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Joint de parapet pour le rehaussement et la consolidation de digues, berges de cours d'eau, etc.
La présente invention, due à MM. le Jonkheer R.R.L. de MURALT et le Baron P. GREINDL, a pour objet un système perfectionné de joints pour les parapets en béton, pierres ou autres matériaux servant à rehausser et conso- lider les digues et berges de canaux, cours d'eau etc. en vue d'éviter les inondations en temps de crue. Elle permet d'obtenir d'une manière simple des joints imperméables et élastiques, empêchant les infiltrations sans s'opposer aux légers déplacements relatifs que subissent les éléments de ces parapets sous la poussée des eaux et par suite des mou- vements de terrain.
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Suivant l'invention, le joint comprend un noyau de matière compressible, de préférence, plastique, inséré dans une cavité verticale ménagée en partie dans un élément et en partie dans l'élément voisin ou dans une pièce inter- calaire unie à cet élément. L'argile, l'asphalte, certains mastics et d'autres matières plastiques conviennent parti- culièrement bien à cet'usage, mais on peut également employer du bois ou d'autres matières simplement compressibles.
Etant compressible, le noyau du joint ne se fissure sensiblement pas dans le cas d'un mouvement relatif des élé- ments du parapet et ne produit pas dans ceux-ci des tensions susceptibles d'entraîner leur rupture, comme pourrait le faire un joint rigide. Le joint conserve longtemps son étan- chéité et s'il la perd, un simple coup de maillet appliqué sur le noyau pour le tasser dans la cavité, suffit pour le rendre de nouveau imperméable à l'eau. Cette facilité de ré- paration et d'entretien constitue un avantage considérable.
En donnant à la cavité une forme évasée vers le bas, on facilite le tassement du noyau et on évite le danger de fissuration ou d'éclatement des parois du joint sous l'action du gel augmentant le volume du noyau. En effet, dans ce cas, la conicité de la cavité dirige vers le bas la dilatation du noyau gelé auquel le sol où il peut s'enfoncer oppose moins de résistance que les parois latérales rigides de la cavité.
Celles-ci n'ont ainsi à supporter qu'un effort de poussée peu important.
Pour renforcer l'étanchéité à la base du joint, qui constitue un point vulnérable, il est avantageux de créer à cet endroit un obstacle de plus au passage de l'eau en pro- longeant en saillie à l'intérieur de la cavité une nervure de base des éléments qui, pénétrant ainsi de chaque côté dans le pied du noyau compressible enfoncé dans le sol, forme un
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joint en labyrinthe. Eventuellement, des saillies semblables peuvent être ménagées sur toute la hauteur de la cavité ou jusqu'à un certain niveau, dans le même but.
On obture également au moyen d'une matière compres- sible, de préférence plastique comme l'asphalte, les fentes qui subsistent entre les éléments voisins, de part et d'autre de la cavité contenant le noyau, et on décale préférablement ces fentes de façon à contrarier l'infiltration de l'eau à travers le joint dans le cas où la garniture des fentes per- drait son étanchéité. L'eau entrant par une fente risque de désagréger le noyau du joint, mais on peut y obvier en in- sérant en regard de cette fente, dans le noyau ou entre ce dernier et la paroi de la cavité battue par l'eau, une planche ou lame de bois, béton, métal ou autre matière rigide qui s'op- pose à l'action rongeante de l'eau sur le noyau en masquant la fente. On peut mettre cette planche en place dans la cavité avant de la remplir, ou bien l'enfoncer par battage dans le noyau déjà tassé.
Dans ce dernier cas, on chanfreine l'extré- mité inférieure de la planche du côté opposé à la paroi battue par l'eau, de manière qu'en -réagissant sur la matière du noyau pendant l'enfoncement de la planche, le chanfrein tende à faire dévier la planche vers cette paroi pour qu'une fois en- foncée, elle s'applique aussi intimement que possible contre la fente à masquer. La planche peut être fixée en place de toute manière appropriée.
On forme la cavité destinée à recevoir le noyau en juxtaposant deux gorges ménagées en regard l'une de l'autre dans les faces adjacentes des éléments voisins, ces gorges pouvant être arrondies pour éviter les angles qui, notamment dans le béton, sont souvent le point de départ de fissures.
L'invention peut être réalisée de différentes façons.
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On en décrira ci-après quelques formes d'exécution qui sont représentées à titre d'exemple sur les dessins annexés, dans lesquels :
Fig. 1 est une vue partie en élévation et partie en coupe suivant la ligne A-B de la Fig. 2, montrant la tranche verticale d'un élément de parapet en béton armé et le noyau compressible du joint entre cet élément et le précédent;
Fig. 2 est une coupe horizontale suivant la ligne C-D de la Fig. l, et Fig. 5 une coupe longitudinale suivant la ligne E-F de la Fig. 2.
Figs. 4, 5, 6 et 7 sont des vues en coupe horizon- tale analogue à la Fig. 2, montrant des variantes d'exécu- tion du joint.
Fig. 8 est une vue analogue à la Fig. 1, montrant une planche obturatrice enfoncée dans le joint et indiquant le niveau ordinaire et le niveau de crue de l'eau.
Fig. 9 une vue partielle, en plan, du joint de la Fig. 8,
Fig. 10 une coupe longitudinale suivant la ligne I-J de la Fig. 9, et
Fig. 11 une coupe longitudinale suivant la ligne K-L de la Fig. 8;
Fig. 12 est une coupe verticale partielle d'un joint montrant un mode de fixation d'une planche obturatrice,
Fig. 13 en est une vue en plan,
Fig. 14 montre la planche en élévation,
Figs. 15 et 16 sont respectivement une vue en plan et une vue en élévation d'un mode de fixation différent de la planche obturatrice, et
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Fig. 17 représente en plan une autre variante du mode d'attache de cette planche.
Fig. 18 montre en coupe transversale un noyau de moulage rétractile.
L'élément de parapet en béton armé représenté sur la Fig. 1 comporte une levée 1 constituant le parapet propre- ment dit, et une semelle 2 ancrée par des nervures 3 au sommet et dans le versant de la digue 4. Lors du moulage de cet élé- ment, on ménage dans la tranche verticale de la levée 1 une gorge 5 s'étendant sur toute sa hauteur et s'évasant de haut en bas. Par la juxtaposition des gorges 5 de deux éléments voisins (Fig. 2), on constitue une cavité verticale dans la- quelle on tasse un noyau 6 d'argile ou d'une autre matière plastique ou compressible qui forme joint étanche entre les éléments. De 1.'asphalte, du mastic dur ou une autre matière plastique ou compressible 7 introduite dans les fentes 8 en- tre les semelles 2 et dans les fentes 9 entre les levées 1 achève de rendre l'assemblage étanche.
Lorsqu'on moule sur place les éléments 1, le moulage de la cavité 5 évasée vers le bas entraîne certaines diffi- cultés, du fait que le noyau de moulage plus large à la base qu'au sommet doit être retiré par la partie supérieure étroi- te de la cavité. On obvie à ces difficultés en employant un noyau de moulage rétractile tel que celui montré en coupe transversale sur la Fig. 18,qui comprend quatre piquets de bois 24 reliés entre eux par des bandes de cuir 25 et enca- drant une pièce conique 26, l'ensemble ayant extérieurement la forme d'une pyramide tronquée.
Pour dégager ce noyau de moulage du béton qui l'entoure, on retire d'abord la pièce conique 26 d'entré les piquets 24 qui, grâce à la flexibili- té des bandes de cuir 25, peuvent alors se rapprocher l'un de l'autre en formant un faisceau de section réduite qu'on retire
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aisément de la cavité.
Comme le montrent les Fig,s. 1 et 3, le pied du noyau plastique 6 s'enfonce dans une excavation 10 du sol de la digue, et les prolongements 11 de la nervure médiane 3 qui font saillie dans la cavité 5, contribuent à l'étanchéité du joint en détournant et allongeant à la façon d'un laby- rinthe le trajet que l'eau aurait à parcourir pour s'infil- trer à cet endroit.
Dans la forme d'exécution des Figs. 1 à 3, les fen- tes 8, 9 d'un côté du joint sont décalées par rapport à celles de l'autre coté du joint. Elles pourraient aussi se trouver en regard les unes'des autres comme sur la Fig. 4, qui repré- sente une variante suivant laquelle les gorges 5 sont arron- dies au lieu d'être angulaires afin de réduire les risques de fissuration du béton des éléments. Dans le cas de la Fig.5, le noyau 6 a la forme d'un tronc de cône de section circulaire.
Sur la Fig. 6, une pièce intercalaire 13 en béton sé- pare les éléments 1, et le joint entre ceux-ci comporte deux noyaux 6a de matière plastique ou compressible logés en par- tie dans les gorges 5 des éléments et en partie dans des gor- ges correspondantes 5a ménagées dans cette pièce intercalaire 13. Les fentes 14 de part et d'autre des noyaux 6a sont obtu- rées par de l'asphalte ou une autre matière plastique ou compressible 15.
Sur la Fig. 7, la pièce intercalaire est faite en deux parties 16, 17 emboîtées à queue d'aronde dans l'inter- valle des éléments 1 et s'arrêtantà ras des gorges 5 pour délimiter avec les parois de celles-ci la cavité dans laquel- le est logé le noyau plastique 6.
Normalement, comme le montre la Fig. 8, le niveau de l'eau n'atteint pas le pied du parapet et ce n'est qu'en temps
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de crue qu'il monte par exemple à la hauteur indiquée en a sur cette figure et sur la Fig. 1. Les joints du parapet sont donc au sec pendant la majeure partie de l'année et ils ne doivent résister aux grandes eaux que, par exemple, quelques semaines par an. A ce moment, il est difficile de vérifier l'état des garnitures d'étanchéité 7 ou 15 des fentes 8,9 ou 14 baignées par l'eau et il peut arriver que celle-ci s'infil- tre dans ces fentes ou y pénètre librement si les garnitures ont été arrachées par le courant. L'eau attaque alors le noyau 6 et ronge peu à peu l'argile si l'on n'a pas pris soin de protéger le joint contre cette éventualité.
Sur la Fig. 8 et les suivantes, cette protection est assurée par la planche obturatrice 18 enfoncée dans le noyau 6, en regard de la fente 8 de droite par laquelle l'eau pour- rait s'infiltrer. 19 indique le chanfrein de l'extrémité infé- rieure de cette planche qui, même si l'on commence à enfoncer la planche au milieu du noyau 6 par exemple, la fait dévier vers la paroi 5a exposée à l'eau et l'amène automatiquement contre cette paroi pour masquer la fente. La planche 18 s'é- tend de préférence jusqu'à la base du noyau 6 enfoncée dans le sol, pour faire obstacle à l'affouillement dans le cas on l'eau s'infiltrerait entre les semelles 2 de deux éléments voisins.
Pour réduire le risque d'infiltration à cet endroit et retenir les terres sous la semelle 2, on peut fermer par des parois latérales 12 (Fig. 8 et 11) les espaces compris entre les nervures 3, en constituant ainsi sous la semelle des sortes de caissons d'ancrage.
Un trou 20 ménagé à la partie supérieure de la plan- che 18 sert soit à faciliter son enlèvement du joint dans le cas où on doit là retirer pour réparer le noyau 6, par exem- ple, soit à permettre de la fixer fermement contre la paroi
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5a au moyen d'un crochet 21 (Fig. 12). Sur les Figs. 13 et 14, le trou 20 est reporté sur le coté' de la planche de fa- çon à se trouver en regard du crochet 21 encastré dans un des éléments 1, sur le côté correspondant du joint.
Dans le cas des Figs. 15 et 16, un étrier 22 em- brasse la planche 18 et est fixé à deux pattes 23 encastrées chacune dans l'un des éléments 1, tandis que dans le cas de la Fig. 17, cet étrier 22 est lui-même encastré en 23 dans les éléments 1.
D'autres formes de réalisation du joint seraient évidemment possibles en dehors de celles que l'on a décrites et représentées à titre d'exemple, et il est bien entendu que l'invention n'est pas limitée aux détails d'exécution de celles-ci.
REVENDICATIONS ---------------------------
1.- Joint de parapet pour le rehaussement et la consolidation des digues et berges de cours d'eau, comprenant un noyau en matière compressible, de préférence plastique comme l'argile, inséré dans une cavité verticale creusée en partie dans un élément du parapet et en partie dans l'élément voisin ou dans une pièce intercalaire unie à cet élément.