La présente invention concerne un procédé de nettoyage de pièces souillées
par des matières organiques résiduelles. Elle trouve une application
particulièrement intéressante pour le nettoyage d'un automate d'analyse
chimique, dispositif bien connu qui prélève par succion des échantillons de
liquide dans une plaque de titrage au moyen de seringues et va les déverser
dans des cuvettes d'analyse.
La présente invention concerne aussi une installation mettant en oeuvre le
procédé ci-dessus pour le nettoyage d'un automate d'analyse.
Les analyses chimiques actuelles demandent une telle précision, surtout dans
le domaine des basses concentrations, que les molécules résiduelles fixées
sur les parois des seringues et des cuvettes suffisent à provoquer des
contaminations croisées, ce qui est particulièrement grave pour les analyses
médicales.
Les procédés actuels de nettoyage mettent en oeuvre un lavage par des
solutions acides, basiques et/ou alcooliques et des rinçages à l'eau
déminéralisée. Il est aussi possible d'utiliser une solution de type Deconex
activée par ultrasons puis rincée à l'eau déminéralisée. Mais ces méthodes ne
permettent pas toujours d'obtenir une propreté suffisante, vu l'abaissement
des seuils de détection des analyses.
La présente invention a pour but de fournir une technique de nettoyage
capable d'éliminer toute trace de résidus d'un automate d'analyse.
De façon plus précise, l'invention concerne un procédé de nettoyage d'une
pièce souillée par des résidus organiques, caractérisé en ce qu'il consiste
à se doter d'un électrolyte de lavage, et à effectuer ensuite, de manière
cyclique et jusqu'à élimination complète des résidus, les opérations :
- d'activation de l'électrolyte par oxydation dans une cellule
électrochimique, puis
- de mise en contact de l'électrolyte activé avec la pièce à nettoyer.
De façon avantageuse, l'électrolyte est une solution neutre ou légèrement
acide d'un sel de sulfate.
L'invention concerne également un système de nettoyage d'un récipient,
mettant en oeuvre le procédé ci-dessus, caractérisé en ce qu'il comporte :
- une cellule électrochimique permettant l'activation par oxydation de
l'électrolyte de lavage, et
- des moyens pour faire circuler l'électrolyte en circuit fermé de la
cellule au récipient puis de celui-ci à la cellule.
Dans ce cas, un réservoir pour l'électrolyte de lavage est préférablement
placé entre le récipient et la cellule.
L'invention concerne aussi un système de nettoyage d'un objet mettant en
oeuvre le même procédé, caractérisé en ce qu'il comporte :
- une cellule électrochimique permettant l'activation par oxydation de
l'électrolyte,
- une cuvette de lavage destinée à recevoir l'objet, et
- des moyens pour faire circuler l'électrolyte de lavage en circuit fermé
de la cellule à la cuvette puis de celle-ci à la cellule.
Dans ce cas, un réservoir pour l'électrolyte de lavage est préférablement
placé entre la cuvette et la cellule.
De préférence, la cellule est du type monopolaire ou bipolaire et ses
électrodes sont revêtues de diamant dopé.
L'invention sera mieux comprise à la lumière de la description qui va suivre,
faite en regard de la figure unique annexée, sur laquelle on a représenté un
automate d'analyse 10 qui fait intervenir des aiguilles d'injection 12 et des
cuvettes d'analyse 14. Cet automate est avantageusement du type "Lisa 500
Plus" commercialisé par HYCEL Diagnostics. Il ne sera donc pas décrit plus
en détail.
Le système de nettoyage 16 selon l'invention permet, à la fin d'un cycle
d'analyse, de nettoyer les aiguilles 12 et les cuvettes 14, souillées par des
matières organiques résiduelles.
Le système 16 comporte une cuve réservoir 18 qui contient initialement une
solution neutre ou légèrement acide d'un sel de sulfate, le cation étant choisi
de manière à ne pas influencer les analyses. La cuve 18 est reliée par un
conduit 20, à travers une pompe 22, à l'entrée d'une cellule électrochimique
24, monopolaire ou bipolaire, munie d'électrodes en, ou revêtues de, diamant
dopé 26 reliées à un générateur de tension 28. Cette cellule est
avantageusement du type décrit dans la demande de brevet EP 00810147.9.
La sortie de la cellule 24 est reliée, d'une part, par un conduit 32, au fond
d'une cuvette de nettoyage 30 des aiguilles 12 et, d'autre part, par un conduit
34, au fond des cuvettes d'analyse 14. Des électrovannes permettent de
diriger le liquide issu de la cellule 24 soit vers les cuvettes 30 et 14, soit
directement vers la cuve réservoir 18 par un conduit 36. Chaque cuvette est
munie d'un trop-plein et de moyens pour collecter le liquide évacué et
l'envoyer à la cuve réservoir 18 par un conduit 38. L'ensemble de ces
éléments fait partie de l'automate d'analyse 10. Ils ne seront donc ni décrits ni
représentés en détail.
En fonctionnement, pour procéder à une opération de nettoyage, la solution
de lavage, par exemple du sulfate de sodium, stockée dans la cuve réservoir
18, est amenée par la pompe 22 à la cellule électrochimique 24, où elle est
activée par oxydation, le sulfate réagissant pour donner des ions persulfate
(S2O8 2-), de l'ozone (O3), du peroxyde d'hydrogène (H2O2) et des radicaux
hydroxyles (OH.) connus pour oxyder tout type de molécules organiques.
L'électrolyte de lavage ainsi activé alimente en permanence les cuvettes
d'analyse 14 et la cuvette de nettoyage 30 dans laquelle sont plongées tour à
tour les aiguilles 12. Les résidus organiques R adsorbés sur les parois des
cuvettes et des aiguilles se trouvent alors attaqués par les oxydants de
l'électrolyte activé et dégradés selon les équations d'oxydation de principe
suivantes :
H2O2 + O3 + S2O8 2- + OH. + R → SO4 2- + CO2 + H2O + H+ + O2 + e-
H2O2 + O3 + S2O8 2- + OH. + R' → SO4 2- + CO2 + N2 + H2O + H+ + O2 + e-
dans lesquelles R est un résidu non azoté et R' est un résidu azoté.
Les produits finaux de la dégradation des résidus ne posent aucun problème
de recyclage. En effet, CO2, O2 et N2 sont des gaz et s'échappent donc
naturellement dans l'atmosphère. Par ailleurs, l'eau et les sulfates (SO4 2-) sont
entraínés vers la cuve réservoir 18 par le conduit 36 et seront oxydés dans la
cellule 24 lors du prochain cycle en ozone et en peroxyde d'hydrogène à partir
de l'eau et en persulfate à partir des sulfates, participant ainsi à un nouveau
lavage.
Le procédé de nettoyage selon l'invention permet d'atteindre, au niveau des
parois des aiguilles d'injection et des cuvettes d'analyse, des concentrations
en molécules organiques résiduelles bien inférieures aux seuils de détection
des appareils d'analyse courants. Le procédé permet en outre un
fonctionnement en continu du système et le recyclage de l'électrolyte de
lavage.
On notera que, pour des raisons évidentes de différence des volumes mis en
jeu, la totalité du liquide de lavage mis en mouvement ne participe pas à la
réaction chimique qui réalise effectivement le nettoyage. Ainsi, l'électrolyte
demeuré à l'état activé retourne directement au réservoir 18 par le conduit 36
pour participer au cycle suivant.
La durée de vie des radicaux hydroxyles produits dans la cellule 24 étant
extrêmement courte, le fonctionnement cyclique et continu du système permet
d'assurer que l'activation précède immédiatement le lavage et de travailler
toujours avec un électrolyte fraíchement activé. L'opération est prolongée le
temps nécessaire au nettoyage complet des aiguilles d'injection 12 et des
cuvettes d'analyse 14. Les molécules organiques, partiellement oxydées lors
d'un passage sur les cuvettes et/ou les aiguilles, sont acheminées dans le
circuit, où elles seront totalement oxydées (en CO2, N2, H2O, etc. ) lors d'un
passage ultérieur dans la cellule 24.
On notera que, selon une variante de l'invention, la cellule électrochimique 24
pourrait être placée dans la cuve 18.
L'invention a été décrite en faisant référence à son application au nettoyage
d'un automate d'analyse. Mais il va de soi qu'elle peut être utilisée pour le
nettoyage de n'importe quels autres récipients ou pièces souillés par des
traces de matières organiques.