La présente invention concerne le domaine des écrans
plats de visualisation à micropointes.
La figure 1 représente schématiquement la structure
d'un écran plat à micropointes du type auquel se rapporte l'invention.
Un tel écran à micropointes est essentiellement constitué
d'une cathode 1 à micropointes 2 et d'une grille 3 pourvue de
trous 4 correspondant aux emplacements des micropointes 2. La
cathode 1 est placée en regard d'une anode cathodoluminescente 5
dont un substrat de verre 6 constitue généralement la surface
d'écran.
Les conducteurs de cathode sont disposés en colonnes
sur un substrat de verre 10. Les micropointes 2 sont réalisées
sur une couche résistive 11 déposée, par exemple, sur les conducteurs
de cathode et sont classiquement disposées à l'intérieur de
mailles définies par les conducteurs de cathode. La figure 1
représente partiellement l'intérieur d'une maille, les conducteurs
de cathode n'apparaissent pas sur cette figure. La cathode
1 est associée à la grille 3 qui est elle organisée en lignes.
L'intersection d'une ligne de la grille 3 et d'une colonne de la
cathode 1 définit un pixel.
Ce dispositif utilise le champ électrique créé entre la
cathode 1 et la grille 3 pour que des électrons soient extraits
des micropointes 2 vers des éléments luminophores 7 de l'anode 5.
Dans le cas d'un écran couleur, tel que représenté à la figure 1,
l'anode 5 est, par exemple, pourvue de bandes alternées d'éléments
luminophores 7, correspondant chacune à une couleur (bleu,
rouge, vert). Les bandes sont séparées les unes des autres par un
isolant 8. Les éléments luminophores 7 sont déposés sur des électrodes
9, constituées de bandes correspondantes d'une couche
conductrice transparente telle que de l'oxyde d'indium et d'étain
(ITO). Les ensembles de bandes bleues, rouges, vertes sont alternativement
polarisés par rapport à la cathode 1 pour que les
électrons extraits des micropointes 2 d'un pixel de la cathode/
grille soient alternativement dirigés vers les éléments luminophores
7 en vis à vis de chacune des couleurs. Dans le cas d'un
écran monochrome (non représenté), l'anode est constituée d'un
plan d'éléments luminophores de même couleur ou de deux ensembles
de bandes alternées d'éléments luminophores de même couleur.
La présente invention concerne plus particulièrement la
cathode/grille d'un tel écran.
Les figures 2A à 2D illustrent un exemple de structure
classique d'une cathode/grille d'écran à micropointes, les
figures 2B et 2D étant respectivement des agrandissements de parties
des figures 2A à 2C. Plusieurs micropointes 2, par exemple
seize, sont disposées dans chaque maille 12 définie par les
conducteurs de cathode 13 (figure 2B). L'intersection d'une ligne
14 de la grille 3 et d'une colonne 15 de la cathode 1 correspond
ici, par exemple, à soixante-quatre mailles 12 d'un pixel de
cathode (figure 2A).
La cathode 1 est généralement constituée de couches
déposées successivement sur le substrat de verre 10. Les figures
2C et 2D représentent, partiellement, une vue en coupe selon la
ligne A-A' de la figure 2B. Une couche conductrice est déposée
sur le substrat 10. Cette couche est gravée selon un motif de
colonnes 15, chaque colonne comportant des mailles 12 entourées
de conducteurs de cathode 13. Une couche résistive 11 est ensuite
déposée sur ces conducteurs de cathode 13. Cette couche résistive
a pour objet de protéger chaque micropointe 2 contre un excès de
courant à l'amorçage d'une micropointe 2. Une telle couche résistive
11 homogénéise l'émission électronique des micropointes 2
d'un pixel de la cathode 1 et accroít ainsi sa durée de vie. La
couche résistive est déposée, soit sur la couche conductrice
constitutive des conducteurs de cathode, soit sous cette couche
conductrice comme cela est décrit dans le document
EP-A-0 696 045. Une couche isolante 16 est déposée sur la couche
résistive il pour isoler les conducteurs de cathode 13 de la
grille 3 (figure 2D), formée dans une couche conductrice. Des
trous 4 et des puits 17 sont respectivement pratiqués dans les
couches 3 et 16 pour recevoir les micropointes 2.
Pour éviter les fuites de courant d'une colonne à l'autre
de la cathode (qui engendrent un échauffement excessif de la
cathode pouvant conduire à une casse de l'écran au cours du fonctionnement),
la couche résistive 11 doit, le plus souvent, être
gravée, en colonnes correspondant aux colonnes (15, figure 2A) de
la cathode. Une telle gravure nécessite un masque distinct de
celui utilisé pour la réalisation des conducteurs de cathode, la
couche résistive n'étant pas maillée.
La figure 3 illustre schématiquement et en perspective,
un exemple d'adressage classique d'un écran à micropointes.
Pour des raisons de clarté, le maillage des colonnes K
de la cathode 1 n'a pas été représenté. De même la cathode 1 a
été représentée écartée de la grille 3 alors que, en pratique,
les sommets des micropointes 2 arrivent au niveau des trous 4
réalisés dans la grille 3. En outre, seuls neuf micropointes par
pixel ont été représentées. En pratique, elles sont au nombre de
plusieurs milliers par pixel d'écran. Côté anode 5, les surfaces
des pixels P sont représentées en traits mixtes.
L'affichage d'une image s'effectue pendant un temps
d'image (par exemple, 20 ms pour une fréquence de 50 hertz) en
polarisant convenablement l'anode 5, la cathode 1 et la grille 3
au moyen d'un circuit électronique de commande (représenté partiellement
pour la commande de la grille).
S'agissant d'une anode 5 d'écran monochrome, le plan
d'éléments luminophores de l'anode est polarisé en permanence à
un potentiel Va permettant d'attirer les électrons émis par les
micropointes 2. Ce potentiel est choisi en tenant compte, notamment,
de la distance qui sépare la cathode/grille de l'anode et
est, par exemple, de l'ordre de 400 volts. Pour un écran couleur,
les bandes d'éléments luminophores de l'anode sont séquentiellement
polarisées par ensemble de bandes d'une même couleur pendant
un temps de trame correspondant au tiers du temps d'image diminué
des temps nécessaires aux commutations.
L'affichage s'effectue ligne par ligne, en polarisant
séquentiellement les lignes L de la grille 3 pendant un "temps de
ligne" durant lequel chaque colonne K de la cathode 1 est portée
à un potentiel Vk qui est fonction de la brillance du pixel à
afficher le long de la ligne courante (par exemple, Lj). La polarisation
des colonnes K de la cathode 1 change à chaque nouvelle
ligne. Un "temps de ligne" (par exemple 40 µs) correspond à la
durée d'une trame divisée par le nombre de lignes L de la grille
3. La ligne courante Lj est portée à un potentiel +Vg (par
exemple, 40 volts) alors que les autres lignes Lj-1, Lj+1 sont à
un potentiel -Vg (par exemple, -40 volts) pendant ce temps de
ligne. Les colonnes K de la cathode sont portées à des potentiels
respectifs Vk(i-1), Vk(i), Vk(i+1) compris entre un potentiel
d'émission maximale et un potentiel d'absence d'émission (par
exemple, respectivement 0 et -40 volts) représentant, à chaque
ligne, la brillance du pixel défini par l'intersection de la
colonne K et de la ligne L. Le choix des valeurs des potentiels
de polarisation est lié aux caractéristiques des éléments luminophores
et des micropointes. Classiquement, en dessous d'une
différence de potentiel de l'ordre de 40 volts entre la cathode 1
et la grille 3, il n'y a pas d'émission électronique, et l'émission
maximale utilisée correspond à une différence de potentiel
d'environ 80 volts.
Les lignes de la grille 3 adressées séquentiellement
sont commandées individuellement par un amplificateur 20, généralement
essentiellement constitué de deux transistors MOS P et N
montés en série entre deux lignes d'alimentation aux potentiels
+Vg et -Vg. Le point milieu de l'association en série des transistors
P et N est connecté à la ligne de grille à laquelle l'amplificateur
20 est associé et les transistors MOS, respectivement
à canal P et à canal N, reçoivent sur leurs grilles des signaux
de commande (non représentés) propres à polariser successivement
les lignes au potentiel haut +Vg, toutes les lignes non adressées
étant portées au potentiel bas -Vg. Il est en effet nécessaire de
ramener les lignes non adressées au potentiel -Vg de façon à éviter
qu'une ligne précédemment adressée soit à un potentiel suffisant
permettant l'extraction d'électrons.
Un inconvénient des écrans classiques est que les
amplificateurs 20 doivent être réalisés en technologie CMOS, ce
qui accroít le coût du circuit de commande. De plus, comme un
amplificateur par ligne est nécessaire, le nombre d'amplificateurs
en technologie CMOS réalisés est loin d'être négligeable
par rapport à l'encombrement et au coût global du circuit de
commande.
On a déjà proposé de simplifier la structure des amplificateurs
de commande des lignes de grille en laissant les lignes
non adressées à un potentiel flottant. Une telle solution
requiert l'emploi, côté cathode, d'une colonne supplémentaire de
micropointes constituant une électrode dite de remise à zéro des
lignes de grille non adressées. Une telle solution est décrite
dans la demande de brevet français n° 2 687 841. Les lignes de
grille y sont prolongées d'un côté de l'écran jusqu'à une colonne
supplémentaire de la cathode. Cette colonne de la cathode est
adressée indépendamment des autres colonnes et est portée, entre
chaque temps de ligne, à un potentiel suffisamment bas par rapport
au potentiel nominal de polarisation de la grille pour permettre
une émission électronique par cette colonne de remise à
zéro. Les électrons alors émis par les micropointes de cette
colonne sont destinés à retomber sur la ligne de grille venant
d'être adressée pour abaisser son potentiel.
Si une telle solution permet de n'utiliser qu'un seul
transistor par amplificateur d'adressage des lignes de grille,
elle présente plusieurs inconvénients.
Tout d'abord, cette solution nécessite l'adjonction
d'une colonne de cathode supplémentaire, et cette colonne doit,
en pratique, être située hors de la zone active de l'écran,
c'est-à-dire de la zone d'affichage, ce qui accroít l'encombrement
de l'écran. De plus, le fait que l'électrode supplémentaire
soit placée à une des extrémités des lignes de grille entraíne
que l'abaissement du potentiel de la ligne venant d'être adressée
est d'autant plus long que les lignes de grille sont longues.
C'est pourquoi, ce document prévoit d'adjoindre une deuxième
colonne de remise à zéro à l'autre extrémité de l'écran. Cela
accroít encore l'encombrement de la surface de l'écran sans
constituer une solution optimale. Par ailleurs, prévoir des
colonnes de remise à zéro réparties entre les colonnes d'affichage
de la cathode constitue une solution inadaptée. Tout
d'abord, il faut alors écarter les colonnes d'affichage de la
cathode ce qui nuit à la résolution de l'écran, les surfaces des
colonnes de remise à zéro devant être importantes pour émettre
une quantité suffisante d'électrons afin de baisser rapidement le
potentiel des lignes de la grille. De plus, cela rend plus complexe
la réalisation de l'anode, qui doit alors être polarisée à
un potentiel inférieur au potentiel d'adressage des lignes de
grille, pour permettre de repousser les électrons émis par la
colonne de remise à zéro vers la grille. En outre, on constate
que l'émission électronique par la ou les colonnes supplémentaires,
entre chaque temps de ligne, nuit à la durée de vie de
l'écran.
Selon un premier aspect, la présente invention vise à
proposer une nouvelle solution pour simplifier la structure des
amplificateurs d'adressage séquentiel des lignes de balayage d'un
écran plat de visualisation à micropointes.
La présente invention vise, en particulier, à proposer
une solution qui ne nécessite pas d'émission électronique.
La présente invention vise également à proposer une
solution qui ne conduise pas à une augmentation de la surface de
l'écran, ni à une diminution de la résolution d'un écran classique.
La présente invention vise également à proposer une
solution qui ne nécessite pas de modification de l'anode d'un
écran classique.
Selon un deuxième aspect, la présente invention vise
également à ce que la simplification de structure des amplificateurs
d'adressage séquentiel des lignes s'accompagne d'une simplification
du procédé de réalisation de la cathode de l'écran.
Pour atteindre ces objets, la présente invention prévoit
un écran plat de visualisation, comportant une cathode à
micropointes d'émission électronique associée à une grille d'extraction
d'électrons des micropointes, la cathode/grille comprenant
des lignes conductrices de grille ou de cathode propres à
être adressées séquentiellement, et des colonnes de cathode ou
respectivement de grille perpendiculaires auxdites lignes et propres
à être adressées individuellement et simultanément pendant
l'adressage d'une ligne, l'écran comportant en outre une électrode
de rappel propre à être polarisée à un potentiel de rappel
correspondant à un potentiel d'absence d'extraction d'électrons,
chaque ligne de grille ou de cathode étant reliée, par l'intermédiaire
d'au moins un élément résistif, à l'électrode de rappel.
Selon un mode de réalisation de la présente invention,
l'électrode de rappel est constituée de lignes conductrices,
intercalées entre deux lignes voisines de la grille ou de la
cathode, et interconnectées au potentiel de rappel.
Selon un mode de réalisation de la présente invention,
lesdites lignes de grille ou de cathode et les lignes de l'électrode
de rappel sont réalisées dans une même couche conductrice
gravée, chaque ligne de l'électrode de rappel étant espacée des
deux lignes voisines de la grille ou de la cathode.
Selon un mode de réalisation de la présente invention,
une couche résistive est présente sur ou sous ladite couche
conductrice.
Selon un mode de réalisation de la présente invention,
chaque ligne de la grille est associée à un amplificateur de commande
dont un étage de sortie comporte exclusivement un transistor
MOS à canal P, intercalé entre un potentiel haut d'adressage
et la ligne, l'électrode de rappel étant polarisée à un
potentiel bas.
Selon un mode de réalisation de la présente invention,
chaque ligne conductrice de l'électrode de rappel est dimensionnée
pour constituer un élément résistif entre une ligne de grille
voisine et le potentiel de rappel.
Selon un mode de réalisation de la présente invention,
chaque ligne de la cathode est adressable par un amplificateur de
commande dont un étage de sortie comporte exclusivement un transistor
MOS à canal N, intercalé entre un potentiel bas d'adressage
et la ligne, l'électrode de rappel étant polarisée à un
potentiel haut.
Selon un mode de réalisation de la présente invention,
les micropointes sont déposées sur ladite couche résistive formant
un élément résistif entre chaque ligne de cathode et l'électrode
de rappel.
Selon un mode de réalisation de la présente invention,
l'électrode de rappel est constituée de conducteurs, intercalés
entre les colonnes de la grille et séparés de la couche conductrice
dans laquelle sont formées les lignes de la cathode, par la
couche résistive.
Selon un mode de réalisation de la présente invention,
l'électrode de rappel est polarisée entre les périodes d'adressage
de deux lignes successives, et est laissée flottante pendant
l'adressage des lignes.
Ces objets, caractéristiques et avantages, ainsi que
d'autres de la présente invention seront exposés en détail dans
la description suivante de modes de réalisation particuliers
faite à titre non-limitatif en relation avec les figures jointes
parmi lesquelles :
les figures 1 à 3 qui ont été décrites précédemment
sont destinées à exposer l'état de la technique et le problème
posé ; la figure 4 représente, vu de dessus, un premier mode
de réalisation d'une grille selon la présente invention associée
à une cathode classique ; la figure 5 représente, partiellement et en perspective
coupée, un deuxième mode de réalisation d'une grille selon la
présente invention associée à une cathode classique ; la figure 6 représente, partiellement et en perspective
coupée, un troisième mode de réalisation d'une grille selon la
présente invention associée à une cathode classique ; la figure 7 représente, vu de dessus, un mode de réalisation
d'une cathode/grille selon un deuxième aspect de la
présente invention ; et la figure 8 représente, partiellement et en perspective
coupée, la cathode/grille de la figure 7.
Les mêmes éléments ont été désignés par les mêmes références
aux différentes figures. Pour des raisons de clarté, les
représentations des figures ne sont pas à l'échelle et seuls les
éléments nécessaires à la compréhension de l'invention ont été
représentés aux figures et seront décrits par la suite.
Une caractéristique de la présente invention est de
ramener chaque ligne de balayage venant d'être adressée à un
potentiel correspondant à un potentiel d'absence d'émission électronique,
au moyen d'un contact ohmique de cette ligne de
balayage avec une électrode de rappel polarisée à ce potentiel.
Comme précédemment, un écran selon la présente invention
est constitué d'une cathode à micropointes associée à une
grille, la cathode/grille étant placée en regard d'une anode
cathodoluminescente pourvue d'éléments luminophores. L'affichage
d'une image s'effectue en adressant séquentiellement des électrodes
en lignes de la grille ou de la cathode, des électrodes en
colonnes perpendiculaires de la cathode ou de la grille étant
adressées simultanément et individuellement pendant l'adressage
de chaque ligne pour fixer les brillances respectives des pixels
définis par les intersections des colonnes avec la ligne courante.
Dans le cas d'un écran couleur, on fixe la brillance de la
composante couleur du pixel correspondant, l'anode étant, par
exemple, pourvue de trois ensembles de bandes alternées d'éléments
luminophores de différentes couleurs. Dans un écran monochrome,
on fixe le niveau de gris du pixel correspondant, l'anode
étant constituée d'un plan d'éléments luminophores de même couleur
ou de deux ensembles de bandes alternées d'éléments luminophores
de même couleur.
Selon un premier aspect de la présente invention, dont
plusieurs modes de réalisation sont illustrés par les figures 4 à
6, les électrodes de balayage sont constituées par des lignes
conductrices de la grille. La cathode est alors, selon ce premier
aspect, une cathode classique organisée en colonnes dont l'adressage
est également effectué de façon classique.
Selon ce premier aspect de l'invention, chaque ligne de
la grille est reliée, par l'intermédiaire d'au moins un élément
résistif, à une électrode dite de remise à zéro ou de rappel,
polarisée à un potentiel bas correspondant à un potentiel auquel
les lignes de grille empêchent l'émission d'électrons.
La figure 4 représente, partiellement et en vue de dessus,
un premier mode de réalisation d'une cathode/grille selon le
premier aspect de l'invention.
Pour des raisons de clarté, un seul trou 4 a été représenté
dans chaque ligne 14 de la grille à l'intersection d'une
colonne 15 de la cathode.
Chaque ligne de la grille est adressable, individuellement
et séquentiellement, au moyen d'un amplificateur de commande
21. Selon l'invention, chaque amplificateur 21 est constitué d'un
seul transistor MOS, ici à canal P, connecté entre un potentiel
haut d'adressage +Vg et la ligne correspondante. Chaque transistor
P est, par exemple, commandé par un signal à deux états C,
une ligne donnée étant adressée quand le signal C est dans un
état bas, c'est-à-dire à un potentiel suffisamment inférieur au
potentiel +Vg pour mettre en conduction le transistor P correspondant.
Les lignes non adressées sont donc laissées à un
potentiel flottant du point de vue des amplificateurs 21 de commande
de ces lignes.
Selon le mode de réalisation de la figure 4, chaque
ligne 14 de la grille est reliée, par l'intermédiaire d'un tronçon
résistif 22, à un conducteur 23 polarisé à un potentiel bas
-Vg. Les tronçons 22 sont, par exemple, constitués d'un conducteur
très fin de façon à rendre résistif le contact entre chaque
ligne 14 et le conducteur 23.
Grâce aux contacts résistifs 22, chaque ligne 14 de la
grille est, en fin d'adressage, ramenée à un potentiel suffisamment
bas pour empêcher toute émission électronique par cette
ligne. Le dimensionnement des tronçons résistifs 22 dépend des
caractéristiques fonctionnelles de l'écran, et, en particulier,
des valeurs respectives des potentiels d'adressage.
La réalisation des tronçons 22 s'effectue, de préférence,
en même temps que la réalisation des lignes 14. Les tronçons
22 sont préférentiellement réalisés dans le même matériau
que les lignes 14 et l'électrode 23, à partir d'une couche
conductrice déposée sur la couche d'isolement (16, figures 2C et
2D) séparant la grille de la cathode.
L'électrode de rappel est, par exemple, polarisée en
permanence au potentiel -Vg. Dans ce cas, une dissipation apparaít
dans l'élément résistif reliant une ligne en cours d'adressage
à l'électrode de rappel. Pour supprimer cette dissipation
pendant l'adressage, on pourra prévoir de ne polariser l'électrode
de rappel qu'entre deux temps de ligne. Dans ce cas, la
seule dissipation qui intervient pendant que l'électrode de rappel
est polarisée est liée au rappel, vers le potentiel bas, de
l'électrode de ligne venant d'être adressée.
A titre d'exemple particulier, pour un écran d'environ
13 cm de diagonale (5 pouces 1/4), les tronçons 22 peuvent être
constitués de conducteurs de 120 mm de long et 12 µm de large.
Avec un matériau (par exemple, du niobium) présentant une résistance
carrée de 4 Ω, on obtient une résistance de 40 kΩ par
tronçon 22. Si le potentiel +Vg est de 80 volts, le potentiel -Vg
étant la masse et les potentiels Vk d'adressage des colonnes
étant compris entre 0 et 40 volts, le courant de fuite lié au
tronçon 22 est de l'ordre de 2 mA, ce qui entraíne une dissipation
d'environ 160 mW. Bien entendu, le tracé des tronçons 22
pourra présenter diverses formes (serpentin, zigzag, etc.) permettant
d'atteindre la résistance souhaitée en fonction de la
place disponible.
La figure 5 illustre, par une vue partielle en perspective
coupée, un deuxième mode de réalisation d'une cathode/grille
d'un écran à micropointes selon le premier aspect de l'invention.
La cathode 1, réalisée sur un substrat 10, par exemple
en verre, est constituée de conducteurs 13 organisés en colonnes
à partir d'une couche conductrice. Une première couche résistive
11 d'homogénéisation de l'émission électronique est interposée
entre les conducteurs de cathode 13 et les micropointes 2 qui
sont déposées sur cette couche résistive. La structure de la
cathode représentée à la figure 5 peut être similaire à celle
illustrée par les figures 2A à 2C. A titre de variante, la couche
résistive pourra être déposée sous les conducteurs de cathode,
les micropointes 2 étant, de préférence, déposées, sur la couche
résistive 11, au centre de mailles définies par les conducteurs
de cathode. La cathode 1 est séparée de la grille 3 par une couche
isolante 16 et la grille est formée dans une couche conductrice
24, gravée selon un motif de lignes 14 perpendiculaires aux
colonnes de la cathode. Selon l'invention, des conducteurs additionnels
27 sont intercalés entre les lignes 14 de la grille. Ces
conducteurs 27 sont interconnectés à une de leurs extrémités et
constituent l'électrode de rappel au potentiel bas -Vg (figure
4). Chaque ligne 14 de la grille est adressée par un amplificateur
21 tel que représenté en figure 4.
Selon le mode de réalisation de la figure 5, une couche
résistive 26 est rapportée sur la couche 24 dans laquelle sont
constituées les lignes 14 et les lignes 27. Chaque ligne 14 de la
grille 3 est donc, latéralement, en contact résistif avec deux
conducteurs 27.
Un avantage de ce mode de réalisation par rapport au
mode de réalisation illustré par la figure 4 est que la résistance
de contact entre les lignes 14 de grille et les lignes 27
est homogène tout le long des lignes 14.
La figure 6 illustre un troisième mode de réalisation
du premier aspect de l'invention qui diffère, du mode de réalisation
exposé en relation avec la figure 5, par le fait que la
couche résistive 26', d'organisation des contacts résistifs entre
les lignes 14 de la grille 3 et les lignes intermédiaires 27 de
l'électrode de rappel, est sous la couche conductrice 24'.
On notera que, dans les deux modes de réalisation
illustrés par les figures 5 et 6, aucune étape de masquage supplémentaire
n'est nécessaire par rapport à un procédé classique de
fabrication d'une cathode/grille. On ajoute simplement une étape
de dépôt (la deuxième couche résistive) et une étape de gravure
des trous dans la couche résistive (dans le même masque de gravure
que celui utilisé classiquement pour graver la couche isolante
16).
Un avantage de la présente invention est qu'elle simplifie
la constitution des amplificateurs de commande des lignes
de balayage, sans qu'il soit nécessaire de procéder à une émission
électronique par des micropointes dédiées à cet effet, ce
qui améliore la durée de vie de l'écran.
Un autre avantage de la présente invention est que les
fins conducteurs 22 (figure 4) ou les lignes intermédiaires 27
(figure 5, 6) de l'électrode de rappel peuvent être d'un encombrement
suffisamment faible pour pouvoir être intercalés entre
chaque ligne 14 de la grille sans nuire à la résolution de
l'écran.
Un deuxième aspect de la présente invention sera décrit
par la suite en relation avec les figures 7 et 8.
Selon ce deuxième aspect de l'invention, les électrodes
de balayage adressées séquentiellement sont constituées par des
lignes conductrices de la cathode à micropointes, et les électrodes
adressées simultanément sont constituées par des colonnes
conductrices de la grille.
La figure 7 représente, partiellement et vu de dessus,
un mode de réalisation d'une cathode/grille selon ce deuxième
aspect. La figure 8 est une vue partielle, en perspective coupée,
d'une cathode/grille selon ce mode de réalisation.
Ici, l'électrode de rappel des lignes de balayage est
destinée à être en contact résistif avec les lignes de la
cathode.
Dans le mode de réalisation représenté aux figures 7 et
8, une couche conductrice 28 est déposée pleine plaque sur le
substrat 10. Cette couche 28 est gravée selon un motif de définition
de lignes 15' de cathode et de conducteurs intermédiaires
29 de l'électrode de rappel. Bien que cela ne soit pas représenté
aux figures 7 et 8, les lignes 15' de la cathode sont, de préférence,
gravées selon un motif de mailles (12, figure 2A, 2B).
Une couche résistive 11 est déposée pleine plaque sur (ou sous)
les conducteurs de cathode et les conducteurs intermédiaires 29.
Les conducteurs intermédiaires 29 intercalés entre les lignes 15'
sont interconnectés à une extrémité de l'écran et la ligne d'interconnexion
30 (figure 7) est destinée à être polarisée à un
potentiel haut +V1 correspondant à un potentiel d'absence d'émission
électronique. Chaque ligne 15' est adressable individuellement
au moyen d'un amplificateur de commande 32 (figure 7),
essentiellement constitué ici d'un transistor MOS à canal N
connecté entre l'extrémité de la ligne 15' et un potentiel bas
-V1 d'adressage de la ligne concernée. Les transistors N sont
commandés séquentiellement par des signaux C' à deux états, une
ligne étant adressée lorsque le signal C' est dans un état haut
(à un potentiel supérieur au potentiel -V1) rendant conducteur le
transistor N. Les lignes non adressées sont laissées flottantes
par leurs amplificateurs de commande respectifs 32.
Comme pour le cas où la grille constitue les électrodes
de balayage, l'électrode de rappel est polarisée soit en permanence,
soit temporairement à la fin de chaque temps de ligne.
La couche résistive 11, déposée pleine plaque sur les
lignes 15' et 29, forme une liaison résistive entre chaque ligne
15' de la cathode et les deux conducteurs intermédiaires 29 qui
l'encadrent. Ainsi, les lignes sont ramenées, en fin d'adressage
et par l'intermédiaire de la couche résistive 11, au potentiel
+V1 empêchant l'émission électronique.
Les micropointes 2 sont déposées sur la couche résistive
11 dans les mailles (12, figures 2A, 2B) définies par les
conducteurs (13, figure 2B) des lignes 15', dans des trous 4 gravés
dans la couche isolante 16 et dans une couche conductrice 24
dans laquelle la grille est réalisée en étant organisée en
colonnes 14'. Les colonnes 14' de la grille sont adressables
individuellement et simultanément en étant, chacune, portée à un
potentiel correspondant à la brillance souhaitée pour le pixel
défini par l'intersection de la ligne 15' de cathode adressée et
de la colonne 14' correspondante.
A titre d'exemple particulier de réalisation, le potentiel
-V1 est égal à -40 volts, le potentiel +V1 correspondant à
+40 volts. Les colonnes de grille 14' sont adressées à des potentiels
Vc compris entre 0 et +40 volts, une émission maximale correspondant
à un potentiel Vc de +40 volts alors que la ligne 15'
correspondante de la cathode est polarisée au potentiel de -40
volts.
Un avantage de l'invention selon ce deuxième aspect, où
l'adressage de la grille et la cathode est inversé par rapport à
un écran classique, est que les amplificateurs 32 de commande des
lignes peuvent être réalisés au moyen de transistors MOS uniquement
à canal N.
Un autre avantage de prévoir un tel adressage inversé
est qu'on économise ainsi une couche résistive (26, figure 5 -
26', figure 6), et on utilise la couche résistive 11 d'homogénéisation
de l'émission électronique pour réaliser le contact résistif
vers l'électrode de rappel.
Dans le mode de réalisation illustré par les figures 7
et 8, il n'est désormais plus nécessaire de graver la couche
résistive 11 dans la mesure où les conducteurs de cathode ne sont
plus adressés simultanément, mais séquentiellement. Il n'y a donc
plus de risque de fuite de courant entre les conducteurs de cathode.
De plus, les colonnes de la grille étant séparées les unes
des autres par la couche isolante 16, il n'y a pas de fuite de
courant entre les colonnes adressées simultanément. Un avantage
de la présente invention selon ce mode de réalisation est que
l'absence de gravure de la couche résistive économise une étape
de masquage et de gravure du procédé de fabrication de la
cathode/grille.
Selon un deuxième mode de réalisation (non représenté)
mettant en oeuvre le deuxième aspect (adressage inversé) de la
présente invention, la couche résistive 11 est gravée selon le
motif des lignes 15' de la cathode. Dans ce cas, des tronçons de
cette couche résistive, perpendiculaires aux lignes 15', sont
maintenus pour contacter les conducteurs 29. Un tel mode de réalisation
est, par exemple, destiné à un écran dans lequel le substrat
10 constitue la surface de l'écran. Dans ce cas, les
conducteurs de cathode et les conducteurs 29 sont, de préférence,
réalisés sur la couche résistive 11 déposée directement sur le
substrat 10, et les conducteurs de cathode présentent une structure
maillée.
Selon un autre mode de réalisation non représenté, mettant
en oeuvre le deuxième aspect de l'invention, les conducteurs
de l'électrode de rappel sont déposés sur la couche résistive 11,
entre les colonnes de la grille et parallèlement à celles-ci.
Dans ce cas, la couche isolante (16, figure 8) est gravée avant
le dépôt de la couche conductrice de grille qui est gravée, dans
une même étape, selon le motif des colonnes 14' de la grille sur
la couche isolante 16 et selon le motif des conducteurs (en
colonnes) de l'électrode de rappel sur la couche résistive 11.
Les dimensionnements et les caractéristiques des matériaux
utilisés pour réaliser les éléments résistifs entre les
lignes de balayage et les conducteurs de l'électrode de rappel
seront adaptés pour minimiser la consommation due à la remise à
zéro des lignes de balayage, et pour que le temps nécessaire à
cette remise à zéro soit inférieur à la durée d'adressage d'une
ligne, ce temps étant lié à la capacité des lignes de balayage.
A titre d'exemple particulier, on pourra réaliser un
écran d'environ 13 cm de diagonale dans lequel les lignes 15' de
cathode présentent une longueur de l'ordre de 100 mm en laissant
subsister un intervalle de 10 µm entre chaque ligne 15' et les
deux conducteurs 29 qui l'encadrent. En supposant que la couche
résistive 11 a une résistance de 300 MΩ par carré, la valeur de
la résistance entre chaque ligne de la cathode et le potentiel de
rappel est de l'ordre de 30 kΩ. En supposant une tension de l'ordre
de 80 volts entre les potentiels -V1 et +V1, la consommation
due au rappel est de l'ordre de 420 mW.
Si la capacité d'une ligne de cathode est de l'ordre de
450 pF, le temps nécessaire pour ramener une ligne qui vient
d'être adressée au potentiel +V1 est de l'ordre de 7 µs ce qui
est parfaitement compatible avec un temps de ligne qui est généralement
de l'ordre de 40 µs pour un tel écran.
Bien entendu, la présente invention est susceptible de
diverses variantes et modifications qui apparaítront à l'homme de
l'art. En particulier, on pourra chercher à diminuer la consommation
liée au rappel en augmentant l'espace entre les lignes de
balayage et les conducteurs de l'électrode de rappel, et/ou en
gravant la couche résistive afin de ne laisser subsister que des
résistances de rappel ponctuelles entre les lignes et les conducteurs
de l'électrode de rappel.