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MEMOIRE DESCRIPTIF à l'appui d'une DEMANDE de
B R E V E T d' INVENTION PROOEDE ET MOYENS PROPRES A PASSER DES OABLES SOUS UNE EPAVE, OOULEE
EMI1.1
FONDS1 SANS INTERVENTION MANUELLE DE SOAPHANDRIERS.
S'il est vrai qu'il est assez facile de passer des câbles ou haussières, sous une épave ooulée par faible profondeur, afin de pou- voir la soulever, il est par contre réputé impossible de passer un ou plusiers câbles, chaines ou haussières sous une coque coulée par grands fonds ; surtout si, par surcroît, des courants plus ou moins violents existent à l'endroit où repose l'épave.
Les cas typique du "PROMETHEE" a démontré à suffisance et offi- ciellement, d'après les dires des plus grands experts en la matière, l'impossibilité matérielle d'utiliser les moyens jusqu'ici connus pour passer des câbles sous la coque.
Ceci s'explique facilement, du fait que: 1 ) jusqu'à présent, il fallait un ou plusieurs scaphandriers pour effectuer ce travail.
Or, par grandes profondeurs, le scaphandrier se trouve dans l'impossi- bilité d'exécuter des mouvements compliqués; 2 ) par suite des cou- rants sous-marins très violents, le ou les scaphandriers ne sont même plus martres de leur stabilité et il perdent, de ce fait, le contrôle des quelques mouvements que leur carapace permet d'exécuter à grand' peine par eaux absolument calmes.
Objet de la présente invention est un procédé nouveau et exoessi-
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vement simple d'éviter les inconvénients des grands fonds et des cou- rants marins. Son but est de permettre de passer rapidement un ou plu- sieurs câbles, filins, ohafnes ou rubans sous la ooque se trouvant au fond de la mer et sans qu'il y ait la moindre nécessité de recourir à l'intervention manuelle d'un scaphandrier et ce nonobstant plusieurs circonstances défavorables, telles que la grande profondeur (pouvant facilement dépasser 100 mètres),' ou des courants sous-marins plus ou moins violents.
Le procédé utilise, en outre de quelques moyens connus, un moyen nouveau, et la réunion de ces moyens réalise un effet technique abso- lument nouveau et d'une importance capitale au point de vue éoonomi- que.
Ainsi, on peut évidemment utiliser le scaphandrier de grands fonds, mais celui-ci n'a pas à intervenir manuellement, ou en tout cas pas de manière à devoir exécuter des mouvements complexes. Il agit, en règle générale, comme observateur et donne des ordres à la surface, d'où l'on exécute les manoeuvres nécessaires.
On peut également utiliser un récipient hermétiquement olos, com- muniquant exclusivement avec la surface par un tuyau ou, mieux, par deux tuyaux, dont l'un sert à refouler de l'air frais, l'autre servant à l'évacuation de l'air vicié. Ce récipient, fortement lesté et capa- ble de supporter de fortess pressions extérieures, est muni de regards et d'appareils d'éclairage, ainsi que d'appareils de communication et d'écoute et de tous autres dispositifs généralement quelconques que l'on jugera utile d'y placer. La ou les personnes enfermées dans ce caisson ont leurs mouvements libres et respirent de l'air à une pres- sion très peu supérieure à celle de la surface. Les habitants du caisson représentent l'oeil et le cerveau agissant loin des appareils de ma- noeuvre mis en action par le personnel de la surface.
Ces derniers re- présentent, au figuré, les muscles agissants du système ainsi organisé.
Comme dispositif absolument nouveau, il faut entendre l'appareil à passer les câblos sous la coque. Ce dispositif s'applique aussi bien à des sous-marins, qu'à toute autre épave, y compris les navires de fort tonnage. Les dimensions de l'outil n'ont qu'une influence négli-
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geable sur l'ensemble du problème à résoudre. Mais il est évident, que, pour ce qui concerne les sous-marins, cet outil présente un intérêt particulier, du fait que l'équipage y est généralement enfermé et peut souvent se trouver dans l'impossibilité de quitter à temps l'embarca- tion.
De plus, les dimensions d'un sous-marin sont plus réduites ; sa coque fusiforme se prête mieux à l'application immédiate du dispositif, qui peut être utilisé pour toutes les autres unités plus petites, de telle manière, qu'en ayant à sa disposition un appareil à passer les câbles convenant pour le plus grand sous-marin, on dispose ipso facto de l'outil pour toute la flotte de sous-marins.
Au point de vue de la célérité des secours à apporter, ceci est d'une importance capitale. Il suffira de posséder l'outil de sauveta- ge dans tous les ports d'attache de sous-marins, et même en munir, en permanence, les navires qui escortent les sous-marins dans leurs évo- lutions. On pourra ainsi, en quelques heures, porter un secours effec- tif à des unités coulées, chose essentielle quand il s'agit de sauver des vies humaines, dont les Gouvernements font un si grand cas, en cas de paix.
Le dispositif passeur de câbles est d'une simplicité extraordi- naire et d'un fonctionnement absolument sûr. La rapidité de la manoeu- vre dépasse, et de beaucoup, tout ce que a pu imaginer jusqu'à pré- sent.
Cet outil passe-câbles, qui fait l'objet principal du présent brevet, consiste en une double griffe, formée de deux véritables man- dibules métalliques. Ce sont, en l'espèce, deux branches cintrées, so- lidement pivotées à leur naissance et finissant en pointe, à l'instar d'un compas d'épaisseur. L'outil passe-câbles est suspendu par sa lon- gue charnière. Sa conformation symétrique et le poids relativement im- portant de ses branches cintrées tombantes, calculées pour présenter une égale résistance, lui donnent de toute façon une grande stabilité d'équilibre.
Ce "compas d'épaisseur" géant agit littéralement comme s'il devait servir à mesurer la largeur de la coque. A cet effet, par des moyens appropriés, qu'il est inutile de décrire puisqu'ils peuvent être réa- lisés sans autre par le premier technicien venu, on écarte les pointes
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des branches cintrées et l'outil, en descendant d'aplomb sur l'épave, donne passage à la coque, sous laquelle on veut passer un ou plusieurs câbles.
Les extrémités en pointe des deux branches sont pourvues de por- te-câbles ou pinces appropriées, dans lesquelles on insère: dans l'une un câble à bout mâle, dans celle opposée un câble à bout femelle qui peut être représenté par une douille fendue élastique, par exemple.
On conçoit qu'en rapprochant suffisamment les deux pointes, les bouts de câbles fixés en vis-à-vis sur l'outil, se joignent par pénétration.
Il va de soi que la jointure sera à encliquetage, de manière à ce que les deux bouts de câble puissent se réunir, mais plus se disjoindre une fois assemblés. A cet effet, le bout mâle peut avoir une pointe en forme de champignon, tandis que la douille élastique du bout fe- melle pourra être munie d'un rebord intérieur formant griffe et em- péchant le champignon du bout mâle de sortir de la douille. On peut d'ailleurs également prévoir une bague de calage sollicitée par un ressort ou de toute autre manière, est rendue libre dès que la jonc- tion des deux câbles est faite. Cette bague, se déplaçant alors vers l'extrémité de la douille, sertit les lames et les empêche de s'ou- vrir.
Il va de soi, que l'on pourra, si on le désire, prévoir deux ou plusieurs jeux de ces bouts mâles et femelles. Dans ce cas, on pourra passer simultanément deux ou plusieurs câbles en une seule et même opé- ration. Pour la facilité, on travaillera avec des câbles relativement minces, mais suffisants pour pouvoir entrainer à leur suite des câbles de toute grosseur.
Les extrémités des branches cintrées pourront également être munies de guides (mâle et femelle), entrant en contact avant les bouts de câ- bles à réunir, ce qui procure un supplément de sécurité pour le cen- trage parfait des bouts de câbles à réunir. De plus, on peut prévoir des contacts électriques ou des poussoirs, à l'effet de contrôle du travail effectué par l'outil. Ces appareils servent pour ainsi dire d'antennes de toucher et indiquent si l'opération est parfaite ou si un obstacle s'oppose à la jonction des deux bouts correspondants des
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câbles à réunir. Ceci est intéressant, pour le cas où les extrémités de l'outil passe-câbles viendraient buter contre un rocher ou tout au- tre objet interposé.
La chambre d'observation sous-marine où se trouve le personnel dirigeant les opérations, pourra, au lieu d'être indépendant de l'ou- til, se trouver fixé à un endroit approprié de l'appareil passe-câbles.
Ceci facilitera énormément le travail. Par exemple, une cabine d'obser- vation contenant une ou plusieurs personnes pourra se trouver fixée à la charnière, et un poste d'observation pourra être prévu à l'une ou àu deux extrémités des mandibules de l'outil. Cet arrangement, on le comprend, rendrait les services les plus signalés.
Enfin, si la coque est ensablée, on pourra facilement réaliser la jonction des câbles en prévoyant des moyens de protection s'éclipsant au moment de la jonction, ou bien on pourra prévoir des ajutages de soufflage pouvant amener de l'eau sous pression ou de l'air comprimé formant des jets partant de chacune des pointes de l'outil et dont l'intervention produira un remous suffisant pour que l'outil puisse se frayer un chemin à travers le sable.
Dès que le ou les câbles sont réunis, ce qui sera réalisé lors- que la pince sera complètement fermée (chose facile à contrôler par des dispositifs appropriés), l'opération envisagée est terminée. Alors, on ouvre les mandibules qui, en exerçant une traction sur les bouts assemblés des câbles, dégagent ceux-ci et l'outil pourra être remonté.
Si les câbles n'ont pu être réunis, les mandibules s'ouvriront en retenant les bouts de câbles et l'opération pourra immédiatement être répétée autant de fois qu'on le veut, jusqu'au moment où l'on a trouvé un passage possible (absence de roches et autres obstacles im- pénétrables) .
Enfin, en prévoyant un "magasin" chargeant automatiquement et consécutivement à chaque opération terminée les bouts des mandibules, on pourra répéter l'opération autant de fois qu'on le voudra, sans avoir besoin de remonter l'outil à la surface. Ceci fera gagner un temps précieux et sera surtout intéressant lorsque, par exemple, la ooque repose sur une série de récifs. On pourra alors passer des câ- bles entre les points d'appui impénétrables.
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Mais, si le lit sur lequel repose l'épave n'est que du sable, il r pourra suffire, en principe, de passer un seul câble, au moyen duquel on poura tirer autant de câbles que '''en voudra.
Pour le surplus, on pourra procéder par les moyens usuels (re- levage à l'aide de caissons, allèges, navires, docks flottants et au- tres).
Le rôle du scaphandrier ou, en général, des ebaervateurs, se bor- nera à diriger les opérations qui doivent être exécutées de la surfa- ce. S'il existe plusieurs points d'observation sur l'outil même, les observateurs restent en communication constante entre eux et pourront faire agir d'un commun accord les appareils placés à la surface.
Le procédé, faisant l'objet du présent brevet d'invention, a une importance considérable également pour la marine marchande. Car pour' celle-ci, les pertes de navires sont très fréquentes et la récupéra- tion d'un navire coulé représente des sommes très importantes, ne fut-ce que seulement en considérant le prix de la mitraille. Le pro- cédé permettra d'entreprendre et de mener à bonne fin des travaux de relevage que nul n'aurait jamais pu songer à faire selon les méthodes actuellement connues et qui sont manifestement insuffisantes ou in- applicables.