La présente invention se rapporte aux bracelets à maillons pour montres,
comportant des goupilles et des plaquettes en matériau rigide disposées côte à
côte.
Dans ces bracelets, les maillons sont formés de plaquettes, et de goupilles
reliant au moins deux plaquettes voisines de manière articulée, les axes des
goupilles définissant des axes de pivotement.
De tels bracelets sont bien connus de l'homme du métier. Ils présentent
l'avantage d'être extrêmement solides et d'offrir de nombreuses possibilités de
formes, conférant à la montre une esthétique particulière. L'un d'entre eux est,
par exemple, décrit dans le document EP 0749 709.
Du fait que les bracelets sont formés de maillons articulés les uns aux autres, il
existe obligatoirement un interstice entre les plaquettes voisines. En effet, si les
plaquettes étaient en contact direct l'une avec l'autre, sans espace, elles ne
pourraient avoir de mouvements relatifs.
Ce genre de bracelets pose toutefois un problème pour une part importante de
la population, car la largeur des interstices dépend du rayon de courbure du
bracelet. Ce rayon est fonction du diamètre du poignet du porteur. Il peut, en
outre, varier lors du porter, sous l'effet de chocs violents par exemple. Lorsque
la largeur de l'interstice est inférieure au diamètre du poil, ce dernier est pincé,
et arraché si le bracelet est déplacé, ce qui est désagréable. Le but de la présente
invention est de pallier cet inconvénient.
A cet effet, le bracelet selon l'invention comporte des interstices de deux types,
dont ceux du premier type présentent, en permanence, une largeur supérieure à
0,15 mm, et dont ceux du second type présentent, en permanence, une largeur
inférieure à 0,05 mm dans les zones affleurant la surface apparente du bracelet,
c'est-à-dire les ouvertures par lesquelles les poils sont susceptibles de se glisser
dans l'interstice.
Avec une telle configuration, il est pratiquement impossible que des poils se
prennent dans l'un ou l'autre des interstices, car leur diamètre est de l'ordre de
0,10 mm. De la sorte, le poil est trop petit pour rester coincé dans un interstice
de premier type et trop grand pouvoir s'introduire dans un interstice de second
type.
Comme expliqué plus haut, la largeur des interstices est fonction du rayon de
courbure du bracelet. Une solution simple permettant d'éviter que le bracelet ne
soit trop fermé et, en conséquence, que les interstices de premier type ne se
resserrent trop, les plaquettes ont un mouvement limité. A cet effet, deux
plaquettes voisines comportent l'une un organe mâle, l'autre un organe femelle,
ces organes coopérant l'un avec l'autre pour former une butée.
De manière avantageuse, les interstices définis par des parois de plaquettes
sensiblement parallèles aux axes de pivotement, appelés ci-après interstices
parallèles, sont de premier type, et les interstices définis par des parois
sensiblement perpendiculaires à ces axes, appelés ci-après interstices
perpendiculaires, sont de deuxième type.
Il a, en effet, été constaté que la largeur des interstices parallèles varie en
fonction du rayon de courbure du bracelet. Si cette largeur devait être comprise
entre 0 et 0,05 mm, le mouvement relatif des plaquettes serait très limité, ce qui
affecterait le confort au porter. C'est pourquoi il est préférable que la largeur de
ces interstices soit toujours supérieure à 0,15 mm.
Par ailleurs, les interstices perpendiculaires ont une largeur qui peut varier à
cause de l'ébat existant entre les maillons voisins. Cet ébat est déterminé par les
mouvements relatifs de translation que peuvent avoir ces maillons entre deux
positions extrêmes, dans lesquelles les plaquettes sont en contact l'une avec
l'autre. En d'autres termes, dans ces deux positions, un interstice a une largeur
égale à zéro, soit obligatoirement inférieure à 0,15 mm. C'est pourquoi, pour
éviter le pincement de poils, il faut que cette largeur soit, en permanence
inférieure à 0,05 mm, c'est-à-dire que l'interstice soit de deuxième type.
D'autres avantages et caractéristiques de l'invention ressortiront de la
description qui va suivre, faite en regard du dessin annexé, dans lequel:
1. la figure 1 montre, vu de dessus, une portion d'un bracelet selon
l'invention, 2. la figure 2, représente dans une vue en perspective, en a une plaquette
médiane et en b une plaquette latérale du bracelet de la figure 1, et 3. la figure 3 est une vue en coupe, en a perpendiculaire et, en b parallèle à
un axe d'articulation.
Le bracelet, partiellement représenté sur la figure 1, est formé de trois
ensembles de pièces identiques, soit des plaquettes médianes 10, des plaquettes
latérales 12 et de goupilles 14.
Les plaquettes 10 sont disposées dans la partie médiane du bracelet et
définissent, entre elles, un interstice 11. Les plaquettes 12 sont disposées dans
les bords latéraux du bracelet et définissent, entre elles, un interstice 13. Les
plaquettes 10 et 12 voisines définissent également des interstices, qui portent la
référence 15.
Une plaquette 10 est représentée sur la figure 2a. Elle est de forme générale
parallélépipédique, avec une face supérieure 10a, une face inférieure 10b, deux
faces longitudinales 10c et deux faces latérales 10d. Elle est percée de deux
trous cylindriques 16 dont l'axe est orienté parallèlement aux faces
longitudinales 10c et qui débouchent, tous les deux, dans les deux faces
latérales 10d. Ces trous ont un diamètre légèrement supérieur au diamètre des
goupilles 14.
Les faces longitudinales 10c sont munies de biseaux 10e dans leur partie
voisine de la face supérieure 10a.
Les faces latérales 10d comportent, chacune, une gorge 18, de section
rectangulaire, qui s'étend de l'une à l'autre des faces longitudinales 10c et forme
un organe femelle. Chaque gorge 18 comprend un fond 18a et deux parois,
l'une supérieure 18b, l'autre inférieure 18c, dont la fonction sera précisée plus
loin. Elle présente une largeur L, mesurée entre les parois 18b et 18c,
La plaquette 12, représentée sur la figure 2b, est également de forme générale
parallélépipédique. Elle comporte une face supérieure 12a, une face inférieure
12b, deux faces longitudinales 12c et deux faces latérales 12d et 12e. La face
latérale 12d et percée de deux trous borgnes cylindriques 20 dont les axes sont
parallèles aux faces longitudinales 12c. Ces trous ont un diamètre légèrement
inférieur à celui des goupilles 14.
Les faces longitudinales 12c sont munies de biseaux 12f dans leurs portions
voisines de la face supérieure 12a.
La face latérale 12d porte, en outre, deux doigts 22, formant des organes mâles
et disposés dans l'alignement des faces longitudinales, chacun adjacent à l'un
des trous 20. Chaque doigt 22 comporte une face supérieure 22a et une face
inférieure 22b. Il présente une épaisseur E, égale à la distance comprise entre
ses faces inférieures 22b et supérieures 22a.
Les goupilles 14, dont l'une seulement est partiellement visible sur la figure 1,
sont formées de tiges d'acier inoxydable de forme cylindrique, dont la section
peut être circulaire ou non. Il est par exemple possible d'utiliser des goupilles
du type défini dans le document EP 0749 709 mentionné plus haut. Leur
section est choisie de manière à ce qu'elles puissent être chassées à forces dans
les trous borgnes 20 alors qu'elles pivotent librement, avec un jeu minimum,
dans les trous 16 des plaquettes 10.
L'assemblage du bracelet se fait en chassant tout d'abord les goupilles 14 dans
les trous borgnes 20 d'une première partie des plaquettes 12, formant ainsi des
pièces en U. Les plaquettes 10 sont ensuite mises en place, une plaquette 10
pour chaque barre du U et chaque plaquette 10 enfilée sur deux goupilles 14.
La deuxième partie des plaquettes 12 est alors chassée en regard des plaquettes
de la première moitié, de manière à ce que les pièces en U deviennent des
pièces en O. Cet assemblage forme ainsi une chaíne faite de deux sortes de
maillons, respectivement constitués des plaquettes 10 et des pièces en O,
chaque plaquette 10 formant deux charnière, avec les goupilles 14 qui la
traverse, comme représenté sur la figure 1.
Dans cette disposition, les doigts 22, tenant lieu d'organes mâles, sont logés
dans les gorges 18 formant des organes femelles. La largeur L de ces gorges est
sensiblement plus grande que l'épaisseur E des doigts. De la sorte, le
mouvement de rotation de la charnière est interrompu lorsque l'un des doigts
vient en butée contre l'une des parois 18b, 18c de la gorge 18.
Pour bien comprendre la manière dont se fait l'articulation, on peut se référer à
la figure 3, qui représente, en a, une coupe passant par les doigts 22, et la gorge
18, le plan de coupe passant dans l'interstice 15 compris entre les plaquettes 10
et 12, correspondant à la ligne A-A de la figure 3b. Sur cette figure, les deux
plaquettes 10 visibles se trouvent dans la position qu'elles occupent lorsque le
bracelet présente son rayon de courbure le plus faible. On y constate que les
faces supérieures 22a des doigts 22 sont en appui contre la face supérieure 18b
des gorges 18.
Dans cette position, l'interstice 11, défini les faces longitudinales 10c et les
biseaux 10e, a une largeur d'environ 0,20 mm au voisinage des faces inférieures
10b et s'élargit au voisinage des faces supérieures 10a, à cause des biseaux 10e.
Lorsque le bracelet est ouvert, de manière à avoir un rayon de courbure
maximum, l'interstice 11 se rétrécit dans la partie supérieure, les biseaux 10e
étant alors sensiblement parallèles entre eux, et s'élargit dans sa partie
inférieure, sa largeur passant d'environ 0,15 mm dans la partie supérieure à
0,25 mm dans la partie inférieure.
Les faces longitudinales 12c des maillons 12 sont disposées de manière que les
interstices 13 soient tout à fait comparable dans leurs largeurs aux interstices
11, de manière à ce que celle-ci soit toujours supérieure à 0,15 mm.
La figure 3b représente une portion du bracelet coupé par un plan passant par
l'axe d'une goupille 14, chassée à chacune de ses extrémités dans l'un des trous
20 d'une plaquette 12 et engagée, libre en rotation, dans l'un des trous 16 d'une
plaquette 10. Les plaquettes 10 et 12 sont séparées par un interstice 15, défini
par les parois 10d et 12d contiguës et dont la largeur e est inférieure à 0,05 mm.
Cette largeur ne varie pas en fonction du rayon de courbure du bracelet. Cela
est dû au fait que les parois 10d et 12d sont perpendiculaires à l'axe de la
charnière. Elle peut, par contre changer du fait que la plaquette 10 est monté
libre sur la goupille 14 et qu'elle peut se déplacer jusqu'à être en contact avec la
plaquette 12 de l'un ou l'autre côté. Dans tous les cas, la largeur e de l'interstice
15 reste inférieur à 0,05 mm.
L'invention, telle que décrite, peut, bien entendu, faire l'objet de nombreuses
variantes. La fonction de butée, limitant le mouvement relatif des plaquettes,
peut ainsi être obtenue de nombreuses autres façons. Il est possible de réaliser
les doigts au moyen de pièces rapportées plutôt que par usinage de la plaquette.
Il est également possible d'engager le doigt dans un trou rond plutôt que dans
une gorge.
Par ailleurs, la fixation des plaquettes 12 aux goupilles 14 peut être envisagée
de nombreuses autres façons, par exemple par vissage, collage ou soudage.