PROCEDE DE GENERATION ET DE VERIFICATION D'IDENTITE PORTANT
L'UNICITE D'UN COUPLE PORTEUR - OBJET
La présente invention concerne l'authentification ou l'identification d'un individu à l'aide d'un dispositif électronique. On notera que, dans l'ensemble du présent texte, lorsqu'on parle d'authentification ou d'identification, le "ou" est inclusif, c'est-à-dire qu'il signifie "et/ou", de sorte que la présente invention est applicable aussi bien à de l'authentification qu'à de l'identification, voire même aux deux à la fois.
L'identification vise à permettre de connaître l'identité d'une entité, par exemple à l'aide d'un identifiant qui peut être un nom d'utilisateur ou un identifiant réseau (numéro de téléphone par exemple). L'authentification permet de vérifier l'identité d'une entité pour lui autoriser l'accès à des services ou des ressources.
L'authentification ou l'identification utilise régulièrement un serveur stockant des données relatives à des entités, i.e. individus ayant préalablement fait l'objet d'une phase dite d'enregistrement (ou d'inscription) auprès dudit serveur pour se voir délivrer, lors de l'authentification ou de l'identification, un droit quelconque (délivrance d'un permis de conduire, d'un titre de transport, d'une indemnisation, autorisation d'accès à un local, autorisation d'accès à un service, mise en œuvre d'un service, paiement électronique, etc.).
Les données traditionnellement utilisées pour l'enregistrement d'individus auprès du serveur sont des données personnelles, le plus souvent alphanumériques, telles que des mots de passe, des adresses de dispositifs électroniques utilisées par les individus (e.g. adresses I P), des identités et/ou autres. Pour être suffisamment discriminantes et ainsi permettre une authentification ou une identification avec un taux de succès acceptable, les données utilisées peuvent être relativement complexes du point de vue des individus. A titre d'exemple, plus un mot de passe contient de caractères, plus il permettra une identification fiable, mais plus sa mémorisation par un individu deviendra difficile.
Par ailleurs, la notion d'identité devient omniprésente et quotidienne dans l'environnement digital et particulièrement dans celui dit « mobile ». Par exemple, un objet communiquant, de type carte à puce, « smart phone », tablette
numérique ou autre, peut être utilisé comme support d'identification. Il convient que cet objet puisse être utilisé par son porteur de manière fiable et sécurisé, tout en restant ergonomique dans son utilisation par son porteur.
Des données biométriques peuvent être utilisées en association avec un objet communiquant pour garantir l'unicité de l'individu porteur de l'objet. Un passeport biométrique constitue par exemple un tel objet d'identification sécurisé.
Lorsque des données biométriques sont utilisées en association avec un objet d'identification, l'anonymat du porteur doit pouvoir être préservé. A cet effet, le serveur d'enregistrement peut ne contenir que des liens faibles entre les données biométriques du porteur et son identité ; on peut se référer par exemple au document FR-A-2 867 881 , de même les données biométriques peuvent n'être stockées que dans l'objet du porteur sans partage avec une base. Par ailleurs, la lecture des données biométriques depuis l'objet d'identification est subordonnée à une authentification mutuelle entre l'élément de sécurité de l'objet (une puce électronique par exemple) et un serveur distant via un lecteur de l'objet (selon le protocole EAC, pour « Extended Access Control » par exemple), ce qui permet une vérification en mode local (données dans l'objet du porteur) et/ou en mode distant avec partage d'informations avec un serveur.
Un tel mode opératoire, conçu pour la vérification de l'identité régalienne des individus, est difficile à généraliser pour des applications de vie quotidienne qui nécessitent cependant une authentification de l'individu.
On souhaite pourtant pouvoir généraliser l'utilisation de données biométriques pour authentifier un porteur d'un support d'identification, tout en protégeant son anonymat, son (ses) identité(s) numérique(s) et sa légitimité. La présente invention vise à répondre à ce besoin.
L'invention propose ainsi un procédé pour générer une identité numérique pour un individu porteur d'un objet d'identification comprenant un composant de sécurité, le procédé comprenant les étapes suivantes :
- saisie d'une donnée biométrique initiale de l'individu ;
- création d'une donnée digitale de référence dérivée de la donnée biométrique ;
- génération d'une donnée par le composant de sécurité de l'objet ;
- détermination d'une identité numérique initiale par modification de la donnée digitale de référence par la donnée générée par le composant de sécurité de l'objet.
Un premier aspect de l'invention consiste en une phase d'initialisation. Cette phase d'initialisation a pour but de construire une identité numérique pour l'individu porteur d'un objet d'identification. Cette identité numérique initiale porte l'unicité du couple porteur-objet, c'est-à-dire qu'elle atteste de l'authenticité de l'identité du porteur sur présentation de l'objet. L'objet d'identification ne peut être valablement utilisé sans son porteur légitime. Cette identité numérique initiale est cependant non signifiante, c'est-à-dire qu'elle ne permet en aucun cas de retrouver directement l'état civil du porteur. L'objet d'identification est ainsi protégé contre le vol ou le détournement par les données biométriques associées à l'identité numérique qu'il porte, sans que ces données biométriques puissent être directement reliées à l'identité du porteur de l'objet. Selon les modes de réalisation, le procédé génération d'une identité numérique selon l'invention peut comprendre en outre une ou plusieurs des caractéristiques suivantes :
La donnée digitale peut être dérivée de la donnée biométrique initiale par application d'un algorithme stocké dans le composant de sécurité de l'objet ; ou la donnée biométrique initiale peut être transmise à un serveur qui calcule la donnée digitale de référence dérivée de la donnée biométrique et la transmet à l'objet d'identification.
La donnée générée par le composant de sécurité de l'objet peut être une valeur numérique non prédictible (PUF, Physical Unclonable Feature) produite par le composant de sécurité de l'objet ; ou la donnée générée par le composant de sécurité de l'objet peut être un aléa stocké dans le composant de sécurité de l'objet après tirage.
L'identité numérique initiale peut être déterminée par chiffrement de la donnée digitale de référence à l'aide d'une clé utilisant au moins la donnée générée par le composant de sécurité de l'objet ; cette identité numérique initiale peut être stockée dans le composant de sécurité de l'objet et/ou transmise à un serveur d'authentification.
L'invention propose aussi un procédé pour vérifier l'identité numérique
d'un individu porteur d'un objet d'identification, le procédé de vérification comprenant les étapes suivantes :
- saisie d'une donnée biométrique courante de l'individu ;
- détermination d'une donnée digitale courante dérivée de la donnée biométrique courante ; et
- comparaison de ladite donnée digitale courante avec la donnée digitale de référence.
Le procédé de vérification comprenant avantageusement en outre les étapes suivantes :
- détermination d'une identité numérique courante ;
- comparaison d'une correspondance statistique entrel'identité numérique courante et l'identité numérique initiale avec un seuil donné;
- si la correspondance statistique est supérieure au seuil donné, valider l'authenticité du couple porteur- objet d'identification - si la correspondance statistique est inférieure au seuil donné, réfuter l'authenticité du couple porteur-objet d'identification.
Selon une application, la donnée générée par le composant de sécurité de l'objet est validée par la comparaison statistique positive de l'identité numérique courante avec l'identité numérique initiale. La comparaison peut être réalisée dans l'objet d'identification et/ou auprès d'un serveur d'authentification.
Un deuxième aspect de l'invention consiste en une phase de vérification de l'identité numérique générée selon l'invention. Un tel procédé basé sur une approche statistique de l'unicité du couple porteur-objet permet d'attester de l'identité arguée du porteur, même en cas de dérive de l'objet, ou de caractériser une fraude.
L'invention concerne aussi un dispositif électronique comprenant un composant de sécurité adapté à mettre en œuvre les étapes du procédé selon l'invention. Un tel dispositif peut comprendre en outre des moyens de saisie d'une donnée biométrique.
L'invention concerne également un système de vérification de l'identité d'un porteur d'un objet d'identification, le système comprenant un dispositif
électronique selon l'invention et un serveur d'authentification comprenant au moins une identité numérique initiale mémorisée associée à des droits pour l'individu.
D'autres particularités et avantages de la présente invention apparaîtront dans la description ci-après d'exemples de réalisation non limitatifs, en référence aux dessins annexés, dans lesquels :
- la figure 1 est un organigramme d'un exemple d'une phase d'initialisation lors de la mise en œuvre du procédé selon l'invention ;
- la figure 2 est un organigramme d'un exemple d'une phase de vérification de l'authenticité du couple porteur-objet lors de la mise en œuvre du procédé selon l'invention ;
- la figure 3 est un organigramme d'un exemple d'une phase de vérification de la stabilité de la donnée générée par le composant de sécurité de l'objet lors de la mise en œuvre du procédé selon l'invention ;
- la figure 4 est un exemple d'un objet d'identification pouvant être utilisé lors de la mise en œuvre du procédé selon l'invention ;
- la figure 5 est un autre exemple d'un objet d'identification pouvant être utilisé lors de la mise en œuvre du procédé selon l'invention ;
- la figure 6 est un schéma montrant un exemple d'une phase d'initialisation pouvant être mise en œuvre selon un mode de réalisation de l'invention ;
- la figure 7 est un schéma montrant un exemple d'une phase de vérification pouvant être mise en œuvre selon un mode de réalisation de l'invention.
Un premier aspect de l'invention consiste en une phase d'initialisation. Cette phase d'initialisation a pour but de construire une identité numérique portant l'unicité du couple porteur-objet pour permettre à l'individu de se voir délivrer ultérieurement un droit quelconque (délivrance d'un permis de conduire, d'un titre de transport, d'une indemnisation, autorisation d'accès à un local, autorisation d'accès à un service, mise en œuvre d'un service, paiement électronique, etc.) sur présentation de l'objet.
L'objet d'identification peut être une carte à puce, un téléphone portable ou tout autre objet portable comportant au moins un composant de sécurité. L'objet d'identification peut être utilisé comme une carte de fidélité, une carte de
membre pour accéder à des services, une carte d'assurance ou un support porteur d'une identité régalienne.
La phase d'initialisation est illustrée sur la figure 1 .
Une donnée biométrique initiale Bio de l'individu est saisie. Cette donnée biométrique initiale Bio peut être une empreinte digitale, une empreinte d'iris ou une photo du visage, de l'oreille ou de toute autre partie discriminante du corps de l'individu, tel qu'un tatouage, une cicatrice, ou autre. Cette donnée biométrique initiale Bio de l'individu est numérisée et traitée pour créer une donnée digitale de référence MO dérivée de la donnée biométrique initiale. Seule la donnée digitale de référence MO dérivée de la donnée biométrique initiale est mémorisée dans le composant de sécurité de l'objet. La donnée biométrique initiale Bio n'a pas à être mémorisée dans l'objet d'identification. Aucun détournement des données biométriques d'un individu ne peut donc être opéré en cas de vol ou de perte de l'objet d'identification. Par ailleurs, une donnée de signature P1 est générée par le composant de sécurité de l'objet. Cette donnée P1 est non prédictible et ne dépend que de l'électronique du composant de sécurité de l'objet ; elle n'est pas stockée dans la mémoire de l'objet d'identification mais générée à chaque usage comme une signature du composant électronique de sécurité. Une telle donnée P1 peut être désignée par l'acronyme PUF pour « Physical Unclonable Feature » ; elle se compose d'une série de valeurs binaires non prédictibles et non disponibles en dehors de l'objet. Selon une variante, la donnée de signature P1 générée par le composant de sécurité de l'objet peut également être un aléa stocké après tirage dans le composant de sécurité de l'objet. Une identité numérique initiale M1 peut alors être déterminée. Cette identité numérique initiale M1 est obtenue par modification de la donnée digitale de référence MO par la donnée P1 générée par le composant de sécurité de l'objet. L'identité numérique initiale M1 est obtenue par chiffrement de la donnée digitale de référence MO et de la valeur P1 ; par exemple, P1 généré par l'objet d'identification peut être une tout ou partie d'une clé utilisée pour chiffrer la donnée digitale de référence MO. L'identité numérique initiale M1 est ensuite stockée dans la mémoire de l'objet d'identification. L'utilisation d'un algorithme non réversible fait que même en cas de vol ou de perte de l'objet d'identification, aucune information
personnelle ne peut être tirée de l'identité numérique M1 stockée dans l'objet.
L'identité numérique peut alors être également transmise selon plusieurs modalités connues à un serveur d'authentification pour enrôlement de l'individu auprès dudit serveur pour se voir délivrer, lors d'une l'authentification ultérieure, un droit quelconque sur présentation de l'objet et vérification de l'authenticité du couple porteur-objet.
La phase de vérification est illustrée sur la figure 2.
La vérification de l'authenticité du couple porteur-objet peut se faire en utilisant la donnée biométrique Bio pour authentifier le porteur par comparaison avec la donnée digitale de référence MO, dérivée de la donnée biométrique initiale et mémorisée dans le composant de sécurité de l'objet. Dans ce cas, le type de donnée biométrique utilisée étant défini par le porteur lui-même, un premier niveau de confiance est établi entre porteur et objet.
Une donnée biométrique courante Bio' est saisie et une donnée digitale MO' dérivée est calculée. Ensuite, cette donnée digitale MO' dérivée de la donnée biométrique courante Bio' est validée en interne par une comparaison effectuée dans l'objet lui-même, selon un processus connu sous l'acronyme de MOC pour « Match On Card ».
Si la validation de la donnée digitale MO' dérivée de la donnée biométrique courante Bio' est confirmée (M0'=M0, OK), alors une identité numérique courante MV pourra être retrouvée à partir de la donnée P1 générée par le composant de sécurité de l'objet et de la donnée digitale MO' dérivée de la donnée biométrique courante Bio'. Ensuite, cette identité numérique courante /W/ ' peut être validée en interne dans l'objet par une comparaison de type MOC ou en collaboration avec un serveur comme cela sera décrit plus loin. Si la validation de l'identité numérique courante MV est confirmée (M1 '=M1 , OK), alors le couple objet-porteur est confirmé.
La valeur du PUF, i.e. de la donnée P1 générée par le composant de sécurité de l'objet, peut également évoluer dans le temps, du fait de la technologie. Dans ce cas de figure, la valeur de la donnée P1 peut ne plus être strictement identique à celle générée initialement, interdisant de fait les calculs déterministes nécessaires à la cryptographie. Il faut alors requalifier la valeur de PUF ou détruire au moins les fonctions sensibles du produit. La requalification ouvre les portes à
une attaque sur l'intégrité du PUF. Dans ce cas, l'usage de la biométrie permet de protéger le porteur.
La phase de vérification de la stabilité de la donnée de PUF, avec saisie de la biométrie est illustrée sur la figure 3. Dans une configuration plus légère, la donnée digitale de référence MO qui est dérivée de la valeur biométrique et stockée dans le composant de sécurité de l'objet, peut servir de référence directe. Cette configuration permet une vérification rapide (M0'=M0, OK) mais avec une dégradation de la sécurité puisque sans validation de l'identité numérique du couple objet-porteur (M1 '=Μ1 , NOK). La même donnée biométrique courante Bio de l'individu est saisie
(empreinte digitale, empreinte d'iris ou photo de la même partie du porteur). Cette donnée biométrique courante Bio est numérisée et traitée pour créer une nouvelle donnée digitale MO' dérivée de la donnée biométrique courante ; le traitement est de préférence effectué avec les mêmes types de logiciels que ceux utilisés pour créer la donnée digitale de référence MO lors de la phase d'initialisation. Si le porteur est bien le porteur légitime, la nouvelle donnée digitale MO' dérivée de la donnée biométrique courante sera considérée identique par le MOC relativement à la donnée digitale de référence MO. Dans le domaine considéré, on entend par « identique » une correspondance statistique supérieure à un seuil de défini entre deux séries de données digitales. La valeur de seuil permet de fixer le niveau d'exigence et de sécurité.
Par ailleurs, la valeur de PUF, identifiée ci-après P2, est à nouveau généré par le composant de sécurité de l'objet. Cet donnée est toujours non prédictible et reste uniquement dépendant de l'électronique du composant de sécurité de l'objet. La donnée P2 générée lors de la phase de vérification est normalement identique à la valeur P1 générée lors de la phase d'initialisation (figure 1 ) puisqu'il représente une signature du composant électronique de sécurité de l'objet.
Une identité numérique courante M2 peut alors être déterminée, selon le même processus de chiffrement que l'identité numérique initiale M1. L'identité numérique courante M2 est alors comparée à l'identité numérique initiale M1. Cette comparaison peut être effectuée dans l'objet lui-même en MOC. L'identité numérique courante M2 peut si besoin être également transmise à un serveur d'authentification qui effectue lui-même la comparaison avec l'identité numérique
initiale M1, comme cela sera décrit plus en détails en référence à la figure 6.
La comparaison entre l'identité numérique courante M2 et l'identité numérique initiale M1 est une comparaison statistique. En effet, il peut s'avérer que la nouvelle valeur du PUF P2 générée par le composant de sécurité de l'objet lors de la phase de vérification soit différente de la valeur du PUF P1 générée lors de la phase d'initialisation (figure 1 ) sans que l'objet soit pour autant fraudé. En effet, le composant électronique de l'objet peut évoluer et certaines valeurs binaires de l'aléa peuvent être modifiées sans que le porteur ou qu'un tiers soit intervenu de manière malveillante. Il en résulterait une réfutation de l'authenticité du couple porteur-objet sans qu'aucune fraude ne soit intervenue.
En cas d'évolution, par vieillissement par exemple, du composant de sécurité de l'objet, la nouvelle valeur de PUF P2 peut différer de quelques Bits de la valeur de PUF initiale P1. Il en résulte que la différence entre la valeur P2 et la valeur P1 ne sera pas statistiquement significative pour une qualification de la similarité de ces valeurs par une fonction de type MOC effectuée dans le composant de sécurité de l'objet, ce qui permet de valider une dérive sans fraude du PUF.
Une telle comparaison statistique peut utiliser tout algorithme connu et approprié de comparaison de données biométriques. Plusieurs algorithmes peuvent en outre être juxtaposés ou combinés pour améliorer la fiabilité de la comparaison (« Match On Card » ou « Match On System »).
Ainsi, si l'identité numérique courante M2 est statistiquement identique à l'identité numérique initiale M1, l'authenticité du couple porteur-objet est validée et les droits ou services associés sont accordés. En revanche, si l'identité numérique courante M2 n'est pas statistiquement identique à l'identité numérique M1 initiale, l'authenticité du couple porteur-objet est réfutée. On peut en effet conclure avec une grande certitude, dans ce dernier cas, qu'une fraude a été intentée dans l'utilisation de l'objet d'identification. Dans le domaine considéré, on entend par « statistiquement identique » une correspondance statistique supérieure à un seuil défini en fonction du niveau de sécurité visé.
On a ainsi un procédé permettant de générer une identité portant l'unicité de l'identification d'un couple porteur-objet. Cette identité ainsi générée peut être anonyme (i.e. sans information sur l'état civil de l'individu) ; l'individu peut accéder
à des services sur seule présentation de l'objet d'identification en saisissant par exemple la donnée biométrique appropriée sans être obligé à décliner son identité. Un tel objet d'identification ne peut être valablement utilisé sans son porteur légitime. Les figures 4 et 5 illustrent des exemples d'objets d'identification pouvant être utilisés dans le cadre de l'invention. Par exemple, l'objet d'identification 10 peut être un téléphone portable (figure 4) comprenant un composant de sécurité 1 1 aménagé dans une carte SIM ou tout autre élément de sécurité embarqué. Le téléphone 10 peut comprendre un moyen de capture d'image 12 et/ou de son et/ou un lecteur d'empreinte digitale 13, ou tout autre moyen de saisie de données biométriques. Le téléphone 10 comprend également des moyens de communication 14 avec un réseau cellulaire ; il peut également inclure des moyens de communication avec un réseau local (de type Wifi ou BT) ou des moyens de communication en champ proche (NFC). Le téléphone 10 peut ainsi communiquer avec un serveur d'authentification pour déclencher l'accès aux droits ou services requis par le porteur après vérification d'une identité numérique courante MV ou M2 comme expliqué plus haut. La vérification de l'identité numérique courante MV ou M2 peut être faite dans le téléphone lui-même par un processus MOC avant transmission de ladite identité courante MV ou M2 ou d'une attestation d'identité à un serveur ou une borne d'accès aux droits ou services requis.
Selon un autre exemple, l'objet d'identification 10 peut être une carte à puce (figure 5) comprenant un élément de sécurité 1 1 sous forme d'une puce électronique de la carte. La carte 10 peut comprendre un lecteur d'empreinte digitale 13 ou tout autre moyen de saisie de données biométriques. La carte 10 est également communicante par lecture des données de la puce 1 1 via un lecteur approprié en mode contact et/ou par des moyens de communication en sans contact comme le modèle en champ proche (NFC) via une antenne dans la carte 10. La carte 10 peut ainsi, par exemple communiquer avec une borne ou un téléphone pour déclencher l'accès aux droits ou services requis par le porteur après vérification d'une identité numérique courante M2 comme expliqué plus haut. La vérification de l'identité numérique courante M2 peut être faite dans la carte elle-même par un processus MOC avant transmission de ladite identité M2 ou d'une attestation d'identité à une borne d'accès aux droits ou services requis.
Selon un mode de réalisation, l'ensemble des étapes de la phase d'initialisation et/ou l'ensemble des étapes de la phase de vérification peuvent être réalisées dans l'objet d'identification 10 lui-même.
Par exemple, la donnée biométrique Bio, peut être saisie par l'individu à l'aide de l'objet d'identification lui-même ; par exemple dans le cas où l'objet d'identification est un téléphone portable équipé d'une caméra ou d'un lecteur d'empreinte comme décrit en référence à la figure 4. La référence biométrique pour les fonctions de MOC peut alors être dérivée de la donnée biométrique par application d'un algorithme stocké dans le composant de sécurité de l'objet, par exemple un algorithme permettant de créer une signature digitale stable comme décrit dans le document FR-A-2 925 732. Cette donnée digitale dérivée de la donnée biométrique {MO dans l'exemple illustré) peut en outre être cryptée, par application d'une fonction de hachage par exemple.
Les identités numériques initiale M1 et courante MV, M2 peuvent être déterminées dans le composant de sécurité de l'objet qui peut lui-même effectuer la vérification par une comparaison en MOC comme décrit plus haut. Le composant de sécurité transmet alors seulement, vers une borne ou un serveur, une validation ou une réfutation de l'identité du porteur de l'objet d'identification, sous la forme d'un certificat ou d'une signature numérique par exemple. Un tel mode de réalisation présente les avantages de limiter les échanges de données sensibles et de permettre des accès à des services via des bornes locales sans liaison avec un réseau Internet ou cellulaire.
Selon un autre mode de réalisation, les étapes de la phase d'initialisation et/ou les étapes d'une phase de vérification peuvent être partagées entre l'objet d'identification et un serveur d'authentification. Par exemple, l'objet d'identification peut être dépourvu de tout moyen de saisie de données biométriques. Il est alors en mesure de communiquer pour recueillir une donnée biométrique Bio saisie par ailleurs (un lecteur de carte équipé d'une solution biométrique par exemple) ou même pour recueillir une donnée digitale MO, MO' dérivée de la donnée biométrique sur une solution intégrée à un système.
La figure 6 montre un exemple mis en œuvre lors d'une phase d'initialisation et la figure 7 montre un exemple mis en œuvre lors d'une phase de vérification.
Sur l'exemple de la figure 6, la donnée biométrique initiale Bio est saisie par un moyen 20 approprié tel qu'une borne de lecture d'empreinte digitale ou une webcam installé sur un PC par exemple. Cette donnée biométrique initiale Bio est alors transmise à un serveur 30 qui calcule la donnée digitale de référence MO dérivée de la donnée biométrique et la transmet à l'objet d'identification 10.
Alternativement, bien que non illustré, cette donnée biométrique initiale Bio peut être transmise directement à l'objet d'identification 10, par communication en champ proche NFC par exemple si l'objet est équipé de cette fonction, ou par communication cellulaire ou wifi si l'objet est équipé de cette fonction ; l'objet 10 calcule alors lui-même la donnée digitale de référence MO dérivée de la donnée biométrique. Alternativement, bien que non illustré, la donnée digitale de référence MO dérivée de la donnée biométrique Bio peut être calculée dans le moyen de saisie 20 puis transmise directement à l'objet d'identification 10, par communication en champ proche NFC ou par communication cellulaire ou wifi. Le composant sécurisé de l'objet d'identification 10 génère un aléa P1 et calcule l'identité numérique initiale M1 comme décrit plus haut ; puis l'identité numérique initiale M1 est transmise au serveur 30 pour y être mémorisée avec des droits associés. Par exemple, la donnée P1 générée par l'objet d'identification 10 peut être la clé privé d'une bi-clé utilisée pour chiffrer la donnée digitale de référence MO. La clé publique de la bi-clé peut ensuite être transmise au serveur 30 d'identification avec une demande de certification de la bi-clé. Le serveur d'identification génère un certificat lié à l'identité numérique M1. Ce certificat est ensuite renvoyé à l'objet d'identification à côté de la bi-clé.
Sur l'exemple de la figure 7, la donnée biométrique courante Bio' est également saisie par un moyen 20 approprié et transmise au serveur 30 qui calcule la donnée digitale MO' dérivée de cette donnée biométrique courante et la transmet à l'objet d'identification 10. Comme mentionné plus haut, cette donnée biométrique courante Bio' peut être transmise directement à l'objet d'identification 10 qui calcule alors lui-même la donnée digitale MO' dérivée de la donnée biométrique ; ou a donnée digitale MO' dérivée de la donnée biométrique peut être calculée dans le moyen 20 de saisie puis transmise directement à l'objet d'identification 10.
Le composant sécurisé de l'objet d'identification 1 0 génère alors une nouvelle donnée de PUF, qui peut être la donnée initiale P1 restée stable ou une donnée P2 ayant évoluée. Le composant de sécurité de l'objet calcule alors l'identité numérique courante M1 ' ou M2 comme décrit plus haut en référence aux figures 2 et 3 ; puis l'identité numérique courante M1 ' ou M2 est transmise au serveur 30 pour y être comparée avec l'identité numérique initiale M1 mémorisée. Si la comparaison est positive, les droits d'accès associés sont ouverts ; sinon, l'authenticité du couple porteur-objet est réfuté. La comparaison peut aussi être réalisée dans l'objet 10 lui-même par un processus MOC et une attestation de validation ou une indication de réfutation est renvoyée au serveur 30. Cette attestation de validation ou de réfutation renvoyée au serveur 30 peut être redondante avec la comparaison faite au niveau du serveur.
Les transmissions de données - Bio, MO, M1, M2 ou leurs valeurs dérivées - peuvent être directes ou bien transiter par un ou plusieurs dispositifs intermédiaires, comme par exemple dans le cas où la transmission se fait à travers un réseau de communication. Le format des données transmises peut être quelconque. Avantageusement, ces transmissions sont effectuées de façon sécurisées. A cet effet, toute procédure appropriée de sécurisation de la transmission peut être envisagée, comme par exemple le recours au protocole HTTPS, SSL/TLS ou autre. Un unique serveur 30 peut être utilisé ou plusieurs entités peuvent assurer des fonctions respectives ; par exemple une entité peut être dédiée au calcul ou à la mémorisation des données issues des valeurs biométriques utilisées, et une autre entité peut être dédiée au stockage et à la comparaison de l'identité numérique. De façon avantageuse, une ou plusieurs données personnelles de l'individu peuvent être transmises au serveur 30 dans les mêmes configurations que pour l'identité numérique initiale M1. Ces données personnelles peuvent comprendre toutes données susceptibles d'être utilisées dans le cadre d'une authentification ou d'une identification. A titre illustratif, elles peuvent comprendre l'un au moins parmi : un mot de passe, une adresse électronique de l'objet d'identification, une identité, ou autre. Dans ce cas, les différentes données relatives à l'individu sont stockées en association par ou pour le serveur 30. Ainsi, chaque donnée associée à une identité numérique peut être utilisée pour des fonctions ou des services (locaux ou distants) distinctes.
On notera que, bien que la description ci-avant ait été décrite avec l'hypothèse qu'une seule donnée biométrique initiale est capturée lors de la phase d'initialisation, l'invention s'applique également au cas où plusieurs données biométriques complémentaires seraient saisies et plusieurs identités numériques initiales M1 seraient déterminées lors de la phase d'initialisation, pour comparaison ultérieure avec des identités numériques courantes M2 lors de la phase de vérification. On accroît ainsi la fiabilité de l'authenticité du couple porteur-objet.
D'autres mécanismes et d'autres architectures sont bien sûr également envisageables, comme cela apparaîtra à l'homme du métier, notamment des partages différents de ceux illustrés sur les figures 6 et 7.
Tout ou partie des opérations qui ont été décrites jusque là peuvent être mises en œuvre par un ou plusieurs programmes d'ordinateur comprenant des instructions de code appropriées permettant de mettre en œuvre le procédé de l'invention. Un tel programme d'ordinateur peut être chargé et exécuté sur le composant de sécurité d'un objet d'identification communiquant.