FR3136487A1 - Algue artificielle, système et procédé de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier sur la base de telles algues - Google Patents
Algue artificielle, système et procédé de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier sur la base de telles algues Download PDFInfo
- Publication number
- FR3136487A1 FR3136487A1 FR2205760A FR2205760A FR3136487A1 FR 3136487 A1 FR3136487 A1 FR 3136487A1 FR 2205760 A FR2205760 A FR 2205760A FR 2205760 A FR2205760 A FR 2205760A FR 3136487 A1 FR3136487 A1 FR 3136487A1
- Authority
- FR
- France
- Prior art keywords
- algae
- rod
- artificial algae
- silting
- artificial
- Prior art date
- Legal status (The legal status is an assumption and is not a legal conclusion. Google has not performed a legal analysis and makes no representation as to the accuracy of the status listed.)
- Granted
Links
Classifications
-
- E—FIXED CONSTRUCTIONS
- E02—HYDRAULIC ENGINEERING; FOUNDATIONS; SOIL SHIFTING
- E02B—HYDRAULIC ENGINEERING
- E02B3/00—Engineering works in connection with control or use of streams, rivers, coasts, or other marine sites; Sealings or joints for engineering works in general
- E02B3/04—Structures or apparatus for, or methods of, protecting banks, coasts, or harbours
- E02B3/043—Artificial seaweed
Landscapes
- Engineering & Computer Science (AREA)
- General Engineering & Computer Science (AREA)
- Environmental & Geological Engineering (AREA)
- Ocean & Marine Engineering (AREA)
- Mechanical Engineering (AREA)
- Civil Engineering (AREA)
- Structural Engineering (AREA)
- Prostheses (AREA)
- Revetment (AREA)
Abstract
L’invention concerne une algue artificielle (S) caractérisée en ce qu’elle comprend - un moyen d’ancrage (A) pour ancrer l’algue artificielle (S) dans un fond marin (FM) ; - une tige (T) flexible configurée pour être repliée par des mouvements de vagues ;- des branches latérales (B) flexibles formant projections autour de la tige (T), configurées pour être repliées par des mouvements de vagues ;- un moyen de flottaison (B1) ayant une densité inférieure à celle de l’eau de mer, configuré pour maintenir la tige (T) dans une position sensiblement verticale.
L’invention concerne en outre un système et un procédé de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier (S1, S2) sur la base de plusieurs algues S de ce type.
Figure de l’abrégé : Fig. 2
Description
L’invention se rapporte au domaine des systèmes et méthodes de contrôle de l’hydrodynamisme des sédiments, en particulier pour contrôler l’ensablement d’un exutoire de chenal ouvert sur une mer, ou d’une passe de port-abri par exemple.
Dans ce domaine, lorsqu’un chenal est réalisé avec une ouverture sur la mer, notamment pour faciliter différentes activités effectuées autour du chenal (trafic maritime, utilisateurs, voile…), les mouvements de la houle et des courants génèrent un déplacement des sédiments marins, en particulier du sable et des débris de faune et flore marine, de sorte que ces sédiments viennent s’accumuler au niveau d’une passe d’un chenal.
Ainsi, l’on observe une problématique d’obstruction de l’entrée d’une passe pouvant entrainer, dès les premières chaleurs, une eutrophisation sévère du plan d’eau.
Il s’en suit que la largeur disponible pour le passage est alors très réduite et le tirant d’eau faible, rendant périlleuse la navigation et limitant les flux entrants et sortants et provoquant du confinement.
Le problème s’observe également sur des passes de port-abri prévues pour faciliter l’amarrage de bateaux de plaisanciers notamment. Les plaisanciers rapportent des cas de détériorations de leurs bateaux lors des manœuvres pour sortir ou rentrer dans le port en raison du peu de hauteur d’eau disponible.
Une solution proposée pour rétablir la circulation consiste à réaliser des opérations de dragage ponctuel des sédiments accumulés, rétablissant l’accès de façon temporaire, jusqu’à ce que le chenal soit à nouveau obstrué.
Ces opérations de dragage nécessitent des autorisations environnementales et mobilisaient des matériels et financements importants et récurrents.
En outre, le contexte environnemental et social autour des ports, tels que le port du Jaï, est complexe :
- une digue de protection de passe peut générer un changement de la dynamique sédimentaire locale ;
- une dynamique sédimentaire rapide peut combler en quelques semaines les dégagements réalisés en dragage, ce qui rend la passe inopérante pour les plaisanciers et les pêcheurs professionnels une bonne partie de l’année ;
- en général, des accumulations localisées de macrophytes en putréfaction arrivent, provoquant des nuisances olfactives et écologiques ;
- le non-respect de la réglementation par les pêcheurs professionnels qui rejettent dans le bassin les rebus de leur pêche, accentue la dynamique de l’eutrophisation du bassin interne au site.
- une digue de protection de passe peut générer un changement de la dynamique sédimentaire locale ;
- une dynamique sédimentaire rapide peut combler en quelques semaines les dégagements réalisés en dragage, ce qui rend la passe inopérante pour les plaisanciers et les pêcheurs professionnels une bonne partie de l’année ;
- en général, des accumulations localisées de macrophytes en putréfaction arrivent, provoquant des nuisances olfactives et écologiques ;
- le non-respect de la réglementation par les pêcheurs professionnels qui rejettent dans le bassin les rebus de leur pêche, accentue la dynamique de l’eutrophisation du bassin interne au site.
Ainsi, un premier objectif de la présente invention est de proposer une solution permettant d’atténuer l’ensablement d’un site côtier, tel qu’une entrée chenal ou une passe de port-abri, par exemple d’un port de plaisance, notamment en atténuant l’énergie de la houle et les courants.
Un deuxième objectif est de limiter l’impact écologique de l’ensablement notamment sur la faune et la flore aquatique.
Pour atteindre ces objectifs, l’invention propose une algue artificielle caractérisée en ce qu’elle comprend
- un moyen d’ancrage pour ancrer l’algue artificielle dans ou sur un fond marin ;
- une tige flexible configurée pour suivre le mouvement des vagues ;
- des branches latérales flexibles formant des projections autour de la tige, ayant une densité supérieure à celle de l’eau de mer, et étant configurées pour occasionner des dissipations hydrodynamiques, et pour se plier au gré du mouvement des vagues ;
- un moyen de flottaison ayant une densité inférieure à celle de l’eau de mer, configuré pour maintenir la tige dans une position sensiblement verticale.
- un moyen d’ancrage pour ancrer l’algue artificielle dans ou sur un fond marin ;
- une tige flexible configurée pour suivre le mouvement des vagues ;
- des branches latérales flexibles formant des projections autour de la tige, ayant une densité supérieure à celle de l’eau de mer, et étant configurées pour occasionner des dissipations hydrodynamiques, et pour se plier au gré du mouvement des vagues ;
- un moyen de flottaison ayant une densité inférieure à celle de l’eau de mer, configuré pour maintenir la tige dans une position sensiblement verticale.
Dans le cadre de l’invention, on peut parler d’« algue artificielle » ou de « sargasse artificielle » de manière interchangeable, car l’algue a une forme de sargasse naturelle.
Avantageusement, une pluralité de telles algues artificielles permet d’atténuer significativement l’ensablement et/ou l’érosion d’un site côtier. En outre, l’algue artificielle est colonisée par des algues et constitue un habitat pour le développement de poissons et crustacés juvéniles.
Par ailleurs, la souplesse et la flexibilité de l’algue artificielle permettent d’avoir des mouvements similaires à ceux des algues et magnoliophytes naturelles.
La structure de l’algue artificielle étant modulaire avec des éléments séparables, elle permet d’échanger des éléments isolés en cas de détériorations sans devoir se débarrasser de toute l’algue. De plus, les algues peuvent être adaptées à la profondeur du site d’implantation.
En outre, la mise en œuvre de l’algue artificielle permet de limiter la fréquence de dragage impliquant l’utilisation de machines de chantier et un équipement lourd et souvent polluant.
Selon une variante, le moyen d’ancrage comprend un plateau, de préférence sous forme de disque, ayant une densité supérieure à celle de l’eau de mer, et étant configuré pour être enfoui dans le fond marin, le plateau étant fixé, de préférence enfilé sur la tige et attaché à celle-ci. Le disque peut être en métal ou en béton.
Cela permet d’avoir un ancrage efficace avec une structure simplifiée. Un disque en acier dans une profondeur d’un mètre permet de résister à 0,5 tonnes de traction. Ainsi, un autre objet de l’invention concerne un moyen d’ancrage décrit dans la présente demande, pour une structure aquatique donnée pouvant être une algue, un filet ou autre écran sédimentaire, ou une autre structure à ancrer dans un fond de cours d’eau.
Selon une variante, la tige et/ou les branches sont sous forme de cordages. Cela permet d’avoir une fabrication simplifiée des algues, sur la base de matériaux disponibles en grande quantité. La structure ainsi formée est très efficace pour le contrôle de l’ensablement et permet la fixation d’algues et le peuplement de juvéniles de plusieurs espèces. La forme de cordage facilite en outre l’attache aux autres structures.
Selon une variante, les branches s’étendent sur une longueur de tige supérieure à 1 m voire 2,5 m, de préférence inférieure à 3,5 m, plus préférentiellement d’environ 3 m. Cela permet d’avoir une longueur suffisante pour faire obstacle au déplacement de sédiments vers le site côtier.
Selon une variante, le moyen de flottaison comprend un flotteur attaché à la tige. Cela permet d’avoir une fabrication simplifiée sur la base de matériaux disponibles en grande quantité. Le flotteur permet aussi d’améliorer la visibilité et le contournement des bateaux et autres vaisseaux.
L’invention concerne en outre un système de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier, notamment pour limiter l’ensablement d’une entrée de chenal, d’une partie de côte, ou d’une passe de port-abri, le système de contrôle comprenant une pluralité d’algues artificielles selon l’invention, configurées pour être disposées dans un champ de vagues orienté vers le site côtier. En particulier, les algues sont disposées judicieusement en tenant compte des conditions hydrodynamiques du site.
Selon une variante, le système de contrôle peut comprendre, selon les besoins du site, au moins une dizaine, possiblement moins de 500 algues artificielles (ou davantage) ; selon le cas, on peut envisager plus de 16, et possiblement moins de 300 algues artificielles. Cela permet d’améliorer sensiblement l’impact sur les fortes houles et le déplacement de sédiments correspondant. Le nombre d’algues artificielles est ajusté en fonction du site côtier, de la houle et des courants à atténuer/dissiper. Pour des grandes étendues, en fonction de l’hydrodynamique, on envisager d’utiliser plus de 500 d’algues artificielles.
Selon une variante, le système de contrôle comprend au moins une barrière de ganivelles sous-marines. Cela permet d’améliorer l’efficacité de contrôle d’ensablement/érosion sur des faibles profondeurs de fond marin comme diminuer le charriage des sédiments.
Selon une variante, le système de contrôle comprend au moins un filet formant un écran sédimentaire. Cela permet de limiter le déplacement de grands sédiments tels que des coquillages vers le site côtier.
L’invention porte en outre sur un procédé de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier, notamment pour limiter l’ensablement d’une entrée de chenal, d’une partie de côte, ou d’une passe de port-abri, le procédé de contrôle comprenant au moins une première étape pour mettre en place une pluralité d’algues artificielles dans un courant de vagues orienté vers le site côtier, les algues artificielles comprenant chacune un moyen d’ancrage ; une tige flexible repliable sous l’effet de mouvements de vagues ; des branches latérales flexibles, et repliables sous l’effet de mouvements de vagues ; et un moyen de flottaison, la première étape comprenant des sous étapes pour
- ancrer les moyens d’ancrage dans un fond marin ; et
- disposer les moyens de flottaison de sorte à maintenir la tige dans une position sensiblement verticale.
- ancrer les moyens d’ancrage dans un fond marin ; et
- disposer les moyens de flottaison de sorte à maintenir la tige dans une position sensiblement verticale.
De préférence, le procédé de contrôle comprend en outre au moins une étape pour mettre en place au moins une barrière de ganivelles sous-marines dans le courant de vagues ; et/ou au moins une étape pour mettre en place au moins un filet formant écran sédimentaire dans le courant de vagues.
L’invention sera davantage détaillée par la description de modes de réalisation non-limitatifs, et sur la base des figures annexées, parmi lesquelles :
- illustre une vue de côté d’un module d’algues artificielles selon une variante préférée de l’invention ;
- illustre une adaptabilité des algues artificielles selon la à différentes profondeurs de fonds marins ;
- illustre un agencement de plusieurs algues artificielles selon la avec des capteurs de pression ;
- illustre une vue aérienne d’un premier site pour l’invention, qui est une entrée de chenal ;
- illustre une vue aérienne d’un deuxième site pour l’invention, qui est une passe de port-abri d’un port de plaisance ;
- illustre une vue de côté d’une barrière de ganivelles d’un système de contrôle d’ensablement/érosion selon une variante préférée ; et
- une vue de côté d’un filet formant écran sédimentaire pour un système de contrôle d’ensablement/érosion selon une variante préférée.
-
-
-
-
-
-
-
L’invention concerne un système de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier S1 ou S2. Il s’agit par exemple d’une entrée S1 d’un chenal CM ; ou d’une passe S2 de port-abri d’un port de plaisance ; ou encore un autre site présentant les inconvénients déjà discutés.
Le système de l’invention permet de limiter l’ensablement dudit site, à savoir notamment l’entrée de chenal S1 ou la passe de port-abri S2 d’un port de plaisance.
Selon l’invention, le système de contrôle comprend une pluralité d’algues artificielles S configurées pour être disposées dans un champ ou un courant de vagues CV. Le courant de vagues CV est orienté vers le site côtier S1, S2.
Les algues artificielles S comprennent chacune une tige T flexible configurée pour être repliée par des mouvements de vagues. Elles comprennent en outre des branches latérales B (également appelées frondes B) fixées le long de la tige T, de sorte à former des projections autour de la tige T. Les branches latérales B sont flexibles de préférence de la même manière que la tige T. Elles ont une densité supérieure à celle de l’eau de mer. En outre, elles sont configurées pour être repliées par des mouvements de vagues.
En particulier, la tige T et les branches B sont sous forme de cordages. Il s’agit en particulier de cordages utilisés comme accessoires notamment dans des activités nautiques.
Le cordage central formant la tige T peut avoir un diamètre d’environ 30 mm. Le cordage périphérique formant les branches B, peut avoir un diamètre d’environ 16 mm.
Des cordages tels que ceux des sociétés Socomap et/ou Technical Ship Supplies, peuvent être utilisés.
Les frondes B sont accrochées le long de la tige T, pour une envergure horizontale d’environ 80 cm (D1 = 80 cm sur la ). Les frondes B peuvent être espacées de 5 à 30 cm par exemple.
Les algues S peuvent avoir une longueur hors flotteur, de 4m (H = 4m sur la ). Elles peuvent être déployées dans une profondeur allant de 2 à 3m (h = 2,5 m sur la ). Mais aussi, les algues S peuvent être adaptées à la profondeur du site d’implantation, comme l’illustre la .
La distance ancrage peut être de 60 cm à 1m.
Les algues artificielles S comprennent en outre un moyen d’ancrage A permettant d’ancrer l’algue S dans un fond marin FM (ou un cours d’eau).
De préférence, le moyen d’ancrage A comprend un plateau pouvant avoir une forme donnée, en particulier avec une densité supérieure à celle de l’eau de mer, de sorte à couler au fond de la mer. De préférence, ledit plateau est sous forme de disque, par exemple un disque métallique ou en béton. Le plateau ou disque est configuré pour être enfoui dans le fond marin, et être attaché à la tige T. Par exemple un ou plusieurs perçages sont prévus pour faire passer le cordage formant la tige T ou un lien pouvant être en acier inoxydable, et fixer ainsi le disque A à la tige T.
Le disque est de préférence ancré dans les sédiments via un jet à haute pression d’eau (ou « jetting » en langue anglaise).
Bien entendu, dans le cadre de l’invention, on peut envisager un moyen d’ancrage de forme quelconque, comme une ancre, reposant sur le fond marin.
Les frondes B les plus basses peuvent toucher le fond marin FM, mais elles s’élèvent de préférence au-dessus du fond marin pour limiter le désensablement via le phénomène d’affouillement, qui affecterait la tenue de l’ancrage de l’algue S.
En effet, des études semblent montrer que lorsque les frondes B ne touchent pas le fond, l’affouillement maximal calculé dans la plupart des conditions hydrodynamiques serait de 4 cm.
La flexibilité des algues améliore davantage leur fixation dans le sol car le modèle d’étude de l’affouillement est basé sur une structure rigide. La structure flexible et repliable des algues S engendre probablement un moindre affouillement.
Les algues artificielles S comprennent en outre un moyen de flottaison B1. Le moyen de flottaison B1 est configuré pour flotter à la surface de la mer SM. En outre, il est configuré pour maintenir la tige T dans une position sensiblement verticale. A cet effet, le moyen de flottaison B1, qui est de préférence une bouée, est fixé, en particulier attaché, à la tige T dans la variante illustrée.
Le moyen de flottaison B1 peut être un flotteur, ou autre bouée, par exemple du type connu, avec suffisamment de flottabilité pour maintenir la tige T sensiblement verticale dans le site d’installation. Dans la variante préférée, des flotteurs en EVA (éthylène-acétate de vinyle) avec une flottabilité de 5000 gr, tels que ceux de la société Technorope, peuvent être utilisés.
Le moyen de flottaison B1 peut être attaché à la tige T en utilisant un lien L1 par exemple en acier inoxydable. Des liens L1 tels que ceux commercialisés par la société Etigo peuvent être utilisés.
Le système de contrôle peut comprendre une dizaine d’algues S et jusqu’à environ 300 algues artificielles S, voire plus en fonction des conditions hydrodynamiques du site côtier considéré. Les algues S peuvent être alignées en un bloc géométrique par exemple polygonal comme illustré sur la ; ou en étoile avec alignement concentrique comme illustré sur la . Dans les figures 4 et 5, la partie blanche représente la mer. Selon le cas, on pourra parler en termes de module pour une algue artificielle, ou de forêt pour plusieurs algues artificielles, qui peuvent avoir des géométries différentes (en carré, en rond, en quinconce…) en fonction de la demande et de l’hydrodynamisme local.
Dans la variante de la , le système comprend 16 algues S alignées en carré. Le carré est positionné de telle sorte à ce qu’il suit la bordure de la digue aménagée BD. Chaque structure est espacée de 1 m entre elles et ont été ancrées en jetting.
Dans la variante de la , le système comprend une soixantaine d’algues S.
Dans une variante telle que celle illustrée en , le système comprend en outre au moins une barrière de ganivelles sous-marines G. Les ganivelles sont illustrées en détail en .
Les algues S ne sont de préférence pas implantées dans de trop faibles profondeurs. Il apparaît plus avantageux d’utiliser un système de ganivelles sous-marines G pour jouer le rôle d’amortisseur/ralentisseurs et créer des caissons de décantation des sédiments transportés. Ce rôle sera d’autant plus efficace que l’épibiose sera importante. Des essais ont montré que le potentiel est très important.
Les alignements de pieux, par exemple en bois, sont donc utilisés depuis le rivage jusqu’à une cote bathymétrique de 50 cm par exemple, mais ils peuvent être disposés plus profond si nécessaire.
Afin d’éviter un possible effet barrière par le colmatage possible par la couverture épibiontique sur les pieux, des espaces vides de 50 cm par exemple, sont aménagés. Les observations réalisées ont aussi montré que la plage des essais était très fréquentée par des juvéniles de muges et de joëls qui sont des espèces très communes de certains étangs. Les ganivelles G ont donc un rôle de support pour les espèces fixées et d’habitat pour les jeunes poissons.
La mise en œuvre est réalisée par un ensouillage par jetting dans une enceinte close avec un rideau anti-matières en suspension. Cette méthode est rapide, peu coûteuse et réversible. Les matériaux utilisés sont neutres et biodégradables.
Ainsi, dans la variante illustrée en , le système comprend en outre au moins un filet F qui forme un écran sédimentaire. Le filet est illustré en détail en .
Le filet F est destiné à stopper la quasi-totalité du transit sédimentaire résiduel. Dans la variante préférée, il est disposé le long du tombant formé par la passe. Parallèle à la digue de protection dans la variante de la , il joue un rôle de contre-digue.
Il peut avoir une épaisseur de 15 mm de maille. Par exemple, il est ancré en pied de talus de la passe, en couvrant le tombant créé par le dragage et qui est à nouveau ancré en tête du talus sur la totalité du linéaire de la passe.
Ainsi, étant donné la composition riche en coquilles de mollusques et la granulométrie très hétérogène du sédiment, le placage du voile de filet joue pleinement son rôle de stabilisateur du talus. La maille de 15 mm est suffisante pour permettre à l’eau de traverser l’écran mais en perdant beaucoup de son énergie résiduelle, déjà largement atténuée par le système des cloisonnements successifs.
Le filet F a vocation à se parer de bio-encrassement (« biofouling » en langue anglaise), et notamment à supporter, selon le site, en plus des algues macrophytes, une part non négligeable de captage de moules. La flottabilité est donc étudiée en conséquence afin de supporter le poids du biofouling. Un système de flotteurs suffisants pour obtenir 5 kg de flottabilité au mètre est de préférence choisi, mais cela peut être adapté selon les besoins.
La ligne d’ancrage L2 de pied de talus peut comprendre une chaine de 10 soit 2,25 kg/m et ensouillée en jetting. La ligne d’ancrage en tête de talus peut comprendre une série d’ancres à vis de petit modèle reliées à une ralingue tous les 2 m soit un total de 16 ancres pour 30 mètres de longueur.
Le filet F atteint naturellement la surface et est donc parfaitement visible des usagers. Le filet F peut être configuré pour ne pas s’emmailler dans les hélices, en raison de la dimension des mailles et de sa constitution robuste et raide. La nappe de filet ne fait pas de plis, la découpe est adaptée à la morphologie des lieux ce qui évite des circonvolutions inopportunes.
Le filet F permet le balisage de la passe, la canalisation des flux entretenant l’autocurage par le passage des navires, le maintien du talus, et l’empêchement du comblement de la passe.
Le filet F est de préférence léger, neutre non polluant, modulaire et parfaitement réversible. Il peut également constituer un support à la vie fixée à même d’augmenter la diversité d’habitat.
Sa situation à l’abri du musoir et sa constitution très robuste lui confèrent une bonne durabilité s’il n’y a pas d’actes de dégradations volontaires.
Les filets F utilisés sont de préférence des filets spéciaux, leur petit maillage et la raideur de la nappe rendent impossible l’accrochage intempestif comme pourraient le faire des filets de pêche classique.
Il peut comporter des nappes polyamide multifilaments de type aquaculture de 15 mm de maille (côté) en fil 210/180 (2,5 mm de diamètre).
L’invention concerne en outre un procédé sur la base d’un système tel que décrit précédemment.
Le procédé de contrôle comprend des premières étapes pour mettre en place une pluralité d’algues artificielles S, en particulier telles que décrites précédemment, dans ledit courant de vagues CV. Pour ce faire, le procédé comprend des sous-étapes pour ancrer les moyens d’ancrage A dans un fond marin FM. Le procédé comprend en outre des sous-étapes pour disposer les moyens de flottaison B1 à la surface de la mer SM de sorte à maintenir la tige T dans une position sensiblement verticale.
Le procédé comprend en outre des deuxièmes étapes pour mettre en place au moins une barrière de ganivelles sous-marines G dans le courant de vagues CV. Il s’agit en particulier de ganivelles G telles que décrites précédemment.
Alternativement ou en combinaison aux deuxièmes étapes, le procédé comprend en outre des troisièmes étapes pour mettre en place au moins un filet F formant écran sédimentaire dans ledit courant de vagues CV. Il s’agit en particulier d’un filet F tel que décrit précédemment.
L’ordre des étapes et sous-étapes peut être interverti, ou celles -ci peuvent être mises en œuvre sensiblement en même temps.
Dans la mise en œuvre de l’invention illustrée en , les résultats sont très encourageants et concluants face aux objectifs de déploiement. En effet, lors des différentes tempêtes en hiver et des épisodes cévenols, les structures ont résisté face à des conditions hydrodynamiques extrêmes. Seules 2 algues sont supposées perdues durant toute la période de test. Il est possible que les conditions hydrodynamiques aient favorisé l’affouillement autour des structures, qui ont été par la suite arrachées du fond avec la houle.
En outre, aucun problème ou dégât n’a été signalé de la part du port de tests. Cela montre que la zone sélectionnée ne va pas impacter la circulation maritime et les différentes activités économiques présentes.
Par ailleurs, le système de l’invention joue un rôle important sur la biodiversité locale. À chaque intervention réalisée sur site, un grand nombre de postlarves et juvéniles de poissons et de crustacés, de différentes espèces, étaient présents.
Dans la mise en œuvre de l’invention illustrée en , la présence d’algues est observée, y compris une quantité limitée d’algues vertes sur le fond FM constituée essentiellement pas des ulves (Ulva sp.) ainsi que des algues brunes filamenteuses prises dans les structures. Cette présence de macrophytes, inévitable même avec un filet de barrage, n’est en rien problématique puisqu’elle participe à amortir l’agitation hydrodynamique. Les algues artificielles S, les ganivelles G et le filet F ont également été colonisées par des algues.
Les éléments du système ont généré un développement de bancs de poissons juvéniles.
En outre, les structures ont bien été conservées pendant plusieurs mois. Il n’a pas été constaté de disparition, de dégradations au niveau des flotteurs ni au niveau des ancrages.
Une étude basée sur des piquet-sondes montre que les sondes présentant un envasement progressif sont majoritairement situées à proximité de la berge. Les sondes placées au large et celles à proximité de la passe (avant l’écran sédimentaire F), ne montrent pas de variation de niveau.
Il semble que la plage PL s’engraisse plus rapidement que le reste de la zone. Le système conduit à une sédimentation du transport sédimentaire assez rapide, puisque le niveau reste stable en ‘fin de parcours’, juste avant la passe.
Après trois années de suivi, le constat est le suivant : la passe d’entrée du port est praticable, elle ne s’est pas comblée. Le projet expérimental a fonctionné, l’opération est un succès.
L’analyse de la sédimentation, grâce aux piquets sondes, révèle une évolution spécifique. La frange littorale montre des signes d’ensablement, le reste de la zone est stable, voire légèrement érodée.
En première analyse, le système a agi comme un ralentisseur suffisamment efficace pour que le courant de dérive chargé en sédiments, ne fasse plus que transiter devant le système. Il s’agirait donc d’une microcellule hydrodynamique faisant office de « bumper » qui dévie les apports sédimentaires problématiques.
Toutefois, la passe ne s’est absolument pas envasée.
Claims (9)
- Algue artificielle (S) caractérisée en ce qu’elle comprend
- un moyen d’ancrage (A) pour ancrer l'algue artificielle (S) dans ou sur un fond marin (FM) ;
- une tige (T) flexible configurée pour suivre le mouvement des vagues ;
- des branches latérales (B) flexibles formant projections autour de la tige (T), ayant une densité supérieure à celle de l’eau de mer, et étant configurées pour occasionner des dissipations hydrodynamiques, et pour se plier au gré du mouvement des vagues ;
- un moyen de flottaison (B1) ayant une densité inférieure à celle de l’eau de mer, configuré pour maintenir la tige (T) dans une position sensiblement verticale. - Algue artificielle (S) selon la revendication précédente, caractérisée en ce que le moyen d’ancrage (A) comprend un plateau, de préférence sous forme de disque, ayant une densité supérieure à celle de l’eau de mer, et étant configuré pour être enfoui dans le fond marin, le plateau étant fixé, de préférence enfilé sur la tige (T) et attaché à celle-ci.
- Algue artificielle (S) selon l’une des revendications précédentes, caractérisée en ce que la tige (T) et/ou les branches (B) sont sous forme de cordages.
- Algue artificielle (S) selon l’une des revendications précédentes, caractérisée en ce que les branches (B) s’étendent sur une longueur de tige (T) supérieure à 1 m voire 2,5 m, de préférence inférieure à 3,5 m, plus préférentiellement d’environ 3 m.
- Algue artificielle (S) selon l’une des revendications précédentes, caractérisée en ce que le moyen de flottaison (B1) comprend un flotteur attaché à la tige (T).
- Système de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier (S1, S2), notamment pour limiter l’ensablement d’une entrée de chenal (S1), d’une partie de côte, ou d’une passe de port-abri (S2), le système de contrôle comprenant une pluralité d’algues artificielles (S) selon l’une des revendications précédentes, configurées pour être disposées dans un champ de vagues (CV) orienté vers le site côtier (S1, S2).
- Système de contrôle selon l’une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu’il comprend en outre
- au moins une barrière de ganivelles sous-marines (G) ; et/ou
- au moins un filet formant écran sédimentaire (F). - Procédé de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier (S1, S2), notamment pour limiter l’ensablement d’une entrée de chenal (S1), d’une partie de côte, ou d’une passe de port-abri (S2), le procédé de contrôle comprenant au moins une première étape pour mettre en place une pluralité d’algues artificielles (S) dans un courant de vagues (CV) orienté vers le site côtier (S1, S2), les algues artificielles (S) comprenant chacune un moyen d’ancrage (A) ; une tige (T) flexible repliable sous l’effet de mouvements de vagues ; des branches latérales (B) flexibles, et repliables sous l’effet de mouvements de vagues ; et un moyen de flottaison (B1), la première étape comprenant des sous étapes pour
- ancrer les moyens d’ancrage (A) dans un fond marin ; et
- disposer les moyens de flottaison (B1) de sorte à maintenir la tige (T) dans une position sensiblement verticale. - Procédé de contrôle selon la revendication précédente, caractérisé en ce qu’il comprend en outre au moins une étape pour mettre en place au moins une barrière de ganivelles sous-marines (G) dans le courant de vagues (CV) ; et/ou au moins une étape pour mettre en place au moins un filet formant écran sédimentaire (F) dans le courant de vagues (CV).
Priority Applications (1)
| Application Number | Priority Date | Filing Date | Title |
|---|---|---|---|
| FR2205760A FR3136487B1 (fr) | 2022-06-14 | 2022-06-14 | Algue artificielle, système et procédé de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier sur la base de telles algues |
Applications Claiming Priority (2)
| Application Number | Priority Date | Filing Date | Title |
|---|---|---|---|
| FR2205760A FR3136487B1 (fr) | 2022-06-14 | 2022-06-14 | Algue artificielle, système et procédé de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier sur la base de telles algues |
| FR2205760 | 2022-06-14 |
Publications (2)
| Publication Number | Publication Date |
|---|---|
| FR3136487A1 true FR3136487A1 (fr) | 2023-12-15 |
| FR3136487B1 FR3136487B1 (fr) | 2025-04-04 |
Family
ID=83188990
Family Applications (1)
| Application Number | Title | Priority Date | Filing Date |
|---|---|---|---|
| FR2205760A Active FR3136487B1 (fr) | 2022-06-14 | 2022-06-14 | Algue artificielle, système et procédé de contrôle d’ensablement/érosion d’un site côtier sur la base de telles algues |
Country Status (1)
| Country | Link |
|---|---|
| FR (1) | FR3136487B1 (fr) |
Citations (3)
| Publication number | Priority date | Publication date | Assignee | Title |
|---|---|---|---|---|
| FR2670814A3 (fr) * | 1992-02-17 | 1992-06-26 | Soeiro Fernand | Module d'algues artificielles. |
| KR200359227Y1 (ko) * | 2004-05-18 | 2004-08-16 | 강정용 | 수중 정화용 수초 블록 |
| US11248356B2 (en) * | 2017-12-29 | 2022-02-15 | Roger A. Benham | Removable reef and barricade system, appurtenances, and means of manufacture |
-
2022
- 2022-06-14 FR FR2205760A patent/FR3136487B1/fr active Active
Patent Citations (3)
| Publication number | Priority date | Publication date | Assignee | Title |
|---|---|---|---|---|
| FR2670814A3 (fr) * | 1992-02-17 | 1992-06-26 | Soeiro Fernand | Module d'algues artificielles. |
| KR200359227Y1 (ko) * | 2004-05-18 | 2004-08-16 | 강정용 | 수중 정화용 수초 블록 |
| US11248356B2 (en) * | 2017-12-29 | 2022-02-15 | Roger A. Benham | Removable reef and barricade system, appurtenances, and means of manufacture |
Also Published As
| Publication number | Publication date |
|---|---|
| FR3136487B1 (fr) | 2025-04-04 |
Similar Documents
| Publication | Publication Date | Title |
|---|---|---|
| Foster et al. | Mud sedimentation on the continental shelf at an accretionary margin—Poverty Bay, New Zealand | |
| Hardiman et al. | Recreational impacts on the fauna of Australian coastal marine ecosystems | |
| WO2008104712A1 (fr) | Dispositif d'ancrage semi permanent/permanent destine a amarrer des corps flottants | |
| JP2024530833A (ja) | 保護可能な装置およびその保護方法 | |
| KR101131879B1 (ko) | 인공 수초를 이용한 부유식 방파제 | |
| FR3062025A1 (fr) | Barriere sous-marine de protection des coquillages en elevage sur les concessions conchylicoles de la predation par les daurades | |
| FR3067907B1 (fr) | Dispositif de culture de vegetaux marins, de coquillages, de poissons ou encore de tout organisme marin | |
| FR2692297A1 (fr) | Système d'environnement intégré dissipateur d'énergie multiphase. | |
| Derbyshire | Fisheries guidelines for fish-friendly structures | |
| EP2585640B1 (fr) | Dispositif et systeme de protection contre l'erosion du littoral | |
| Blake et al. | Pilot study of micro-plastics in the Maribyrnong and Yarra Rivers and Port Phillip Bay | |
| Dare | Alternative shore protection strategies: Innovative options and management issues | |
| Jenkins et al. | Re: Endangered Species Act Section 7 (a)(2) Biological Opinion and Magnuson-Stevens Fishery Conservation and Management Act Essential Fish Habitat Response for the Lehigh Southwest Stockton Terminal Project within the Port of Stockton Electronic transmittal only Dear Ms. Jenkins | |
| Hirkala | Matt Hirkala Project Manager California Delta Section US Army Corps of Engineers 1325 J Street | |
| EP3508058A1 (fr) | Procede et systeme de réhabilitation ecologique marine | |
| WO2017029438A1 (fr) | Drague pour la dispersion de sédiments aquatiques | |
| McDonald | Sturgeon Bank marsh recession: a preliminary investigation into the use of large woody debris as a tool for restoring a degraded foreshore marsh | |
| FR2842547A1 (fr) | Dispositif de lutte contre l'erosion des cotes | |
| FR2849072A1 (fr) | Dispositif de recuperation du contenu polluant d'une epave coulee par confinement souple | |
| Casey | Joyce E. Casey Chief, Environmental Resources Branch US Army Corps of Engineers, Portland District PO Box 2946 Portland, Oregon 97208-2946 | |
| FR3114109A3 (fr) | Modules unitaires poreux permettant l’assemblage de récifs artificiels multifonctions constitués d’un gradient de maillage tridimensionnel | |
| SHORELINES | PART IV RETREAT G SHORELINES | |
| Walker | WCRO-2019-00108 September 10, 2019 Michelle Walker Corps of Engineers, Seattle District Regulatory Branch CENWS-OD-RG PO Box 3755 | |
| Balloch | Residual Impacts of Wharf Facility Construction and Operations | |
| County | WCRO-2023-01903 March 22, 2024 Calvin J. Terada Director United States Environmental Protection Agency, Region 10 1200 Sixth Avenue, Suite 155 |
Legal Events
| Date | Code | Title | Description |
|---|---|---|---|
| PLFP | Fee payment |
Year of fee payment: 2 |
|
| PLSC | Publication of the preliminary search report |
Effective date: 20231215 |
|
| PLFP | Fee payment |
Year of fee payment: 3 |
|
| PLFP | Fee payment |
Year of fee payment: 4 |
|
| PLFP | Fee payment |
Year of fee payment: 5 |