Charrue rotative.
La présente invention a pour objet une charrue rotative, caractérisée par ce que les outils destinés à pénétrer dans le terrain sont fixés radialement la périphérie des roues motrices de la charrue, avec l'avan- tage que ces outils, auxquels on continuera de donner par analogie le nom de socs, servent en même temps à labourer la terre et à assurer la progression de la charrue, tout en simplifiant de beaucoup le travail de la machine.
La charrue peut être pourvue de deux ou bien de quatre roues portant ces socs de manière à pouvoir labourer en peu de temps une très grande superficie.
Il faut pourtant avoir égard à certaines conditions déterminant l'efficacité et le rendement de la charrue ordinaire et de la charrue rotative par rapport au travail que l'on doit accomplir et en dépendance de la nature du terrain dans lequel agissent les deux charrues.
La charrue ordinaire ne creuse qu'un seul sillon à la fois, de profondeur variable dépendant de la nature du terrain et de 'espèce de la culture à laquelle il est destiné ; la puissance motrice est réglée par rapport à ce travail ; en outre, le sillon de la charrue ordinaire est continu.
La charrue rotative creuse plusieurs sillons et les socs qui travaillent à la fois peuvent être au nombre de deux, quatre ou plus.
Si l'on songe que la préparation du terrain doit être réglée d'après la culture à laquelle ce terrain est destiné, on comprend aisément que dans certains cas, il est avantageux d'employer la charrue rotative lors même qu'il faudrait achever le labourage moyennant une charrue ordinaire, la. charrue rotative ayant pour tâche préaratoire de découper et de renverser les mottes de terre, et la charrue ordinaire, de remuer le terrain à des profondeurs plus considérables.
Une forme d'exécution de la charrue suivant la présente invention est représentée, à titre d'exemple et schématiquement, dans le dessin ci-joint dans lequel :
Fig. i est une vue en élévation latérale ;
La fig. 2 est une vue en plan de la charrue, les ouvertures semi-circulaires des roues étant omises ;
Les fig. 3 et 4 montrent, à une échelle agrandie un soc vu respectivement de profil. et en plan.
La charrue est munie de deux paires de roues a et b ; les roues d'avant-train a sont placées à peu près en contact entre elles ; les roues b d'arrière sont séparées par un espace égal à celui qui est occupé par les roues antérieures, de manière que la charrue en avançant régulièrement laboure qua tre bandes b'a'a'b', à peu près en contact entre elles le long de leurs bords, si bien que le travail d'une paire de roues n'empiète pas sur le travail de l'autre paire, mais au contraire le complète.
La jante de chaque roue porte à sa périphérie des socs o disposés à égale distance les uns des autres. Ces socs occupent à leur base d toute la largeur de la jante avec des bor. ds recourbés-e qui finissent en pointe /"formant à la-partie postérieure une ligne tranchante g.
Ainsi qu'on peut s'en rendre compte par la fig. 1, les socs rencontrent le terrain avec leur pointe à peu près normalement, et s'enfoncent dans le terrain par pénétration, en le brisant et en le remuant pour s'y affermir ; mais lorsqu'ils sortent du terrain, ils soulèvent la masse qui s'est accumulée contre la surface postérieure/1, la renversant latéralement.
La charrue est pourvue d'un moteur m relié d'une manière convenable aux deux paires de roues qui fonctionnent toutes les deux comme roues de traction.
Ces roues ont leur essieu fixe et ne sont pas pourvues de dispositif de direction, les charrues suivant ordinairement des parcours rectilignes ; cependant pour les mouvements latéraux éventuels, on a prévu une roue de guidage 1 manoeuvrée, au moyen de la tige n et des pignons coniques o, par le mécanicien assis sur le siège s.
La terre remuée et soulevée par les socs est renversée, à cause de l'obliquité des bords e, des deux côtés de la roue ; mais comme il peut arriver qu'elle reste pour quelque temps adhérente aux socs et qu'elle soit lancée sur le véhicule pendant son mouvement rotatoire, les roues a et b ont été pourvues de couvertures r semblables aux garde-boue des voitures.
La charrue que l'on vient de décrire est pourvue de tous les dispositifs en usage dans les tracteurs automobiles, que l'on a omis dans le dessin, car ils ne constituent pas des éléments caractéristiques de la présente invention.
Le labourage effectué avec cette charrue ressemble parfaitement à celui qui est fait par l'homme avec la pioche, et qui reste toujours le labourage typique par excellence.
Au lieu de la roue de guidage 1, on peut appliquer convenablement sur la partie an térieure de la charrue des disques tranchants, fonctionnant en brise-mottes et complétant le travail des roues. Ces disques, que l'on n'a pas montrés dans le dessin, devraient être disposés par couples, deux ou quatre, symétriquement par rapport au plan vertical médian. Le mécanicien avec un moyen convenable quelconque pourrait rendre inactif les couples ou le couple de disques d'un seul côté ; la résistance qu'opposent alors les autres couples maintenus actifs causerait la déviation de la charrue.
La charrue rotative que l'on vient de dé- crire peut être modifiée suivant les circonstances pour des buts différents.
Si l'on veut approfondir le travail des roues d'avant-train, on peut disposer les roues d'arrière de manière à leur faire suivre le parcours des roues antérieures, et on effectue par là un travail double sur la même zone de terrain. Dans ce cas, on peut disposer les socs des roues d'arrière de manière qu'ils labourent le terrain dans les espaces qui ne sont pas labourés par les roues d'avant-train, c'est-à-dire dans les es paces appartenant aux portions des zones périphériques comprises entre les socs successifs ; on aura alors un labourage continu
du terrain, ainsi que dans la charrue or
dinaire.
On peut même appliquer quatre roues
d'avant-train et quatre roues d'arrière-train ;
puisque la largeur des jantes des roues n'est
soumise à aucune restriction, ces roues peu
vent se convertir en rouleaux, portant cha
cun deux ou plus séries de socs. On peut
adopter deux rouleaux, un rouleau d'avanttrain et un rouleau d'arrière, ayant chacun quatre séries de socs ; dans ces dispositifs mêmes, il convient que les socs des rouleaux
d'arrière soient disposés de manière à la
bourer le terrain dans les espaces qui ne
sont pas labourés par les socs d'avant
train.
On rappelle encore, comme l'on a déjà
dit, que le labourage accompli par la charrue rotative n'empêche pas un labourage
ultérieur avec une charrue ordinaire, cha
que fois que les exigences de la culture le
demandent ou le conseillent ; dans ce cas, le
travail de la charrue ordinaire sera beau
coup facilité par suite de la préparation du
terrain par la charrue rotative.