MÉTHODE D'IMAGERIE GÉORADAR ET GÉORADAR ASSOCIÉ
DESCRIPTION
DOMAINE TECHNIQUE
La présente invention concerne le domaine des radars à pénétration de sol encore dénommés radars géologiques ou géoradars, et plus particulièrement celui de l'imagerie du sol par de tels radars.
ÉTAT DE LA TECHNIQUE ANTÉRIEURE
Les géoradars sont communément utilisés dans le déminage et la détection de réseaux enterrés. L'évolution de la réglementation dans certains pays européens vient de renforcer l'obligation de détecter les réseaux enterrés lors d'une demande de travaux ou de cartographer les réseaux sensibles en zones urbaines.
Différentes méthodes d'imagerie de sol par géoradar sont connues de l'état de la technique. De manière générale, elles consistent à émettre un signal radar dans le sol au moyen d'une antenne émettrice en plusieurs positions successives, voire d'une pluralité d'antennes émettrices, et à recevoir le signal réfléchi au moyen d'une antenne en plusieurs positions successives voire plusieurs antennes réceptrices. Les signaux reçus sont ensuite soumis à un traitement dit de focalisation ou de migration visant à effectuer des recalages en position ou en phase des signaux réfléchis par différents objets dans le sol. Les techniques de migration utilisées dans ce traitement sont par exemple la migration de Kirchhoff et la migration F-k dont on trouvera une description dans l'article de N. Smitha et al. intitulé « Kirchhoff and F-k migration to focus penetrating radar images » publié dans Intl Journal of Geo-Engineering, Vol. 7, No. 4, Avril. 2016.
Toutefois ces méthodes d'imagerie par migration présentent un certain nombre d'inconvénients. Tout d'abord celles-ci sont sensibles aux couplages que ce soit des couplages entre antennes ou des couplages entre antennes et sol. Ensuite, elles ne
permettent pas de résoudre aisément plusieurs couches d'objets dans le sol. Par exemple, si des réseaux sont enterrés à des profondeurs différentes, celui enterré profondément sera masqué par celui qui est proche de la surface du sol. Enfin, elles nécessitent un maillage uniforme de la zone d'intérêt, ce qui s'avère parfois inutile.
Un premier objet de la présente invention est de proposer une méthode d'imagerie de sol par géoradar qui ne présente pas les inconvénients précités et qui permette notamment de se prémunir des effets de couplage ainsi que de résoudre des couches d'objets enterrés à des profondeurs différentes. Un second objet de la présente invention est de détecter la présence et de localiser des objets présents dans le sol avec un taux de fausse alarme plus faible que dans l'art antérieur.
EXPOSÉ DE L'INVENTION
La présente invention est définie par une méthode d'imagerie par géoradar d'une zone d'intérêt du sol, ledit géoradar opérant dans une bande spectrale d'analyse et étant équipé d'une pluralité N d'antennes d'émission ainsi que d'une pluralité M d'antennes de réception, ladite méthode d'imagerie comprenant : un maillage de ladite zone d'intérêt du sol par une grille de points et une décomposition de la bande spectrale d'analyse en une pluralité Q de sous-bandes de cohérence , chaque sous-bande (Bq ) comprenant un ensemble de fréquences discrètes ; un calcul, pour chaque point de la grille et chaque fréquence discrète, d'une matrice de pertes A.(pk,f,L) représentant l'atténuation du signal émis par chaque antenne d'émission, s'étant propagé jusqu'au dit point puis reçu par chaque antenne de réception ; un calcul, pour chaque point de la grille et chaque fréquence discrète, d'une matrice de phaseurs, U(pk,ƒ,L,) , chaque phaseur correspondant à un retard de propagation du signal émis par chaque antenne d'émission, s'étant propagé jusqu'au dit point puis reçu par chaque antenne de réception ;
une estimation, pour chaque fréquence discrète, de la matrice, H(ƒ), du canal MIMO représentant les N antennes d'émission, la zone d'intérêt du sol et les
M antennes de réception ; une estimation par égalisation de canal d'une matrice de SER bistatique, f , pour chaque point de la grille et chaque fréquence discrète à partir de la matrice de canal MIMO pour cette fréquence ainsi que la matrice de pertes et la matrice de phaseurs, pour ce point de la grille et cette fréquence ; une sommation cohérente, sur les fréquences discrètes de chaque sous- bande de cohérence, des matrices de SER bistatiques relatives à un point de la grille, la sommation cohérente étant effectuée pour chaque sous-bande de cohérence et chaque point de la grille de manière à obtenir une matrice de SER bistatique ȓ(pk,Bq ) par sous- bande en chaque point de la grille ; une sommation incohérente sur les différentes sous-bandes de cohérence, des éléments des matrices de SER par sous-bande, pour obtenir un coefficient de rétrodiffusion globale en chaque point de la grille ; une génération de l'image de la zone d'intérêt en représentant le coefficient de rétrodiffusion globale en chaque point de la grille.
L'égalisation utilisée pour l'estimation de la matrice de SER pourra être une égalisation de type ZF, une égalisation de type MMSE ou une égalisation de type MRC.
Avantageusement, le signal transmis dans chaque sous-bande de cohérence sera un signal OFDM, l'estimation de canal dans les fréquences discrètes de cette sous-bande étant réalisée au moyen de symboles pilotes modulant les sous-porteuses de ce signal.
La largeur de bande de cohérence est avantageusement choisie inférieure ou égale à la largeur de bande de cohérence de la SER d'une cible prédéterminée.
La matrice des pertes A(pkƒ, L) est typiquement calculée par
A(pk ,ƒ ,L) = GT (pk ,ƒ ) O GR (pk,, L) B(pk ,ƒ , L) où GT(pk,ƒ ) est de gain de l'antenne d'émission dans la direction où elle voit le point de la grille, GR(pK,ƒ ) est le gain de l'antenne de réception dans la direction où elle voit le point de la grille et
B(pK,ƒ ,Lz) modélise les pertes dans le milieu, et O est le produit de Hadamard.
Ledit coefficient de rétrodiffusion globale au point de la grille pk peut être calculé par est le coefficient complexe de la
SER bistatique pour la sous-bande de cohérence Bq et Q est le nombre de sous-bandes de cohérence dans la bande spectrale d'analyse.
L'invention concerne également une méthode de détection d'une cible dans le sol au moyen d'un géoradar, ledit géoradar opérant dans une bande spectrale d'analyse et étant équipé d'une pluralité N d'antennes d'émission ainsi que d'une pluralité M d'antennes de réception, ladite méthode de détection de cible comprenant : le choix d'un point d'intérêt ( pk ) dans le sol et une décomposition de la bande spectrale d'analyse en une pluralité Q de sous-bandes de cohérence, chaque sous- bande ) comprenant un ensemble de fréquences discrètes ; un calcul, pour ledit point d'intérêt et chaque fréquence discrète, d'une matrice de pertes A.(pk,ƒ,E) représentant l'atténuation du signal émis par chaque antenne d'émission, s'étant propagé jusqu'au dit point puis reçu par chaque antenne de réception ; un calcul, pour ledit point d'intérêt et chaque fréquence discrète, d'une matrice de phaseurs, U (pk, ƒ,L ) , chaque phaseur correspondant à un retard de propagation du signal émis par chaque antenne d'émission, s'étant propagé jusqu'au dit point puis reçu par chaque antenne de réception ; une estimation, pour chaque fréquence discrète, de la matrice, H(ƒ), du canal MIMO représentant les N antennes d'émission, le point d'intérêt du sol et les
M antennes de réception ; une estimation par égalisation de canal d'une matrice de SER bistatique ȓ(pk,ƒ ) , pou r le point d'intérêt et chaque fréquence discrète à partir de la matrice de canal MIMO pour cette fréquence ainsi que la matrice de pertes et la matrice de phaseurs, pour ce point d'intérêt et cette fréquence ; une sommation cohérente, sur les fréquences discrètes de chaque sous- bande de cohérence, des matrices de SER bistatiques, la sommation cohérente étant
effectuée pour chaque sous-bande de cohérence de manière à obtenir une matrice de SER bistatique ȓ(pk,Bq ) par sous-bande pour ledit point d'intérêt ; une sommation incohérente sur les différentes sous-bandes de cohérence, des éléments des matrices de SER par sous-bande, pour obtenir un coefficient de rétrodiffusion globale au dit point d'intérêt ; une comparaison dudit coefficient de rétrodiffusion globale avec une valeur de seuil prédéterminée, une cible étant détectée au point d'intérêt si le coefficient de rétrodiffusion globale est supérieur à la valeur de seuil, et n'étant pas détectée sinon.
L'égalisation utilisée pour l'estimation de la matrice de SER pourra être une égalisation de type ZF, une égalisation de type MMSE ou une égalisation de type MRC.
Avantageusement, le signal transmis dans chaque sous-bande de cohérence est un signal OFDM, l'estimation de canal dans les fréquences discrètes de cette sous-bande étant réalisée au moyen de symboles pilotes modulant les sous-porteuses de ce signal.
Ledit coefficient de rétrodiffusion globale au point de la grille pk peut être calculé par est le coefficient complexe de la SER
bistatique pour la sous-bande de cohérence Bq et Q est le nombre de sous-bandes de cohérence dans la bande spectrale d'analyse.
BRÈVE DESCRIPTION DES DESSINS
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture d'un mode de réalisation préférentiel de l'invention, décrit en référence aux figures jointes parmi lesquelles :
La Fig. 1 représente de manière schématique une configuration d'antennes pouvant être utilisée dans un système géoradar ;
La Fig. 2 représente de manière schématique une méthode d'imagerie de sol par géoradar selon un mode de réalisation de l'invention ;
La Fig. 3 représente de manière schématique un système d'imagerie de sol par géoradar selon un mode de réalisation de l'invention ;
La Fig. 4 représente un fantôme de sol utilisé pour valider la méthode d'imagerie par géoradar de la Fig. 2 ;
Les Figs. 5A et 5B représentent respectivement une image du fantôme de sol de la Fig. 4 obtenue avec une méthode d'imagerie selon l'art antérieur et une méthode d'imagerie selon un mode de réalisation de l'invention.
EXPOSÉ DÉTAILLÉ DE MODES DE RÉALISATION PARTICULIERS
Nous considérerons dans la suite un géoradar permettant d'imager une zone d'intérêt dans le sol. Dans sa version la plus simple, ce géoradar comporte une seule antenne d'émission et une seule antenne de réception. L'antenne d'émission peut alors prendre successivement une pluralité N de positions possibles à la surface du sol. De même, l'antenne de réception peut prendre successivement une pluralité M de positions possibles à la surface du sol. Ainsi, le géoradar peut acquérir un ensemble
NxM de signaux émis par l'antenne d'émission dans lesdites N positions possibles, réfléchis par la structure enterrés et reçus par l'antenne de réception dans chacune de ses M positions possibles. Alternativement, comme représenté en Fig. 1, le géoradar pourra comprendre un réseau de N antennes d'émission, 110, et/ou un réseau de M antennes de réception, 120. Ainsi, par exemple chacune des N antennes d'émission
TXI,...,TXN pourra émettre un signal à tour de rôle et les signaux reçus par les M antennes de réception RXI,...,RXM pourront être acquis simultanément. Alternativement encore, le géoradar pourra comprendre une seule antenne d'émission susceptible de prendre successivement N positions possibles et émettant un signal en chacune de ces positions, ainsi qu'un réseau de M d'antennes de réception pour acquérir simultanément les signaux reçus dans les M positions de réception. Les positions possibles en émission et/ou en réception pourront par exemple être équidistribuées selon un axe (réseau linéaire) ou deux axes (réseau matriciel). Différentes configurations pourront être envisagées par l'homme du métier selon le type de représentation souhaité de la zone d'intérêt (coupe verticale 2D ou B-scan, représentation 3D ou C-scan).
Sans perte de généralité, on supposera dans la suite que l'antenne d'émission est une antenne réseau (linéaire) comportant N antennes élémentaires 110 et que
l'antenne de réception est une antenne réseau (linéaire) comportant M antennes élémentaires 120. Les deux antennes réseau peuvent être confondues en utilisant un duplexeur pour multiplexer l'émission et la réception, de manière connue en soi.
On suppose qu'une cible est présente au point pk un signal émis par l'antenne d'émission TXi du géoradar est réfléchi (rétrodiffusé) par la cible située au point pk et le signal ainsi réfléchi est reçu par chacune des antennes de réception TXi.
Le système constitué par le réseau d'antennes d'émission, le sol, la cible au point
Pk et le réseau d'antennes de réception peut être assimilé à un système d'émission/réception MIMO (Multiple In Multiple Out). Un tel système est caractérisé par sa matrice de canal de taille NxM, notéeH(pk,ƒ,L) E) où Pk = {xk,yk,zk} représente les coordonnées de la cible réfléchissante et ƒ est la fréquence du signal émis. Cette matrice canal peut se décomposer sous la forme suivante :
(1)
où O représente le produit de Hadamard, r(pk,ƒ) est une matrice de taille NxM représentant la SER (Surface Equivalente Radar) ou RCS (Radar Cross Section) bistatique de la cible, ne dépendant donc pas des caractéristiques du sol, U(pk ,ƒ,L) est une matrice unitaire de taille NxM dont les éléments sont des phaseurs représentant les retards sur les différents trajets élémentaires du canal MIMO et A(pk, ƒL) est une matrice réelle de taille NxM représentant les pertes sur les différents trajets élémentaires de ce canal. La matrice A(pk,ƒ,L) intègre notamment les gains des antennes d'émission et de réception ainsi que les effets d'atténuation dans le sol. L représente le coefficient d'atténuation dans le milieu du sol supposé ici homogène.
Plus précisément, la matrice de pertes N(pk,ƒ,L) peut s'exprimer de la manière suivante :
A(p,kƒ,L) = GT (pk,ƒ)O GR (pk,ƒ)O B(pk , ƒ, L) (2)
où GT(pk, ƒ modélise le diagramme de gain de l'antenne de transmission élémentaire dans les directions modélise de diagramme de gain de
l'antenne de réception élémentaire dans les directions
modélise les pertes dans le milieu. Les éléments de la matrice B(pk,ƒ,L,) sont donnés par :
où v est la vitesse de propagation des ondes électromagnétiques dans le milieu du sol ; est le produit des distances entre l'antenne d'émission
élémentaire TXi et la cible, d'une part, et entre l'antenne de réception RXj et la cible, d'autre part ; est la somme de ces mêmes distances.
La matrice de phaseurs représentant les retards de propagation le long des différents trajets du canal MIMO, U(pk,ƒ,L,), est quant à elle définie par les éléments :
avec les mêmes notations que précédemment.
Une première idée à la base de l'invention est de considérer la détection de la cible au point pk comme un problème de détection d'un symbole d'information, ici les coefficients complexes de SER bistatique, dans du bruit blanc additif gaussien.
En absence d'élément échogène (cible) au point pk, la matrice de canal, H(ƒ) , se réduit à une matrice de bruit. En revanche, en présence d'une cible en ce même point, la matrice de canal peut s'exprimer sous la forme suivante :
avec W(pk,ƒ,L,) = A(pk,ƒ,L,)OU(pk,ƒ,L,) et n(ƒ) matrice de bruit blanc gaussien.
La matrice de SER bistatique de la cible peut être estimée par un processus d'égalisation connu tel que ZF (Zéro Forcing), MMSE (Minimum Mean Square Error) ou MRC (Maximum
Ratio Combining) :
où o-2 est la puissance du bruit, supposée identique sur tous les trajets élémentaires du canal de transmission.
Lorsqu'une cible est présente au point pk, les matrices de SER bistatiques présentent une corrélation pour deux fréquences proches. De manière générale, on peut définir une largeur de bande de cohérence, , sur laquelle la phase de la SER bistatique évolue faiblement avec la fréquence. Par faible évolution, on pourra considérer que la variation maximale de phase d'un élément de la SER bistatique sur la bande de cohérence est inférieure à un seuil égal à fraction de n , par exemple inférieure à ∏ / 2
On peut découper la bande spectrale d'analyse en sous-bandes élémentaires de largeur inférieure ou égale à . Ces bandes élémentaires sont notées dans la suite
Bq; q = 1,...,Q. Il convient de noter que la largeur de bande de cohérence de la SER bistatique décroit en règle générale avec la fréquence. Ainsi, la bande spectrale d'analyse pourra être découpée en sous-bandes élémentaires larges dans la partie basse du spectre et en bandes élémentaire plus étroites dans la partie haute. Chaque bande élémentaire
est discrétisée et l'ensemble des valeurs discrètes de Bq est notée Fq . L'ensemble des valeurs discrètes de fréquence dans la bande spectrale d'analyse est noté
Après avoir sommé chaque élément de la matrice de SER bistatique sur chaque bande élémentaire, on obtient une matrice de SER bistatique par bande élémentaire. On notera cette matrice SER bistatique autrement dit
On peut ensuite sommer de manière incohérente les différents éléments de cette matrice de SER bistatique par bande, par exemple en sommant leurs modules quadratiques, pour obtenir une SER moyennée sur l'ensemble des directions d'illumination et de réception, soit :
et, enfin, sommer les résultats ainsi obtenus sur l'ensemble des sous-bandes élémentaires :
de manière obtenir un coefficient de rétrodiffusion globale de la cible au point pk sur l'ensemble de la bande spectrale d'analyse.
Dans le cas d'une estimation de type MRC, il peut être avantageux, selon une variante, de normaliser le coefficient de rétrodiffusion globale en chaque point en appliquant un gain compensant l'anisotropie du diagramme de gain des antennes ainsi que les pertes dans le milieu :
La méthode d'estimation par égalisation exposée ci-dessus concerne le cas d'une cible échogène située en un point pk . Lorsque plusieurs cibles sont présentes dans le sol, l'égalisation rend incohérente les valeurs de SER des différentes cibles, autrement dit la contribution d'une cible située en pk. ≠ pk à la valeur estimée peut être
légitimement négligée. Cette propriété est à rapprocher à l'égalisation dans un canal de transmission permettant de réduire l'interférence intersymbole.
Quelle que soit la méthode d'estimation utilisée et ses variantes, une image de la zone de sol d'intérêt peut être obtenue en maillant cette zone par un réseau de points et en représentant en chaque point le coefficient de rétrodiffusion globale, le cas échéant normalisé.
Selon un second mode de réalisation de l'invention, on peut simplement déterminer si une cible est présente en un point ou dans une région donnée de la zone d'intérêt. Dans ce cas, on pourra se contenter d'effectuer une comparaison du coefficient de rétrodiffusion globale en ce point, ou une moyenne de coefficient sur la région en question, par rapport à une valeur de seuil prédéterminée.
Si le coefficient de rétrodiffusion globale en ce point (ou la moyenne de ce coefficient sur la région) est supérieur à la valeur de seuil, on conclura à la présence d'une cible enterrée (par exemple une canalisation) en ce même point (ou en cette région).
La Fig. 2 représente de manière schématique une méthode d'imagerie de sol par géoradar selon un mode de réalisation de l'invention.
Dans une première étape, 210, une zone d'intérêt du sol est définie et cette zone est maillée par un réseau de points, par exemple une grille de points équidistribués. Selon le cas d'espèce, la zone pourra être monodimensionnelle (scan A), bidimensionnelle (scan
B) ou tridimensionnelle (scan C).
Dans une seconde étape, 220, on décompose la bande spectrale d'analyse, B, en une pluralité de sous-bandes élémentaires Bq; q = 1,...,Q non nécessairement disjointes, telles que Chaque bande élémentaire Bq est discrétisée et
l'ensemble des valeurs discrètes de Bq est notée Fq . L'ensemble des valeurs discrètes de fréquence dans la bande spectrale d'analyse est noté
A partir d'un modèle du sol et du diagramme de gain de l'antenne (en émission et en réception), la matrice de pertes A.(pk,ƒ,L) est calculée à l'étape 230 pour chaque point pk de la grille et chaque fréquence ƒ de F . Le modèle de sol peut être simplement décrit par un coefficient d'atténuation L si le milieu est homogène.
Alternativement, le modèle de sol pourra être plus complexe et comprendre par exemple plusieurs couches d'épaisseurs différentes chaque couche étant caractérisée par son propre coefficient d'atténuation De manière générale l'atténuation
entre l'antenne d'émission et le point pk de la grille pourra être calculée par intégration d'un coefficient d'atténuation le long du trajet de propagation aller et l'atténuation entre ce point et l'antenne de réception pourra de la même façon être calculée par intégration du coefficient d'atténuation le long du trajet de propagation retour.
, A l'étape 240, la matrice des phaseurs, U(pkƒ, L,), est calculée pour chaque point pk de la grille et chaque fréquence de F . Si la vitesse de propagation n'est pas homogène il pourra en être tenu compte par un calcul d'intégration de cette vitesse le long du trajet de propagation aller et du trajet de propagation retour.
A l'étape 250, la matrice de canal MIMO, H(/) , est estimée en émettant successivement un signal pilote à la fréquence par chacune des antennes élémentaires d'émission (ou par une seule antenne d'émission occupant successivement différentes positions) et en faisant l'acquisition des signaux reçus par les différentes antennes de réception (ou par une seule antenne de réception occupant successivement différentes positions). Avantageusement, l'estimation de canal sera réalisée au moyen d'un signal OFDM (Orthogonal Frequency-Division Multiplexing), chaque sous-porteuse étant modulé par un symbole pilote. Le cas échéant, l'estimation de canal sera effectuée en utilisant un signal OFDM par bande de cohérence, l'intervalle de
fréquence entre sous-porteuse pouvant différer en fonction de la taille de la bande. Ainsi, on pourra prévoir le même nombre de sous-porteuses par sous-bande élémentaire même si les sous-bandes élémentaires sont de tailles différentes. Il est toutefois clair que des formes d'onde autres que celles d'un signal OFDM pourront être utilisées pour l'estimation de canal.
Il convient en outre de noter que l'ordre des étapes 230, 240 et 250 est indifférent.
A l'étape 260, on estime la matrice de SER bistatique à chaque fréquence ƒ ϵ F en effectuant une égalisation de canal, par exemple au moyen d'une méthode d'égalisation ZF, MMSE ou MRC, telle que décrite en relation avec les expressions (6-1) à (6-3), soit .
On effectue ensuite en 270, pour chaque point de la grille, une sommation cohérente des matrices de SER bistatiques sur chaque sous-bande élémentaire, on obtient ainsi une matrice de SER par sous-bande, soit
Enfin, en 280, on effectue une sommation incohérente des éléments des matrices f sur l'ensemble des sous-bandes par exemple, selon les expressions
(7) et (8) pour obtenir le coefficient de rétrodiffusion globale en chacun des points
Pk •
Une image de la zone d'intérêt du sol peut être obtenue en représentant le coefficient de rétrodiffusion globale, le cas échéant normalisé, en chaque point de la grille.
Selon un autre mode de réalisation de l'invention, comme décrit précédemment, on pourra effectuer une simple détection en un point d'intérêt ou dans une zone d'intérêt en comparant le coefficient de rétrodiffusion globale, éventuellement moyennée sur la zone d'intérêt, avec une valeur de seuil prédéterminée. Cette valeur peut être déterminée expérimentalement à partir de cibles d'intérêt.
La Fig. 3 représente de manière schématique un système d'imagerie de sol par géoradar selon un mode de réalisation de l'invention.
Le système comprend ici un réseau d'antennes d'émission 310. Chacune des antennes élémentaires du réseau 310 est sélectionnée tour à tour pour transmettre un signal OFDM dans chacune des bandes Bq . Les sous-porteuses du signal OFDM sont modulées par le modulateur OFDM avec un ensemble de symboles pilotes 340. Le signal
OFDM est ensuite transposé en bande RF au moyen d'un mélangeur 320 recevant une fréquence RF générée par le générateur 323. L'horloge RF peut être pilotée pour transposer le signal OFDM dans chacune des bandes Bq .
Le système comprend en outre un réseau d'antennes de réception 315.
L'acquisition du signal reçu par chaque antenne élémentaire du réseau peut être réalisée en parallèle sur M voies (comprenant les éléments 325, 327 et 335) dont une seule a été ici représentée. Le signal reçu est translaté en bande de base au moyen du mélangeur 325 recevant la fréquence RF. Le signal translaté est filtré au moyen d'un filtre passe-bas 327 puis démodulé dans le démodulateur OFDM 335. L'estimateur de canal 350 estime la
matrice de canal MIMO, H(/) , pour les différentes fréquences des sous-porteuses au sein de la bande élémentaire Bq .
Le module de calcul 360 effectue une estimation de la matrice de SER bistatique, ȓ(pk,ƒ , à partir de la matrice de canal, H(/) , de la matrice et, le cas échéant, de la puissance de bruit selon l'une des expressions (6-1) à (6-3), ce en chaque point pk de la grille et pour chaque fréquence de Bq et chaque sous-bande élémentaire
Le module de sommation matricielle 370 effectue la sommation cohérente des matrices de SER bistatique sur les différentes fréquences de la sous-bande élémentaire,
Bq, l'opération étant pour chaque sous-bande élémentaire
Le module de sommation 380 effectue ensuite la sommation incohérente des éléments de chaque matrice de SER sur l'ensemble des sous-bandes par
exemple, selon les expressions (7) et (8) pour obtenir le coefficient de rétrodiffusion globale en chacun des points pk .
La cartographie du coefficient de rétrodiffusion dans la zone d'intérêt
permet de générer une image sur le module d'affichage 390.
Selon une variante non représentée, le coefficient de rétrodiffusion n'est
pas utilisé pour générer une image mais est comparé à une valeur de seuil prédéterminée pour détecter la présence d'une cible échogène au point pk .
La Fig. 4 représente un fantôme de sol utilisé pour valider la méthode d'imagerie par géoradar de la Fig. 2.
Ce fantôme comprend un milieu atténuant les ondes électromagnétiques dans la bande spectrale d'analyse dans lequel sont situés 9 tuyaux réfléchissants disposés selon 3 rangées à des profondeurs différentes.
Le géoradar utilisé pour l'imagerie comprend 8 antennes d'émission et 8 antennes de réception, supposées omnidirectionnelles. La polarisation du signal émis est choisie ici perpendiculaire aux tuyaux.
Les Figs. 5A et 5B représentent respectivement une image du fantôme de sol de la Fig. 4 obtenue avec une méthode d'imagerie selon l'art antérieur et une méthode d'imagerie selon un mode de réalisation de l'invention.
La méthode d'imagerie utilisée en Fig. 5A est basée sur migration F-k comme décrite dans la partie introductive. L'acquisition est réalisée en émettant successivement par chaque antenne d'émission et en recevant par l'antenne de réception associée
(système 8 SISO).
La méthode d'imagerie utilisée en Fig. 5B est celle de la présente invention en utilisant un canal MIMO 8x8.
On remarque que dans la première image les tuyaux de la première rangée sont décelables mais leurs positions ne sont pas résolues. Les tuyaux des rangées suivantes ne sont en revanche pas décelables.
Dans la seconde image, les tuyaux de chaque rangée sont décelables et leurs positions sont correctement résolues.