, dirigées radialement. La roue à canon des heures 19 qui est un élément usuel du mouvement 5 porte lui une étoile à douze dents 38. Celles-ci coopèrent avec une roue d’encliquetage 21 logée dans une creusure circulaire de la platine. Cette roue 21 est découpée avec un bras élastique arqué 22 dont l’extrémité libre est accrochée entre deux tenons plantés dans le fond de la creusure. Elle porte un cliquet 23 pivotant sur un tenon solidaire de la planche de la roue. Le cliquet 23 est sollicité par un fil ressort 24 appuyé contre un deuxième tenon et sa rotation est limitée par un troisième tenon. La fig. 10considérée en comparaison avec les fig. 11 et 12 et indépendamment du mécanisme de commande qui sera expliqué plus loin, montre comment la roue d’encliquetage 21 fonctionne. Elle possède un doigt radial 25 qui entre dans le chemin des dents triangulaires de la roue 38. A la fig. 10ce doigt va être libéré. Le bras élastique 22 est armé au maximum et agit sur la roue. A la fig. 11, le doigt du cliquet 23 accroche une dent de la denture 18 et fait avancer la crémaillère 50 jusqu’à ce que la pointe du sautoir 26 (fig. 11) ait passé la dent contre laquelle ce sautoir appuie. Dès ce moment c’est le sautoir 26 qui amène la crémaillère 50 dans sa position finale. Ainsi à chaque heure la crémaillère 50 avance d’un angle égal à la somme des angles marqués, par des doubles flèches à la fig. 11. Tous les plots 30, 40 tournent d’un angle déterminé, par les modules des dentures 51 et 34, 44. Comme les plots 30, 40 peuvent être des prismes ayant des nombres de faces différents et porter sur leurs faces des décors figurant des signes horaires ayant différentes allures, on obtient ainsi un tour d’heures dont l’apparence change chaque heure. En combinant les nombres de dents des dentures et les nombres de faces des plots, on peut réaliser des variations cycliques simples ou complexes en nombre pratiquement infini.
[0029] A la fig. 10 un mécanisme de commande qui ajoute d’autres possibilités est représenté en partie. Il comporte des pièces qui sont celles d’un mécanisme usuel. Ainsi la tige 6 agit sur une tirette 27 dont les positions sont fixées par un ressort de tirette 28. Un ensemble articulé coopère avec la tirette 27. Il est formé d’un levier basculant 29 et d’un levier coudé 74 dont l’extrémité libre incurvée peut s’engager devant le bec du cliquet 23 et le maintenir hors d’état d’actionner la denture 18 lors de la rotation alternative de la roue 21. En comparant avec la fig. 5 ́ on voit que le système articulé 29, 74, est placé dans une creusure du cadran 1.
[0030] La position du mécanisme représenté en traits pleins à la fig. 10 est une position intermédiaire désignée par (B). Cependant le passage de la couronne 65 en position enfoncée (A) et le passage en position externe (C) amènent tous deux le levier 74, du fait de la courbure de sa partie arrière fendue, dans la position représentée en traitillé à la fig. 10. Le cliquet 23 peut actionner la crémaillère 50 lorsque la roue 21 revient à sa position désarmée comme on l’a vu plus haut. En outre, dans une position du mécanisme, de préférence la position intermédiaire (B) un renvoi 75 comportant une étoile à trois becs à son niveau supérieur et une denture à son niveau inférieur est relié à la tige 61 de telle manière que la rotation de cette dernière déplace rapidement la crémaillère 50, ce qui permet d’ajuster à volonté une constellation particulière des différentes faces des plots 30, 40. Enfin la fig. 12montre comment le mécanisme se comporte lors d’une mise à l’heure. La roue des heures 19 étant actionnée dans le sens antihoraire, le bec 25 de la roue 21 est déplacé vers la droite et arque le bras élastique 22 vers l’extérieur sans que le cliquet 23 n’agisse sur la couronne 15.
[0031] Les cercles 80 et 81 sont fixés l’un à l’autre par des vis 76 et le cadran 3 est fixé par ses pieds 77 et des vis 78 à l’ensemble 80, 81 (fig. 14et 15). Comme il s’agit de fixer le cadran de manière qu’il assure les positions de divers organes fonctionnels, on a prévu quatre pieds 77 avec vis 78 et quatre vis 76 pour la rigidité du cercle d’encageage.
[0032] Dans la construction décrite jusqu’à maintenant et représentée notamment à la fig. 2, comme la denture 51 de la crémaillère 50 est continue sur tout son pourtour, tous les plots 30, 40 sont actionnés à chaque heure lorsque le mécanisme se trouve dans la position activée et la tige en position enfoncée (A).
[0033] La crémaillère peut aussi présenter des secteurs dentés interrompus. Chaque secteur peut engrener aussi bien dans un satellite 34, 44 normal que dans un satellite de plus grand diamètre muni d’un manchon 82 et monté sur la tige 61. Cet agencement permet de prévoir des variations diverses. Si par exemple la denture 51 ne comporte qu’un seul secteur denté dont la longueur couvre l’espace occupé par deux plots 30, 40 successifs, on voit qu’à chaque heure un plot tournera de sa face exposée à la face adjacente, et le précédent de celle-ci à la suivante. Si les plots ont quatre faces portant des signes successivement blancs, noirs, blancs, rouge, par exemple, on voit que durant douze heures de fonctionnement chaque plot 30, 40 deviendra successivement noir puis blanc, ce qui simulera le déplacement d’une aiguille des heures sur le cadran, puis pendant les douze heures suivantes, chaque plot deviendra rouge puis blanc, simulant aussi le déplacement d’une aiguille des heures mais d’une manière indiquant les heures de nuit. Cet arrangement peut être équivalent à l’indication de l’heure dans un fuseau horaire différent de celui pour lequel l’aiguille des heures normale 4 (fig. 9) est ajustée. Il est clair que cette utilisation n’est qu’un exemple et que l’on peut prévoir d’autres arrangements et d’autres utilisations.