TITRE : Mesureur d'absorption, tel que notamment colorimètre, dans la gamme spectrale visible, infrarouge ou encore ultraviolet, pour l'analyse d'un fluide en transmission.
L'invention est relative à un mesureur d'absorption, tel que notamment colorimètre, dans la gamme spectrale visible, infrarouge ou encore ultraviolet, pour l'analyse d'un fluide en transmission.
L'invention concerne également un procédé de mesure d'absorption dans la gamme spectrale visible, infrarouge ou encore ultraviolet, pour l'analyse d'un fluide en transmission, à savoir un liquide ou un gaz.
L'objet de l'invention est de réaliser des mesures de spectre sur un fluide afin d'en déterminer la couleur ou encore afin de déterminer la concentration d'une entité chimique en solution ou transportée par le milieu.
Le mesureur d'absorption vise l'ensemble des mesures de radiations nécessaires pour déterminer de façon univoque cette magnétude. Ces radiations se trouvent principalement dans la gamme spectrale visible mais peuvent également retrouver sur les bandes infrarouge et ultraviolet.
Les mesures optiques de transmission permettent la détermination de la concentration d'une substance dans un fluide. Pour une longueur d'onde λ donnée, la loi de Beer-Lambert-Bouguer établit le rapport empirique entre la quantité de lumière transmise (I1) et la concentration (C) d'une entité dans un fluide. Ce rapport dépend, entre autres, de l'intensité de lumière incidente (I0), de la longueur de fluide traversée (L) et du coefficient d'absorption (α). L'équation de Beer-Lambert-Bouguer s'écrit :
/' {λ, L) = I0 X e~a-L-c
Cette équation peut être, en outre, généralisée pour tenir compte de l'absorption due à la présence de plusieurs substances :
/'(Λ,Z) = /o xe '
Dans ce cas, l'observation sur plusieurs longueurs d'ondes
peut être nécessaire afin de déterminer de façon univoque les différentes concentrations.
Dans la pratique, la mise en œuvre d'un dispositif de mesure de spectre basé sur cette loi pose plusieurs problèmes. Premièrement, il est difficile de concevoir des capteurs capables de suivre Ia dynamique de la solution, dans les cas où la quantité de lumière transmise varie de presque 0 % jusqu'à presque 100 %.
Pour répondre à ce problème, une solution répandue consiste à prévoir une cellule de mesure, dont la longueur L traversée par le rayonnement est variable. Le paramètre de longueur (L), variable dans la loi de Beer-Lambert-Bouguer, permet donc par sa modification de compenser la grande dynamique de la solution. On diminue la longueur de la cellule dans le cas d'une solution opaque aux rayonnements, ou au contraire, on augmente cette longueur dans le cas d'une solution plus claire. Toutefois, cette solution introduit une incertitude de mesure liée à l'utilisation d'éléments mécaniques difficiles à maîtriser. Il est d'ailleurs à noter que cette incertitude sur la longueur (L) est amplifiée dans la loi de Beer- Lambert-Bouguer pour le calcul de la concentration, à cause de son facteur exponentiel. On connaît par exemple du document WO-2004/039253 un dispositif de mesure de spectre dont la chambre de mesure est de longueur variable.
Un deuxième problème est lié à la fluctuation de l'intensité transmise, non liée à la variation de concentration. Cette fluctuation risque d'être mal interprétée par le système de détection qui applique strictement la loi de Beer-Lambert-Bouguer.
Ces fluctuations de l'intensité transmise peuvent avoir plusieurs origines, et notamment telle que l'ont constaté les inventeurs :
- une variation de l'intensité de la source, ou dérives de la gamme spectrale de la source, due, par exemple, au vieillissement des sources, ou encore à un changement de la température,
- la présence temporelle ou permanente, d'éléments en
suspension dans Ie fluide, provoquant la diffusion de la lumière.
Ces deux derniers phénomènes peuvent de plus, affecter de façon indépendante les différents canaux monochromatiques physiquement différenciés d'un mesureur d'absorption en transmission. Enfin, un troisième problème dans la mesure spectrale réside dans la présence de bruits parasites, notamment dus aux perturbations de l'électronique et de l'environnement ambiant.
Les systèmes actuels nécessitant par ailleurs une mise en oeuvre relativement complexe et coûteuse ainsi qu'une maintenance conséquente.
Toutes ces raisons font que, bien souvent, un colorimètre en transmission ne permet pas d'obtenir des mesures reproductibles, ou à tout le moins, ne permet pas de minimiser l'erreur absolue des mesures pour les rendre exploitables comme valeurs absolus, notamment dans un contexte industriel.
Par exemple, dans le domaine textile, il est connu des colorimètres reposant sur le principe de la mesure d'absorption en transmission. Ces colorimètres trouvent une application particulière pour la mesure de la couleur des bains de teinture. Ils présentent une cellule dont la longueur traversée par le rayonnement peut être ajustée en fonction de l'opacité du fluide à analyser.
Toutefois, les mesures obtenues par ces colorimètres sont d'une reproductibilité trop faible pour pouvoir être exploitées industriellement, notamment, pour le dosage des différents colorants dans les bains de teinture. Encore aujourd'hui, ces dosages répondent uniquement à de simples recettes.
On connaît du document EP-0.822.977 un dispositif de détermination en temps réel du pouvoir calorifique d'un gaz naturel par voie optique.
Le procédé mis en œuvre consiste notamment à effectuer une mesure d'absorption in situ et en temps réel sur trois bandes de mesure définissant des plages de longueurs d'ondes différentes. Ce document
divulgue également un dispositif convenant pour la mise en œuvre du procédé qui est un mesureur d'absorption. Ce mesureur d'absorption comprend une cellule de mesure pour le gaz, quatre sources de rayonnement, constituées par quatre diodes, un détecteur de transmission constitué par une photodiode pour la mesure de l'intensité du rayonnement transmis par le fluide.
L'émission totale des quatre diodes est répartie sur deux voies, en amont de la cellule de mesure, à savoir :
- une voie de mesure recevant 90 % de l'énergie pour émettre un faisceau lumineux vers la cellule de mesure, - une voie de contrôle, recevant 10 % de l'énergie, qui reste disponible pour traiter le bon fonctionnement des sources lumineuses en mode autotest et lors d'opérations de maintenance.
Dans ce document EP-0.822.977, lors des mesures, l'émission de chacune des quatre diodes est modulée avec une fréquence qui lui est propre. Le signal émis par le détecteur de transmission, somme de quatre composantes modulées aux quatre fréquences différentes et démodulée par filtrage du signal aux quatre fréquences de modulation.
Toutefois, dans ce document, une fluctuation de l'intensité émise par les diodes lumineuses pendant les mesures de transmission se traduira par une erreur dans le calcul des valeurs d'absorption.
On connaît du document US-2003/0048449 un procédé pour la mesure des propriétés optiques d'un échantillon comprenant les étapes suivantes : illuminer l'échantillon avec de la lumière modulée, détecter la lumière émise par l'échantillon, filtrer la lumière détectée afin de différencier la lumière modulée et la lumière non démodulée. Plus particulièrement, ce document aborde la détection synchrone dans le cas où les sources lumineuses sont constituées par des diodes luminescentes.
On connaît du document US-5.489.977 un procédé pour le contrôle de la concentration de matériaux solides et fluorescents dans les eaux usées. Un dispositif convenant pour la mise en œuvre du procédé comprend des moyens pour générer un premier faisceau et un second faisceau de
lumière vers les eaux usées, des moyens pour détecter et mesurer les émissions fluorescentes stimulées par le premier faisceau, et des moyens pour détecter et mesurer la lumière diffusée par les eaux usées.
On connaît du document EP-0.226.822 un dispositif pour la mesure du taux de glucose dans le sang, au moyen d'une mesure d'absorption au travers du lobe de l'oreille d'un patient. La source de lumière est une source à large bande suivie de hacheurs ayant leur propre fréquence, ainsi que des filtres en parallèle permettant d'obtenir trois canaux lumineux, de plages de longueurs d'ondes différentes. Le but de la présente invention est de pallier les inconvénients précités en proposant un mesureur d'absorption en transmission permettant de minimiser l'erreur absolue des mesures afin de les rendre exploitables industriellement comme mesures absolues.
Plus particulièrement, le but de l'invention est de proposer un mesureur d'absorption dont les performances ne sont pas affectées par une variation de l'intensité de la source ou dérive spectrale de la source pendant les mesures de transmission.
Un autre but de l'invention est de proposer un mesureur d'absorption dont le coût de mise en œuvre est particulièrement bas. Un autre but de l'invention est de proposer un mesureur d'absorption permettant d'avoir une dynamique extrêmement grande, d'un échantillon très clair à un fluide très opaque.
D'autres buts et avantages de la présente invention apparaîtront au cours de la description qui va suivre, qui n'est donnée qu'à titre indicatif et qui n'a pas pour but de la limiter.
A cet effet, l'invention concerne un mesureur d'absorption, dans la gamme spectrale visible et/ou infrarouge et/ou ultraviolet, pour l'analyse d'un fluide en transmission, comprenant :
- une cellule de mesure pour le fluide, - au moins une source de rayonnement électromagnétique agencée pour émettre un faisceau de rayonnement au travers de la cellule de
mesure,
- un capteur, dit de transmission, pour la mesure de l'intensité du rayonnement transmis par le fluide, émettant un signal de détection, dit de transmission Selon l'invention, ledit mesureur d'absorption comprend : a) au moins deux canaux issus d'autant de sources de rayonnement électromagnétique, ci-après dénommés k canaux et k sources, b) un intégrateur permettant de mélanger les différents rayonnements desdits canaux et de leur faire suivre un même chemin optique au travers de ladite cellule de mesure, c) un capteur, dit de source, pour la mesure de l'intensité dudit rayonnement électromagnétique avant interaction avec le fluide, émettant un signal de détection, dit de source, d) des moyens modulateurs pour moduler l'intensité desdites k sources à l'aide d'autant de signaux porteurs, ci-après dénommés k signaux porteurs, e) des moyens démodulateurs pour démoduler les signaux de détection desdits capteurs, à savoir au moins ledit capteur de source et ledit capteur de transmission, à l'aide desdits k signaux porteurs, les moyens modulateurs et les moyens démodulateurs coopérant mutuellement pour assurer, d'une part, une détection synchrone entre lesdites k sources de rayonnement électromagnétique et lesdits capteurs, à savoir au moins ledit capteur de source et ledit capteur de transmission, afin de filtrer le bruit environnant et les perturbations électroniques, et d'autre part, un multiplexage des signaux émis par lesdits k sources de rayonnement électromagnétique puis leur démultiplexage lors de la démodulation des signaux de détection desdits capteurs afin d'obtenir, pour chacun desdits capteurs, k signaux démodulés relatifs respectivement aux k sources de rayonnement électromagnétique. Selon un mode de réalisation avantageux, ledit mesureur d'absorption peut comprendre, en outre, un capteur, dit de diffusion pour la
mesure de l'intensité du rayonnement électromagnétique diffusé par le fluide, émettant un signal de détection.
L'invention concerne également un procédé de mesure d'absorption, dans la gamme spectrale visible et/ou infrarouge et/ou ultraviolet, pour l'analyse d'un fluide en transmission avec un échantillon de fluide, dont la longueur traversée par le faisceau de rayonnement est constante, ledit procédé comprenant les étapes suivantes :
- on émet des rayonnements électromagnétiques en direction de l'échantillon à partir de k sources de rayonnement électromagnétique, - on module l'intensité des rayonnements desdites k sources de rayonnement à l'aide de k signaux porteurs afin d'obtenir un multiplexage desdits rayonnements, lesdits signaux porteurs étant de fréquences sensiblement supérieures aux fréquences des perturbations de l'électronique,
- on mélange les rayonnements desdites k sources de rayonnement et on leur fait suivre un même chemin optique au travers de l'échantillon de fluide,
- on détecte les signaux émis par lesdites k sources de rayonnement, avant interaction avec le fluide, afin d'obtenir un signal de détection de source, - on détecte les signaux desdites k sources de rayonnement, après transmission par l'échantillon afin d'obtenir un signal de détection de transmission,
- on démodule ledit signal de détection de source à l'aide des k signaux porteurs afin d'obtenir k signaux de sources démodulés, - on démodule ledit signal de détection de transmission à l'aide des k signaux porteurs afin d'obtenir k signaux de transmission démodulés,
- on calcule une information spectrale relative à l'échantillon de fluide en fonction au moins desdits k signaux de sources démodulés et desdits k signaux de transmission démodulés.
On entend par signal de détection de source, un signal
permettant d'obtenir une référence ou une calibration de l'intensité réellement émise par les k sources.
L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description suivante, accompagnée des dessins en annexe parmi lesquels : - la figure 1 est un schéma de principe illustrant les paramètres relatifs à la loi de Beert-Lambert-Bouguer,
- la figure 2 est une vue schématique d'un mesureur d'absorption conforme à l'invention selon un mode de réalisation,
- la figure 3 est un schéma de principe illustrant plus en détail le procédé mis en œuvre dans le mesureur d'absorption de la figure 2.
L'invention concerne un mesureur d'absorption 1 pour l'analyse d'un fluide en transmission. L'ensemble des mesures de radiation sont principalement dans la gamme spectrale visible, mais peuvent être également dans les bandes infrarouge et ultraviolet. Le mesureur d'absorption 1 comprend :
- une cellule de mesure 3 pour le fluide,
- au moins une source 4 de rayonnement électromagnétique agencée pour émettre un faisceau de rayonnement au travers de la cellule de mesure, - un capteur 5, dit de transmission, pour la mesure de l'intensité du rayonnement desdites k sources transmis par le fluide, émettant un signal de détection, dit de transmission.
Selon un mode de réalisation prenant en compte les rayonnements diffusés par le fluide, le mesureur d'absorption 1 comprend : a) au moins deux canaux 6 issus d'autant de sources 4-ι,
42 ... de rayonnement électromagnétique, ci-après dénommés k canaux et k sources, b) un intégrateur 7 permettant de mélanger les différents rayonnements des différents canaux 6 et de leur faire suivre un même chemin optique au travers de ladite cellule de mesure 3, c) un capteur 8, dit de source, pour la mesure de l'intensité
dudit rayonnement électromagnétique émis par lesdites k sources, avant interaction avec le fluide, émettant un signal de détection, dit de source, d) un capteur 9, dit de diffusion, pour la mesure de l'intensité du rayonnement électromagnétique desdites k sources, diffusé par le fluide, émettant un signal de détection dit de diffusion, e) des moyens modulateurs 10 pour moduler l'intensité desdites k sources à l'aide d'autant de signaux porteurs, ci-après dénommés k signaux porteurs, f) des moyens démodulateurs 11 pour démoduler les signaux de détection 12, 13, 14 desdits capteurs, à savoir ledit capteur de source 8, ledit capteur de diffusion 9 et ledit capteur de transmission 5, à l'aide desdits k signaux porteurs.
En outre, selon l'invention, les moyens modulateurs 10 et les moyens démodulateurs 11 coopèrent mutuellement pour assurer, d'une part, une détection synchrone entre lesdites k sources 4ι, 42 ... de rayonnement électromagnétique et lesdits capteurs, à savoir, selon ce mode de réalisation, ledit capteur de source 8, ledit capteur de diffusion 9 et ledit capteur de transmission 5, afin de filtrer le bruit environnant et lesdites perturbations électroniques. D'autre part, selon l'invention, lesdits moyens modulateurs 10 et démodulateurs 11 coopèrent pour assurer un multiplexage desdits signaux émis par lesdites k sources de rayonnement électromagnétique puis leur démultiplexage lors de la démodulation desdits signaux de détection 12, 13, 14 desdits capteurs 5, 8, 9, afin d'obtenir, pour chacun desdits capteurs, k signaux démodulés relatifs respectivement aux k sources 4i, 42 de rayonnement électromag nétiq ue .
Il est à noter toutefois que le capteur de diffusion n'est pas essentiel à l'invention, celui-ci n'étant pas pertinent pour toutes les mesures d'absorption. Selon un mode de réalisation, le mesureur d'absorption en est dépourvu. La démodulation ne se fait donc que sur les signaux du capteur de source 8 et ceux du capteur de transmission 5.
L'invention est née de la constatation par les inventeurs selon laquelle la fluctuation des sources de rayonnement électromagnétiques, ou la dérive spectrale des sources sont une cause d'erreurs, pendant les mesures de transmission. Aussi, selon l'invention, le capteur de source 8 est un capteur qui permet la mesure desdits rayonnements émis par les sources pendant les mesures de transmission, lors d'une même période d'acquisition. L'acquisition du signal de détection émis par le capteur de source 8, l'acquisition du signal de détection émis par le capteur de transmission 5, voire le cas échéant l'acquisition du signal de détection émis par le capteur de diffusion 9 sont donc simultanées.
Dans la présente invention, k désigne un nombre entier supérieur ou égal à deux. Le nombre de k canaux et de k sources dépend de l'application. Par exemple, aux figures, est montré un mesureur d'absorption effectuant des mesures sur trois canaux issus de trois sources .
Selon les exemples des figures, les sources k-ι, k2 ... de rayonnement électromagnétique peuvent être monochromatiques, et donc par exemple être des lasers, ou encore peuvent être quasi-monochromatiques, telles par exemple des diodes électroluminescentes. Selon une alternative de réalisation non illustrée, les k sources k-ι, k2 ... de rayonnement électromagnétique peuvent être constituées par une source à large bande, telle que notamment une source incandescente, filtrée en parallèle par k filtres. Selon ce mode de réalisation, chacun des k filtres permet, après filtrage, et pour chaque canal, d'obtenir un rayonnement correspondant à une longueur d'onde. La source incandescente peut être notamment de type halogène.
Les moyens modulateurs 10, et/ou encore les moyens démodulateurs 11 , peuvent être de nature électronique, à savoir constitués de générateurs de signal, microcontrôleurs et autres électroniques de traitement du signal ou encore de nature mécanique tel qu'un hacheur (chopper).
On entend par multiplexage une opération, connue en soi, qui
consiste à combiner en un seul signal composite (signal dans l'intégrateur) plusieurs signaux provenant de sources différentes (les k sources), afin de pouvoir les transmettre simultanément sur une seule voie de communication.
Le démultiplexage permet alors de reconnaître à chaque signal sa propre origine. Ceci est réalisé en lui attribuant une fréquence propre à l'intérieur d'une bande de fréquence (multiplexage par fréquences), ou encore en lui réservant un intervalle de temps de transmission (multiplexage temporel).
Aussi, les moyens modulateurs 10 peuvent assurer un multiplexage temporel ou un multiplexage par fréquences. Dans le cas d'un multiplexage par fréquences, il peut s'agir notamment, mais non nécessairement, d'une multiplexage par fréquences incommensurables.
Avantageusement, selon l'invention, la longueur L de la cellule traversée par le faisceau de rayonnement peut être constante, destinée à ne pas varier quelle que soit l'opacité du fluide à analyser. Le mesureur d'absorption peut présenter des moyens pour ajuster la puissance d'alimentation desdits k sources ki, k2 ... de rayonnement électromagnétique en fonction de l'opacité du fluide à analyser.
Plus précisément, préalablement à la mesure, selon un exemple, le processeur du mesureur d'absorption permet automatiquement d'ajuster la puissance du rayonnement jusqu'à ce que le rayonnement de lumière transmis par le fluide soit en quantité suffisante pour être mesurable par le capteur de transmission.
Alternativement ou additionnellement à cet ajustement, afin d'avoir une dynamique extrêmement grande (d'un fluide très clair jusqu'à un fluide très opaque) sur un même dispositif, le mesureur d'absorption peut comprendre plusieurs cellules de mesure, de longueurs fixes, mais différentes.
Ces cellules peuvent être placées en série à la suite les unes des autres.
Selon un exemple, les k sources et les capteurs, notamment de transmission, de source, et le cas échéant de diffusion peuvent être communs à toutes les cellules. Des canaux propres à chaque cellule de
mesure, notamment des fibres optiques, peuvent permettre de relier les k sources et les capteurs à la cellule de mesure concernée.
Selon un autre exemple de réalisation, chaque cellule présente ses propres k sources de rayonnement électromagnétiques et ses propres capteurs de transmission, de source, et le cas échéant de diffusion.
De manière avantageuse, et afin d'éviter la stagnation de particules intruses dans le champ du rayonnement de la cellule de mesure, le mesureur d'absorption peut présenter des moyens moteurs pour mettre en circulation le fluide dans la cellule de mesure 3. Il s'agira notamment d'une pompe permettant de faire circuler en boucle le fluide au travers de Ia cellule de mesure.
Selon un mode de réalisation, le fluide 2 peut présenter une signature spectrale dans la bande spectrale dudit mesureur d'absorption , ce dernier présentant un processeur et des moyens pour traiter : - les k signaux démodulés du capteur de source 8,
- le cas échéant, les k signaux démodulés du capteur de diffusion 9,
- les k signaux démodulés du capteur de transmission 5, afin de calculer une information relative à la signature spectrale. Cette information relative à la signature spectrale peut être une concentration d'un constituant ou entité chimique dans le fluide, notamment obtenu par la loi de Beer-Lambert-Bouguer.
Alternativement, le mesureur d'absorption peut être simplement un colorimètre. L'invention vise également un procédé qui peut être notamment mis en œuvre dans le mesureur d'absorption conforme à l'invention.
L'invention concerne ainsi un procédé de mesure d'absorption, dans la gamme spectrale visible et/ou infrarouge ou ultraviolet pour l'analyse d'un fluide en transmission avec un échantillon de fluide dont la longueur traversée par le faisceau de rayonnement est constante.
Selon un mode de réalisation prenant en compte les rayonnements diffusés par l'échantillon, ledit procédé comprend les étapes suivantes :
- on émet des rayonnements électromagnétiques en direction de l'échantillon à partir de k sources 4i, 42 ... de rayonnement électromagnétique,
- on module l'intensité des rayonnements desdites k sources 4-1, A2 de rayonnement à l'aide de k signaux porteurs afin d'obtenir un multiplexage desdits rayonnements, lesdits signaux porteurs étant de fréquences sensiblement supérieures aux fréquences des perturbations de l'électronique,
- on mélange les rayonnements desdites k sources de rayonnement et on leur fait suivre un même chemin optique au travers de l'échantillon de fluide, - on détecte les signaux émis par lesdites k sources de rayonnement avant interaction avec le fluide, afin d'obtenir un signal 13 de détection de source,
- on détecte les signaux desdites k sources de rayonnement, après diffusion par le fluide, afin d'obtenir un signal 14 de détection de diffusion,
- on détecte les signaux desdites k sources de rayonnement, après transmission par l'échantillon afin d'obtenir un signal 12 de détection de transmission,
- on démodule ledit signal 13 de détection de source à l'aide des k signaux porteurs afin d'obtenir k signaux de sources démodulés,
- on démodule ledit signal 14 de détection de diffusion à l'aide des k signaux porteurs afin d'obtenir k signaux de diffusion démodulés,
- on démodule ledit signal 12 de détection de transmission à l'aide des k signaux porteurs afin d'obtenir k signaux de transmission démodulés,
- on calcule une information spectrale relative à l'échantillon
de fluide en fonction desdits k signaux de source démodulés, desdits k signaux de diffusion démodulés et desdits k signaux de transmission démodulés.
Il est à noter que l'étape de détection des signaux desdites k sources de rayonnement, après diffusion par le fluide, afin d'obtenir un signal 14 de détection de diffusion, n'est pas essentielle pour toutes les mesures d'absorption afin d'obtenir la performance souhaitée.
Le procédé conforme à l'invention est donc un procédé dans lequel la détection des signaux émis par les k sources de rayonnement, avant interaction avec le fluide est effectué pendant la détection des signaux desdites k sources de rayonnement après transmission, lors d'une même période d'acquisition, voire également, le cas échéant, simultanément avec la détection desdites k sources de rayonnement, après diffusion par le fluide. On s'assure ainsi qu'une fluctuation de l'intensité desdites sources, ou dérives desdites k sources de rayonnement n'a pas d'incidence sur l'information spectrale calculée, relative à l'échantillon.
Selon un mode de réalisation, le procédé est dépourvu de cette étape de détection ainsi que de l'étape de démodulation du signal 14. L'étape de calcul de l'information spectrale ne se fait donc que sur lesdits k signaux de sources démodulés et lesdits cas signaux de transmission démodulés.
Avantageusement, la fréquence des signaux porteurs est sensiblement supérieure aux fréquences des perturbations de l'électronique, et par exemple supérieure aux 50 hertz du réseau électrique. Selon un exemple, les fréquences des signaux porteurs peuvent être supérieures à 300 hertz. Le multiplexage peut être un multiplexage temporel ou un multiplexage par fréquence notamment incommensurable.
Selon la présente invention, la longueur de l'échantillon de fluide traversé par le faisceau de rayonnement peut être constante, quelle que soit l'opacité du fluide à analyser. Avantageusement, selon un exemple de réalisation, on ajuste (augmente) la puissance d'alimentation desdites k sources de rayonnement électromagnétique en fonction de l'opacité du fluide à
analyser de telle façon que le rayonnement transmis soit en quantité suffisante pour être mesuré.
Les k sources 4-ι, 42 ... de rayonnement électromagnétique peuvent être monochromatiques telles que des lasers ou encore quasi- monochromatiques telles que des diodes électroluminescentes.
Selon une alternative, les k sources de rayonnement électromagnétiques peuvent être constituées par une source à large bande, telle que source incandescente (halogène, filtrée en parallèle par k filtres).
Le procédé conforme à l'invention peut permettre la mesure de couleur ou encore la mesure de la concentration d'un constituant ou entité chimique dans le fluide à analyser par application de la loi Beert-Lamber- Bouguer.
L'invention trouvera une application particulière dans tous les domaines de l'industrie où il existe un besoin de mesurer la concentration d'une entité chimique dans un fluide, ou encore un besoin de mesurer les couleurs.
Elle permettra avantageusement d'obtenir des mesures de couleurs ou de concentration reproductibles, dont l'erreur absolue est suffisamment faible pour pouvoir les utiliser comme mesures absolues, par exemple, pour le contrôle de l'application de normes industrielles. Le procédé et le mesureur d'absorption conformes à l'invention peuvent permettre, par exemple, la mesure de couleur ou de polluants, notamment dans le cadre du contrôle de l'application d'une norme de rejet.
Naturellement, d'autres modes de mise en œuvre auraient pu être envisagés sans pour autant sortir du cadre de l'invention défini par les revendications ci-après.