Gouttière dentaire auto-adaptable à rétention
La présente invention concerne une gouttière dentaire.
On connaît de nombreux exemples de gouttières dentaires, souvent associées en paires, destinées à prendre appui sur l'arcade dentaire inférieure et/ou supérieure, dans le cadre d'applications diverses.
Le problème qui se pose généralement est l'adaptation d'une gouttière aux différentes formes et dimensions d'arcades et de dents des individus. Un second problème pour certaines utilisations, dans le cas des propulseurs par exemple, est la difficulté d'obtenir une bonne rétention par serrage de la gouttière sur l'arcade dentaire.
Pour résoudre le premier problème, on a proposé depuis longtemps de réaliser des gouttières dentaires dans deux matières de propriétés différentes : d'une part une coque externe à forme en U définissant un canal adapté à recouvrir largement une arcade dentaire, cette coque étant réalisée dans une matière plastique relativement rigide ; d'autre part, intérieurement à ce canal, un recouvrement réalisé dans une matière moulable à basse température destinée à se conformer aux dents de l'arcade sur laquelle est appuyée la gouttière. On pourra se reporter par exemple aux documents US 5826581, 5406963, 5031638 ou 6637436.
L'inconvénient de cette solution est que, de manière à pouvoir s'adapter à toutes les formes d'arcades dentaires, il faut disposer de plusieurs modèles de gouttières ou bien de gouttières trop larges auxquelles se rajoute un autre matériau d'adaptation dans lequel on réalise une empreinte et où l'on ne peut obtenir aucun serrage sur l'arcade dentaire.
L'invention a pour but de proposer une gouttière dentaire universelle, qui s'adapte spontanément aux différentes formes d'arcades comme aux différentes formes de dents et qui autorise un bon serrage sur chaque secteur dentaire de façon indépendante. L'invention atteint son but grâce à une gouttière dentaire réalisée en une coque externe en matériau relativement rigide formant un U et en une coque interne en matériau relativement souple solidaire de la coque externe, caractérisée en ce que la coque externe forme une pluralité de pinces élastiques radiales séparées reliées par des parties de liaison relativement
rigides en dehors du plan du U de la coque externe où elles permettent une déformation.
Avantageusement, les parties relativement rigides de liaison sont réalisées dans la même matière que le reste de la coque externe. Avantageusement, les parties relativement rigides de liaison sont constituées essentiellement par le côté intérieur de la coque externe, laissé continu, tandis que le fond de la coque et le côté extérieur de la coque sont discontinus pour former les pinces radiales séparées. Ce côté intérieur, constitué par une paroi globalement sensiblement perpendiculaire au plan du U de la coque, permet la déformation dans ledit plan mais est sensiblement indéformable en dehors de ce plan.
Avantageusement, la coque interne est continue sur toute la gouttière. Etant réalisée en matériau souple, elle lie les pinces séparées entre elles et accompagne les déformations autorisées par la coque externe. Ainsi selon l'invention, la coque externe réalise la contention ; elle est constituée d'une charpente rigide déformable et élastique par rapport à son arc de courbure interne permettant une adaptabilité sur la majorité des types d'arcades dentaires et aussi, indifféremment, au maxillaire et/ou à la mandibule. Le matériau rigide peut être une matière plastique, notamment thermoplastique, mais pourrait aussi être métallique. La rigidité élastique du matériau confère à la fois sa bonne tenue à la coque externe, l'élasticité de la coque et l'élasticité des pinces.
La coque externe réalise la contention élastique avec une préhension par rapport à chaque secteur dentaire de façon indépendante assurant la rétention de la gouttière.
La coque interne assure le lien entre les éléments de la charpente externe et permet un contact dentaire confortable. Le matériau déformable utilisé est compressible, extensible, possiblement thermoformable et améliore la rétention de la gouttière. Son utilisation peut se faire soit sans préparation, soit après modelage, soit après thermoadaptation, soit après adjonction d'un matériau d'ajout autopolymérisable.
Il est possible de fixer des axes ou pivots sur la coque externe permettant la mise en place de bielles poussantes ou de bielles tractrices permettant de réaliser un propulseur mandibulaire.
À titre d'exemple non limitatif, la gouttière de l'invention peut trouver son utilisation dans la réalisation d'orthèse d'avancée mandibulaire, de protège-dents (dans le cadre sportif ou médical endoscopique), d'appareil pour la contention après traitement orthodontique, ou comme gouttière utilisée dans le traitement du bruxisme.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de la description suivante d'un exemple de réalisation. Il sera fait référence aux dessins annexés sur lesquels :
La figure 1 est une vue en perspective d'une gouttière conforme à l'invention.
La figure 2 est une vue de dessus de la même gouttière.
Les figures 3 et 4 sont des vues de dessus respectivement des coques extérieure et intérieure constituant la gouttière des figures 1 et 2.
Les figures 5 et 6 sont des coupes V-V et VI-VI de la gouttière de la figure 2.
Les figures 7 et 8 sont deux schémas simplifiés de la gouttière de la figure 2 montrant les possibilités d'écartement et de rapprochement des branches du U constituant la gouttière.
Les figures 9 et 10 sont deux schémas représentant respectivement la gouttière avant son placement sur la dent, et la gouttière pincée sur la dent.
Les figures 11 et 12 sont deux schémas représentant respectivement la gouttière pincée autour de deux types de dents différents.
Les figures 13 et 14 représentent schématiquement deux possibilités d'application des gouttières conformes à l'invention pour deux un dispositif articulé avec des bielles, respectivement par bielles de poussée et par bielles de traction.
La gouttière 10 conforme à l'invention se compose d'une coque extérieure 11 en matière relativement rigide et d'une coque intérieure 12 en matière relativement souple. Les coques 11 et 12 sont globalement en forme de canal courbe formant un U plan. Chaque canal de coque 11, 12 comporte un côté intérieur Hi, 12i, un fond Hf, 12f et un côté extérieur I le, 12e.
Compte tenu de la nature relativement rigide de la matière constituant la coque extérieure, si celle-ci était continue comme les coques connues de l'art antérieur, elle serait, de par sa géométrie, sensiblement indéformable.
Au contraire, selon l'invention, et comme on le voit bien aux figures 1, 2, et 3, la coque extérieure rigide 11 est discontinue et divisée en pinces séparées 13. Bien que les pinces 13 pourraient être totalement séparées et reliées par des parties de liaison indépendantes, dans le mode de réalisation préféré et représenté ici, elles sont reliées seulement par une partie de liaison formée par tout ou partie du côté intérieur Hi de la coque 11, voire par une faible partie du fond Hf. De la sorte, la coque 11 peut plus ou moins se déformer dans le plan du U qu'elle forme, par rapprochement ou écartement de ses branches, compte tenu de la relative souplesse de la paroi 1 Ii quand elle est sollicitée de cette manière, bien qu'elle soit réalisée dans une matière relativement rigide. En revanche, l'ensemble des pinces 13 reste sensiblement indéformable dans d'autres directions que celles du plan du U. Le nombre de pinces 13, leur forme exacte, notamment leur largeur et la largeur de l'espace 14 qui les sépare, peuvent varier en fonction des modèles et des qualités précises qu'on en attend, ainsi qu'en fonction de la matière choisie pour réaliser la coque externe et celle choisie pour réaliser la coque interne. La forme des pinces 13, dont la section est plus ou moins en C, peut aussi varier dans un même modèle selon son emplacement et la forme des dents qu'elle doit pincer. On a cependant trouvé qu'il est avantageux de prévoir entre 6 et 10 pinces, par exemple 8.
Comme on le voit bien sur les figures 1, 2 et 4, la coque intérieure 12 est, quant à elle, continue sur toute la longueur de la gouttière.
Les deux coques sont solidarisées l'une à l'autre, par exemple lors du processus de fabrication qui peut consister en un surmoulage d'une coque sur l'autre.
Quoique le choix de matières appropriées à la réalisation des coques extérieure et intérieure soit vaste, on pourra par exemple choisir, toujours dans des grades alimentaires, pour la coque externe les polycarbonates, les PETG (copolymères polyéthylène térephthalate), les polypropylènes, et pour la coque interne les élastomères de silicone, les caoutchoucs de type SEBS (copolymères triblocs styrene-b-(ethylene-co-l-butene)-b-styrene), des thermoplastiques mous.
Naturellement, dans la gouttière 10, la coque relativement souple 12 permet mais atténue les possibilités de déformation de la coque extérieure 11, comme illustré sur les figures schématiques 7 et 8 : l'écartement des
branches de la gouttière 10 est rendu possible par la flexibilité de la gouttière 11 dans le plan du U et par l'écrasement possible de la matière souple de la coque 12 dans les intervalles 14 entre les pinces 13. Inversement, le rapprochement des branches de la gouttière 10 est possible grâce à l'extension de la matière souple de la coque 12 dans les intervalles 14 entre les pinces 13.
Les figures 5 et 6 montrent deux coupes de la gouttière 10 respectivement à l'endroit d'une pince 13 et à l'endroit d'un intervalle 14. On voit que les côtés de la coque intérieure 12 peuvent se terminer par un léger bourrelet intérieur 15, améliorant la préhension sur la dent. Il est à noter que le côté intérieur Hi, 12i de la gouttière est plus bas que le côté extérieur I le, 12e. Cette différence de hauteur, exagérée sur le dessin pour la clarté de la représentation, n'est pas nécessairement la même sur toute la gouttière, et, avantageusement, elle est plus accentuée sur les pinces destinées à serrer les dents antérieures que sur les pinces destinées au dents arrière.
Du reste comme le montrent les figures 11 et 12, la forme des coques 11 et 12 peut varier le long de la gouttière 10 pour être plus spécifiquement adaptée à tel ou tel type de dent. Ainsi la figure 11 montre que pour une dent 30 du type molaire ou prémolaire (figure 11), il est avantageux d'avoir un fond 1 If, 12f de gouttière relativement plat et large, tandis que pour une dent 30 de type canine ou incisive (figure 12), le fond Hf, 12f peut être incliné et moins large, mais la hauteur de pince à l'extérieur I le, 12e est de préférence plus grande. L'inclinaison des côtés intérieur et extérieur des coques tient aussi compte des possibilités ou du plus ou moins de facilité de moulage et de démoulage que ces formes impliquent.
Les figures 9 et 10 illustrent la mise en place de la gouttière 10 sur une dent 30. Par un mouvement relatif symbolisé par la flèche 31, on vient loger la couronne de la dent 30 dans la gouttière 10 dont les côtés intérieur et extérieur, de par leur forme d'une part et la rigidité élastique conférée par la coque extérieure 11 d'autre part, permettent en s'écartant le passage de la dent 30 dans sa partie la plus large , mais viennent ensuite se refermer sur le col 32 de la dent en exerçant une légère pression symbolisée par les flèches 33, constituant le serrage permettant la rétention conforme à l'invention.
Les figures montrent de plus que la partie molle de la gouttière, c'est-à-dire la coque interne 12, n'appuie que sur la couronne de la dente et non sur la gencive pour éviter des liaisons.
La gouttière 10 de l'invention, qui s'adapte indifféremment au maxillaire et à la mandibule (encore qu'on pourrait aussi concevoir des gouttières différentes plus particulièrement destinées à l'une ou l'autre partie de la mâchoire) peut être associée à une seconde gouttière 10' pour former une orthèse d'avancée mandibulaire. Dans ce cas, les deux gouttières 10, 10' comprennent des pivots latéraux 40 sur lequel viennent s'articuler les extrémités de deux bielles latérales 41, par exemple des bielles plates du type connu par la demande WO 02/3890, réalisées en matière rigide ou élastique. Selon l'emplacement des pivots 40 à l'avant ou l'arrière de l'arcade maxillaire 10 et de l'arcade mandibulaire 10', les bielles 41 sont des bielles poussantes ou des bielles de traction comme représenté sur les figures 13 et 14.