Domaine technique
[0001] La présente invention se rapporte au domaine de l’horlogerie. Elle concerne, plus particulièrement, un mécanisme correcteur pas-à-pas pour la correction manuelle d’un mobile denté. De tels mobiles peuvent être retrouvés entres autres dans les mécanismes de quantième.
Etat de la technique
[0002] On connaît du document US 3 762 156, un mécanisme correcteur pas-à-pas pour corriger une roue à rochet, typiquement liée à un affichage. Le mécanisme correcteur comprend une bascule guidée par deux goupilles et actionnée par un levier du mécanisme de mise à l’heure pour avancer ou retarder une aiguille des secondes. On connaît en outre du document EP 1 115 041, un autre mécanisme correcteur pas-à-pas pour corriger une roue à rochet. Ce mécanisme correcteur comprend une bascule pivotée sur un axe et actionnée par une came, la came étant mise en rotation à partir de la tige de remontoir afin de corriger une indication de quantième.
[0003] Bien qu’intéressant, ce genre de dispositif est mal adapté pour actionner un mobile denté éloigné de la tige de remontoir, notamment à cause des géométries et des cinématiques des bascules et des moyens d’entraînement respectifs des bascules, qui nécessitent une certaine proximité entre le mobile denté et la tige de remontoir. Par conséquent, le mobile denté ne peut pas être positionné librement dans le mouvement.
[0004] La présente invention a pour but de surmonter, au moins partiellement, les inconvénients susmentionnés.
Divulguation de l’invention
[0005] De façon plus précise, l’invention concerne un mécanisme correcteur pas-à-pas pour pièce d’horlogerie, la pièce d’horlogerie comprenant un mobile denté positionné par un sautoir. Le mécanisme correcteur comprend une bascule dotée d’un cliquet agencé pour pénétrer dans la denture du mobile denté et pour interagir avec la denture afin d’entraîner le mobile denté en rotation par pas. La bascule est agencée pour être guidée par au moins un moyen de guidage, de telle sorte qu’elle est susceptible d’être déplacée en translation et en rotation.
[0006] Selon l’invention, la bascule est pivotée excentriquement sur un mobile agencé pour être entraîné par un organe de correction rotatif, par exemple une tige de mise à l’heure, que comporte la pièce d’horlogerie à laquelle le mécanisme correcteur est associé. Ainsi est proposé un mécanisme correcteur présentant une cinématique qui permet de placer le mobile denté n’importe où dans le mouvement, sans nécessiter de guider et/ou supporter la bascule sur le mouvement en plusieurs endroits.
[0007] De préférence, le mécanisme correcteur est agencé de telle sorte que le cliquet est écarté de la denture du mobile denté dans au moins une position de la bascule. Par conséquent, on évite des collisions et des pertes d’énergie liées à des interactions entre le cliquet et le mobile denté lors de son fonctionnement normal, c’est-à-dire quand le mécanisme correcteur n’est pas en utilisation.
[0008] De préférence, au moins un moyen de guidage est agencé pour coopérer avec une goupille ou un plot solidaire du mouvement de base de la pièce d’horlogerie. Dans une variante, la bascule comprend deux surfaces de guidage agencées substantiellement parallèlement entre-elles et agencées pour coopérer avec ladite goupille ou ledit plot, ce qui a pour avantage de limiter le nombre de pièces dans le mécanisme. Dans une autre variante, la bascule comprend une seule surface de guidage agencée pour coopérer avec ladite goupille ou ledit plot, un élément élastique étant agencé pour appuyer ladite surface de guidage contre ladite goupille ou ledit plot, ce qui permet d’obtenir une bascule simple à fabriquer.
[0009] De préférence, la bascule est pivotée sur un tenon s’étendant substantiellement perpendiculairement au plan d’un mobile destiné à être actionné par un mécanisme de mise à l’heure que comporte la pièce d’horlogerie, le plan dudit mobile se trouvant préférablement parallèle au plan du mouvement. Par conséquent, les déplacements de la bascule s’effectuent de manière compacte et efficace.
[0010] De préférence, le cliquet est pivoté sur la bascule et est soumis à une force de rappel tendant à le maintenir en position de repos contre une butée, cette butée étant de préférence une goupille solidaire avec la bascule. Le cliquet peut par conséquent être soulevé par une dent du mobile denté avec une perte d’énergie limitée.
[0011] De préférence, le mobile denté est pourvu de trente et une dents et est de préférence une étoile de quantième.
[0012] L’invention concerne en outre une pièce d’horlogerie comprenant un mécanisme correcteur et/ou un mécanisme de quantième comme défini ci-dessus.
Brève description des dessins
[0013] D’autres détails de l’invention apparaîtront plus clairement à la lecture de la description qui suit, faite en référence aux dessins annexés dans lequel:
<tb>Fig. 1<SEP>est une vue en plan d’un premier mode de réalisation dans sa position de repos;
<tb>Fig. 2<SEP>est une vue en plan d’un premier mode de réalisation dans un premier état, pendant son fonctionnement;
<tb>Fig. 3<SEP>est une vue en plan d’un premier mode de réalisation dans un deuxième état, pendant son fonctionnement;
<tb>Fig. 4<SEP>est une vue en plan d’un second mode de réalisation dans sa position de repos;
<tb>Fig. 5<SEP>est une vue en plan d’un second mode de réalisation dans un premier état, pendant son fonctionnement;
<tb>Fig. 6<SEP>est une vue en plan d’un second mode de réalisation dans un deuxième état, pendant son fonctionnement.
Mode de réalisation de l’invention
[0014] Les fig. 1 à 3 illustrent un mécanisme correcteur 1 selon un premier mode de réalisation de l’invention. Le mécanisme correcteur 1 est agencé pour actionner par pas un mobile denté 2 du mouvement de base auquel le mécanisme correcteur 1 est associé. Le mobile denté 2 est positionné par un sautoir 3 comprenant, de manière connue, un bec de sautoir 4 soumis à une force de rappel exercée par un ressort de sautoir 5, le bec de sautoir 4 pénétrant entre deux dents consécutives de la denture du mobile denté 2. D’autres formes de sautoir sont bien connues de l’homme du métier, qui pourrait les appliquer selon ses besoins, sans qu’il soit besoin de les décrire.
[0015] Le mobile denté 2, comme illustré dans les figures, est une étoile de quantième présentant 31 dents. De manière alternative, le mobile denté 2 pourrait être un mobile des jours de la semaine présentant sept dents, un mobile de secondes ou de minutes présentant soixante dents, un mobile de semaines présentant cinquante-deux dents, ou tout autre mobile associé à une indication d’une unité de temps.
[0016] Le mécanisme correcteur 1 comprend en outre une bascule 6 pourvue à une extrémité d’un cliquet 7 agencé de manière à pénétrer dans la denture du mobile denté 2 et à l’entraîner en rotation par pas. Le cliquet 7 est monté pivotant sur la bascule 6 et est soumis à une force de rappel par un ressort de cliquet 8 monté sur la bascule 6, qui tend à maintenir une portion d’appui 9 du cliquet 7 contre une goupille 10 solidaire avec la bascule 6. Par conséquent, le cliquet 7 peut être soulevé par une dent du mobile denté 2 se déplaçant dans le sens horaire, si le cliquet 7 se trouve dans la denture du mobile denté 2 lorsque le mobile denté 2 tourne.
[0017] À l’autre extrémité de la bascule 6, celle-ci est pivotée excentriquement sur un mobile 11 entraîné par un mécanisme de mise à l’heure 12. Comme illustrée dans les figures, la bascule 6 est pivotée sur un tenon 20 se situant en saillie du mobile 11, s’étendant perpendiculairement au plan du mobile 11. D’autres agencements de pivotement excentrique de la bascule 6 sur le mobile 11 sont naturellement possibles.
[0018] Dans le mode de réalisation des fig. 1 à 3 , la bascule 6 est en outre guidée par un moyen de guidage comprenant une surface de guidage 13, qui glisse sur un appui solidaire du bâti du mouvement de base, représenté ici par une goupille ou un plot 14. Pour maintenir la surface de guidage 13 en appui contre le plot 14, un ressort 15 est prévu pour appuyer la bascule 6 contre le plot 14.
[0019] Grâce à l’agencement du moyen de guidage et du pivotement de la bascule sur le mobile 11, le cliquet 7 est agencé pour effectuer les mouvements nécessaires pour faire avancer le mobile denté 2 par pas, tandis que l’horloger profite d’une liberté de choix de la localisation du mobile denté 2 améliorée par rapport à l’art antérieur. De plus, grâce au fait que la bascule 6 n’est supportée qu’à deux points, l’un étant relativement proche du mobile denté 2, l’autre étant relativement proche du mécanisme de mise à l’heure, le mécanisme correcteur 1 prend peu de place sur le mouvement auquel il est associé, laissant ainsi plus de place pour d’autres composants du mouvement.
[0020] Les fig. 4 à 6 illustrent un second mode de réalisation du mécanisme correcteur 1 selon l’invention, qui diffère du premier mode de réalisation représenté dans les fig. 1 à 3 en ce que la bascule 2 comprend deux surfaces de guidage 16, 17, agencées de part et d’autre du plot 14 et substantiellement parallèle entre elles. La première surface de guidage 16 est agencée de manière similaire à la surface de guidage 13 des fig. 1 à 3 , et la seconde surface de guidage 17 est agencée sur une partie saillante 18 de la bascule 2. Par conséquent, le guidage de la bascule 2 est assuré par ces deux surfaces de guidage 16, 17 interagissant avec le plot 14, et le ressort 15 (voir les fig. 1 à 3 ) n’est plus nécessaire.
[0021] La séquence de fonctionnement sera maintenant décrite en référence aux fig. 1 à 3 et 4 à 6 respectivement.
[0022] Les fig. 1 et 4 illustrent le mécanisme correcteur 1 dans sa position de repos. Le cliquet 7 se trouve écarté de la denture du mobile denté 2, et le sautoir 3 maintient le mobile denté 2 en position. Dans cet état, le mobile denté 2 n’interagit par conséquent pas avec le mécanisme correcteur 1, et est libre d’être entraîné, de manière connue, par le mouvement de base par un mécanisme quelconque.
[0023] Si l’utilisateur veut corriger, voire modifier, l’affichage associé au mobile denté 2, il met la tige de mise à l’heure 19 dans sa position axiale appropriée, reliant ainsi cinématiquement le mobile 11 à la tige de mise à l’heure 19. En tournant la tige de mise à l’heure 19, l’utilisateur met ainsi le mobile 11 en rotation dans le sens horaire.
[0024] Le cliquet 7 est déplacé afin qu’il pénètre dans la denture du mobile denté 2, et puis est déplacé en direction de la droite sur les fig. (c’est-à-dire substantiellement parallèlement à la surface de guidage 13, 16 et/ou 17, le cas échéant), la bascule 6 tournant autour de son point de contact sur le plot 14, et glissant sur le plot 14. Le cliquet 7 appuie contre une dent du mobile denté 2, entraînant ainsi le mobile denté 2 dans le sens horaire, et soulevant ainsi le sautoir 3 à rencontre de son ressort de sautoir 5 jusqu’à ce que le bec 4 du sautoir 3 atteigne le sommet d’une dent du mobile denté 2, comme représenté dans les fig. 2 et 5 .
[0025] Comme représenté dans les fig. 3 et 6 , une rotation supplémentaire de la tige de mise à l’heure 19 entraîne un léger déplacement supplémentaire de la bascule 6 vers la droite. Le sommet de la dent du mobile denté 2 échappe ainsi le bec 4 du sautoir 3, ce qui fait tourner le mobile denté 2 dans le sens horaire par glissement entre le flanc de la dent et le flanc du bec 4 du sautoir 3 sous l’effet du ressort de sautoir 5 afin de le positionner dans sa position stable suivante, comme c’est généralement connu.
[0026] Il est à noter que, si le mouvement de base fait actionner le mobile denté 2 tandis que le cliquet 7 se trouve en pénétration dans la denture du mobile denté 2, ou, si le sommet de la dent amont rattrape le cliquet 7 lors de l’entraînement du mobile denté 2 par le cliquet, le sommet de la dent amont soulève le cliquet 7 à rencontre du ressort de cliquet 8, laissant ainsi passer la dent amont.
[0027] Subséquemment, l’utilisateur peut ramener la bascule 6 dans sa position initiale.
[0028] En effet, le sommet du cliquet 7 suit un trajet plus ou moins ellipsoïdal, qui pénètre dans la denture du mobile denté 2 pour au moins une partie de son trajet. Il n’est pas à exclure que, de manière alternative, le sommet du cliquet 7 reste toujours en pénétration dans ladite denture.