DISPOSITIF D'ELEVAGE EN MILIEU AQUATIQUE DE COQUILLAGES BIVALVES TELLES QUE LES HUITRES
DOMAINE D'APPLICATION DE L'INVEN ION
La présente invention a trait au domaine de la conchyliculture et concerne plus précisément l'ostréiculture généralement pratiquée dans des parcs à huîtres formés dans des bassins naturels ou artificiels.
D'une manière plus générale, l'invention s'applique à l'élevage des coquillages tels que les mollusques aquatiques acéphales, bivalves aux branchies aux formes de lamelles rangés dans la famille des lamellibranches et plus particulièrement aux adaptations et aux moyens qui rendent possibles l'élevage, dans des conditions optimales, des différentes espèces vivant en milieux aquatiques .
DESCRIPTION DE L'ART ANTERIEUR
La première étape de l'ostréiculture consiste à récupérer le frai des huîtres mères. C'est la température de l'eau qui enclenche la préparation puis le processus de reproduction de l'huître, donc en Février-Mars, dès que les eaux atteignent 10°. Les huîtres perdent leur graisse hivernale tandis que leurs gonades se développent. En Mai- Juin , à mesure que la température de l'eau augmente, les huîtres se gonflent de poches d'œufs et de laitance. Il faut en arriver aux grandes chaleurs de Juillet pour que se produise la ponte-fécondation. Ce sont alors des millions d'huîtres qui émettent des nuages d'œufs aussitôt fécondés par de longs filets de laitance. Un immense voile blanc se drape et s'étire alors dans l'eau transparente. A peine éclose, l'huître embryonnaire - un dixième de millimètre à peine- doit rapidement se fixer si elle veut avoir quelque chance de survivre aux nombreux prédateurs qui la guettent. Un instinct qui la pousse à s'accrocher sur le premier objet venu, rocher, pierre, pieu, débris. D'où toute la stratégie du captage, déployée sur les parcs, véritables "nurseries" naturelles. En Juillet,
c'est toute une armada de bateaux tirant d'impressionnants chalands chargés à ras bord qui se dirige sur ces parcs pour mettre en place les collecteurs de naissains, sous forme de barres de fer ou de plastique, de tuiles, d'ardoises, de coquilles vides enfilées en collier sur de longues tiges métallique.
Ensuite, vient la phase dite de l'engraissement où on procède préalablement au détroquage, opération qui consiste en la séparation des naissains d'huîtres de leur support. L'huître est à nouveau remise en mer sur les parcs au sol ou placée dans des poches sur table pour grossir en volume, pour entrer dans la phase dite de croissance. Pendant cette phase de développement, les huîtres demandent de la part de l'ostréiculteur d'être entretenues avec le soin d'un jardinier, au rythme de deux à trois passages dans l'année afin d'éliminer plantes et animaux non désirables, réduire la "pousse" en cassant les concrétions indésirables de coquille. Elevées en parcs ou en poches, les huîtres atteignent enfin leur troisième année. Par leur qualité de coquille, leur volume de chair, elles sont adultes. Au terme de son élevage et de sa croissance sur les parcs en mer, l'huître va connaître son ultime phase de préparation et d'aboutissement : l'affinage en claire pour conférer à l'huître de nouvelles qualités organoleptiques . L'affinage qui dure quelques semaines, est la dernière étape de l'élevage des huîtres et a pour but d'améliorer la chair de l'huître qui engraisse avec ses branchies qui prennent une teinte verte. Ce n'est plus la phase de croissance à proprement parler de l'huître, mais un renforcement de la qualité de sa coquille et de sa nacre, un affinement subtil de sa chair qui va s'étoffer, se charger du goût de ce terroir qui se traduit par un enrichissement de sa saveur, et une plus grande longueur en bouche.
Toutes les opérations nécessaires, depuis la récolte du naissain sur les collecteurs, la croissance, l'affinage, l'engraissement, le verdissement, la préparation à
l'expédition, l'expédition elle-même, sont longues et nécessitent une grande endurance des hommes qui les pratiquent .
Les insuffisances graves des modes de production aquacoles, tels que pratiqués actuellement, sont bien connues. Elles se traduisent par des difficultés aux plans de la qualité et de l'image des productions et ont des conséquences négatives au plan de leur commercialisation. Ces insuffisances qui résultent des méthodes d'élevage anciennes et conventionnelles sont régulièrement constatées dans les phases de croissance et de grossissement des naissains du stade juvénile vers leur taille adulte consommable commercialement parlant, notamment dans les mers où la faible amplitude des marées a imposé l'élevage en eau profonde, ce qui nécessite une technique de culture spécifique : l'élevage en suspension sur cordes. Ces cordes sont suspendues à des tables d'élevage originales qui constituent une caractéristique marquante du paysage marin. Plantées par des fonds de 5 à 11 mètres et d'une superficie de 50 mètres sur 10, ces tables comportent des rails verticaux qui sont reliés par des madriers et des perches auxquelles sont attachées les cordes à huîtres. Des vents vigoureux, en particulier le mistral et la tramontane, assurent ici le renouvellement des eaux. Les huîtres sont produites sur ces tables à partir des naissains provenant de l'Atlantique ou des écloseries. Elles sont soit "collées", soit "détroquées" selon la technique de production utilisée. Le "collage", plus coûteux en main d' œuvre, donne cependant les produits les plus homogènes. La méthode traditionnelle de collage employée consiste à prédisposer les naissains récoltés sur des tôles ondulées, à déposer une corde et à la fixer sur les naissains par un scellement au ciment. Il suffit de dégager de la tôle, les cordes et les naissains y associés et d'amarrer ensuite l'extrémité de ces cordes à une table pour que les naissains soient retenus suspendus en
immersion dans le milieu aquatique nécessaire à sa croissance. Pour les opérations d'emersion nécessaires aux soins d'entretien, il suffit de relever les cordes. A l'échéance de la phase de croissance, les huîtres adultes sont également émergées puis dégagées de leur partie cimentée pour les récolter individuellement et les rendre propres à leur commercialisation en vue de leur consommation. Cette pratique conventionnelle présente certains inconvénients quant à son coût de production et à la qualité des huîtres. En effet, les opérations de fixation au ciment des naissains sur les cordes et de désolidarisation des huîtres adultes sont longues et fastidieuses et ne sont pas sans présenter des limites au développement des naissains. De plus, l'opération d'enlèvement du ciment qui doit être parfaite pour rendre les huîtres dignes d'une commercialisation, n'est pas évidente et ne se déroule jamais sans casse de quelques coquilles . DESCRIPTION DE L'INVENTION La présente invention apporte une solution aux insuffisances de l'art ancien (ou à la pratique conventionnelle) principalement sur le dernier point ci- dessus décrit de la technique ancienne de la phase de croissance de l'élevage en eau profonde des naissains en suspension sur cordes. Elle y parvient en évitant ou en supprimant les contradictions entre les procédés traditionnels de scellement au ciment et les contraintes d'élevage, tout en développant, en normalisant et en potentialisant des moyens nouveaux compatibles avec les milieux aquatiques. Pour y parvenir, le demandeur a imaginé un concept original de dispositif destiné à être maintenu en eau profonde pour l'élevage et plus particulièrement pour la croissance en eau profonde de coquillages bivalves marins. Selon le concept fondamental de l'invention, ce dispositif du type de celui comprenant une structure-support des naissains pour autoriser leur
immersion et leur émersion, est remarquable en ce que ladite structure-support est constituée par un ensemble de supports alvéolaires d'amarrage qui, disposés étages autour d'un axe commun, sont façonnés dans un matériau élastique susceptible de se déformer en agrandissant l'ouverture de l'alvéole sous l'effet de la poussée de 1 ' embout-charnière d'un naissain engagé de force dans ladite alvéole puis de reprendre sa forme initiale en réduisant ladite ouverture pour venir enserrer ledit embout-charnière à des fins de préhension dudit naissain retenu suspendu au susdit support alvéolaire. Ce dispositif d'amarrage des naissains est très facile de mise en œuvre et évite la technique classique de scellement longue et délicate de sorte que la productivité de l'ostréiculture s'en trouve fortement accrue. De plus, en opérant une poussée inverse à la fin de la phase de croissance de l'huître adulte, celle-ci provoquera également l'agrandissement de l'alvéole et la récupération individuelle de l'huître sans dommage et sans la débarrasser des restes de ciment.
Selon un mode de réalisation préférentielle de l'invention, chaque alvéole desdits supports d'amarrage est formée par un orifice autour duquel sont découpées radialement des entailles délimitant autour dudit orifice des languettes radiales qui s'écartent, au niveau de leur extrémité libre bordant l'orifice, sous l'effet de la poussée de l'embout-charnière d'un naissain engagé de force dans l'orifice puis reviennent vers leur position initiale en réduisant l'ouverture de l'alvéole pour venir enserrer ledit embout-charnière de naissain.
Ce mode de réalisation du support alvéolaire d'amarrage qui sera de préférence fabriqué dans un matériau plastique du type "PVC", matériau biocompatible avec le milieu aquatique tout en ajoutant au caractère élastique déformable de l'alvéole, a pour avantage de faciliter l'agrandissement de l'orifice sans déformation
importante, avec une meilleure retenue de l'embout- charnière du naissain sur la surface duquel les extrémités libres des languettes radiales viennent s ' arc-bouter , retenue d'autant plus importante que le naissain grossit. En outre, lors de la poussée inverse forcée exercée par 1 ' ostreiculeur pour dégager l'huître adulte de son support alvéolaire, les languettes se déformeront très aisément dans l'autre demi-plan de l'alvéole pour agrandir 1 ' orifice . Les concepts fondamentaux de l'invention venant d'être exposés ci-dessus dans leur forme la plus élémentaire, d'autres détails et caractéristiques ressortiront plus clairement a la lecture de la description qui suit et en regard des dessins annexés, donnant à titre d'exemples non limitatifs, deux modes de réalisation d'un dispositif pour l'élevage en phase de croissance d'huîtres, conformément aux premiers enseignements donnés ci-dessus. BREVE DESCRIPTION DES DESSINS La figure 1 est une vue en perspective d'un premier mode de réalisation d'une structure-support de dispositif d'élevage, conforme a l'invention.
La figure 2 est une vue en perspective d'un détail agrandie du support du premier mode de réalisation de la figure 1.
La figure 3 est une vue en perspective d'un deuxième mode de réalisation d'une structure-support de dispositif d'élevage, conforme à l'invention. DESCRIPTION DES MODES DE REALISATION PREFERES Tel qu'illustré sur le dessin de la figure 1, le dispositif, destiné à être maintenu suspendu en milieu aquatique individuellement ou enchaîné l'un à l'autre et référencé I dans son ensemble, est constitué d'une structure-support adoptant la forme d'une colonne à section polygonale (hexagone) reconstituée par l'assemblage de demi-colonnes obtenues par moulage dans un
matériau plastique. Les supports alvéolaires d'amarrage 100, objet de la présente invention et destinés à disposer et à maintenir les naissains pendant leur phase de croissance étages autour d'un axe commun, sont ménagés dans les parois de la colonne de ladite structure-support I selon les concepts élémentaires de l'invention. A cet effet, l'alvéole 110 de ces supports d'amarrage 100 façonné dans le même matériau élastique, est susceptible de se déformer en s ' agrandisssant sous l'effet de la poussée de l'embout-charnière d'un naissain engagé de force dans ladite alvéole puis de reprendre sa forme initiale en réduisant ladite ouverture pour venir enserrer ledit embout-charnière à des fins de préhension du naissain retenu suspendu audit support alvéolaire. Pour faciliter les déformations des supports alvéolaires 100, chaque alvéole 110 est formée d'un orifice 111 (de préférence circulaire) autour duquel sont découpées radialement des entailles 112 délimitant autour dudit orifice 111 des languettes radiales 113 qui s'écartent, au niveau de leurs extrémités libres plus étroites bordant l'orifice 111, sous l'effet de la poussée de l'embout-charnière d'un naissain qui sera engagé de force dans l'alvéole 110 par l'ostréiculteur. Ces languettes radiales 113 retourneront, de par leur élasticité naturelle, vers leur position initiale en s ' arcboutant à leur extrémité libre sur la surface rugueuse susdit embout-charnière de naissain qu'elles retiendront alors suspendu le long de la paroi de la colonne 100 dès lors que lesdits supports alvéolaires d'amarrage sont disposés dans des plans verticaux parallèles audit axe commun considéré ici comme celui des parois de la colonne I en immersion suspendue dans le milieu aquatique.
Selon une caractéristique particulièrement avantageuse de l'invention, telle qu'illustrée plus en détails sur le dessin de la figure 2, le secteur circulaire de languettes radiales 113a disposé dans le
demi-plan supérieur horizontal est décalé en avant et dans un plan vertical parallèle au plan de la paroi de la colonne I, c'est à dire celui du support dans lequel est découpé le secteur de languettes radiales 113b situé au- dessous, de manière à ce que les naissains puissent être retenus suspendus sans exercer d'effort de basculement sur leur embout-charnière amarré quand ils se rabattent vers la paroi de la colonne I . Cet déport en avant des languettes supérieurs 113a évite ainsi à l'huître de subir des contraintes physiques pendant sa phase de croissance qui auraient des conséquences négatives à son développement. En effet, il faut que l'huître ne pousse ni trop vite, ni trop lentement ni ne s'allonge démesurément, pour prendre les formes les plus extravagantes, indigne d'être commercialisée.
Dans le même esprit, le demandeur a imaginé d'équiper chacun des supports alvéolaires d'amarrage 100, de moyens d'accrochage 200a et 200b d'un berceau amovible (non représenté et réalisé également dans une matière plastique retenant ainsi la partie pendante du naissain d'huître suspendu, pour guider sa croissance et son développement. Ces éléments d'accrochage 200a et 200b sont ici réalisés par deux œillères disposées au dessous de l'alvéole 110 et dans lesquelles viennent s'engager de manière amovible des organes correspondants adaptés sur le berceau.
Le dessin de la figure 3 a pour objet d'illustrer un autre mode de réalisation d'un dispositif référencé II, dans lequel les supports alvéolaires d'amarrage 100 du type de ceux du dispositif I sont portés par des pédoncules 120 les reliant à des cylindres creux 130 destinés à être empilés autour d'un axe commun les reliant de manière à définir un fût central de cylindres 130 autour duquel les supports alvéolaires 100 seront arrangés étages, selon la configuration générale d'une grappe. Afin que deux cylindres 130 empilés l*un sur l'autre soient disposés étages autour dudit axe commun avec une
orientation systématiquement décalée de leur pédoncule 120 et de leur support alvéolaire d'amarrage 100, chaque cylindre est aménagé sur son chant circulaire supérieur 130a de deux mortaises 131a et 132a diamétralement opposés et sur son chant circulaire inférieur 130b de deux tenons 131b et 132b diamétralement opposés et angulairement décalés par rapport à la ligne diamétrale de mortaises 131a et 132a. Ainsi, pour que les deux tenons 131b et 132b d'un cylindre supérieur viennent se caler dans les deux mortaise 131a et 132a d'un cylindre inférieur sur lequel il sera empilé, il sera nécessaire d'imprimer audit cylindre supérieur une légère rotation R correspondant au secteur angulaire entre les deux axes de symétrie xx' et yy' d'une mortaise et d'un tenon contigu. On comprend que les dispositifs I et II, qui viennent d'être ci-dessus décrits et représentés, l'ont été en vue d'une divulgation plutôt que d'une limitation. Bien entendu, divers aménagements, modifications et améliorations pourront être apportés aux deux exemples ci- dessus, sans pour autant sortir du cadre de l'invention tel que défini dans les revendications.
Ainsi, par exemple, le demandeur a imaginé d'associer auxdits supports alvéolaires d'amarrage 100, un organe de pré ouverture des huîtres constitué par un filament souple façonné également dans la masse du support avec une extrémité ancrée audit support 100 et une extrémité libre destinée à être insérée correctement entre les valves du naissain d'huître amarré en croissance sur ledit support, afin d'aider à leur ouverture à l'âge adulte.