La présente invention concerne une plaque d'ostéosynthèse destinée à être employée dans le cadre d'une technique d'ostéotomie tibiale de valgisation par addition interne. L'ostéotomie désigne la section chirurgicale d'un os long, pour en modifier son axe, sa taille ou sa forme, à des fins thérapeutiques ou plastiques. Une telle intervention chirurgicale est par exemple utile pour traiter certaines arthroses localisées au niveau du genou, afin de corriger une déformation du membre inférieur et d'obtenir un redressement du tibia.
En particulier, l'ostéotomie tibiale de valgisation reste une intervention de choix pour le traitement d'une arthrose fémoro-tibiale interne sur genu varum. Ce traitement chirurgical est généralement mis en oeuvre par section de l'os, par redressement puis par maintien de la correction par une plaque d'ostéosynthèse. Une plaque d'ostéosynthèse performante permet d'éviter toute perte de correction post-opératoire, et assure une reprise rapide de l'appui. Les plaques d'ostéosynthèse dédiées à cette technique chirurgicale présentent généralement, vues de face, une forme générale de L qui se compose - d'une partie proximale, destinée à être positionnée contre l'épiphyse proximale du tibia, et - d'une partie distale, destinée à être positionnée contre la métaphyse proximale et la diaphyse du tibia. Ces parties proximale et distale sont chacune munies d'une pluralité d'orifices traversants pour l'accueil de vis de fixation, destinées à être implantées dans le matériau osseux de réception. Cette plaque d'ostéosynthèse est habituellement appliquée et fixée sur la face interne du tibia, en particulier du côté antéro-externe du tibia, au niveau de la zone où l'ouverture de la section de l'os est la plus importante. Or, d'après les observations des inventeurs, les plaques d'ostéosynthèse actuelles ne permettent pas un positionnement optimal des vis dans le matériau osseux de réception, pour absorber au mieux les contraintes liées à la correction réalisée. Ce positionnement inadéquat des vis est en particulier lié à l'orientation des orifices de réception de la plaque d'ostéosynthèse, et au positionnement de cette dernière sur le tibia.
Pour remédier à ces inconvénients, la présente invention propose une nouvelle plaque d'ostéosynthèse pour technique d'ostéotomie tibiale de valgisation par addition interne, dont la structure autorise un positionnement original et un agencement optimal des vis dans le matériau osseux.
Pour cela, la plaque d'ostéosynthèse selon l'invention comprend une face de dessous et une face de dessus, ladite face de dessous étant destinée à être positionnée contre le matériau osseux de réception. Cette plaque d'ostéosynthèse présente, vue de face, une forme générale de L qui se compose d'une partie proximale, destinée à être positionnée contre l'épiphyse proximale du tibia, raccordée à une partie distale, destinée à être positionnée contre la métaphyse proximale et la diaphyse du tibia. Les parties proximale et distale sont chacune munies de plusieurs orifices traversants pour l'accueil de vis destinées à être implantées dans ledit matériau osseux de réception, lesdits orifices définissant chacun un axe traversant. En particulier, la partie proximale comporte trois orifices traversants qui sont répartis sur sa longueur, à savoir : - deux orifices d'extrémité, l'un postérieur à distance de ladite partie distale et l'autre antérieur à proximité de ladite partie distale, et - un orifice intercalaire, médial, localisé entre lesdits deux orifices d'extrémité. Cette plaque présente en plus - un premier plan longitudinal, qui est défini par les points créés par l'intersection des axes traversants des orifices de la partie distale avec la face de dessous de ladite plaque, - un plan transversal, qui s'étend perpendiculairement audit premier plan longitudinal et qui passe par les points d'intersection entre les axes traversants des orifices d'extrémité de la partie proximale et ladite face de dessous de ladite plaque, et - un axe longitudinal de ladite partie distale, qui est défini sur ledit premier plan longitudinal et qui passe par l'axe traversant de l'orifice antérieur de la partie proximale et par l'axe traversant de l'orifice de la partie distale ménagé à proximité de ladite partie proximale. Et selon l'invention, la plaque d'ostéosynthèse comporte les caractéristiques suivantes : (i) la partie proximale comporte trois orifices traversants particuliers, à savoir : - deux orifices d'extrémité, adaptés chacun pour accueillir une vis mono-axiale, et - un orifice intercalaire, médial, adapté pour accueillir une vis poly-axiale, (ii) les orifices d'extrémité sont ménagés de sorte que leurs axes traversants respectifs divergent pour définir un angle transversal, situé en regard de la face de dessus et dans ledit plan transversal, dont la valeur est comprise entre 6° et 9°, et (iii) ledit plan transversal et ledit axe longitudinal de la partie distale définissent un angle interne compris entre 77° et 80°. Une telle plaque d'ostéosynthèse est adaptée pour être appliquée contre la face antéro-interne du tibia, ce qui permet de la positionner au plus près des contraintes et ainsi d'optimiser le positionnement et l'orientation des vis de fixation dans le matériau osseux. En particulier, les vis de fixation sont alors rapportées successivement au travers des orifices traversants de la partie proximale, selon l'agencement suivant : - la vis monoaxiale associée à l'orifice postérieur de la partie proximale vient se loger dans le compartiment interne, sous le plateau tibial latéral de l'épiphyse proximale, - la vis monoaxiale associée à l'orifice antérieur vient se loger au sein du compartiment externe, sous le plateau tibial latéral, et - la vis polyaxiale de l'orifice intercalaire est orientée de sorte à s'étendre, au moins approximativement, sous l'épine tibiale (dite encore « massif des épines »), orientée plutôt sur la partie externe de l'épine tibiale. Ce positionnement des vis de fixation favorise une absorption efficace des contraintes subies par le matériau osseux associé, assurant une consolidation osseuse dans de bonnes conditions. Ces particularités permettent la réalisation d'une plaque d'ostéosynthèse de petites dimensions, utilisant relativement peu de vis de fixation. D'autres caractéristiques avantageuses de l'invention, pouvant être prises indépendamment ou en combinaison, sont précisées ci-dessous : - la plaque d'ostéosynthèse présente un second plan longitudinal, dénommé plan orthogonal supérieur, qui s'étend perpendiculairement au premier plan longitudinal et au plan transversal, et les axes traversants des orifices d'extrémité de la partie proximale définissent encore un angle longitudinal, situé en regard de la face de dessous et dans ledit plan orthogonal supérieur, dont la valeur est comprise entre 4° et 7° ; - la face de dessous de la partie proximale présente une forme générale courbe dont le rayon de courbure est de l'ordre de 40 mm à 48 mm, de préférence de l'ordre de 44 mm, pour être apte à épouser au mieux la face antérieure de l'épiphyse proximale du tibia ; - les orifices de la partie proximale sont ménagés de sorte que leurs axes traversants définissent des points qui sont alignés selon une droite sur un plan décalé qui s'étend en regard de la face de dessous, parallèlement et à distance du premier plan longitudinal ; la distance entre ledit premier plan longitudinal et ledit plan décalé est comprise avantageusement entre 30 et 40 mm ; - l'axe traversant de l'orifice intercalaire de la partie proximale présente une orientation définie par deux angles avec l'axe traversant passant par l'orifice d'extrémité médial, à savoir : - un angle transversal situé en regard de la face de dessous, dans le plan transversal et du côté postérieur, dont la valeur est comprise entre 80° et 82° par rapport au premier plan longitudinal, et - un angle longitudinal situé en regard de la face de dessous, dans le plan orthogonal supérieur, dont la valeur est au maximum de 2° par rapport au plan transversal ; - l'orifice intercalaire est conformé pour l'accueil d'une vis poly-axiale apte à être implantée selon un domaine d'inclinaison prédéterminé admissible compris entre 20° et 30°, et de préférence de l'ordre de 25° ; - les axes traversants des orifices d'extrémité de la partie proximale sont espacés d'une distance comprise entre 19 et 23 mm, de préférence de l'ordre de 21 mm ; - la partie distale comporte une extrémité amont, raccordée à la partie proximale, et une extrémité aval, à distance de ladite partie proximale, ladite partie distale comportant trois orifices traversants qui sont répartis le long de cette dernière et qui sont regroupés du côté de ladite extrémité aval ; ces orifices traversants de la partie distale sont avantageusement regroupés sur un tronçon courbe, convexe du côté de l'orifice d'extrémité postérieur de la partie proximale, et les axes traversants de ces orifices définissent, au moins approximativement, un rayon compris entre 20 et 30 mm.
La présente invention concerne encore un matériel pour la mise en oeuvre d'une technique d'ostéotomie tibiale de valgisation par addition interne, lequel matériel comprend - une plaque d'ostéosynthèse telle que définie ci-dessus, et - un jeu de vis de fixation dans l'os, destinées à être insérées dans les orifices traversants de ladite plaque d'ostéosynthèse pour fixer cette dernière à la surface de l'os. Selon une forme de réalisation préférée, ces vis ont une longueur comprise entre 40 et 65 mm, et leur diamètre est de 4,5 mm. L'invention concerne également la technique d'ostéotomie tibiale de valgisation par addition interne qui est mise en oeuvre au moyen de la plaque d'ostéosynthèse selon l'invention. En particulier, cette technique se caractérise par le fait que la plaque d'ostéosynthèse est applicable contre la face antéro-interne du tibia. De manière générale, cette technique chirurgicale comprend les étapes suivantes : - une étape d'ostéotomie de la partie supérieure du tibia, dont le trait est légèrement ascendant dirigé vers l'extrémité supérieure du péroné, juste au-dessus de la tubérosité tibiale antérieure ; - une étape d'ouverture progressive du foyer d'ostéotomie en valgus, jusqu'à obtention de la correction souhaitée ; - une étape d'introduction d'une cale d'essai de section triangulaire dans le foyer d'ostéotomie ; - une étape de fixation de la plaque d'ostéosynthèse contre la face antérointerne du tibia ; - une étape de remplacement de la cale d'essai par une cale préformée réalisée dans un matériau favorisant l'ostéosynthèse. L'invention sera encore illustrée, sans être aucunement limitée, par la description suivante en relation avec les dessins annexés dans lesquels : - la figure 1 représente une plaque d'ostéosynthèse conforme à l'invention, selon une vue orientée du côté de sa face de dessus ; - la figure 2 montre la plaque d'ostéosynthèse de la figure 1, selon une vue d'extrémité orientée du côté de sa partie proximale ; - la figure 3 est une vue de côté de la plaque d'ostéosynthèse selon les figures 1 et 2 ; - la figure 4 illustre la plaque d'ostéosynthèse selon les figures 1 à 3, convenablement fixée sur le matériau osseux de réception dans le cadre d'une technique d'ostéotomie tibiale de valgisation par addition interne, avec une vue orientée du côté de la face antérieure du tibia ; - la figure 5 correspond à la figure 4, dans laquelle la plaque d'ostéosynthèse et le matériau osseux sont représentés avec une légère perspective, selon une vue orientée du côté de la face externe du tibia ; - la figure 6 montre la plaque d'ostéosynthèse et le matériau osseux associé selon les figures 4 et 5, avec une vue orientée du côté de la surface articulaire supérieure (dite encore « plateau tibial »). La plaque d'ostéosynthèse 1, représentée sur les figures 1 à 3, est adaptée pour la mise en oeuvre d'une technique d'ostéotomie tibiale de valgisation par addition interne. Cette plaque d'ostéosynthèse 1 consiste en une platine allongée, comportant deux faces opposées : - une face de dessous 2, adaptée pour venir en contact avec la surface externe de l'os de réception, c'est-à-dire la surface externe d'un tibia T (tel que représenté sur les figures 4 à 6), et - une face de dessus 3, destinée à venir à l'opposé de l'os. Cette plaque d'ostéosynthèse 1 se compose de deux parties allongées, présentant ensemble et vue de face (figure 1), une forme générale de L, à savoir : - une partie proximale 5, destinée à être positionnée contre l'épiphyse proximale E du tibia T, et - une partie distale 6, destinée à être positionnée contre la métaphyse proximale M et la diaphyse D de ce même tibia T.
La partie proximale 5 comporte deux extrémités : - une extrémité postérieure 5a, libre et à distance de la partie distale 6, et - une extrémité antérieure 5b, raccordée à cette même partie distale 6 (figures 1 et 2). La partie distale 6 comporte également deux extrémités : - une extrémité amont 6a, raccordée à la partie proximale 5, et - une extrémité aval 6b, libre et à distance de cette partie proximale 5 (figures 1 et 3). Cette plaque d'ostéosynthèse 1 comporte une pluralité d'orifices traversants, désignés respectivement par les repères 10, 11, 12, 13, 14 et 15, qui sont destinés à recevoir chacun une vis adaptée pour sa fixation sur la surface de l'os T.
Les orifices traversants 10 à 15 débouchent chacun au niveau des faces de dessous 2 et de dessus 3 de la plaque d'ostéosynthèse 1. Certains de ces orifices traversants, à savoir les orifices désignés par les repères 10, 11 et 12, sont répartis le long de la partie proximale 5 ; les autres de ces orifices traversants, à savoir les orifices désignés par les repères 13, 14 et 15, sont répartis le long de la partie distale 6. La partie proximale 5 comporte, en l'occurrence, trois orifices traversants 10, 11 et 12. Deux de ces orifices 10 et 11 constituent des orifices d'extrémité, à savoir : - un orifice postérieur 10, situé à distance de la partie distale 6 et à proximité de l'extrémité postérieure 5a, et - un orifice antérieur 11, localisé à proximité de cette même partie distale 6 et du côté de l'extrémité antérieure 5b. Ces orifices d'extrémité 10 et 11 sont adaptés chacun pour accueillir une vis mono-axiale, décrite ci-après en relation avec les figures 4 à 6. A cet effet, ces deux orifices d'extrémité 10 et 11 ont ici des profils intérieurs taraudés, destinés à coopérer avec des filetages complémentaires ménagés sur les corps de vis de fixation associées. Les orifices d'extrémité 10 et 11 ont de plus chacun une forme générale cylindrique, définissant un axe traversant désigné respectivement par les repères 10' et 11' (figures 2 et 3). Un orifice intercalaire 12 est ménagé entre ces deux orifices d'extrémité 10 et 11. Cet orifice intercalaire 12 est adapté pour accueillir une vis polyaxiale, décrite ci-après en relation avec les figures 4 à 6 ; il présente également un aspect cylindrique, définissant un axe traversant désigné par le repère 12' (figures 2 et 3). La structure de cet orifice intercalaire 12 est par exemple décrite en détails dans le document WO-03043513.
Au niveau de cette partie proximale 5, la face de dessous 2 de la plaque d'ostéosynthèse 1 présente une forme générale courbe dont le sommet est orienté du côté de la face de dessus 3 (visible sur la figure 2). Le rayon de courbure de cette partie proximale 5 est de l'ordre de 40 mm à 48 mm, de préférence égal à 44 mm.
Cette forme a pour intérêt de permettre à la plaque d'épouser au mieux la zone osseuse de réception et donc de s'adapter anatomiquement à l'os. La partie distale 6 comporte également trois orifices traversants 13, 14 et 15.
Ces orifices traversants 13, 14 et 15 de la partie distale 6 sont là encore adaptés chacun pour accueillir une vis mono-axiale, décrite ci-après en relation avec les figures 4 à 6. Pour cela, ces orifices 13, 14 et 15 comportent également des profils intérieurs taraudés, destinés à coopérer avec des filetages complémentaires ménagés sur les corps de vis de fixation associées. Ils ont également chacun une forme générale cylindrique, définissant un axe traversant désigné respectivement par les repères 13', 14' et 15' (figures 2 et 3). Ces orifices 13, 14 et 15 sont regroupés du côté de l'extrémité aval 6b de la partie distale 6.
Plus précisément, ces trois orifices traversants 13, 14 et 15 sont approximativement regroupés sur un tronçon aval 6c (figure 1), correspondant approximativement à la moitié de la longueur de la partie distale 6 et situé du côté de l'extrémité aval 6b. Ce tronçon aval 6c est convexe, avec un sommet qui se situe du côté de l'orifice d'extrémité postérieure 10 de la partie proximale 5. Les axes traversants 13', 14' et 15' de ces orifices 13, 14 et 15 de la partie distale 6 définissent ainsi, au moins approximativement, un arc de cercle dont le rayon est compris entre 20 mm et 30 mm. Les axes 10', 11', 12', 13', 14' et 15' des différents orifices 10, 11, 12, 13, 14 et 15 de la plaque d'ostéosynthèse 1 sont ménagés avec une inclinaison ou orientation particulière qui permet un positionnement optimal des vis dans le matériau osseux de réception. Pour décrire précisément l'orientation particulière de ces axes, il convient de définir préalablement certains plans ou axes géométriques de la plaque d'ostéosynthèse 1. Ainsi, un premier plan longitudinal 17 de la plaque d'ostéosynthèse 1 est défini par les points 17' créés par l'intersection des axes traversants 13', 14' et 15' des orifices 13, 14 et 15 de la partie distale 6, avec la face de dessous 2 de cette plaque 1 (figures 2 et 3).
D'autre part, un plan transversal 18 s'étend perpendiculairement au premier plan longitudinal 17 ; ce plan transversal 18 passe en plus par les points d'intersection 18' définis par l'intersection entre les axes traversants 10' et 11' des orifices d'extrémité 10 et 11 de la partie proximale 5 et la face de dessous 2 de la plaque 1 (figures 1 à 3). La plaque d'ostéosynthèse 1 présente encore un plan orthogonal supérieur 19, qui s'étend perpendiculairement au premier plan longitudinal 17 et au plan transversal 18 (figures 1 à 3). En outre, un axe longitudinal 20 de la partie distale 6 est encore défini sur le premier plan longitudinal 17, passant par l'axe traversant 11' de l'orifice antérieur 11 de la partie proximale 5 et par l'axe traversant 13' de l'orifice 13 de la partie distale 6 ménagé du côté de ladite partie proximale 5 (figure 1). Partant de ces éléments géométriques, l'axe traversant 10' à 15' des orifices 10 à 15 est défini ci-après par deux angles : - un angle transversal obtenu par la projection orthogonale de chaque axe traversant 10' à 15' dans le plan transversal 18 (figure 2), et - un angle longitudinal obtenu par la projection orthogonale de chaque axe traversant 10' à 15' dans le plan orthogonal supérieur 19 (figure 3). Partant de ces éléments géométriques, et tel qu'illustré par la figure 2, les orifices d'extrémité 10 et 11 sont ménagés de sorte que leurs axes traversants 10' et 11' respectifs divergent transversalement, dans le sens face de dessus 3 vers face de dessous 2. Ces axes traversants 10' et 11' définissent, entre eux, un angle transversal A, situé en regard de la face de dessus 3 et dans le plan transversal 18 (figure 2), dont la valeur est comprise entre 6° et 9°, de préférence de l'ordre de 7,5°. D'autre part, l'axe traversant 10' de l'orifice postérieur 10 définit, avec le premier plan longitudinal 17, un angle transversal B situé en regard de la face de dessous 2, dans le plan transversal 18 et du côté postérieur, dont la valeur est comprise entre 75° et 77°, de préférence de l'ordre de 76,3°. En outre, tel qu'illustré par la figure 3, les axes traversants 10' et 11' des orifices d'extrémité 10 et 11 de la partie proximale 5 divergent longitudinalement, dans le sens face de dessus 3 vers face de dessous 2.
Ils définissent ainsi un angle longitudinal C, situé en regard de la face de dessous 2 et dans le second plan longitudinal 19, dont la valeur est avantageusement comprise entre 4° et 7°, de préférence de l'ordre de 5,3°. On peut encore voir que l'axe traversant 11' de l'orifice antérieur 11 définit, avec le plan transversal 18 et du côté de la face de dessous 2, un angle longitudinal G qui est horaire sur la figure 3, et dont la valeur est comprise entre 3° et 4°, de préférence de l'ordre de 3,7°. On note que l'axe traversant 10' de l'orifice antérieur 10 définit quant à lui un angle anti-horaire sur la figure 3, avec le plan transversal 18, d'une valeur voisine de 1,6°. D'autre part, l'axe 12' de l'orifice intercalaire 12 de la partie proximale 5 présente une orientation définie également par deux angles, à savoir : - un angle transversal J situé en regard de la face de dessous 2, dans le plan transversal 18, dont la valeur est comprise entre 80° et 82°, de préférence de l'ordre de 81°, par rapport au premier plan longitudinal 17 et du côté postérieur (figure 2), et - un angle longitudinal situé en regard de la face de dessous 2, dans le plan orthogonal supérieur 19, dont la valeur est au maximum de 2°, de préférence proche de 0°, par rapport au plan transversal 18 (figure 3).
Les orifices d'extrémité 10 et 11 de la partie proximale 5 sont espacés d'une distance R comprise entre 19 et 23 mm, de préférence de 21 mm. En outre, les orifices 10, 11 et 12 de la partie proximale 5 sont ménagés de sorte que leurs axes traversants 10', 11' et 12' définissent des points 21' qui sont alignés selon une droite sur un plan décalé 21 (figure 3) qui s'étend en regard de la face de dessous 2, parallèlement et à distance du premier plan longitudinal 17. La distance L entre le premier plan longitudinal 17 et ce plan décalé 21 est comprise entre 30 mm et 40 mm, de préférence de l'ordre de 35 mm. Tenant compte du positionnement particulier de la plaque 1 détaillé ci-après, cette caractéristique permet de générer une ligne de transfert des contraintes issues de la mise en charge du tibia, localisée dans une zone « à mi-chemin » entre la plaque 1 et la charnière d'ostéotomie. Par ailleurs, les axes 13', 14' et 15' des orifices traversants 13, 14 et 15 de la partie distale 6 présentent une orientation définie, respectivement, par deux angles : - un angle transversal de l'ordre de 90° à 91°, de 91 ° à 92° et de 95° à 96°, respectivement, par rapport au plan longitudinal 17, mesuré du côté antérieur et du côté de la face de dessous 2 (désignés respectivement par les repères U, V et W sur la figure 2), et - un angle longitudinal de l'ordre de 4° à 5°, de 1° à 2° et de 2° à 3° respectivement, par rapport au plan transversal 18 (désignés respectivement par les repères X, Y et Z sur la figure 3). Les axes traversants 13' et 14' des orifices traversants 13 et 14 de la partie distale 6 convergent avec le plan transversal 18 du côté de la face de dessous 2 ; l'axe traversant 15' de l'orifice traversant 15 de la partie distale 6 converge avec le plan transversal 18 du côté de la face de dessus 3. En outre, le plan transversal 18 et l'axe longitudinal 20 de la partie distale 6 définissent un angle interne H avantageusement compris entre 77° et 80°, de préférence de l'ordre de 78,2° (figure 1).
De manière générale, les orifices d'extrémité 10 et 11 de la partie proximale 5 et les orifices 13, 14 et 15 de la partie distale 6 sont destinés à recevoir chacun une vis monoaxiale destinée à s'étendre selon une orientation coaxiale aux axes 10', 11', 13', 14' et 15' respectifs. L'orifice intercalaire 12 est quant à lui conformé pour l'accueil d'une vis polyaxiale apte à être implantée selon un degré d'inclinaison conique prédéterminé admissible compris entre 0° et 30°, et de préférence de l'ordre de 25°, par rapport à l'axe traversant 12' correspondant. Encore à titre indicatif, cette plaque d'ostéosynthèse 1 présente avantageusement une longueur comprise entre 60 mm et 65 mm, et une largeur comprise entre 25 mm et 30 mm. La plaque d'ostéosynthèse 1 constitue un composant d'un matériel pour la mise en oeuvre de cette technique d'ostéotomie tibiale de valgisation. Ce matériel peut se présenter sous la forme d'un « kit » ou d'un matériel prêt à poser, à destination d'un praticien pour la mise en oeuvre de la technique chirurgicale. Le matériel en question comprend ainsi les éléments suivants : (i) la plaque d'ostéosynthèse 1, telle que décrite ci-dessus en relation avec les figures 1 à 3, et (ii) un jeu de vis de fixation 25 et 26, destinées à être insérées dans les orifices traversants 10 à 15 de la plaque d'ostéosynthèse 1 pour fixer cette dernière à la surface de l'os. Ce matériel peut encore contenir un ou plusieurs guides de coupe, guides de perçage, mesureurs de profondeur et forêts. Les vis de fixation 25 et 26 employées sont représentées sur les figures 4 à 6, insérées dans le matériau osseux de réception pour la fixation de la plaque 1. Le jeu de vis de fixation se compose - de cinq vis mono-axiales 25, destinées à être rapportées dans les orifices d'extrémité 10 et 11 de la partie proximale 5 et dans les orifices 13, 14 et 15 de la partie distale 6, et - d'une vis polyaxiale 26, tel que décrit dans le document WO-03043513 précité, destinée à être rapportée au travers de l'orifice intercalaire 12 de la partie proximale 5 de la plaque d'ostéosynthèse 1.
Ces différentes vis peuvent avoir un diamètre de 4,5 mm et une longueur comprise entre 40 et 65 mm. Une procédure chirurgicale d'ostéotomie tibiale de valgisation par addition interne est décrite ci-dessous en relation avec les figures 4 à 6, utilisant le matériel précité, pour un tibia T dont est représenté l'épiphyse proximale E, la métaphyse proximale M et une partie proximale de la diaphyse D. Après préparation du champ opératoire, cette procédure chirurgicale commence par une ostéotomie classique, dont le trait est légèrement ascendant dirigé vers l'extrémité supérieure du péroné, juste au-dessus de la tubérosité tibiale antérieure, réalisée par exemple au moyen d'une scie oscillante et d'un ciseau. Ensuite, un outil est introduit dans le trait d'ostéotomie (par exemple un ciseau à os large) de manière à faire plier progressivement le foyer d'ostéotomie F en valgus jusqu'à obtention de l'ouverture souhaitée, tel que représenté sur les figures 4 à 6. Une cale métallique triangulaire d'essai 28 est mise en place dans le foyer d'ostéotomie F (choisie dans une gamme de cales ayant une taille croissante de millimètre en millimètre). On teste ainsi le degré de correction ; l'épaisseur de la cale 28 a été déterminée lors de la planification préparatoire.
La plaque d'ostéosynthèse 1 est ensuite appliquée contre la face antéro-interne du tibia, tel qu'illustré par les figures 4 à 6. Les vis de fixation 25 et 26 sont alors rapportées successivement au travers des orifices traversants 10 à 15 respectifs, selon l'agencement précisé ci-dessous : - la vis monoaxiale 25 associée à l'orifice postérieur 10 de la partie proximale 5 vient se loger dans le compartiment interne, sous le plateau tibial latéral de l'épiphyse proximale E, - la vis monoaxiale 25 associée à l'orifice antérieur 11 vient se loger au sein du compartiment externe, sous le plateau tibial latéral, - la vis polyaxiale 26 de l'orifice intercalaire 12 est orientée de sorte à s'étendre, au moins approximativement, sous l'épine tibiale (dite encore « massif des épines »), et - les vis monoaxiales 25 de la partie distale 6 constituent quant à elles des vis diaphysaires, venant se loger au sein de la diaphyse D du tibia T. La cale d'essai 28 est alors remplacée par une cale préformée (non représentée) réalisée dans un matériau favorisant l'ostéosynthèse ; cette cale préformée a la même forme et la même taille que la cale métallique d'essai 28. Elle est posée dans le foyer d'ostéotomie F de sorte que sa face effleure la corticale interne du tibia T. Une fois le champ opératoire refermé, la plaque d'ostéosynthèse 1 permet une reprise immédiate de l'appui. Cette structure particulière de plaque d'ostéosynthèse 1 permet de faire passer les vis de manière optimale au niveau des contraintes, optimisant ainsi une consolidation osseuse dans de bonnes conditions.