Mouvement de montre à ressorts moteurs On connaît déjà des mouvements de montre équipés de deux barillets contenant chacun un ressort. Un des barillets est relié au rouage du mouvement alors que l'autre actionne par exemple la sonnerie d'un réveil.
Dans certains cas, cependant, la force des deux res sorts logés dans les barillets est utilisée pour actionner le rouage afin de réaliser des mouvements de montre à longue durée de marche. Les barillets tournent alors plus lentement que ce n'est le cas dans les mouvements usuels et il en est de même du premier mobile du train d'engre nage multiplicateur qui est entraîné simultanément par les deux barillets.
La présence de deux barillets permet d'obtenir une force motrice importante. Dans certains cas, le premier mobile du train est placé à l'amont du mobile de grande moyenne et le rouage comprend cinq mobiles. Dans d'autres cas, l'organe indicateur des minutes. est entraîné indirectement et le train d'engrenage ne comprend que quatre mobiles.
Un mouvement de montre-bracelet connu, à deux barillets, comporte un renvoi en prise avec chacun des deux barillets et avec le pignon du mobile de grande moyenne. Cette disposition permet de placer la roue de grande moyenne entre les barillets et par conséquent de réduire la hauteur du mouvement.
D'autre part, on cherche depuis un certain temps à améliorer la précision de fonctionnement des montres mécaniques à balancier et à ressort spiral en élevant la fréquence du système oscillant à une valeur supérieure à la valeur usuelle de 18 000 alt/h. On sait, en effet, qu'il est possible d'obtenir une amélioration des performances d'un mouvement de montre en élevant la fréquence de l'ensemble oscillant jusqu'à une valeur de l'ordre de 30 000 alt/h ou au-delà, mais la réalisation pratique de tels mouvements, et notamment de mouvements de mon tre-bracelet dont les dimensions restent dans des limites acceptables, présente des difficultés.
En effet, la consom- mation d'énergie augmente dans des proportiôns consi dérables. Même en choisissant une disposition aussi judi cieuse que possible pour le rouage, il est nécessaire de lui fournir une puissance motrice atteignant deux à trois fois celle des organes moteurs usuels dans les montres-bra celets. L'incorporation d'un moteur produisant une telle puissance dans un mouvement de montre-bracelet ne pose pas seulement des problèmes de dimensions, mais égale ment des problèmes de résistance des matériaux.
Le pre mier mobile du rouage, de même que le dernier mobile du mécanisme de remontage automatique, dans le cas où un tel mécanisme est prévu, ont à subir des forces consi dérables, ce qui entraîne la nécessité de prévoir les paliers qui supportent ces mobiles de telle façon qu'ils ne ris quent pas d'être détériorés rapidement. Cette difficulté s'ajoute naturellement à celles qui découlent du dimen- sionnement d'un mouvement de montre comportant un moteur ayant une réserve de marche suffisante.
Ainsi, on a constaté que si le premier mobile du train multiplicateur est un mobile de grande moyenne, dont l'arbre porte la chaussée, à laquelle est assujettie l'aiguille des minutes, et si un ressort moteur apte à entraîner le rouage et assurant une réserve de marche suffisante est logé dans un barillet de construction usuelle, la réalisa tion d'un mouvement de montre, notamment un mouve ment de montre-bracelet, ayant des dimensions accepta bles et dont les paliers du mobile de grande moyenne aient une résistance suffisante se heurte à des difficultés, et cela même si l'on renonce à équiper le mouvement d'un dispositif de remontage automatique comportant une masse oscillante coaxiale audit mobile de grande moyenne.
La présente invention a pour but d'apporter une solution à ces problèmes.
Pour cela, l'invention a pour objet un mouvement de montre à ressorts moteurs comprenant un oscillateur à balancier et à ressort spiral et deux barillets contenant chacun un ressort moteur, les dentures de ces barillets étant en prise avec un même mobile constituant le pre mier mobile d'un train d'engrenage multiplicateur action nant l'oscillateur, caractérisé en ce que ce dernier est agencé de façon à osciller à une fréquence supérieure à 30 000 alt/h et en ce que ledit mobile du train d'engre nage multiplicateur est le mobile de grande moyenne.
Grâce à cette disposition, les sollicitations sur les paliers du premier mobile peuvent être réduites dans une mesure permettant de réaliser un mouvement de montre- bracelet à fréquence élevée ayant une grande puissance motrice et' dont tous les organes sont judicieusement dimensionnés.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution du mouvement de montre selon l'in vention.
La fig. 1 est une vue en plan du mouvement. certains ponts et une partie des mobiles du rouage étant enlevés. La fig. 2 est une vue en plan analogue à la fig. 1.
dans laquelle seul le pont du mécanisme automatique est enlevé.
La fig. 3 est une vue en coupe selon la ligne 111-11I de la fig. 1.
La fig. 4 est une vue en coupe selon IV-IV de la fig. 2. La fig. 5 est un schéma montrant le jeu des forces sur un des mobiles visible à la fig. 2, et la fig. 6 est un diagramme de ces mêmes forces.
Les éléments généraux du mouvement de montre- bracelet représenté au dessin sont visibles aux fig. 1 et 3. La platine circulaire 1 et le pont de rouage 2 ainsi que le coq 3 et le pont de barillet 4 maintiennent en place deux barillets 5 et 6, un mobile de grande moyenne 7, un mobile de petite moyenne 8. un mobile de seconde 9. une roue d'ancre 10 et un balancier<B>11.</B> L'ancre 12 pivote d'une part sur la platine 1 et, d'autre part, sur un pont d'ancre 13 assujetti à la platine et s'étendant sous le balancier 11. Le palier supérieur 14 (fig. 3) du mobile de grande moyenne 7 est fixé à un pont intermédiaire 15 qui s'étend entre les tambours des barillets 5 et 6, en passant au-dessus de leur denture.
Les dentures de ces tambours de barillet sont toutes deux en prise avec le pignon du mobile 7 de grande moyenne et l'entraînent en rotation à raison d'un tour par heure. Les rapports de multiplication entre le mobile de grande moyenne et le mobile de petite moyenne ainsi qu'entre ce dernier et le mobile de seconde 9 sont normaux. En revanche, le rap port entre le mobile de seconde 9 et le pignon de la roue d'ancre 10 est de<B>100</B> à 7. D'autre part, la roue d'ancre présente sur son pourtour 21 dents, de sorte que, pour que le rouage tourne à la vitesse conventionnelle, la fré quence des oscillations du balancier 11 doit être<B>de</B> 36 000 alternances par heure.
Comme on le voit à la fig. 3, le mobile de grande moyenne 7 comprend un arbre creux 16 que traverse l'arbre 17 du mobile de seconde 9 et qui porte la chaus sée 18. Celle-ci est logée de façon usuelle dans une creu- sure 19 de la platine. Elle engrène avec une roue de minuterie 20 qui pivote sur un tenon 21 fixé à la platine et qui entraîne la roue des heures 22, coaxiale à la chaussée 18. Le mobile de seconde 9 pivote dans un palier 23 fixé au pont 15 et dans un palier supérieur 24 fixé au pont 2.
Pour assurer le remontage automatique des ressorts moteurs, logés dans les barillets 5 et 6, le mouvement décrit comprend un mécanisme qui est visible à la fig. 2. II comprend une masse oscillante (non représentée) soli daire d'un arbre 26 qui pivote, d'une part, dans un palier 27 solidaire du pont 2 et, d'autre part, dans un pont 29 du mécanisme de remontage automatique. L'arbre 26 est solidaire d'un pignon de masse oscillante 30 qui est coaxial au mobile de grande moyenne 7.
Par l'intermé diaire d'un renvoi 31, en prise avec les deux éléments 32 et 33 d'un inverseur. il assure la commande d'un train d'engrenage démultiplicateur qui comprend un pignon 34 solidaire du mobile 33 de l'inverseur, un second mo bile démultiplicateur 35 logé dans une creusure de la platine sous le barillet 6, un renvoi 36 coaxial à ce baril let 6 et un troisième mobile démultiplicateur 37 dont le pignon 38 est en prise avec la roue à rochet 39 que porte l'arbre 40 du barillet 6 à son extrémité opposée à la platine.
La présence de trois mobiles démultiplicateurs 34, 35 et 37 assure une très grande démultiplication des mouvements de la masse oscillante et permet ainsi, à cette dernière. de vaincre le couple de résistance des roues à rochet 39 et 41 et ainsi d'armer simultanément les deux ressorts moteurs logés dans les barillets 5 et 6, pour un faible déséquilibre de cette masse.
Pour terminer la description du mouvement repré senté au dessin, on notera encore (fig. 4) que la tige de remontoir 42 qui pivote entre la platine 1 et le pont de barillet 4 peut actionner par l'intermédiaire d'un méca nisme usuel comprenant un pignon coulant 43 et un pignon de remontoir 44, soit la mise à l'heure des aiguilles, soit le remontage manuel du barillet. Dans le premier cas, le pignon coulant 43 est amené en prise, sous l'effet d'une tirette (non représentée) avec un pre mier renvoi de mise à l'heure 45 qui actionne lui-même un second renvoi 46 maintenu en prise avec la roue de minuterie 20. Dans le second cas, le pignon coulant 43 engrène avec le pignon 44 qui actionne la roue de cou ronne 47. Cette dernière tourne autour d'une goutte 48 sur laquelle elle est maintenue par la vis 49.
La goutte 48 est elle-même échancrée en 50 (fig. 2) de sorte que la roue de couronne 47 peut se déplacer de façon à per mettre la rotation de la roue 9 rochet 41 dans le sens horaire vu à la<U>fi-.</U> 2, lorsque le pignon 38 l'actionne alors qu'inversement, si l'on actionne la tige 42 de façon à faire tourner la roue 47 dans le sens antihoraire vu à la fig. 2, elle est maintenue en prise avec la roue à rochet 41 et actionne cette roue de même que la roue 39 par l'inter médiaire du pignon 38.
A la fig. 5 on a représenté un schéma des sollicita tions que subit le mobile de grande moyenne 7. Le pignon 7' de ce mobile est en prise avec les deux baril lets 5 et 6. dont les dentures exercent sur ce pignon des forces qui sont dirigées dans les sens des deux flèches F représentées aux fig. 5 et 6. Les barillets 5 et 6 tournent dans le sens des flèches 51 et 52. Le couple dû aux forces tangentielles que subit le mobile de grande moyenne est équilibré par un couple résistant exercé sur la roue du mobile 7 par le pignon 8' du mobile de petite moyenne 8.
L'effet de ce couple résistant sur le mobile 7 est une force tangentielle f exercée sur la roue du mobile 8. Cette force est réduite par rapport à F dans le même rap port que celui de la transmission. La somme des forces tangentielles est équilibrée elle-même par les réactions (k, +k") exercées par les paliers, de sorte que si l'on reporte les forces dans un diagramme comportant des axes de coordonnées xy (fig. 6) on obtient les équations suivantes 1) #:Xi=-F,-F,-f,+kl,+k@=0 2) :
#Yi=F9-Fo-fp+klY+kzy=0 Si la totalité du couple moteur était transmise au mobile 7 par un seul barillet, on aurait en revanche les équations suivantes l') #±X; = - 2Fx -f#, + kl,,, + k."<B>,</B> = 0 2') :#:Y;
= - 2F, -fo + kt,y + k."5, = 0 Les équations 1) et l') donnent les mêmes valeurs pour la composante x des réactions des paliers, mais les équations 2) et 2') donnent respectivement k,,, + kV,y = fy, et k,,, + k"y = fy + 2F\.
On voit immédiatement que les réactions des paliers seront plus faibles dans le premier cas.
La disposition décrite permet ainsi de réduire les épaisseurs des ponts et les dimensions des pivots. Elle permet aussi de ramener les dimensions générales du mouvement à des valeurs acceptables alors même que l'énergie emmagasinée dans les barillets assure une réserve de marche suffisante, compte tenu du fait que l'ensemble oscillant est ajusté à 36 000 alt/h et que, de plus, la présence d'un mécanisme de remontage automa tique nécessite une réserve de marche accrue pour assurer une marche correcte de la montre même dans le cas où le porteur n'effectue que peu de mouvements, durant d'assez longues périodes.
Le mouvement de montre décrit présente en outre l'avantage de posséder un mécanisme de remontage auto matique à très forte démultiplication qui assure un remontage effectif sous l'effet de déplacements très fai bles et cela malgré l'importance du couple moteur fourni par l'action conjuguée des deux ressorts moteurs, ce couple pouvant être de l'ordre de<B>1500</B> à 2000 g/mm.