Résumé de l’invention [0005] Pour résoudre ce problème, il est proposé une montre selon la revendication 1.
[0006] Ainsi, il est proposé de doter l’élément de support d’au moins deux branches ayant une extrémité commune au niveau de laquelle s’effectue le contact thermique avec la plaque froide du module thermoélectrique, les autres extrémités des branches - dites secondes extrémités - étant destinées à être solidaires de la carrure. Par conséquent, l’élément de support joue un rôle d’amortisseur de chocs, de sorte à éviter qu’un choc sur la carrure ne se propage au module thermoélectrique. L’élément de support joue donc le double rôle de conducteur thermique et de ressort mécanique à raideur contrôlée. La raideur variant selon le produit ab3, et la conduction thermique variant selon le produit ab, où a et b sont respectivement la largeur et l’épaisseur des branches, il est possible d’optimiser les paramètres thermiques et mécaniques de l’élément de support en choisissant judicieusement les dimensions a et b des branches.
[0007] En outre, l’invention peut comporter les caractéristiques définies dans les revendications dépendantes.
[0008] Dans un mode de réalisation, l’élément de support comporte un anneau métallique passant par les deuxièmes extrémités des branches, et l’anneau est fixé à la carrure de sorte que les deuxièmes extrémités sont solidaires de la carrure par l’intermédiaire de l’anneau. On optimise ainsi la fixation de l’élément de support à la carrure. L’anneau de l’élément de support est par exemple chassé ou/et collé sur la carrure.
[0009] L’élément de support peut être monobloc ou non. Les branches peuvent être de même longueur ou non, de sorte à centrer ou décentrer le module thermoélectrique par rapport à la carrure. L’élément de support peut être fait d’un seul matériau (aluminium, cuivre, CuBe, etc.) ou d’un assemblage de matériaux (dont le graphite par exemple, qui a une forte conductibilité thermique).
[0010] Dans un mode de réalisation, un coussinet à grande conductibilité thermique et fort pouvoir amortisseur mécanique est placé à l’interface entre le fond et le module thermoélectrique. Dans un mode de réalisation qui peut être combiné à celui évoqué à la phrase précédente, un coussinet à grande conductibilité thermique et fort pouvoir amortisseur mécanique
CH 715 068 A2 est placé à l’interface entre le module thermoélectrique et l’élément de support. Les coussinets peuvent être formés d’élastomère chargé avec du verre.
[0011] Dans un mode de réalisation, le fond comporte:
- une partie en matériau conducteur (par exemple en aluminium, CuBe, etc.) agencée de sorte à être en contact avec le poignet lorsque la montre est portée et à diriger le flux thermique vers le module thermoélectrique. Avantageusement, côté poignet, la surface de la partie conductrice couvre la majorité de la surface totale du fond, mais du côté module thermoélectrique (c’est-à-dire le côté opposé au côté poignet), la surface de la partie conductrice est à peine plus grande que la surface de la plaque chaude: ainsi la surface de prélèvement du flux thermique est grande mais le flux est ensuite concentré vers le module thermoélectrique uniquement.
- une partie en matériau isolant (par exemple en ABS, polyamide, etc.) agencée de sorte à diminuer le flux thermique passant directement du fond de la montre vers la carrure sans passer par le module thermoélectrique. La zone périphérique de la partie isolante est destinée à être fixée à la carrure; la zone centrale de la partie isolante est recouverte par la partie conductrice côté poignet.
[0012] Les parties conductrice et isolante peuvent prendre des formes variées pour optimiser les fonctions conductrices et isolantes et pour créer des effets décoratifs. La partie conductrice et la partie isolante peuvent être assemblées au moyen de circlips du côté module thermoélectrique, d’un sertissage, de colle etc.
[0013] Dans un mode de réalisation, la partie isolante est creusée côté module thermoélectrique pour réduire son épaisseur. Plus précisément, la zone centrale de la partie isolante est d’épaisseur plus faible que la zone périphérique de la partie isolante. La raison en est que l’air est meilleur isolant thermique que n’importe quel matériau qui pourrait constituer la partie isolante (car avec des dimensions aussi faibles, les phénomènes de convexion de l’air ne se produisent pas). On pourrait d’ailleurs envisager de remplacer l’air par un autre gaz plus isolant (par exemple de l’argon, du CO2, ou de l’hexafluorure de soufre SF6).
[0014] De même, la platine qui supporte les composants auxquels le générateur thermoélectrique est relié est éventuellement creusée pour augmenter le volume d’air (ou de gaz) et ainsi améliorer l’isolation thermique entre le fond de la montre et les éléments internes de la montre.
[0015] Dans un mode de réalisation, pour renforcer la partie isolante dont l’épaisseur peut être faible pour les raisons mentionnées précédemment, la partie conductrice côté poignet ou la partie isolante côté module thermoélectrique comporte des bras rigides. Les bras peuvent être faits d’un matériau identique ou différent des parties conductrice et isolante.
[0016] Dans un mode de réalisation, un disque jouant le rôle d’écran radiatif thermique est disposé sur la zone centrale de la partie isolante côté module thermoélectrique, pour améliorer l’isolation thermique en évitant les échanges thermiques par radiation. Le matériau utilisé comme écran peut être un matériau à faible émissivité thermique à température ambiante, comme de l’aluminium déposé par spray, évaporation, peinture, etc. Le disque radiatif peut alternativement être fabriqué à partir de matériaux déposés en plusieurs couches sur un film de type PET ou autre, comme des couvertures de survie, puis rapporté sur le fond, côté doré contre le fond. On note que le disque joue également le rôle de cage de Faraday, protégeant la montre contre d’éventuelles décharges électrostatiques.
Description sommaire des dessins [0017] D’autres particularités et avantages ressortiront clairement de la description qui en est faite ci-après, à titre indicatif et nullement limitatif, en référence aux dessins annexés, dans lesquels:
la fig. 1, déjà décrite, représente un générateur thermoélectrique pouvant être utilisé pour fournir de l’énergie électrique à une montre, la fig. 2, déjà décrite, représente un module du générateur thermoélectrique de la fig. 1, installé au niveau du fond d’une montre, la fig. 3 est une vue semi-éclatée d’une montre thermoélectrique selon un mode de réalisation de l’invention, la fig. 4 représente une carrure et un élément de support d’un module thermoélectrique, d’une montre thermoélectrique selon un mode de réalisation de l’invention, la fig. 5 représente une montre thermoélectrique selon un mode de réalisation de l’invention, vue côté fond, fond retiré, la fig. 6 représente un fond d’une montre thermoélectrique selon un mode de réalisation de l’invention, vue côté poignet, la fig. 7 représente un fond d’une montre thermoélectrique selon un mode de réalisation de l’invention, vue côté module thermoélectrique,
CH 715 068 A2 la fig. 8 représente un fond d’une montre thermoélectrique selon un mode de réalisation de l’invention, vue côté poignet, la fig. 9 représente un fond d’une montre thermoélectrique selon un mode de réalisation de l’invention, vue côté module thermoélectrique, la fig. 10 représente une montre thermoélectrique selon un mode de réalisation de l’invention, vue côté fond, fond retiré, la fig. 11 représente un fond d’une montre thermoélectrique selon un mode de réalisation de l’invention, vue côté module thermoélectrique, surmonté d’un écran thermique radiatif.
Description détaillée des modes de réalisation préférés [0018] La fig. 3 est une vue éclatée d’éléments d’une montre PH thermoélectrique selon un mode de réalisation de l’invention. La montre PH comporte:
- une carrure CR
- une platine PT installée dans la carrure CR
- des éléments EA à alimenter en énergie électrique supportés par la platine PT
- un fond FD fixé à la carrure CR
- un générateur thermoélectrique comportant un module thermoélectrique MT, ledit module MT comportant une plaque dite chaude PC, une plaque dite froide PF, et des piliers semi-conducteurs PS s’étendant entre la plaque chaude PC et la plaque froide PF
- un élément de support SP connecté mécaniquement à la carrure CR, entre le fond FD et la platine PT, le module thermoélectrique MT étant disposé entre l’élément de support SP et le fond FD.
[0019] L’élément de support SP joue un double rôle d’amortisseur (protégeant le module thermoélectrique d’éventuels chocs) et de moyen d’évacuation de chaleur vers la carrure CR.
[0020] L’élément de support SP est formé d’un anneau AN et d’une pluralité de branches BC s’étendant les unes vers les autres depuis l’anneau AN. Ainsi, les branches BC comportent une extrémité commune EX1 (au centre de l’anneau dans le cas où les branches sont toutes sensiblement de même longueur, décentrée par rapport à l’anneau sinon). Les autres extrémités des branches, dites deuxièmes extrémités EX2, sont connectées à l’anneau AN. Ledit anneau AN est fixé à la carrure CR; l’anneau AN est par exemple chassé ou/et collé ou/et vissé ou/et clipsé sur la carrure CR. On pourrait alternativement imaginer que l’élément de support SP ne comporte pas d’anneau AN, et que les deuxièmes extrémités EX2 des branches soient directement fixées (par exemple collées) à la carrure CR. L’anneau AN n’a pas à être un très bon conducteur thermique (un anneau en acier suffit), mais les branches BC doivent l’être: ainsi, elles sont avantageusement en cuivre, en argent, en or, en aluminium, ou en un alliage comportant ces matériaux comme base. Par ailleurs, dans le mode de réalisation de la fig. 3, les branches BC sont au nombre de quatre, mais elles pourraient être plus ou moins nombreuses. La fig. 4 montre un mode de réalisation dans lequel l’élément de support SP comporte trois branches BC.
[0021] Le module thermoélectrique MT est positionné au niveau de l’extrémité commune EX1 des branches BC, la plaque froide PF étant directement ou indirectement en contact avec ladite extrémité commune EX1. Dans le cas où la plaque froide PF est indirectement en contact avec l’extrémité commune EX1 des branches BC, un coussinet CSf à grande conductibilité thermique et fort pouvoir amortisseur mécanique est positionné entre la plaque froide PF et l’extrémité commune EX1, comme cela est visible à la fig. 5. Quant à la plaque chaude PC, elle est, elle-aussi, directement ou indirectement en contact avec le fond FD. Dans le cas où la plaque chaude PC est indirectement en contact avec le fond FD, un coussinet CSc à grande conductibilité thermique et fort pouvoir amortisseur mécanique est positionné entre la plaque chaude PC et le fond FD, ledit coussinet CSc étant visible sur la fig. 7. Des coussinets de ce type peuvent être réalisés en élastomère chargé avec du verre, du carbone, du graphite ou du diamant.
[0022] Comme représenté aux fig. 6 et 7, le fond FD est formé de deux parties: une partie thermiquement conductrice CD centrale et une partie thermiquement isolante IS. La partie isolante IS est elle-même formée de deux zones: une zone centrale ISc et une zone périphérique ISp. Du côté poignet (voir fig. 6), la partie conductrice CD recouvre la zone centrale ISc de la partie isolante IS, et la zone périphérique ISp de la partie isolante IS entoure la partie conductrice CD. En outre, la zone centrale ISc de la partie isolante IS comporte une ouverture traversante (centrée, dans le mode de réalisation de la fig. 7, mais qui pourrait alternativement être décentrée, en fonction de la position du module thermoélectrique), rendant une zone de la partie conductrice CD, dite zone de contact CDz, accessible depuis le côté module thermoélectrique. La zone de contact CDz est destinée à être en contact direct ou indirect avec le module thermoélectrique MT. Ainsi, une face de la partie conductrice CD est en contact avec le poignet lorsque la montre est portée, et le flux thermique traverse la partie conductrice CD et est amené au niveau de la zone de contact CDz pour être dirigé sur la plaque chaude PC du module thermoélectrique MT. La partie isolante IS, quant à elle, permet de limiter les flux thermiques entre le poignet et la carrure CR de la montre ne passant pas par le module thermoélectrique MT. En d’autres termes, le flux thermique est forcé à passer du fond FD à la carrure CR en passant par le module thermoélectrique MT.
CH 715 068 A2 [0023] Dans le mode de réalisation de la fig. 7, la partie conductrice CD est fixée à la partie isolante IS au niveau de la zone de contact CDz, au moyen d’un circlip CL. Alternativement, la partie conductrice CD pourrait être fixée à la partie isolante au niveau de la zone de contact CDz, au moyen d’un sertissage TS, comme c’est le cas du mode de réalisation montré à la fig. 9.
[0024] On remarque en outre que l’épaisseur de la zone centrale ISc de la partie isolante IS est inférieure à l’épaisseur de la zone périphérique ISp, de sorte que le fond FD ait un aspect creusé du côté module thermoélectrique. La zone périphérique ISp est destinée à être fixée à la carrure CR, elle comporte donc des trous de fixation FX et doit être solide, d’où son épaisseur. En revanche, du côté module thermoélectrique, la zone centrale ISc est en vis-à-vis des branches BC de l’élément de support SR L’air étant meilleur isolant que n’importe quel matériau utilisé pour réaliser la partie isolante IS, il est préférable d’éloigner la zone centrale ISc des branches BC pour augmenter l’isolation. Le volume vide pourrait alternativement être rempli d’un gaz meilleur isolant que l’air, tel de l’argon. On note que le volume pourrait alternativement être rempli de mousse polyuréthane. En outre, pour augmenter ledit volume et ainsi améliorer l’isolation, il est avantageux de creuser la platine PT également, comme cela est visible aux fig. 3 et 10.
[0025] La fig. 8 montre une forme alternative de la partie conductrice CD, côté poignet. Dans ce mode de réalisation, la partie conductrice CD comporte des bras rigidifiés BR permettant de renforcer mécaniquement ladite zone centrale ISc, en particulier lorsque cette dernière est rendue fragile par sa faible épaisseur. Avantageusement, ces bras BR s’étendent radialement et viennent recouvrir la zone périphérique ISp de la partie isolante IS. Le renfort mécanique pourrait alternativement être réalisé au niveau de la zone centrale ISc elle-même, en surmontant la zone centrale ISc de bras BR’ s’étendant radialement sur la face côté module thermoélectrique, La fig. 9 illustre un tel mode de réalisation.
[0026] Par ailleurs, dans un mode de réalisation illustré à la fig. 11, la montre PH comporte un écran thermique EC radiatif recouvrant la zone centrale ISc de la partie isolante IS côté module thermoélectrique, et permettant d’éviter les échanges thermiques par radiation entre le fond FD et l’élément de support SP. L’écran thermique EC est avantageusement réalisé de la même manière que les couvertures de survie, le côté aluminium étant tourné vers l’élément de support, le côté doré (en plastique) étant caché. L’écran EC est collé ou pincé sur sa périphérie entre le fond FD et la carrure CR. Etant donné que l’écran thermique EC comporte une face métallique, il fait également office d’écran de Faraday permettant de protéger la montre PH contre d’éventuelles décharges électrostatiques. L’écran thermique EC radiatif pourrait alternativement être réalisé par évaporation d’aluminium ou par application d’un spray sur la zone centrale ISc de la partie isolante IS, du côté module thermoélectrique.
[0027] Bien entendu, la présente invention ne se limite pas à l’exemple illustré mais est susceptible de diverses variantes et modifications qui apparaîtront à l’homme de l’art.
Revendications
1. Montre thermoélectrique (PH), comprenant un module thermoélectrique (MT) comportant une plaque dite chaude (PC) et une plaque dite froide (PF) reliées par des piliers semi-conducteurs (PS), la plaque chaude (PC) étant connectée thermiquement avec le fond (FD) de la montre (PH), la plaque froide (PF) étant connectée thermiquement avec la carrure (CR) de la montre (PH) par l’intermédiaire d’un élément de support (SP) à au moins deux branches (BC), les au moins deux branches (BC) ayant une extrémité commune (EX1) au niveau de laquelle est maintenue la plaque froide (PF) du module thermoélectrique (MT).