<Desc/Clms Page number 1>
Procédé perfectionné pour la pose de,3 montants des gorgesdestalons LouisXV ou analogues.
Cette invention a trait à. des perfectionnements apportés à l'union. par collage de certainespartiesdu dessous de la chaussure, notamment dans la confection des articles à talons Louis XV ou analogues.
On saitque la gorge de cestalons est recouverte ordinairement d'un montant retendu dans la semelle de la chaussure, ce qui nécessite plusieurs opérations spéciales, entre autres le collage dudit montant à ladite gorge, et tend par suite à majorer le prix de revient des chaussures ainsi confectionnées. En général, le talon est en bois et muni d'une enveloppe de cuir, celluloïd, peau de reptile, ou autre feuille :le matière souple, coupée à la grandeur qu'il
<Desc/Clms Page number 2>
faut pour couvrir le des et les flancs du talon et collée dessus de toute façon convenable.
La fixation du montant de la semelle à la gorge du talon s'opère aujourd'hui de deux manières différentes et chacune de ces Méthodes a ses inconvénients. La plus ancienne comporte l'emploi :le colle forte (colle de poisson, par exemple) etde pincesqui tiennent le montant serré contre la gorge pendant le long espace de temps que la colle prend à sécher.
L'autre méthode comporte à son tour l'emploi 3'une colle de caoutchouc du genre :le celle utibisée dans la réparation deschambres à ai despneus d'automobileset de bicyclettes, etle seul fait de presseravec lesdoigts @ @ ou avec un outil ad hoc les surfaces préala- blement encollées du montant et du talon faitadhérer ces surfaces intimement l'une à l'autre des que la colle a acquis la consistance voulue .
Or, la méthode mentionnée en premierlieu est lente et dispendieuse aussi à cause du grand nombre de pinces qu'il faut acheter pour cet usage particulier. Elle a en outre le défaut ;le retarder la production quand on a beaucoup de chaussures à travailler, Enfin, l'espace réservé à cette partie de la fabrication est plus ou moins considé- rable .
La seconde méthode n'a pas, il est vrai, les mêmes inconvénientsque la première, maiselle ne garantitpas comme elle l'obtention dans certains cas d'un collage solide et durable. Il y a plus. Le passage d'un astic ou autre outil sur le montant pour le bien colle partout à la gorge est susceptible d'endommager la surface dudit montant.
Ceci posé, la présente invention a pour objet l'utilisation, dans la confection des chaussures à talon Louis XV ou analogues, d'un procédé perfectionné par quoi les défauts inhérents à chacune des méthodes spécifiées ci- dessus seront réduits au minimum, sinon entièrement supprimés, la production étant rendue plus rapide par l'emploi :t'un outillage aussi simple que bon marché etle collage s'opérant
<Desc/Clms Page number 3>
toujours à la perfection.
Une particularité de l'invention réside dans l'emploi, conjointement avec des places, comme dans la plus ancienne desméthodes connues, d'une colle de caoutchouc pa- reille à celle utilisée avec la méthode la plus récente, une telle combinaison ayant pour effet d'abréger la durée du serrage aussi bien que ;le réduire à un strict minimum le nom- bre de pinces à employer.
Parmi les colles de caoutchouc utilisables dans la mise en oeuvre du nouveau procédé, il en est qui doivent être appliquéesen deux couches, une prépare couche qu'on laisse sécher, puis une seconde couche. à laquelle on donne le temps de devenirgluante avant de serrer l'une contre l'autre les surfaces encollées.
La-3 première couche peut être appliquée sur une surface ou l'autre (montant ou gorge) ou sur lesdeux; et, une fois la colle sèche, la surface enduite est moulée si c'est le montant, ou bien grattée si c'est la gorge, pour la préparer à son union avec l'autre surface, après quoi la deuxième couche est appliquée, de préférencé un peu \ avant de fixer le montant au talon.
D'après une autre particularité de l'invention, on peut simplifier l'encollage ou se dispenser d'encoller direc- tement lesparties de la chaussure à souderensemble, en insé- tant entre ellesune feuille de papier, ou autre matière sou- ple, préalablement enduite de colle sur ses deux faces. On peut donner à la feuille ainsi préparée le temps de devenir gluante ou la mettre dans cet état lorsque le moment est venu de l'introduira entre le montant et le talon, en sorte que sitôt ladite feuille en place, le montant pourra être rabattu sur ladite gorge et y être fixé à demeure.
Quand le montant de la semelle est serré contre la gorge du talon avec l'aide de pinces à tampon élastique comme celles employées courament aujourd'hui, le tampon contribue beaucoup à bien faire entrer le montant dans lessinuosités
<Desc/Clms Page number 4>
de la gorge, Il semble -donc qu'une partie du temps requis jusqu'ici pour le recouvrement de la face antérieure du talon étaitprise par la colle qui étaitlente à acquérirla consis- tance voulue pour vaincre la tendance que le montant, tendu dans les simuosités de la gorge, avait à se décoller, si la '. pression exercéa dessus était relâchée avant que la colle eût fait prise, Aussi, afin d'aider à combattra cette tendance et en vue d'obtenir un rendement élevé avec un même jeu de pin- ces,
une autre particularité de l'invention consiste-t-elle à impartir au moutant, avant de le coller, approximativement le galbe de la surface qu'il doit recouvrir.
On a remarqué que si on faitjaillir .le la vapeur humide sur une couche de colle forte ou de gélatine après qu'elle s'est desséchée, cela lui restitue presque instantané- ment sa viscosité primitive. En traitant de même la surface d'une pièce de cuirencollée de la façon susdite, il deviendra facile de la remettre dans un état qui lui ermeittra .le se souder aisément à une surface en bois, peau, celluloïd, ou à toute surface similaire d'une partie de chaussure, On a constaté aussi que si l'envers de la face encollée du cuir est arrosée à son tour de vapeur, le soudage devient très facile à effectuer là où le cuir a besoin d'être galbé en le joignant à l'autre surface.
Une autre particularité ;le l'invention consiste donc à opérer l'union de certaines parties du dessous de la chaussure, comme par exemple un montant de semelle etune gorge :le talon, par un procédé faisant usage 3'une colle desséchée et 3'un fluide chaud servant à détremper la colle autant maiss pas plus qu'il ne faut quand le temps est venu d'effectuer cette union.
On décrira maintenant, mais à titre d'exemple seulement, l'application du procédé dont s'agit à la confec- tion d'une chaussure à talon Louis XV. On supposera que la gorge d'un talon déjà fixé à la chaussure est préte à recevoir un montant qui part de la cambrure de la semelle et qui doit
<Desc/Clms Page number 5>
recouvrir ladite gorge de bas en haut jusque par-dessus le pavé du talon où elle sera recouverte à son tour par un bon- bout.
On supposera aussi que le talon, avant d'être fixé à la chaussure, est carde comm à l'ordinaire sur sa face de devant pour que la colle dont il doit être enduit adhère mieux à ladite face du montant, l'emboîtage de la semelle ayant été dressé aussi comme à l'ordinaire avant la pose du talon.
L'ouvrier, prenant une chaussure, commence par amincir à la râpe le devant de la queue du talon pour que la partie qui empiète sur la cambrure se raccorde insensible- ment avec elle, après quoi il étend le montant de la semelle par-dessus la gorge du talon et le presse en tous sens avec les doigta ou avec un outil ad hoc pour lui impartir appro- ximativement le galbe de la surface sur laquelle il sera collé. Cela fait, tout le dessous (coté chair) du montant de semelle est enduit, ainsi que la gorge du talon, d'une mince couche de colle répartie également partout à l'aide d'une brosse ou ;le toute autre façon convenable, la colle étant maintémue en bonne condition dans un récipient tenu chaud.
Apres avoir retroussé le montant, la chaussure est Mise .de côté afin de permettre à la colle de sécher, ce qu'elle fait rapidement au contact de l'air. La chaussure peut être laissée dans cet état aussi longtemps que désiré avant de procéder à l'opération suivante
Quand le nouent est venu pour lui de poser le montant de gorge, l'ouvrier reprend la chaussure et, la tenant devant un jet :le vapeur, il la tourne de manière à en asperger la couche de colle desséchée sur les surfaces du montant et de la gorge, etce jusqu'à ce que lesditessur- faces redeviennent gluantes.
Il arrose aussi le côté fleur du . montant pour le bien assouplir etobvier par là à la néces- sité :le le -iouler prélimin;atirement sur la gorge, surtout quand le montant est mince, l'arrosage étant faitde façon à ne pas trop mouillerla fleur du cuir ni détremper la colle au point qu'elle aittendance à exsuderdu joint lors du
<Desc/Clms Page number 6>
pressage ultérieur du montant contre la gorge pour l'y souder.
Ce résultat peut s'obtenir en faisant jouer le jet de vapeur pendant quelque instants seulement, soittrois ou quatre secondes, sur lessurfaces encollées, eten arrosant: guère plus longtemps la fleur du cuir, Naturellement, la durée de l'arrosage variera suivant, les circonstances et dépendra, par exemple, de l'épaisseur particulière du montant à poser,
La colle ayant maintenant la consistance qu'il faut pour adhérer parfaitement aux surfaces à réunir, l'ouvrier, tenant toujours la chaussure dans ses nains, rabat le montant de la semelle comme il faut sur la gorge du talon, puis il passe les doigts dessus pour en effacer les plis, après quoi il l'assujettit fermement,
en place au moyen d'une pince à. res- sort, Etant donné que, dans le présent système d'encollage, la durée du serrage est réduite notablement, six pincesde serrage suffiront pour tous lestravaux à exécuter. De préfé- rence, ces pinces seront montées sur un touret de manière à pouvoir les amener tout à tour en position active. Après avoir placé une chaussure dans la première de cespinces, le touret sera tourné sur son axe pour amener la pince suivante en position de chargement, et ainsi de suite jusqu'à la dernière pince, Chaque chaussure est maintenue sous presse pendant une révolution complète du touret, soit envion deux minutes.
A la fin du cycle de rotation du tomret, la première chaussure traitéd est dégagée de sa pince et déposée sur un chariot, la colle ayant séché suffisamment en ce court espace de temps pour que le montant ne puisse plus se décoller de la gorge du talon. L'ouvrier met maintenant une autre chaussure à la place ;le celle qu'il vient d'enlever etfaitde même pourles autres chaussures déjà traitées, cette succession d'opérations se répétant jusqu'à ce qu'il ait fini le travail en main, Une fois le montant de la semelle collé à la gorge du talon, le bout en est échancré pour se préparée à le rabattre sur le pavé de celui-ci, puis il est arrosé de vapeur afin de détremper la colle qui est'dessus, toute la surface du montant
<Desc/Clms Page number 7>
ayant en effet été encollée en premier lieu.
Cela fait, le bout échancré du montant est rabattu par-dessus le pavé du talon, pour l'y fixer permanemment en place. De préférence, lesbords duditbout sont taillés en sifflet dans le but d'en réduire l'épaisseur. Finalement, chaque côté du montant est rogné à fleur de la face latérale attenante du talon.
En utilisant le nouveau procédé que l'on vient de décrire, la couche de colle qu'on laisses sécher sur le montant ou le talon peut 'être appliquée aux pièces détachées au lieu d'at- tendre pour ce faire qu'elles soient incorporées à la chaus- sure. De même, au lieu d'employer rien due de la colle de poisson, on peutfaire usage 3'un adhésif composé d'une quan- tité donnée de cette colle à l'état liquide et de deux quan- tités égales de latex de caoutchouc.
Cette colle spéciale pourrait être appliquée en deux couches, en ayant soin de laisser sécher la première couche avant d'appliquer la seconde,, la semelle ou le talon (ou les deux) recevant leur première couche avant leur incorporation à la chaussure par exemple, et la dernière couche étant appliquée soit au montant de la semelle seulement soit t au montant età la gorge du talon juste avant de rabattre celui-là sur celle-ci, une fois semelle et talon fixés à la chaussure, Bien entendu, si la chose estnécessaire, le montant ne sera missous presse que quelques instants après l'application :le la seconde couche afin de donner à cette couche le temps de devenir assez gluante pour pouvoirfaire adhérerparfaitement l'une à l'autre les deux surfacesà réunir.
Ainsi, la gorge du talon pourraitêtre enduite de colle après le ve rrage de celui-61 et avant sa fixation à la chaussure;puis, une fois le talon posé, la gorge pourrait être cambrée et passée ensuite à la râpe de façon à n'enlever qu'une quantité infinitésimale de la première couche de colle qui s'est desséchée surladite gorge .
Au lieu d'employer des différentes manières susin- diquées les matériaux dont il a été parlé, on peut se borner
<Desc/Clms Page number 8>
à insérer entre le montant et la gorge, avant la mise de celui,1à sous presse, une feuille de papier (ou autre matière souple) présentant approximativement la forme et la grandeur dudit montant etpréalablement encollée sur sesdeux faces, sauf peut-être en deux points opposés de sa largeur où elle est un peu plus grande que lui etoù il convient de laisser des endroits propres pour les doigts de l'ouvrier afin de faciliter l'insertion en position exacte de ladite feuille enduite soit de colle de poisson soit de l'adhésif spécial mentionné ci-dessus.
Juste avant d'introduire la feuille entre les surfaces à réunir, la colle qui est dessus eet imbibée d'un solvant quelconque ou arrosée de vapeur si on l'a laissée sécher. Dans ces conditions, le montant de la semelle finitpar se souderau papier etce dernierà la gorge j'Il talon, le papie qui est de trop (y comprisla par- tie non encollée par où l'ouvrier le saisitavec lesdoigts) peut être rogné ultérieurement lors du rafraichissage du montant.
Une telle feuille peut être utilisée pourinter- poser, entre les surfaces à réunir, la seconde couche de colle ou adhésif à appliquersur une ou l'autre de cessur- facesou sur lesdeux, attendu que la ou lesdites surfaces sont peut-être alors enduites d'une première couche qui s'est desséchée ou qui est encore gluante, cette couche ayant été appliquée par exempla avant l'incorporation de la semelle ou du talon à la chaussure.
Bien qu'il soit préférable de monter les pinces ou étaux de serrage sur un touret, comme expliqué plus haut, le nouveau procédé visé par l'invention prévoit l'emploi d'un jeu d'étaux rangés côte à côte sur un support convenable.
Le fait d'employer comme ici, pourla fixation des montants de gorges, une colle qu'on laisse durcir après en avoir enduitsoitles surfacesà réunirsoitune feuille intercalaire, et qu'on arrose de vapeur pour la rampllir et
<Desc/Clms Page number 9>
mettre du même coup le montant parfaitement en humeur dans la première alternative, rend le procédé actuel des plus avanta- geux quand sa mise en oeuvre comporte 1emploi aussi 3'étaux pour serrer le montant fermement contre la gorge pendant que la colle sèche, Mais cette mise sous presse ne limite en rien son utilité.
En effet, on obtiendra de bons résultats avec lui si le montant est simplement collé à la main sur la gorge du talon après lui avoir imparti approximativement le galbe de ladite gorge et après avoir aminci à rien l'extrémité du talon empiétant sur la cambrure de la semelle. Leditprocédé peut encore s'employer avantageusement dans les cas où l'é- chancrage éventuel du bout du montant etsa fixation sur le pavé du talon sont opérés de la façon ordinaire, car le fait ,le restituerà la colle son pouvoir l'adhérence permetd'ob- tenir un assez bon soudage pour que les autres travaux à exécuter sur la chaussure, notamment le rafraichissage des bords du montant aussitôt après sa fixation au talon, puissent être effectués à la main ou mécaniquement sans déranger ledit montant.