PROCEDE DE PREPARATION D ' UN MATERIAU PATEUX PHOSPHOCALCIQUE INJECTABLE
L'invention concerne un procédé de préparation d'un matériau pâteux injectable à partir d'un mélange d'eau et de phosphates calciques, apte à évoluer, durcir et former une hydroxyapatite constituant un biomatériau utilisable en particulier en orthopédie ou art dentaire. Par matériau pâteux "injectable", on entend la faculté du matériau pâteux de circuler dans un conduit adapté à l'application envisagée sous une pression non destructive dudit matériau et compatible avec cette application et les équipements utilisés. Par "biomatériau", on entend dans la présente description le matériau solide obtenu après durcissement, ce matériau ayant des propriétés de biocompatibilité et étant destiné à remplacer ou traiter chez l'homme ou l'animal un organe ou une fonction.
Les hydroxyapatites phosphocalciques sont des matériaux bien connus de plus en plus utilisés dans le domaine chirurgical ou dentaire en raison de leurs propriétés de biocompatibilité et d'ostéoconduction. Elles peuvent être utilisées en art dentaire pour le comblement parodontal, la restauration des crêtes osseuses, le comblement des kystes ou alvéoles après extraction dentaire... et, en chirurgie osseuse pour le comblement de défaut osseux, le comblement interstitiel entre prothèse et os cortical, l'injection dans les corps vertébraux, le traitement de l'ostéoporose... Le biomatériau ainsi mis en place peut éventuellement contenir des substances actives qui, après durcissement in situ, sont lentement diffusées. Ces biomatériaux apatitiques sont en particulier obtenus par durcissement d'un mélange pâteux préparé par gâchage d'un mélange de phosphates calciques avec de l'eau ; dans les applications précitées, la prise et le durcissement du mélange pâteux s'effectuent in situ sur le site d'application. Actuellement, les mélanges pâteux de ce type sont soit mis en place sur des sites ouverts où ils sont
appliqués manuellement ou à la spatule, soit poussés sur de très courtes distances sous forte pression sur des sites directement accessibles. Ces mélanges pâteux sont en effet inaptes à circuler sous pression modérée sur des distances supérieures à quelques centimètres en raison de leurs caractéristiques de viscosité. Ce caractère non injectable limite le domaine d'application de ces matériaux à des interventions sur site directement accessible, qui ne représentent pas le cas général ou imposent une chirurgie ouverte, traumatisante et lourde.
La présente invention se propose de fournir un procédé de préparation d'un nouveau matériau pâteux phosphocalcique injectable, c'est-à-dire susceptible, avant son évolution, d'être amené à circuler sous des pressions modérées et sur des distances notables (quelques dizaines de centimètres), ledit matériau présentant des temps de prise et de durcissement similaires à ceux des matériaux phosphocalciques existants et conduisant, après durcissement, à un biomatériau apatitique de caractéristiques mécaniques comparables ou supérieures à celles des biomatériaux apatitiques obtenus à partir des mélanges existants.
Le procédé de préparation du matériau pâteux injectable visé par l'invention est du type dans lequel on réalise à partir d'eau et de phosphates calciques un mélange pâteux apte à évoluer, durcir et former une hydroxyapatite. Selon la présente invention, ce procédé est caractérisé en ce qu'on ajoute aux phosphates calciques ou au mélange pâteux avant injection, un methicone en proportion pondérale par rapport au mélange supérieure à 0,3 % et inférieure à 10 %, et avantageusement sensiblement comprise entre 0,5 % et 1,4 %. Il convient de rappeler que le methicone est un polysiloxane (de la famille des silicones) ayant une fonction CH3 sur au moins une des liaisons du silicium de son motif. Les expérimentations ont montré que le matériau pâteux ainsi obtenu est injectable et peut être transporté sous forme pâteuse dans des conduits de type cathéter, en particulier conduits souples, sous des pressions modérées (pression relative inférieure à 1 bar) qui sont compatibles avec les conditions d'intervention chirurgicale ou dentaire et les équipements utilisés. Ce matériau pâteux fait prise
même en milieu humide et durcit de façon similaire au mélange ne contenant pas de methicone ; toutefois en l'absence de methicone, le mélange est impossible à injecter comme cela est connu de l'homme du métier. Au surplus les essais ont permis de constater que l'addition de methicone était susceptible de conduire à une amélioration significative des caractéristiques mécaniques du biomatériau obtenu après durcissement.
Il faut souligner que d'une façon générale, les silicones sont des lubrifiants bien connus qui sont notamment utilisés pour revêtir des parois afin de permettre un meilleur glissement d'un solide ou d'un liquide le long de celles-ci. Dans le cas présent, le methicone est, au contraire, intimement mélangé au matériau pâteux et ses propriétés de lubrifiant de paroi n'expliquent pas la propriété d'injectabilité obtenue pour la pâte sans dégradation des caractéristiques mécaniques du matériau après durcissement, et même avec une amélioration de celles-ci. Comme on le verra dans les exemples, la lubrification de paroi améliore légèrement la faculté de déplacement de la pâte sur quelques centimètres mais ne permet pas le transport sur quelques dizaines de centimètres sous des pressions modérées (notamment pression relative inférieure à 1 bar). La propriété d'injectabilité obtenue est difficile à expliquer à l'heure actuelle : il est probable qu'elle met en jeu un effet de glissement des particules, plaquettes et aiguilles qui se forment et évoluent au cours de la prise, glissement interparticulaire conditionné par des modifications d'interfaces dues au methicone ; il est à noter toutefois que l'amélioration des propriétés mécaniques obtenues pour le biomatériau après durcissement laisse à penser que le methicone a également une action physico-chimique sur l'évolution du matériau et sa cristallisation en apatite. De préférence, comme connu en soi, on réalise un mélange pâteux de phosphates calciques ayant un rapport atomique Ca/P compris entre 1,5 et 1,67. On obtient ainsi, après injection et durcissement, un biomatériau constitué par une phase pure d'hydroxyapatite dont la composition chimique est très voisine de celle de la partie minérale de l'os. En dehors de cette plage de rapport atomique, le
biomatériau obtenu est multiphasé (ce qui peut être recherché dans certaines applications).
Il est possible d'ajouter au matériau pâteux phosphocalcique conforme à l'invention des additifs, en particulier additifs connus destinés à accroître la régularité de prise de la pâte (bonne homogénéité, absence de grumeaux). Par exemple, un glycérophosphate soluble dans l'eau, notamment du glycérophosphate de sodium, de potassium, ou de calcium, peut être ajouté au mélange de sorte que le pourcentage pondéral de ce composé rapporté au mélange final soit inférieur à 10 %. Ce composé contribue à une amélioration de la régularité de prise et diminue légèrement la vitesse de prise. A noter que le methicone participe déjà à améliorer grandement la régularité de prise de la pâte et son homogénéité de sorte que la quantité de glycérophosphates peut être inférieure à celle prévue pour des mélanges similaires ne contenant pas de methicone. Il convient de souligner que le glycérophosphate dans ce type de réaction à froid n'est pas décomposé et ne participe pas en tant que réactif chimique à la réaction de formation de l'apatite ; les rapports atomiques Ca/P sont donc donnés dans tout le texte hors glycérophosphate.
De préférence on utilise un methicone de viscosité sensiblement comprise entre 20 centistokes et 500 centistokes correspondant à une densité sensiblement comprise entre 0,90 et 0,98 (rapport de la masse volumique à celle de l'eau). Un diméthicone comportant deux groupements, CH3 sur le silicium de son motif est avantageusement utilisé, en particulier un diméthicone cyclique.
Les conditions de mise en œuvre du procédé de l'invention peuvent avantageusement être celles définies dans la demande de brevet français n° 2 776 282. Selon un mode de mise en œuvre préféré, le mélange pâteux est en particulier réalisé à froid au moyen d'un ciment pulvérulent de phosphate tricalcique et phosphate tétracalcique, et d'une solution aqueuse contenant du calcium et du phosphate, le ciment pulvérulent et la solution aqueuse étant mélangés à température ambiante (c'est-à-dire entre environ 15° C et 30° C) ; les modalités de mise en œuvre sont de préférence les suivantes :
• préparation du ciment pulvérulent par mélange de poudres de phosphate tricalcique, de phosphate tétracalcique et de glycérophosphate,
• préparation d'une solution aqueuse d'acide phosphorique et de chaux,
• mélange de ladite solution aqueuse et dudit ciment pulvérulent de façon que le rapport pondéral global liquide/solide L/S soit compris entre 0,30 et 0,65, afin d'obtenir une pâte homogène de rapport atomique global Ca/P compris entre 1,50 et 1,67.
Cette mise en œuvre conduit à une bonne reproductibilité de la prise et du durcissement et à un biomatériau plus cohérent (homogénéité du produit, temps de prise constant, absence de délitement).
Dans ce mode de mise en œuvre, le methicone est de préférence, préalablement solubilisé dans un solvant, puis la phase liquide ainsi obtenue est mélangée au ciment pulvérulent, et le solvant est ensuite amené à s'évaporer pour obtenir un ciment pulvérulent additivé de diméthicone. En pratique, dans le domaine chirurgical ou dentaire, le matériau pâteux peut être fabriqué à partir d'un set mis à la disposition des praticiens, comprenant, dans deux conteneurs séparés, d'une part, une dose de ciment pulvérulent de phosphate tricalcique, phosphate tétracalcique et glycérophosphate, et de methicone, d'autre part, une dose de solution aqueuse d'acide phosphorique et de chaux, le methicone contenu dans la dose de ciment pulvérulent se présentant sous forme de poudre dans une proportion pondérale notamment comprise entre 0,3 % et 2 % (par rapport à ladite dose de ciment pulvérulent). Bien entendu les conteneurs contenant les dose de ciment et dose de solution sont stérilisés après scellement. Au moment de l'intervention, le praticien ouvre les conteneurs, mélange la dose de ciment pulvérulent et la dose de solution aqueuse, homogénéise le mélange jusqu'à obtenir une pâte et, avant son évolution, injecte celle-ci dans un conduit vers le site d'implantation au moyen d'un matériel adapté (cathéter, pompe, seringue ...).
La dose de ciment et la dose de solution aqueuse sont avantageusement réalisées avec les conditions ci-dessous définies qui conduisent à un compromis particulièrement favorable du matériau pâteux injectable pour les applications médicales (composition de l'hydroxyapatite obtenue très proche de celle de la partie minérale de l'os et de la dent, temps de prise bien adapté à l'intervention -de l'ordre de 30 minutes-, absence totale de délitement, bonnes propriétés mécaniques du biomatériau obtenu ...) :
• rapport atomique Ca/P compris entre 1,60 et 1,64,
• proportion pondérale de glycérophosphate comprise entre 6 % et 9 %, • proportion pondérale de methicone comprise entre 0,5 % et 1,2 %,
• rapport pondéral global liquide/solide compris entre 0,40 et 0,50,
(les rapports et proportions sus-indiqués se référant au mélange pâteux final).
L'invention est illustrée, à titre non limitatif, par les exemples qui suivent, en référence aux dessins annexés, sur lesquels : - la figure 1 est un schéma d'un dispositif permettant de mesurer une pression d'injection d'un mélange pâteux afin de définir son injectabilité,
- la figure 2 est une reproduction de diagrammes de diffraction infrarouge du produit obtenu à l'exemple 1 au cours de son évolution (50 minutes, 60 minutes, 24 heures après gâchage),
- la figure 3, obtenu à l'exemple 1, représente la courbe d'évolution de la résistance à la pénétration du produit en fonction du temps.
Pour évaluer l'injectabilité des mélanges pâteux préparés au cours des exemples, on utilise un système tel que représenté à la figure 1 permettant d'exercer et de mesurer une pression d'injection. Ce système se compose d'un Té de dérivation 1, d'une seringue 2, d'un cathéter 3, d'un manomètre 4 et d'une seringue séparée 5 de mise en place de matériau pâteux dans le cathéter 3 (temporairement séparé du Té de dérivation).
Chaque série de tests est effectuée en utilisant des quantités de matériau pâteux identiques mais à des instants différents après la fin du gâchage (3 min, 6 min, 10 min, 14 min, etc...).
Chaque quantité de matériau est injectée sous forme d'une colonne de 8 cm de matériau pâteux dans le cathéter 3 et on mesure pour chaque test la pression (dite pression d'injection) nécessaire pour déplacer cette colonne.
EXEMPLES Exemple 1 : Préparation d'un matériau pâteux injectable Ca/P=l,634 ; L/S=0,43 ; glycérophosphate de sodium (NaGP)= 6,3 % ; methicone N50 = 0,7 %. Le diméthicone N50 utilisé dans les exemples 1,2 et 4 est un composé cyclique de densité égale à 0,92 et de viscosité égale à 50 centistokes. a) On prépare un mélange de poudres par pesées exactes comprenant les constituants suivants :
- phosphate tétracalcique = 51,75 g, - phosphate tricalcique α = 38,25 g,
- glycérophosphate de sodium = 9 g.
Le rapport atomique calcium/phosphore (Ca/P) de ce mélange, hors glycérophosphate de sodium, est égal à 1,77. Ce mélange est homogénéisé d'abord à l'aide d'un mortier puis au moyen d'un mélangeur de poudre. On rajoute ensuite une solution de diméthicone (lg) préalablement solubilisée dans une petite quantité de cyclohexane (10 millilitres). Le tout est mélangé pendant une demi-heure au moyen d'un mélangeur de poudre. Cette phase solide est placée ensuite dans un cristallisoir pendant 72 heures afin de laisser évaporer le solvant b) On prépare la solution aqueuse de phosphate et de calcium de la façon suivante : On introduit 6,25 g d'acide phosphorique (masse volumique = l,69g/cm3) dans une petite quantité d'eau distillée, puis on ajoute lentement 1,646 g d'hydroxyde de calcium. On complète la solution à 50 ml avec de l'eau distillée, on obtient une solution limpide, stable de rapport atomique Ca/P = 0,349.
c) On verse dans un petit mortier une quantité de 7,00 g du mélange de poudres. On ajoute ensuite une quantité de 3,01g de la solution en malaxant énergiquement au moyen d'un pilon ou d'une spatule. Le mélange est pâteux et homogène, le temps de gâchage reste fixe et égal à 2 minutes. Le matériau pâteux préparé selon cette méthode présente un rapport atomique global Ca/P = 1,634 et un rapport L/S = 0,43.
Ce matériau est caractérisé en ce qui concerne son injectabilité et son évolution. Mesure d'injectabilité : Les mesures sont effectuées au moyen du dispositif de la figure 1. On constate que la pression d'injection reste sensiblement constante et faible (0,7 bar) pendant 11 minutes environ et que cette pression croit ensuite rapidement. Le matériau est donc injectable pendant un temps de 11 minutes (temps d'injectabilité) sans que ces caractéristiques d'injectabilité varient. Evolution du matériau pâteux :
On prépare de la même façon que précédemment des quantités de matériau pâteux nécessaire aux tests et mesures suivants.
L'évolution du matériau pâteux d'un point de vue cristallographique peut être suivie par diffraction des rayons X. On observe la disparition progressive des phases initiales du mélange et la formation après 72 heures d'une phase apatitique cristallisée pure.
L'observation des spectres infrarouges met en évidence la présence du silicone. En effet, autour de 1260 cm"1, il apparaît une bande due au silicone (figure 2). Temps de prise :
On mesure tout au long de l'évolution du mélange les modifications de la plasticité en utilisant un pénétromètre : celui-ci mesure la résistance à la pénétration à la surface du matériau pâteux d'une pointe de 1 mm2. La courbe de la figure 3 donne la variation de cette résistance en fonction du temps. On
peut considérer qu'à une valeur voisine de 300g/mm , le matériau a perdu toute malléabilité : il a totalement fait prise. Bien entendu, ensuite, il continue son durcissement.
Dans le cas du matériau décrit, la valeur de prise (300g/mm ) est atteinte après 28 minutes.
Propriétés mécaniques :
On s'intéresse également aux propriétés mécaniques des biomatériaux obtenus à partir du matériau pâteux préparé. On définit la résistance à la compression sur une machine du type "Hounsfield Série S". Pour cela, on prépare cinq éprouvettes de même dimension (h = 13mm et φ = 10,6mm) que l'on laisse évoluer 7 jours à 37°C dans un milieu 100% humide.
La résistance à la compression dans cet exemple est de
25 Mpa.
Porosité : La porosité est déterminée à partir du rapport entre la masse volumique calculée expérimentalement (masse de l'éprouvette divisée par volume de l'éprouvette) et la masse volumique théorique (masse volumique de l' hydroxyapatite = 3,15 g/mm3).
Le rapport des masses volumiques est égal à 51% donc la porosité est de 49%.
Exemple 2 : Préparation d'un matériau pâteux injectable Ca/P=l,634 ; L/S=0,50 ; glycérophosphate de sodium (NaGP)= 6,3 % ; methicone N50=07%. a) On prépare le même mélange de poudres par pesées exactes, que dans l'exemple 1 (rapport Ca/P = 1,77). b) On prépare la même solution aqueuse que dans l'exemple 1. On obtient une solution limpide, stable de rapport atomique Ca/P = 0,349. c) On verse dans un petit mortier une quantité de 7,00 g du mélange de poudres. On ajoute ensuite une quantité de 3,01 g de la solution puis 0,49 g d'eau distillée (afin d'avoir un rapport liquide sur solide égal à 0,50) en malaxant énergiquement au
moyen d'un pilon ou d'une spatule. Le mélange est pâteux et homogène, le temps de gâchage reste fixe et égal à 2 minutes.
Le matériau préparé présente un rapport atomique global Ca/P = 1,634 et un rapport L/S = 0,50. La pression d'injection mesurée dans cet exemple est de 0,4 bar et le temps d'injection est égal à 9 minutes.
Dans le cas du matériau décrit, la valeur de prise (300 g/mm ) est atteinte après 36 minutes. La résistance à la compression du biomatériau est de 15 MPa et la porosité de 44 %. Exemple 3 : Préparation d'un matériau pâteux injectable Ca/P=l,634 ; L/S=0,43 ; glycérophosphate de sodium (NaGP)= 6,3 % ; methicone N350=0,7%.
Le diméthicone utilisé à cet exemple est un composé cyclique, de viscosité égale à 350 centistokes, ce qui correspond à une densité égale à 0,96. a) On prépare le même mélange de poudres par pesées exactes que dans l'exemple 1 (rapport Ca/P = 1,77). b) on prépare la même solution aqueuse que dans l'exemple 1.
On obtient une solution limpide, stable, de rapport atomique Ca/P = 0,349.
Le matériau préparé selon cette méthode présente un rapport atomique global Ca/P = 1,634 et un rapport L/S = 0,43.
Comme dans l'exemple 1, on utilise les mêmes quantités pour déterminer les caractéristiques du matériau.
La pression d'injection mesurée dans cet exemple est de 1,1 bar et le temps d'injection est égal à 8 minutes. Dans le cas du matériau ici décrit, la valeur de prise
(300g/mm ) est atteinte après 43 minutes. La résistance à la compression du biomatériau est de 25 MPa et la porosité de 47%.
Exemple 4 : Préparation d'un matériau pâteux injectable Ca/P= 1,634 ; L/S=0,43 ; glycérophosphate de sodium (ΝaGP)= 7,0 % ; diméthicone N50=l,75%.
a) On prépare un mélange de poudres par pesées exactes comprenant les constituants suivants :
- phosphate tétracalcique = 50,85 g
- phosphate tricalcique α = 36,65 g - glycérophosphate de sodium = 10 g.
Le rapport atomique calcium/phosphore (Ca/P) de ce mélange hors glycérophosphate de sodium est égal à 1,77. Ce mélange est homogénéisé d'abord à l'aide d'un mortier puis au moyen d'un mélangeur de poudre.
On rajoute ensuite la solution de silicone (2,5 g) préalablement solubilisée dans une petite quantité de cyclohexane. Le tout est mélange pendant une demi-heure au moyen d'un mélangeur de poudre. Cette phase solide est placée ensuite dans un cristallisoir pendant 72 heures afin de laisser évaporer le solvant. b) On prépare la solution aqueuse de phosphate et de calcium de la façon suivante :
On introduit 6,124 g d'acide phosphorique (masse volumique = 1 ,69g/cm ) dans une petite quantité d'eau distillée, puis on ajoute lentement 1,578 g d'hydroxyde de calcium. On complète la solution à 50 ml avec de l'eau distillée. On obtient une solution limpide, stable, de rapport atomique Ca/P =
0,341.
Le matériau préparé selon cette méthode présente un rapport atomique global Ca/P = 1 ,63 et un rapport L/S = 0,43.
Comme dans l'exemple 1, on utilise les mêmes quantités pour déterminer les caractéristiques du matériau.
La pression d'injection mesurée dans cet exemple est de 0,8 bar et le temps d'injection est égal à 7 minutes. Dans le cas du matériau décrit, la valeur de prise (300g/mm ) est atteinte après 37 minutes. La résistance à la compression du biomatériau est de 20 MPa et la porosité de 48 %.