<Desc/Clms Page number 1>
"Procédé de construction, sous les voies navigables, de siphons et ouvrages similaires",'
La construction des siphons et ouvrages simi- laires sous les canaux ou cours d'eau navigables se fait habituellement en deux phases, la première moitié de l'ouvrage étant construite à l'abri d'un rideau de pal- planches, dressé suivant l'axe longitudinal de la voie navigable et relié à la berge par deux rideaux transver- saux, la seconde moitié étant construite, de la même manière, lorsque la première est terminée ; en résulte que, sur toute la longueur du chantier, la largeur du canal est réduite de moitié pendant toute la durée des
<Desc/Clms Page number 2>
travaux, ce qui provoque une gêne assez considérable pour la navigation qui doit même, fréquemment, être interrom- pue.
Le procédé objet de l'invention permet la. construction de semblables .ouvrages sans apporter aucune gêne à la navigation et sans interrompre, à aucun mo- ment, la circulation des navires; ce procédé est carac- térisé par le fait que le tube destiné à former le si- phon est construit hors de l'endroit où il doit être placé, est amené par le flottage à cet endroit et cou- lé, dans sa position définitive, au fond de la souille préalablement draguée, tous travaux préalables desti- nés à permettre ces opérations et tous travaux d'a- chèvement étant effectués sans que la largeur du plan d'eau disponible soit réduite au cours de ces travaux .
Sur le dessin annexé :
La figure 1 est une vue en coupe transver- sale d'un canal sous lequel doit-être établi un si- phon, conformément au procédé objet de l'invention;
La figure 2 est une vue en coupe transver- sale du même canal suivant l'axe du siphon à établir et après construction' des contre-digues;
La figure 3 est une vue en plan du canal, au droit des contre-digues, et montre les positions occupées par le siphon avant son immersion et au mo- ment de celle-ci;
La figure4 est une vue schématique en coupe longitudinale par son axe, du siphon aménagé pour l'immersion;
La figure 5 est 'une vue en coupe transver- sale du canal, par 11-axe'du siphon, après terminaison des travaux;
La figure 6 est une vue, en élévation, d'un
<Desc/Clms Page number 3>
tube construit hors de l'ouvrage et comportant des têtes à emboîtement;
La figure 7 est une vue en plan du même tube ;
La figure 8 est une vue schématique, en coupe transversale, au droit du plan d'immersion des tubes, d'un canal sous lequel doit être établi un siphon pouvant comporter plusieurs tubes.dont les têtes sont réunies par un ouvrage de liaison et de soutènement;
La figure 9 montre, en élévation et à plus grande échelle, de quelle manière un mur de soutènement peut être construit sur les têtes de l'ouvrage;
La figure 10 montre, en plan, l'assemblage des têtes ,de siphon et le mur de soutènement construit sur lesdites têtes.
Le dessin annexé se rapporte à l'exécution de siphons passant sous le plafond d'un canal dont la section est représentée sur les figures 1 et 8, les eaux dudit canal étant maintenues par les digues 1 et 2.
Le travail préparatoire d'aménagement du canal lui-même consiste dans la construction de contre- digues 3 et 4 (figures 2, 3 et 8) et dans l'édification des têtes 5 et 6 (figure 5) de l'ouvrage à réaliser lorsque lesdites têtes sont construites indépendamment du tube auquel elles doivent se raccorder; lorsque ce travail préparatoire a été exécuté, on démolit les parties l'et 2' des digues (figure 3) comprises entre les extrémités des contre-digues qui maintiennent alors les eaux du canal; la. souille dans laquelle le siphon devra s'échouer est ensuite convenablement draguée;
on conçoit que ces différentes opérations (construction des contre-digues, édification des têtes, dragage de la souille) peuvent s'effectuer sans gêner la naviga- tion et sans empiéter, à un moment quelconque, sur la
<Desc/Clms Page number 4>
largeur du plan d'eau.
Le canal est ainsi préparé pour recevoir le siphon.
Le siphon 7 lui-même (figures 4,6 et 7) est construit en dehors du canal, soit dans une cale sèche existante, soit à tout autre emplacement convenablement choisi et susceptible d'être submergé par l'eau du canal, comme, par exemple, l'espace compris entre la digue 1 et la contre-digue 3 si l'on a donné à cet espace des dimensions suffisantes ; dans l'exemple illustré par le dessin,on a supposé que le -siphon avait été construit hors de l'ouvrage à une distance quelconque de son point d'échouage.
Dans le cas où la cale sèche ne peut être cons- truite ni utilisée, on construira les tubes sur un slip autant que possible voisin du canal, parallèle ou incliné par rapport à l'axe de celui-ci et permettant la mise à l'eau par lançage des tubes suivant un procédé quelconque; les tubes peuvent d'ailleurs être construits sur tout chantier convenable à condition que la misé à l'eau des tubes construits soit-possible; la construction sur un plan incliné (dit "slip-way") sera choisie de préférence dans les cas où la construction d'une cale sèche présen- terait des difficultés par suite de la présence de sables mouvants ou de terrains difficiles.
Le siphon 7 est fait, soit de béton armé, soit de métal ; a la forme et les dimensions 'imposées par le programme des travaux; lorsqu'il est terminé, sa partie centrale (c'est-à-dire la partie qui sera la plus.basse lorsque l'ouvrage sera en place) est séparée des autres parties par des cloisons étanches provisoires 8, 8', 8" (figure 4); on ferme de même les abouts du siphon, par des cloisons étanches telles que 9 et 9', des tuyauteries d'air 10-10' et d'eau Il-Il' sont installées et traversent
<Desc/Clms Page number 5>
respectivement les cloisons 9 et 8 et 9' et 8", faisant ainsi communiquer la partie centrale du siphon avec l'extérieur.
Cet aménagement du siphon étant terminé, la cale sèche où il se trouve est inondée et le tube, flottant grâce aux cloisons étanches 9 et 9', est amené par flottage au-dessus de l'emplacement qu'il doit occuper au fond du canal, en occupant, par exemple, successivement, les positions représentées en 7', 7", 7"' sur la figure 3 ; ce moment,.on introduit un lest liquide (par exemple de l'eau) dans la partie centrale du siphon par les tuyauteries 11 et 11', l'évacuation, à l'extérieur, de l'air contenu dans cette partie se faisant par les tuyauteries 10 .et 10'.
Sous l'action du lest occupant la partie centrale et les deux autres compartiments restant vides et jouant le rôle de flot- teurs, le siphon pivote autour d'un axe horizontal passant par les centres des sections des abouts et prend ainsi, tout en continuant à flotter, sa position définitive 7"" dans le plan vertical.
En poursuivant l'introduction du lest dans la partie centrale du siphon, la densité de l'ensemble devient supérieure à celle de l'eau et .le tube, convena- blement guidé, s'échoue au fond de la souille préparée pour le recevoir, ainsi que cela a été dit plus haut..
L'échouage étant terminé, on déverse, au droit du siphon, des remblais appropriés, tels que des sables, pour rétablir le plafond du canal à son gabarit définitif, les digues 1 et 2 sont rétablies et le siphon échoué est raccordé aux têtès\5 et 6 après assèchement des cales provisoires limitées par les contre-digues; ce raccordement est faitaprès enlève- ment des cloisons provisoires 9 et 9' des abouts, ainsi que des cloisons 8, 8' et 8" qui ont servi à assurer
<Desc/Clms Page number 6>
l'étanchéité de la chambre centrale.
Après démolition des contre-digues 3 et 4, l'ouvrage est terminé. et sa section par un plan ver- tical suivant son axe est celle qui est représentée sur la figure 5.
Dans certains cas, la construction des têtes, qui précède la mise à flot et l'échouage des tubes, peut gêner l'exploitation des chemins de halage et de contre-halage lorsque lesdites têtes sont construites sur place, à l'abri de contre-digues.
Pour éviter ces ennuis, on réduira au mini- mum les gênes dans l'exploitation des chemins debala- ge, en opérant de la manière suivante :
Les tubes 7 (figures 6 et )seront construits en dehors de l'ouvrage définitif, soit dans une cale sèche, soit sur un plan incliné, soit sur tout autre chantier convenablement choisi; chaque tube sera construit avec les portions 5 et 6 (totales ou par- tielles) des têtes du siphon qui lui appartiennent,
Les tubes seront alors amenés, par flottage, au-dessus de leur emplacement et seront redressés dans leur plan définitif.
Ils ne seront pas immédiatement échoués dans le fond de la souille, mais, ainsi que le montre la figure 8 (position du tube en traits mixtes), ils ne gêneront en rien, à partir de ce moment, le pas- sage des bateaux, le halage se faisant au droit de l'ouvrage, par les contre-digues.
Grâce à un emboîtement 12 (figure 10) prévu lors de la construction dans les parties 5 des têtes de chaque tube, les tubes individuels, lorsqu'il s'agit d'un siphon comportant plusieurs tubes, peuvent être placés rigoureusement dans la position horizontale que chacun d'eux doit occuper dans l'ouvrage définitif.
<Desc/Clms Page number 7>
Pendant cette période des opérations ou pé- riode d'assemblage des éléments de têtes, ces éléments dépassent en partie le niveau du plan d'eau (figure 8) ce qui permet de les solidariser par un ouvrage 13 (figures 9 et dû) fait de maçonnerie ou métallique, qui solidarise également les tubes et qui jouera, après l'immersion, le rôle de mur de soutien des terres des chemins de halage et de contre-halage.
Dès achèvement de la construction de cet ou- vrage de liaison 13, les tubes solidarisés sont échoués tous ensemble dans la sduille préalablement draguée; on assure, de cette façon, la position exacte de l'ouvrage dans tous les alignements et plans.
On pourra d'ailleurs procéder d'une manière différente, en échouant au préalable les tubes guidés les uns par rapport aux autres, grâce aux emboîtements 12 de leurs têtes et en construisant ensuite le mur de soutien 13 des chemins de halage, cette construction pouvant se faire en présence de l'eau ou à l'abri des berges du canal.
On conçoit que tous ces travaux (amenée par flottage, échouage et raccordement du siphon, rétablis- sement des digues et enlèvement des contre-digues) se fassent sans gêner la navigation, la largeur du plan et le tirant d'eau n'étant diminués à aucun moment de leur exécution.
Il est bien entendu que l'application dulrocé- dé qui a été décrite et qui est montrée sur le dessin n'a été citée qu'à titre d'exemple et que le même procédé peut s'appliquer, non seulement à la traversée des canaux, mais encore de tout cours d'eau quelconque et concerner , également tous ouvrages, autres que les siphons, destinés à créer un.passage au-dessous desdits cours d'eau.