Procédé d' obtention de paramètres hemodynamiques dérivés d'un signal de pression artérielle
La présente invention concerne la détermination de paramètres hémodynamiques à partir d'un signal temporel de pression artérielle.
Un signal de pression artérielle donne la pression du sang, mesurée en millimètres de mercure (mm Hg) , en fonction du temps, dans une artère. On y repère des pics successifs dus à la contraction périodique du cœur, à l'origine des battements cardiaques. Ces pics, visibles sur la figure 1, sont dénommés « pics systoliques », en référence à leur maximum PAS, correspondant à une pression artérielle systolique, tandis que le minimum PAD précédant chaque pic correspond à une pression artérielle diastolique. On peut définir une période systolique correspondant à un intervalle entre pics systoliques.
Un indicateur important pour l'étude de la réaction d'un patient à une injection, notamment par perfusion, est la « précharge dépendance » du débit cardiaque. Il s'agit d'étudier en particulier la manière dont le cœur du patient gère une augmentation du volume sanguin dans le corps et que le cœur doit alors pomper, par exemple pendant l'injection d'un sédatif, d'un anesthésiant, d'un agent de contraste en radiologie, ou autres. De tels produits peuvent entraîner en outre des variations d'osmolalité dans le sang et/ou des variations sur le rythme cardiaque. Il faut donc surveiller avec attention
la variabilité de paramètres hémodynamiques relatifs à cette précharge dépendance, pendant l'injection.
Un paramètre hémodynamique représentatif de la précharge dépendance du débit cardiaque est la variabilité de la pression puisée PP. En se référant à nouveau à la figure 1, la pression puisée est donnée par la différence entre :
- le maximum en pression artérielle PAS, en chaque pic systolique,
- et le minimum PAD qui précède ce maximum PAS .
La variabilité de la pression puisée ΔPP est donnée par-la relation : ΔPP =• (PPmax --.PPmin) /.[ (PPmax + PPmin)/2] , où :
PPmax est la . valeur -maximum en pression puisée repérée sur' une pluralité de pics systoliques successifs, et.
PPmin est la valeur minimum en pression puisée repérée sur cette pluralité de pics systoliques successifs.
Un appareil de surveillance permettant d'obtenir des paramètres indicatifs d'une précharge dépendance du débit cardiaque est décrit notamment dans US-5, 526, 817. Toutefois, les mesures effectuées par un tel appareil ne sont pas exemptes d'erreurs dues à des artefacts, notamment ceux liés à l'occurrence d'une extrasystole. Comme on le voit maintenant en référence à la figure 2, un pic extrasystolique PES se caractérise par des valeurs de minimum et de maximum sans lien avec les valeurs habituelles des pics systoliques. On comprendra que ce pic
extrasystolique PES peut perturber notamment la mesure de la variabilité de la pression puisée.
En outre, il apparaît souvent un dérèglement localisé de la période systolique, pendant l'occurrence d'une extrasystole. Typiquement, dans l'exemple représenté sur la figure 2, le pic systolique PS qui suit le pic extrasystolique PES intervient après une durée TES supérieure à une période systolique normale TS. .
L'un des buts de la présente invention est de s'affranchir de tels artefacts pour donner une estimation correcte de paramètres hémodynamiques tels que la variabilité de la- pression puisée, entre . autres .
A cet effet, la présente invention propose tout' d' abord un--:- procédé- pour évaluer des paramètres hémodynamiques "dérivé'sY d'un signal temporel de pression artérielle d'un individu,-:,' le signal comportant une pluralité de périodes '. systoliques, dans lequel : . .. . a) on détecte un minimum et un maximum en pression, en chaque période systolique, b) on évalue une pression puisée, représentative d'une différence entre lesdits maximum et minimum, pour chaque période systolique.
Le procédé selon l'invention comporte en outre les étapes suivantes : c) on détecte sensiblement une surpériode de variation desdites pressions puisées, sur une pluralité de périodes systoliques, ladite surpériode étant
sensiblement représentative d'un cycle respiratoire de l' individu, d) on détermine, parmi lesdites pressions puisées, un maximum et/ou un minimum en pression puisée, en chaque surpériode, la détection desdites surpériodes à l'étape c) permettant de repérer, le cas échéant, au moins des artefacts liés à une extrasystole et susceptibles de fausser la détermination des maxima et/ou des minima en pression puisée.
Ainsi, en se référant à nouveau à la figure 1, il apparaît, rd' une part, une période systolique TS, entre deux pics systoliques, et,, d'autre part, une surpériode" T'entre deux maxima de pression puisée. Dans l'exemple-" représenté sur la figure 1, cette surpériode' T vaut trois '*'• périodes systoliques T... La surpériode T est -représentative'.^ de la -durée .d.'.un- cycle .respiratoire. Pour illustrer laΛ^. relation- existant, entre - cette surpériode et le .cycle', respiratoire du patient, on indique que les •• contractions/expansions de la cage thoracique, pendant la respiration du patient, notamment en ventilation forcée, influent sur les capacités d'expansion/contraction du cœur du patient, et, de là, sur l'intensité des pics systoliques, de façon périodique.
La présente invention propose alors de s'appuyer sur la détection de cette surpériodicité T pour détecter l'occurrence d'artefacts, notamment dus aux pics extrasystoliques . En effet, en se référant maintenant à la figure 2, on a détecté dans cet autre exemple une surpériode T liée au cycle respiratoire de l'individu, ici
valant sensiblement cinq périodes systoliques TS. On constate aussi un intervalle T' , entre deux maxima en pression puisée consécutifs, dont la durée est différente (supérieure dans l'exemple représenté) à la durée d'une surpériode T normale, liée au cycle respiratoire. Cet intervalle T' comporte aussi un pic extrasystolique PES, comme représenté sur la figure 2. En particulier, la présence d'une extrasystole, traduite ici par la présence du pic extrasystolique PES, se détecte aussi, au sens de la présente invention, par un écart de valeur entre la surpériode T normale et l'intervalle T' séparant deux maxima en pression puisée.
Dans le procédé au sens de l'invention, on s'appuie donc- sur la . détection d'une différence- entre la 'durée d'un' intervalle T' -. entre, deux maxima (ou minima, en variante)'" .. .-en pression puisée et la' durée normale "d'une surpériode 'T'"1 liée au cycle respiratoire, pour détecter un artefact tel' •' qu'un pic extrasystolique. Si un tel artefact est détecté, on n'en tient pas compte pour la détermination des maxima et minima en pression puisée.
On indique que tout ou partie des étapes du procédé ci- avant peuvent être mises en œuvre grâce à un produit programme d'ordinateur comportant des instructions à cet effet. A ce titre, la présente invention vise aussi un tel produit programme d'ordinateur, destiné à être stocké dans une mémoire d'une unité de traitement, ou sur un support mémoire amovible qui est destiné à coopérer avec un lecteur de cette unité de traitement.
D'ailleurs, la présente invention vise aussi un dispositif de calcul de paramètres hémodynamiques dérivés d'une mesure de pression artérielle, comportant :
- une connexion pour obtenir des échantillons temporels d'un signal de pression artérielle,
- une unité de traitement de ces échantillons, cette unité comportant une mémoire propre à stocker des instructions du produit programme d'ordinateur précité, et - une unité d'affichage de ces paramètres hemodynamiques.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à l'examen de la description détaillée ci- après, et des dessins annexés sur lesquels, outre les' figures 1 et 2 décrites ci-avant : ' ";' la figure 3' illustre schématiquement un dispositif , de calcul de paramètres hémodynamiques dérivés d'une mesure de pression artérielle, au sens de la présente invention, - la figure 4 illustre schématiquement un signal artériel brut, la figure 5 illustre schématiquement le signal de la figure 4, après lissage, ici pour une estimation' de l'aire sous la courbe systolique, - la figure 6 illustre les étapes de détermination de la variabilité de la pression puisée ΔPP, dans un mode de réalisation préféré de la présente invention, la figure 7 illustre une variation d'un signal en pression puisée en fonction du temps,
la figure 8 illustre les étapes de détermination d'un paramètre Δvol représentatif de la variabilité du volume d'éjection systolique, qui suit l'étape 28 de la figure 6 dans un mode de réalisation préféré de la présente invention, la figure 9 représente des variations de Starling pour illustrer la précharge dépendance de deux patients A et B, la figure 10 illustre un signal temporel de pression artérielle comportant un pic extrasystolique, pour la détermination de paramètres post-ex.trasystoliqu.es dans un mode de réalisation préféré de la présente invention, et la figure 11 illustre une copie d'écran d'un moniteur du dispositif au sens de la présente invention.
En se référant à la figure 3, le dispositif au sens de l'invention comporte, comme un ordinateur classique : un moniteur ECR, en tant qu'unité d'affichage des paramètres hémodynamiques obtenus par le procédé au sens de l'invention, - un organe de saisie CLA, tel qu'un clavier et/ou une souris (non représentée) , et une unité centrale UT, en tant qu'unité de traitement .
Plus particulièrement, l'unité de traitement UT comporte une connexion 1 pour obtenir des échantillons temporels d'un signal de pression artérielle.
Dans l'exemple décrit, le dispositif comporte en outre un cathéter 5 relié à un capteur de pression β, agencé pour délivrer un signal au fil du temps. Un convertisseur analogique/numérique 3 est connecté, d'une part, au capteur 6, par l'intermédiaire du cordon 4, pour échantillonner le signal en fonction du temps, et, d'autre part, à la connexion 1 précitée pour délivrer les échantillons temporels du signal de pression artérielle à une mémoire de travail 2 que comporte l'unité de traitement.
Préférentiellement, l'unité de traitement comporte une carte d'acquisition 3 comprenant alors : une entrée reliée au capteur de pression par l'intermédiaire du cordon 4, un convertisseur analogique/numérique du type précité, et une sortie comportant la connexion 1 précitée pour délivrer les échantillons temporels du signal de pression artérielle.
En variante, on indique que l'unité de traitement UT peut comporter une interface de communication pour recevoir d'une station distante des échantillons temporels d'un signal de pression artérielle acquis par cette station distante, laquelle est alors équipée d'un cathéter, d'un capteur de pression, d'un convertisseur analogique/numérique et d'une interface de communication pour transmettre les échantillons du signal artériel à l'unité de traitement d'un dispositif au sens de l'invention.
En se référant encore à la réalisation représentée sur la figure 3, le cathéter 5 est un cathéter artériel standard qui peut être introduit, soit en position fémorale (comme représenté sur la figure 3) , soit en position radiale (dans le bras de l'individu IND) . Classiquement, le capteur de pression 6 est relié : - au cathéter 5, pour convertir un signal de pression en un signal électrique, en tant que transducteur, à la carte d'acquisition 3, pour véhiculer le signal électrique via le cordon 4, sous forme de signal analogique, et à' une tête de. ression 7, pour éviter tout reflux.-
On indique que la connexion du cathéter 5 au capteur 6 est ' amovible, de sorte que seul le cathéter 5 peut. être. considéré' comme un consommable.
La carte d'acquisition 3 est préférentiellement ' de type - PCMCIA, par exemple commercialisée sous la dénomination ational Instruments DAQ Card ® avec le sigle 6024E. L'utilisation de librairies du même fournisseur National Instruments s'est avérée avantageuse pour traiter les données échantillonnées par paquets et pour repérer les pics de minimum ou maximum sur plusieurs paquets successifs de données.
L'unité de traitement UT de ces échantillons comporte une mémoire 2, propre à stocker des instructions du produit programme d'ordinateur précité. On rappelle que ce produit programme d'ordinateur peut être stocké dans la mémoire 2 de l'unité de traitement UT, ou encore sur un support
mémoire amovible, tel qu'un CD-ROM, coopérant avec le lecteur LEC de cette unité de traitement UT. Il peut être aussi téléchargé d'un site distant. Le programme d'ordinateur comporte des instructions dont la lecture ordonne à un processeur, que comporte l'unité de traitement UT, de traiter les échantillons comme décrit ci-après .
En se référant à la figure 4, le signal artériel, initialement sous forme analogique en sortie du capteur de pression 6, a été ensuite converti en signal numérique par la carte d'acquisition 3. Il présente de - sensibles fluctuations dues au bruit et, avantageusement,' le programme d' ordinateur comporte une première routine de lissage du signal temporel représenté sur la figure 4. En se référant à la figure 5, on obtient ensuite ' un "signai
' artériel lissé, sur lequel les maxima et minima peuvent être aisément identifiés. Le programme comporte en outre des instructions pour repérer les minima PAD et maxima PAS en pression artérielle par un test imposant une condition de croissance sensiblement monotone entre un minimum et un maximum de pression, consécutifs.
Ainsi, l'identification de la pression artérielle systolique PAS et de la pression artérielle diastolique PAD est valide si, entre le plus petit des minima PAD et le plus grand des maxima PAS, sur une période systolique TS, la variation de la pression artérielle en fonction du
temps t est strictement croissante. Cette propriété se traduit par l'inégalité : dP/dt > 0, où dP/dt est la pente de la droite représentée sur la figure 5 et qui passe sensiblement par le minimum PAD et le maximum PAS du signal artériel. On indique que ce paramètre dP/dt représentant la dérivée locale du signal artériel en fonction du temps, entre le minimum PAD et le maximum PAS, peut être étudié, en soi, en tant qu'indicateur physiologique associé au patient IND.
Cette propriété de croissance monotone systématique entre le minimum PAD et le maximum PAS, sur une période systolique TS, peut être vérifiée encore sur les exemples des figures 1 et 2.
On indique en outre que, de manière générale, le programme d'ordinateur au sens de l'invention comporte avantageusement des instructions pour repérer ces maxima, ces minima et les surpériodes T précitées, par évaluations statistiques imposant des valeurs d'écart-type et/ou de variance, comme on le verra maintenant en référence à la figure 6. Plus précisément, la figure 6 représente les différentes étapes mises en œuvre pour l'évaluation de la variabilité de la pression puisée notée ΔPP et la validation de cette évaluation. A l'étape 21, on ouvre tout d'abord une fenêtre temporelle [t0;tι] de durée qui peut être choisie, entre un premier
instant to et un second instant ti. On récupère, à l'étape 22, les échantillons du signal de pression artérielle PA(t) en fonction du temps, sur cette fenêtre temporelle. A l'étape 23, ce signal est lissé, comme indiqué ci-avant, pour obtenir un signal du type représenté sur la figure 5.
Après ces étapes préparatoires, on met en œuvre le procédé au sens de la présente invention, commençant par les étapes suivantes : a) on détecte, à l'étape 24, un minimum PAD et un maximum PAS en pression, en chaque période systolique ; on rappelle ici que le maximum en pression PAS -succède immédiatement le minimum en pression PAD. dans le signal temporel, et que l'on doit repérer une croissance sensiblement continue entre le minimum PAD et le- maximum PAS (objet du test 25) pour - valider la'; détection au cours -de cette étape a) , -- : ."' ' ' b) on évalue, à l'étape 26, une pression puisée, représentative d'une différence PP entre le maximum PAS et le minimum PAD, pour chaque période systolique.
La figure 7 représente un signal en pression puisée, en fonction du temps, dans lequel on a repéré des maxima P MA et des minima PPmin- Cette détection peut être basée sur des comparaisons successives d'une valeur de pression puisée, à un instant donné, à un nombre choisi de valeurs de pression puisée à des instants qui suivent immédiatement l'instant donné. On indique en effet qu'une surpériode liée à un cycle respiratoire peut typiquement s'étendre entre deux et une dizaine de périodes systoliques. Ainsi, pour confirmer la détection des maxima
et/ou minima en pression puisée, on détecte, au sens de la présente invention, la surpériode T liée au cycle respiratoire .
En se référant à nouveau à la figure β, on détecte, à l'étape 27, la surpériode T liée au cycle respiratoire. Cette détection peut être basée sur un test du type : « pour un instant t quelconque dans le fenêtre temporelle [to ti] , existe-t-il une surpériode T telle que la valeur instantanée de la pression puisée PP (t+T) à un instant t+T soit sensiblement égale (à un écart-type près ε) à la valeur instantanée de , .la pression puisée PP (t) à un instant précédent t ? »
Ce -test peut s'appliquer avantageusement aux' valeurs'-' maximales de la pression puisée PPMAX , comme représenté- sur la figure' 7, pour ' déterminer s'il" existe une surpériode. T telle que : 1 PPMAX (tMAX+pT) - PPMA (t^u) I < ε p étant un entier et ε, une valeur seuil choisie (par exemple un écart-type prédéterminé) .
Préférentiellement, si l'on n'a pas pu détecter à l'étape 27 une surpériode T, on élargit la fenêtre temporelle fixée à l'étape 21, à un intervalle [t0 ; t2] , à l'étape 34 (avec t2> ti) et l'on applique à nouveau les étapes 22 à 27 pour des échantillons PA(t) pris dans cet intervalle plus grand [t0 ; t2] . A l'étape 28, on détecte une surpériode T' dont la durée serait différente de la durée normale de la surpériode T.
S'il n'existe pas une telle surpériode T' de durée différente (flèche n) , le signal artériel ne comporte aucun artefact dans la fenêtre [to ; ti] . Le procédé se poursuit normalement par la validation des maxima et minima de pression puisée détectés, à l'étape 31.
Au contraire, si une telle surpériode T' de durée différente a été détectée, on ne valide pas les maximum et minimum de pression puisée qu'elle contient (étape 29), et, à l'étape 30, on indique la présence d'une extrasystole dans cette surpériode T' . On a représenté sur la figure 7 la pression puisée PES calculée en un pic extrasystolique qui apparaît "dans une surpériode T' ' de durée différente d'une durée normale d'une surpériode T' (T' est supérieure à T dans .l'exemple représenté)'.. Toutefois, .on indique qu'en pratique, on ne cherche pas à' repérer de tels pics PES, mais on repère simplement des surpériodes T' dans lesquels ils sont susceptibles d'être présents.
Ainsi, les étapes 27 à 31 peuvent se résumer comme suit : c) on détecte une surpériode T de variation des pressions puisées, à l'étape 27, sur une pluralité de périodes systoliques TS (quatre dans l'exemple représenté sur la figure 7 ) , d) on détermine, parmi ces pressions puisées, un maximum PPMAX et/ou un minimum PPmin en pression puisée (étape 31) , en chaque surpériode T, la détection des surpériodes T à l'étape c) permettant de repérer, le cas échéant (test 28) , au moins des artefacts liés à une extrasystole (étape 30) et susceptibles de fausser
la détermination des maxima et/ou minima en pression puisée (les maximum et minimum repérés dans la surpériode T' de durée différente étant isolés à l'étape 29, sans être pris en compte).
A l'étape 32, le procédé se poursuit par le calcul de la valeur instantanée du paramètre ΔPP, en chaque surpériode T où les valeurs PPMAX et PPmin ont été validées, ce paramètre étant représentatif de la variabilité respiratoire de la pression puisée, à partir de la relation : ΔPP ≈ ( PPMAX " P Pmin ) / [ ( P PMAX + PPmin ) / 2 ] , où :
PPM est la valeur maximum en pression puisée, sur une surpériode, ' et Pin est la valeur minimum en pression puisée, sur cette surpériode .
La division de la différence PPMAX - PPmin par la moyenne entre ces deux valeurs est avantageuse. Toutefois, on indique que, de façon générale, l'évaluation du paramètre ΔPP implique tout d'abord l'évaluation d'une différence entre un maximum et un minimum en pression puisée, sur chaque surpériode.
On exclut ainsi de la détermination du paramètre ΔPP les valeurs maximales et minimales en pression puisée des surpériodes T' dans lesquelles on a repéré des artefacts. Par conséquent, les valeurs instantanées de variabilité de
pression puisée ΔPP données à l'étape 32 sont parfaitement valides .
A l'étape suivante 33, on définit une fenêtre temporelle suivante comprise entre les instants ti et t2 pour appliquer encore les étapes 22 à 32, avec les nouveaux échantillons PA(t) pris dans cette nouvelle fenêtre. De manière générale, on indique que le choix de la durée des fenêtres temporelles peut être basé sur la fréquence respiratoire de l'individu, de manière à avoir un nombre choisi de surpériodes T dans une fenêtre temporelle.
D'ailleurs, pour confirmer la détermination de la surpériode T détectée à l'étape c) précitée, on peut - appliquer avantageusement une comparaison de cette-4 - , surpériode T avec des valeurs seuils minimale et;-' maximale de cycles respiratoires, habituelles'.
En se référant à nouveau à la figure 6, à l'étape 35, on stocke en mémoire les valeurs instantanées successives du paramètre ΔPP, sur une pluralité de surpériodes T successives, de sorte qu'à l'étape 36, on évalue préférentiellement une valeur moyenne du paramètre ΔPP sur un nombre prédéterminé n de surpériodes T. On peut poursuivre, à l'étape 37, cette évaluation en effectuant une moyenne glissante dans le temps MOY(n), sur un nombre prédéterminé n de surpériodes successives, et, en particulier, sur des fenêtres temporelles successives
On se réfère maintenant à la figure 5 pour décrire un autre aspect important de l'invention. Selon cet aspect, on cherche à estimer une variabilité du volume d'éjection systolique sans mettre en œuvre un procédé invasif.
Les procédés connus, notamment décrits dans le document US-5, 526, 817, cherchent à déterminer une valeur absolue du volume d'éjection systolique. Toutefois, cette détermination nécessite l'obtention d'une valeur de référence et, en pratique, on doit introduire un cathéter supplémentaire dans le corps d'un patient, ce qui multiplie les risques d'infection nosocomiale 'notamment.
Selon cet aspect de l'invention, on s'attache' essentiellement à , étudier -la variabilité du volume- d'éjection systolique VES, uniquement en' évaluant (par exemple à l'étape a) précitée), sur au moins une période'' systolique, l'aire d'un pic systolique complet commençant par le minimum en pression PAD et passant par le maximum en pression PAS, comme le montre la figure 5.
Plus particulièrement, ce pic est délimité sensiblement par le minimum en pression PAD, d'une part, et par un point PI de changement de pente (de la pente PI à la pente P2 de la figure 5), d'autre part. Ce point de changement de pente PI est de position temporelle telle qu'il succède le maximum en pression PAS dans le signal temporel de pression artérielle. L'aire A que l'on cherche à estimer correspond donc, dans une réalisation préférée, à la surface délimitée par : le pic lui-même,
- un axe horizontal Xa passant par le minimum PAD,
- et un axe vertical Ya passant par le point de changement de pente PI.
Selon une caractéristique avantageuse de cette mesure, une variation de l'aire A, d'un pic systolique à l'autre, est sensiblement proportionnelle à une variation du volume d'éjection systolique VES.
Dans une réalisation sophistiquée, on peut obtenir en outre une mesure de référence du volume d'éjection systolique, 'par exemple par échocardiographie (liaison ECC représentée en traits pointillés sur la figure 3) . On évalue alors une pluralité d'aires A, sur une pluralité de périodes- systoliques successives, et l'on utilise la', mesure dé" référence par échocardiographie ECC pour calibrer les évaluations d'aires successives.
Ce suivi des variations du volume d'éjection systolique," par l'étude de l'aire A sous la courbe systolique, est suffisamment avantageux, en soi, pour faire l'objet d'une protection séparée, le cas échéant.
On se réfère maintenant à la figure 8 pour décrire un traitement permettant d'obtenir un paramètre Δvol représentatif de la variabilité du volume d'éjection systolique. De façon particulièrement avantageuse, ce traitement peut s'appuyer sur le contexte de la présente invention, une fois que l'on a détecté des pics systoliques valides et isolé les artefacts notamment dus à
des extrasystoles. Ainsi, préferentiellement après le test 28 de la figure 6, e) pour un nombre choisi de périodes systoliques successives TS, on évalue, en chaque période, l'aire A d'un pic valide (étape 40), encore sur une fenêtre temporelle de durée choisie [tk ; tk+ι] f) on repère, sur ce nombre choisi de périodes systoliques successives, une aire maximale AAX et une aire minimale Amιn (étape 41) , et g) l'on évalue une différence entre l'aire maximale et l'aire minimale, représentative d'un paramètre Δvol indicatif d'une variabilité du volume d'éjection systolique (étape 42) .
Préferentiellement, ce paramètre est donné par une relation du type :
Δvol = (AMAX - Amxn) / [ (AMAX + ^n) /2] , où : AM correspond à l'aire maximale, et Amm correspond à l'aire minimale.
Pour retenir les aires valides à partir desquelles est calculé le paramètre Δvol, on exclut préferentiellement toutes les valeurs d'aires évaluées dans des surpériodes totales T dans lesquelles on a repéré des artefacts grâce au test 28.
Préferentiellement, on stocke en mémoire (étape 43) une valeur instantanée du paramètre Δvol, sur une pluralité d'évaluations successives, pour estimer (étape 44) une valeur moyenne MOY du paramètre Δvol sur un nombre
prédéterminé n d'évaluations successives. Dans une réalisation préférée, on évalue une moyenne glissante MOY(n) dans le temps, sur un nombre prédéterminé n d'évaluations successives (étape 45).
On indique que le paramètre ΔPP, représentatif d'une variabilité de la pression puisée, et le paramètre Δvol, représentatif d'une variabilité du volume d'éjection systolique, sont indicatifs d'une précharge dépendance du débit cardiaque. On rappelle, en référence aux variations dites de Frank-Starling représentées sur la figure 9, que la précharge dépendance indique la manière dont le cœur du patient gère une augmentation du volume sanguin dans le corps et que le cœur doit alors pomper. Sur l'axe des abscisses, on reporte le volume de liquide' injecté," ou'1 plus précisément la volémie dans le sang du liquide injecté. 'Sur l'axe des ordonnées, on reporte le volume' d'éjection systolique VES. Dans l'exemple représenté, le patient B supportera une moindre quantité de liquide injecté que le patient A car le volume maximal d'éjection systolique du cœur du patient B est plus vite atteint que celui du patient A. Typiquement, lorsque l'on a atteint les asymptotes respectives des courbes A et B (après les axes verticaux représentés en traits pointillés), une injection d'un volume supplémentaire devient dangereuse. Toutefois, on indique ici qu'un suivi de la variabilité du volume d'éjection systolique, représentée par le paramètre Δvol obtenu ci-avant, est largement suffisant pour éviter ce risque. On dit que le patient est « précharge dépendant » lorsque le volume d'éjection systolique varie sensiblement linéairement avec le volume de liquide
injecté, avant l'asymptote. On peut donc surveiller l'occurrence de cette asymptote en contrôlant simplement le paramètre Δvol. Comme indiqué ci-avant, on peut s'appuyer sur une mesure de référence du volume d'éjection systolique obtenue par échocardiographie pour indiquer une valeur absolue du paramètre VES, bien que cette mesure ne soit pas nécessaire dans l'application visée ici.
On se réfère maintenant à la figure 10 pour décrire une exploitation intéressante des données disponibles lorsque l'on a repéré l'occurrence d'une extrasystole.'
De façon générale, ' on détecte tout d'abord une irrégularité IRR dans la durée d'un intervalle entre un premier pic systolique PSI et un second pic systolique"! PS2, cette irrégularité caractérisant une extrasystole. ->•''
On indique - en effet qu' il est fréquent que le pic extrasystolique, référencé PES sur la figure 10, ne soit pas visible dans le signal artériel (ce qui, bien entendu, n'est pas le cas représenté sur la figure 10) . Le moyen le plus fiable pour détecter alors l'occurrence d'une extrasystole est de repérer une irrégularité dans la période systolique, cette irrégularité se traduisant par une augmentation localisée de la période systolique, d'un pic systolique à l'autre.
Ici, on s'intéresse donc au cas où l' extrasystole provoque un dérèglement localisé de la période systolique TS, comme suit :
on compare la durée de l'intervalle irrégulier IRR repéré à une durée référence TS entre deux pics systoliques qui précèdent l'intervalle IRR, et on sélectionne le second pic précité PS2 en tant que pic post-extrasystolique si l'intervalle irrégulier IRR est de durée supérieure à la durée référence TS .
En outre, on cherche préferentiellement à obtenir des paramètres caractérisant un repos post-extrasystolique.
On évalue alors une variabilité post-extrasystolique de la pression puisée par une relation du type :
ΔESPP ≈ (PPES-PPref) /[ (PPES+PPref) /2] , où : PPES correspond à la pression puisée mesurée sur le pic post-extrasystolique PS2, et ':
PPref correspond, à une pression puisée de référence,, mesurée avant l'occurrence du pic post-extrasystolique'' PS2.
De même, on évalue une variabilité post-extrasystolique du volume d'éjection systolique par une relation du type : ΔESvol ≈ (aireES-aireref) / [ (aireES+aireref) /2] , où : aireES correspond à l'aire sous la courbe mesurée sur le pic post-extrasystolique PS2, et aireref correspond à une aire de référence mesurée sur au moins un pic systolique qui précède le pic post- extrasystolique PS2.
La manière de calculer ces paramètres ΔESPP et ΔESvol peut s'appuyer sur la description ci-avant, en particulier en référence aux figures 7 et 5, respectivement.
Préferentiellement la durée référence TS et/ou la pression puisée de référence PPref et/ou l'aire de référence aireref, sont évaluées par une moyenne sur plusieurs pics systoliques précédant le pic post-extrasystolique PS2.
En variante, tout ou partie de ces valeurs de référence peuvent être évaluées sur le seul pic PSI qui précède immédiatement le pic post-extrasystolique PS2.
On a représenté sur la figure 11 une copie d'écran typique, visible sur le moniteur ECR du dispositif au sens de la présente invention. Il donne : les variations temporelles du signal de pression artérielle PA(t), la pression artérielle systolique PAS, la pression artérielle diastolique PAD, la pression artérielle moyenne PAM, la fréquence cardiaque FC, - la fréquence respiratoire FR (on constate que FC vaut environ 3 fois FR, ce qui se retrouve exactement sur la variation du signal PA(t) où la surpériode T liée au cycle respiratoire vaut 3 fois la période systolique TS) , - le volume d'éjection systolique vol (ici obtenu en valeur absolue réelle, grâce à une mesure par échocardiographie) , le paramètre ΔPP en valeur instantanée (inst) et en valeur moyenne ( oy) ,
- le paramètre Δvol en valeur instantanée (inst) et en valeur moyenne (moy) ,
- les paramètres post-extrasystoliques ΔESPP et ΔESvol (ici, comme aucune extrasystole n'est détectée dans le signal PA(t), ces valeurs sont mises à zéro par défaut) , et
- une indication de la pente dP/dt décrite ci-avant en référence à la figure 5.