L'invention concerne les articles d'habillement, plus particulièrement les articles
d'habillement destinés à protéger du froid.
Le duvet naturel est bien connu pour son excellente capacité à isoler du froid. Encore
actuellement, il est un matériau d'isolation de choix pour les articles d'habillement, mais aussi
pour les sacs de couchage. En effet, à poids égal, il assure une barrière thermique supérieure à
celles des autres matériaux, notamment celle des autres matériaux synthétiques tels que les
ouates synthétiques.
Cependant, le duvet présente trois inconvénients majeurs biens connus.
Tout d'abord, le duvet est très sensible à l'humidité. Une fois humide, il perd une grande
partie de son efficacité en tant que barrière thermique. De plus il ne sèche que très lentement,
et, s'il a été véritablement mouillé, il tend, après séchage, à rester en boule ou en paquet,
laissant des grandes zones dépourvues de toute isolation.
Par ailleurs, le duvet est très léger, mais, à poids égal, il est aussi très encombrant. Cet
encombrement est directement le prix à payer pour ses bonnes performances d'isolation car on
sait que la performance du rapport isolation/poids du duvet tient au fait qu'il emprisonne une
grande quantité d'air. L'épaisseur d'une couche d'isolant constituée de duvet atteint
généralement plusieurs centimètres. Or, cette épaisseur pose parfois des problèmes
d'encombrement lorsqu'on cherche à réaliser des vêtements. En effet, notamment au niveau
des articulations, l'épaisseur de la couche de duvet limite la capacité de mouvement. Par
ailleurs, par exemple au niveau des aisselles, on peut se trouver avec deux épaisseurs de duvet
en regard, ce qui nuit encore à la souplesse du vêtement, donc aussi au confort ressenti par
celui qui le porte.
Enfin, le duvet présente l'inconvénient d'être constitué d'éléments discrets, individuels, qui
font que la couche isolante constituée de duvet n'est pas intrinsèquement continue, et n'a donc
pas de cohérence propre. De la sorte, cette couche isolante est susceptible d'être rompue à
certains endroits, par exemple au niveau des plis de flexions. En effet, les deux parois de
tissus entre lesquelles le duvet est emprisonné peuvent comprimer localement le duvet et
forcer les plumes d'un côté ou de l'autre du pli de flexion, sans qu'il ne reste alors de duvet au
niveau du pli. De la sorte, le pli de flexion se trouve dépourvu d'isolation.
Pour l'ensemble de ces raisons, il est souvent préféré de remplacer le duvet, en tant que
matériau d'isolation, par d'autres matériaux, notamment dans le domaine des articles
d'habillement plus particulièrement conçus pour la pratique d'activités sportives. Cependant,
on se prive alors d'un matériau à hautes performances d'isolation.
L'invention a donc pour but de proposer une solution permettant de produire des articles
d'habillement comportant une couche d'isolation à base de duvet qui ne soient pas atteints par
les problèmes mentionnés ci-dessus.
Dans ce but, l'invention propose un article d'habillement ayant au moins une couche
isolante comportant du duvet naturel, caractérisé en ce qu'il comporte au moins une zone
différenciée dans laquelle la couche isolante comportant du duvet est remplacée par une
couche isolante synthétique.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaítront à lecture de la description
détaillée ci-dessous, ainsi qu'au vu des dessins annexés dans lesquels les figures 1 et 2 sont
des vues schématiques, respectivement de face et de dos, illustrant un mode de réalisation de
l'invention.
L'invention sera plus particulièrement décrite dans le cadre d'un article d'habillement de
type veste ou parka destiné à recouvrir le tronc et les bras d'un utilisateur. Cependant,
l'invention pourrait aussi être mise en oeuvre pour la construction d'autres types d'articles
d'habillement, tels que des pantalons ou des combinaisons.
Comme on peut le voir sur les figures, la veste 10 présente une partie tronc 12,
correspondant au tronc d'un utilisateur, et des manches 14, destinées à accueillir ses bras. La
face avant 16 de la partie tronc est munie d'une ouverture verticale 18 qui débouche vers le
haut dans l'encolure 20 de la veste et vers le bas dans le bord inférieur 22 de celle-ci, lequel
est de préférence destiné à être agencé en dessous de la taille de l'utilisateur, voire en dessous
de son bassin dans le cas d'une parka.
Comme on peut le voir sur les figures, la majeure partie de l'article d'habillement est
munie d'une couche isolante comportant du duvet. De manière connue, le duvet est contenu
dans des compartiments formés entre une paroi intérieure et une paroi extérieure de l'article
d'habillement, ceci afin d'éviter que le duvet ne se retrouve entièrement regroupé à un seul
endroit du vêtement, par exemple sous l'effet de la gravité. Ces compartiments sont délimités
par des coutures 24 qui rejoignent les deux parois selon des lignes prédéfinies. Bien entendu,
le nombre, la taille, la géométrie et l'agencement des compartiments sont ici représentés de
manière totalement arbitraire, et ils pourraient être répartis autrement.
Selon l'enseignement de l'invention, l'article d'habillement comporte au moins une zone
isolante différenciée 26 dans laquelle la couche isolante comportant du duvet, qui est utilisée
sur une majeure partie de l'article d'habillement, est remplacée localement par une couche
isolante synthétique. En l'occurrence le vêtement illustré est muni de deux zones différenciées
26 agencées symétriquement sous les aisselles. Ces zones 26 sont chacune agencée en partie
sur la partie tronc 12, et en partie sur la manche correspondante 14, dans la zone de
raccordement de ces deux pièces et le long de leurs surfaces en regard.
Dans l'exemple illustré, la zone isolante différenciée 26 s'étend sur la face interne de la
manche 14 depuis l'aisselle jusqu'au coude et sur le côté correspondant de la partie tronc 12
sur la hauteur de la cage thoracique.
La couche isolante synthétique reste, comme la couche isolante à base du duvet, comprise
entre deux parois intérieure et extérieure. Ces parois intérieure et/ou extérieure seront par
exemple en tissu, et pourront être complétées par une membrane dite imper-respirante,
résistante à l'eau et au vent mais laissant passer l'humidité de la transpiration. Elles pourront
aussi comporter des matières élastiques, ou des matières particulièrement résistantes à
l'abrasion.
La couche isolante synthétique pourra par exemple comporter une ouate synthétique. On
connaít ainsi de nombreux matériaux formés de matelas de fils synthétiques (souvent à base
de polyester, de polyamide ou de polypropylène) de longueurs variables et agglomérés entre
eux à la manière d'une ouate de coton (c'est-à-dire non tissés) pour « emprisonner » un
maximum d'air entre les fils, l'air pouvant en réalité circuler au travers des matières ainsi
constituées. De telles matières sont connues par exemple sous les dénominations
commerciales « Thinsulate », « Thermolite », etc...
La couche isolante synthétique peut aussi être réalisée dans des matières du type de celles
appelées « laine polaire », connues aussi sous la marque commerciale « Polartec » de la
société Malden Mills. Il s'agit là de matières à base de fils de polyester construites selon la
technique du velours ou de mailles tricotées et grattées
On peut aussi envisager d'utiliser des matériaux tissés tridimensionnels qui sont eux aussi
capables « d'emprisonner » de l'air et donc d'avoir, comme les matières précédemment citées,
un bon rapport entre leur efficacité en tant que barrière thermique et leur poids. Bien souvent,
à efficacité thermique équivalente, ces matériaux auront certes un poids surfacique supérieur à
celui d'un duvet, mais ils présenteront une plus faible épaisseur, gage d'un encombrement
moindre de la couche isolante.
Tous ces matériaux ont aussi en commun d'être réalisés à base de matières synthétiques et
ont donc la particularité d'être très peu hydrophile, donc de peu absorber l'eau et l'humidité.
De plus, le peu d'eau ou d'humidité qu'ils sont susceptibles d'accumuler sera rapidement
évacué lors du séchage. Par ailleurs, ces matériaux permettent malgré tout une lente diffusion
de l'air (et des gaz en général) à leur travers. Dans le domaine de l'habillement, cela permet de
garantir une évacuation progressive vers l'extérieur de l'humidité produite par le corps sous la
forme de la transpiration.
De plus, ces matériaux sont disponibles sous la forme de couche de matière cohérente,
ayant une forme et une résistance mécanique propre, qu'il n'est plus obligatoire de maintenir
par un compartimentage et qui permettent de garantir la présence d'une quantité uniforme de
matière isolante en tous points de la zone dans laquelle ils sont disposés, ce qui est difficile à
assurer avec un duvet.
Le fait de disposer une zone différenciée 26 sous les aisselles permet de tirer pleinement
partie des trois grandes caractéristiques des couches isolantes synthétiques qui viennent d'être
rappelées, à savoir une faible absorption d'humidité, un encombrement relativement faible, et
une structure cohérente.
En effet, ces zones d'aisselles sont agencées chacune à proximité d'une zone de production
d'humidité du corps humain, humidité qu'il convient d'évacuer le mieux possible. On notera
de plus que cette humidité vient de l'intérieur du vêtement, c'est-à-dire souvent du côté de la
couche isolante qui est la moins protégée de l'humidité. Or la couche isolante synthétique est
justement la plus capable d'une part de ne pas perdre ses qualités d'isolation, et d'autre part de
laisser cette humidité s'évacuer vers l'extérieur.
Bien entendu, les zones des aisselles profitent aussi du faible encombrement de la couche
isolante puisque dans ces zones, ce sont deux épaisseurs de la couche isolante (celle portée par
la manche 14 et celle portée par la partie tronc 12) qui sont en regard l'une de l'autre et qui
sont intercalées entre le bras de l'utilisateur et sa cage thoracique. En utilisant une couche
isolante de plus faible épaisseur que celle du duvet, on diminue la gêne occasionnée à
l'utilisateur.
Par ailleurs, à la zone de jonction de la manche 14 avec la partie tronc 12 (correspondant à
l'aisselle stricto sensu), la cohérence de la couche isolante synthétique permet de garantir qu'il
reste toujours une certaine quantité de matière isolante, y compris dans cette zone de flexion.
Dans l'exemple illustré, on voit par ailleurs qu'une ouverture refermable 28 peut être
agencée en travers de la zone différenciée. Cette ouverture 28 permet, en position ouverte,
d'accroítre de manière importante la ventilation de la zone considérée, par exemple lorsque le
porteur du vêtement est en plein effort physique, tout en étant refermable pour assurer une
isolation maximale lorsque le porteur du vêtement est au repos. Cette ouverture refermable
pourra être réalisée de toute manière connue, par exemple à l'aide d'une fermeture à glissière
ou à l'aide de bande auto-aggripantes. Dans l'exemple illustré, ces ouvertures refermables
s'étendent en travers de la zone différenciée 26, mais on pourrait aussi prévoir qu'elles
s'étendent à la périphérie de la zone 26.
La disposition de la zone différenciée 26 dans les zones d'aisselles, telle qu'illustrée sur les
figures, est une forme préférée de réalisation de l'invention car c'est là que l'invention trouve
sa meilleure application, tout au moins dans le cas d'une veste ou d'une parka. Dans le cas
d'un pantalon ou d'une combinaison, cette zone différenciée pourrait par exemple être
agencée dans la zone d'entrejambes.
Toutefois, on pourrait prévoir que d'autres zones de l'article d'habillement puissent être
concernées. Ainsi la zone des épaules et du haut du dos est celle qui est la plus exposée à l'eau
lorsque l'article d'habillement est une veste ou une parka. Cette zone bénéficierait donc
pleinement des propriétés d'hydrophobie et de séchage rapide d'une couche isolante
synthétique. De plus, en choisissant une couche synthétique ayant une résistance à la
compression supérieure à celle d'un duvet, on limiterait le phénomène connu de perte
d'isolation dans cette zone d'épaules, lequel est dû au fait que le poids du vêtement (et des
objets que l'on peut y accrocher ou mettre dans les poches) tend à comprimer la couche
isolante au niveau des épaules, donc à réduire son épaisseur, et, par voie de conséquence
directe, à réduire son efficacité en tant que barrière thermique.
La zone différenciée au sens de l'invention est différenciée par la nature de couche isolante.
Elle pourra éventuellement, sans que cela soit obligatoire, être différenciée de plus par l'une
ou l'autre des ses parois intérieure ou extérieure qui entourent la couche isolante. Cette
différenciation de la ou des parois intérieure/extérieure pourra être judicieuse pour tirer
pleinement profit d'une propriété particulière de la couche isolante synthétique, ou encore
pour s'adapter à une particularité de la zone considérée. Ainsi, la zone d'aisselle est beaucoup
moins exposée à l'eau de pluie et ne nécessite peut-être pas le même degré d'imperméabilité
que le reste du vêtement, ou la zone d'épaules nécessite peut-être une plus grande
imperméabilité et une plus grande résistance à l'abrasion. Bien entendu, on peut aussi prévoir
une simple différenciation esthétique, en plus de la différenciation en termes de couche
isolante.