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Perfectionnements aux lampes électriques.
La luminescence des gaz et des vapeurs a été employée pour produire de la lumière ou des rayons ultra-violets dans des lampes de diverses conceptions. Cependant une caractéristique commune essentielle de toutes les lampes réalisées ou proposées jusqu'à présent réside en ce qu'on produit un champ électrique dans un espace de décharge, au moyen d'électrodes ou par induction. Ce champ provoque un courant de déplacement d'ions et d'é- lectrons qui transforme partiellement en chaleur et partiellement en rayonnement la puissance fournie pour maintenir le champ.
Toutes les lampes à décharges, telles que les lampes à arc, les lampesàluminescence, les lampes à étincelles ou les lampes à induction sans électrodes, de tous les modèles, fonctionnent sui-
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vant ce principe.
La présente invention concerne une lampe ou source de lumière dans laquelle la transformation d'énergie électrique en rayonnement s'effectue suivant un principe différent. La partie essentielle de la nouvelle lampe est constituée par un dispositif dénommé source de rayons électroniques et servant à transformer l'énergie électrique fournie à la lampe en énergie cinétique d'électrons en mouvement. Les vitesses de ces élec- trons dépendent de la tension d'alimentation qui est de préfé- rence comprise entre 50 et 300 volts. Des faisceaux de ces électrons pénètrent dans un espace d'éclairage contenant des gaz ou des vapeurs ou un mélange de gaz et de vapeurs. L'inten- sité totale des rayons électroniques correspond au courant principal circulant à travers la lampe.
En fonctionnement les gaz et les vapeurs dans l'espace d'éclairage sont ionisés et forment un plasma, c'est-à-dire un milieu électrique neutre, sensiblement sans champ électrique. Le plasma contient des @ @ ions positifs et des électrons à des concentrations presque égales. Ces derniers électrons, ayant une énergie moyenne de l'ordre de grandeur de quelques volts pendant le fonctionne- ment de la lampe, sont dénommés électrons du plasma, pour les distinguer des électrons des rayons cathodiques, ou électrons primaires ayant des énergies initiales comprises entre 50 et 300 volts.
On a découvert qu'un nouveau procédé de transforma- tion de l'énergie cinétique des électrons primaires intervient lorsque l'intensité des faisceaux d'électrons et la pression dans la chambre d'éclairage sont convenablement choisies, et permet d'atteindre un rendement élevé de l'éclairage. Ce procé- dé consiste en un transfert de l'énergie des électrons pri- maires aux électrons du plasma par l'intermédiaire des actions
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électrostatiques entre ces particules chargées. Les électrons du plasma à leur tour dépensent cette énergie en collisions avec des molécules de gaz qui sont excitées et rayonnent. Ce processus s'est révelé. d'un meilleur rendement que l'emploi direct de l'énergie des électrons primaires venant en collision avec les molécules.
Les conditions requises pour la mise en oeuvre du nouveau procédé sont une concentration élevée d'électrons dans le plasma et un choix judicieux de la pression. A des pressions trop faibles les électrons primaires rencontrent les parois sans avoir déchargé leur énergie à l'intérieur de l'espace d'éclairage. A des pressions trop élevées l'énergie des électrons primaires se perd surtout en collisions avec les molécules, et le rendement diminue à nouveau.
Ainsi,une lampe à remplissage de néon par exemple, fonctionnant sous une tension de 70 volts, a un rendement de 10 lumens par watt à la pression de 0,4 mm. du néon et un courant de 0,6 ampères. A la pression de 0,3 mm. avec un courant de 0,25 amp. l'efficacité n'est que de 5 lumens par watt et, à la pression de 0. 6 mm. avec un courant de 1,2 ampères, l'efficacité est de 7 lumens par watt seulement.
La pression optimum varie selon la nature du gaz ou du mélange de remplissage, mais on peut cependant formuler comme règle approximative, de choisir la pression de telle sorte que les dimensions linéaires du récipient soient de 5 à 50 fois plus grandes que le parcours libre moyen des électrons primaires. Il en résulte une pression de quelques dixièmes de mm. de mercure pour les gaz inertes hélium et néon, de quelques centièmes de mm. pour l'argon et les métaux de la seconde colonne du système périodique, et de quelques millièmes de mm. pour les métaux alcalins.
La figure 1 des dessins annexés représentant l'invention ne montre que les parties principales de la lampe, no-
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tamment le récipient 1 contenant l'espace d'éclairage et ayant des parois transparentes aux rayons voulus. Dans cet exemple, le récipient en forme d'ampoule piriforme contient la source d'électrons 2 placée près de son col et construite de la manière exposée ci-dessous. Cette source émet des rayons électroniques de grande intensité, primitivement dirigés parallèlement à l'axe de la lampe qui sont rapidement diffusés après avoir quitté la source, de manière à remplir d'un plasma rayonnant tout l'espace d'éclairage.
La source de rayons électroniques dans la lampe suivant l'invention doit pouvoir émettre, d'une manière parfaitement commandée, des faisceaux d'électrons aux vitesses correspondant à des tensions de 50 à 300 volts, et d'une intensité de plusieurs dixièmes d'ampères ou de plusieurs ampères, dans un espace occupé par un gaz ionisé. De plus ces électrons doivent être produits économiquement avec la dépense de puissance la plus faible possible.
Dans la source d'électrons conforme à la présente invention, le rayon électronique puissant requis est émis par un ou plusieurs dispositifs de bombardement électronique ayant une conception et des dimensions spéciales et permettant d'obtenir une commande parfaite de la production de rayons et d'éviter avec sûreté les décharges gazeuses non commandées et surtout les amorçages d'arcs.
Suivant un mode de réalisation de l'invention on utilise un grand nombre de petits dispositifs de bombardement électronique. On a trouvé que chacun des faibles rayons formant ensemble le faisceau électronique de la lampe, peut être produit avec une caractéristique positive, c'est-à-dire avec un courant augmentant pour des élévations de la tension. Ce résultat peut être obtenu, selon l'invention, au moyen d'une charge électronique spatiale prédominante à l'intérieur du
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dispositif de bombardement électronique.
Puisque chaque élément possède une caractéristique positive ils peuvent fonctionner en parallèle avec sécurité, et toute la source électronique peut être branchée sur la canalisation électrique sans éléments stabilisateurs tels que résistances, bobines de self et autres organes, requis par les dispositifs usuels à décharges en atmosphère gazeuse.
Un exemple de réalisation d'une source de rayons électroniques suivant la présente invention est représenté aux Figs. 2 et 3. Cette source est constituée essentiellement par des disques conducteurs et isolants, empilés de manière à former un corps massif. La cathode 3 est un disque métallique, en nickel par exemple, ayant une grande quantité de fossettes concaves 4,disposées selon un dessin régulier. Ces fossettes forment les cathodes des dispositifs de bombardement électronique. Elles sont revêtues d'une matière émettrice d'électrons à grand pouvoir émissif, par exemple de l'oxyde de baryum. La cathode à chauffage indirect est chauffée par le fil 5, en tungstène par exemple, enroulé en spirale et logé dans une rainure entre deux disques isolants 6 et 7 en matière céramique réfractaire.
Trois disques 8, 9 et 10, disposés au-dessus de la cathode, sont tous munis de perforations correspondantes, qui, avec les fossettes de la cathode, constituent de petits dispositifs de bombardement électronique de grande précision. Les disques 8 et 10 sont en matière isolante, tandis que le disque 9, conducteur, agit comme électrode accélératrice. Le disque 10 est dénommé "filtre de plasma" pour les raisons exposées cidessous. La source entière se loge dans un bottier 11 en métal ou de préférence en matière céramique isolante, de manière à éviter les déperditions de chaleur. Le boîtier est muni d'une
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gaine conductrice 12 faisant office d'anode. Le courant qui entre dans l'espace d'éclairage sous forme de rayons d'électrons primaires, revient à la canalisation par cette dernière électrode 12.
Le courant revient à l'anode presque exclusivement sous forme d'électrons de plasma lents. Lorsque l'anode a une surface suffisante, il n'y a pas de chute de tension anodique, ni même de chute négative et la perte est à peu près négligeable.
La fig. 3 représente la source d'électrons vue du plasma, et montre les orifices 13 des dispositifs de bombardement électronique.
La fig. 4 est une coupe à travers un des dispositifs de bombardement électronique, permettant d'en exposer les principes de fonctionnement. La surface concave, recouverte d'oxyde, de la cathode 14, émet des électrons se dirigeant perpendiculairement à cette surface de telle sorte qu'ils ne rencontrent pas l'électrode accélératrice 15. Une autre fonction importante remplie par la concavité est de créer une plus grande charge spatiale négative devant la cathode et de contribuer ainsi à limiter le courant. Après avoir dépassé l'électrode accélératrice, les électrons passent à travers le filtre de plasma 16 qui forme la partie essentielle du dispositif d'éclairage, et filent dans l'espace d'éclairage.
L'espace 17 compris entre la cathode et l'électrode accélératrice est dénommé espace d'accélération. L'électrode accélératrice peut être connectée à l'anode auquel cas les électrons atteignent leur vitesse maximum dans cet espace. On peut également maintenir cette électrode à un potentiel moins élevé que l'anode. Ce résultat s'obtient en connectant l'électrode accélératrice à l'anode par une forte résistance, ou en ;La dérivant sur un potentiomètre. Dans ce cas les électrons
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sont encore accélérés entre l'espace 17 et le plasma et attei- gnent l'orifice avec leur plus grande vitesse.
Le filtre de plasma 16, en matière isolante, remplit la fonction importante d'empêcher l'entrée du plasma hautement ionisé dans l'espace d'accélération, ce qui pourrait rompre la charge spatiale négative et amorcer un arc détruisant la cathode ou toute la source. Le filtre agit de la manière sui- vante pour donner ce résultat : parois du filtre recueillent une certaine quantité d'électrons libres et prennent une charge négative. De cette manière elles repoussent les autres élec- trons de telle sorte que le faisceau se concentre principal.e- ment suivant l'axe des trous de manière à créer une charge spa- tiale négative. Il en résulte la création d'un champ axial qui accélère légèrement les électrons arrivant de la cathode et repousse les électrons provenant du plasma.
Les ions positifs, d'autre part, sont attirés vers l'intérieur, mais la plupart de ces ions sont projetés contre les parois par le champ radial puissant et ils y sont neutralisés. Il en résulte que l'espace d'accélération est seulement atteint par une faible fraction des ions, trop peu nombreux pour neutraliser la charge spatia- le ou pour désintégrer la cathode. En raison de son action fil- trante sur les ions et électrons formant le plasma, l'organe 16 est dénommé filtre de plasma.
Les pertes en chaleur et en électrons dans le filtre peuvent être réduites à quelques pour cents de la puissance to- tale fournie, si on lui donne des dimensions appropriées. Les pertes dépendent surtout du nombre d'ions formés par le rayon électronique primaire à l'intérieur du filtre, car chaque ion positif formé attire un électron contre la paroi. Ces pertes sont également réduites du fait que les trous du filtre sont chauffés par la cathode chaude, de telle sorte que le gaz y est
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dilué et le parcours libre moyen des électrons y est augmenté.
Le dispositif de bombardement électronique du genre décrit possède une caractéristique positive ne dépendant que des dimensions géométriques et de la pression des gaz, et indépendante du chauffage et de l'émission de la cathode. De cette manière le débit d'une telle source peut être déterminé avec précision et reste constant même en cas d'usure partielle éventuelle de la cathode. Les sources de rayons électroniques de ce genre peuvent être branchées sur les canalisations des distributions d'éclairage aux tensions usuelles comprises entre 110 et 250 volts.
On a de plus découvert que la concavité de la cathode, et l'électrode accélératrice, pouvaient être évitées en donnant des dimensions appropriées au filtre de plasma, ce qui permet d'obtenir une simplification notable du dispositif. La figure 5 est une coupe de la source électronique simplifiée, constituée uniquement par la cathode plane 18, de préférence revêtue d'oxydes, et le filtre de plasma 19. Dans ce cas les électrons sont accélérés entre la cathode et le plasma. L'effet de la charge négative répartie sur les parois produit une caractéristique positive comme décrit ci-dessus. L'amorçage d'un arc, inévitable lorsqu'une cathode recouverte d'oxydes est exposée directement à un plasma, ne se produit pas dans ces conditions.
La source commence à fonctionner automatiquement après le chauffage de la cathode et la misesus tension, sans nécessiter un dispositif d'amorçage spécial.
Le dispositif a des caractéristiques très sensibles aux variations de longueur et de dimensions transversales des perforations et ne fonctionne correctement qu'à condition d'avoir des dimensions appropriées Le diamètre est la dimension la plus importante, pour des trous circulaires, tandis que la
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largeur surtout, importe pour des fentes. L'importance du diamètre est clairement indiquée par l'exemple suivant où on opère à la tension de 100 volts et avec un remplissage de néon à la pression de 0,25 mm.
Pour obtenir un courant de 40 m.a. hors d'un seul trou, il faut une longueur de 1,3 mm. pour un diamètre de 0,89 mm, une longueur de 1,8 mm. pour un diamètre de 0,95 mm. et une longueur de 2,5 mm.pour un diamètre de 0,97 mm Une variation du diamètre de 4 %, doit donc être compensée par une variation d'environ 40%. de la longueur.
L'importance de la longueur est indiquéepar l'exemple suivant : à la tension de 100 volts et avec une pression de néon de 0,25 mm, un trou de 0,95 mm. de diamètre donne un courant de 40 m. a. pour une longueur de 1,8 mm, tandis que le courant tombe à 15 m. a. pour une longueur de 2,3 mm.
En faisant varier le diamètre et la longueur des trous dans des limites étroites, on peut produire des sources appropriées pour n'importe quelle tension ou courant. Comme on peut de plus choisir à volonté le nombre de trous, il en résulte une variété infinie de sources électroniques possibles pour une lampe donnée. Des essais ont montré qu'un filtre à petits trous permet de réduire la longueur et par conséquent les pertes, tout en conservant une faible densité du courant de manière à éviter une usure excessive de la cathode. Cependant des trous très petits exigent des filtres trop fins, d'une fabrication difficile, et des sources de trop grande dimension.
D'autre part les trous de grand diamètre exigent des sources petites n'ayant que quelques trous ou un seul trou. Cependant dans ce cas la densité du courant est grande, et les filtres à un seul trou ou à trous peu nombreux sont de préférence employés avec les cathodes formées par un plasma du genre décrit cidessous. En pratique on peut considérer que le diamètre du trou
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varie entre la limite supérieure de 1,1 mm. et la limite inférieure de 0,8 mm.
Dans une autre construction de la source productrice de faisceaux, un plasma peut être employé comme source d'électrons. Ce plasma peut être produit au moyen d'une décharge auxiliaire, de préférence un arc. La fig. 6 montre la coupe d'une source de ce genre. Cette source comprend une cathode 20 revêtue de substances à grand pouvoir émissif, et de préférence du genre employé dans des lampes à décharges à arc ou dans des redresseurs. Le cylindre 20 est l'anode de l'arc auxiliaire.
La cathode et l'anode de l'arc sont toutes deux contenues dans le boîtier 22 en matières céramiques isolantes. Une face de ce boîtier forme le filtre 23 du plasma. La gaine 24 à l'extérieur du boîtier est l'anode, comme dans les exemples précédents.
L'arc auxiliaire, fonctionnant sous faible tension (de 10 à 25 volts) remplit tout l'intérieur du boîtier 22 de son plasma. Lorsqu'on applique la tension accélératrice à l'anode 24, des faisceaux d'électrons passent à travers les trous. Les caractéristiques des filtres ne diffèrent guère de celles considérées avec des cathodes planes sous les filtres.
Ce dispositif permet de réaliser des filtres avec un petit nombre de trous, ou avec un seul trou.
Des essais ont démontré qu'on peut soutirer presque tout le courant de l'arc par les trous du filtre de plasma.
On peut même couper la tension de-l'anode 21 après l'amorçage des rayons électroniques, et tout le courant circule alors de la cathode 20 au filtre à travers le plasma correspondant à la luminescence négative des arcs. Le courant circule à travers le filtre 23 sous forme de rayons électroniques limités par une charge spatiale, c'est-à-dire d'une manière essentiellement
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connus à décharge dans les gaz. Le courant retourne à la canalisation par l'anode 24 sous forme d'électrons de plasma lents.
On peut d'ailleurs également amorcer le phénomène au moyen d'une lueur au lieu de se servir d'un arc. A cet effet on relie l'anode 21 à la borne positive en passant par une résistance trop élevée pour permettre l'allumage d'un arc.
Dans une autre réalisation de l'invention on peut éviter le chauffage de la cathode en employant une cathode d'un genre spécial. On sait que certaines matières cathodiques ayant généralement une faible conductivité calorifique et un grand pouvoir d'émission électronique permettent l'amorçage d'arcs sur des cathodes froides. La figure 7 montre une source d'électrons munie d'une cathode 25 de ce genre. Une lueur faible est amorcée par l'électrode 26, connectée au conducteur positif de la canalisation à travers la forte résistance 27. Des rayons électroniques sortant des orifices du filtre s'amorcent immé- diatement, et le courant atteint sa valeur finale en un temps très court.
Dans les lampes de ce genre le courant doit atteindre un certain minimum de l'ordre de grandeur d'un ampère pour assurer le maintien automatique de la tache cathodique. 'anode se tourne en 29. Malgré que les phénomènes cathodiques soient dans ce cas les mêmes que dans un arc, la production des rayons d'électrons par le filtre du plasma se produit essentiellement de la même manière que précédemment. La caractéristique tension-courant est donc sensiblement la même que pour le dispositif de la figure 5, la seule différence étant que quelques volts sont ajoutés à la tension pour fournir la chute cathodique et le chauffage de la cathode.
Les sources de rayons électroniques dont les électrons proviennent d'un plasma, présentent le grand avantage de ermettre l'emploi de filtres de toute forme, le plasma s'adap-
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tant exactement à n'importe quelle surface. On peut par exemple produire un faisceau de rayons convergents de la manière indiquée à la figure 8. Dans ce cas le filtre 30 du plasma incurvé en forme de calotte sphérique émet des rayons d'électrons convergeant au point 0. Ce point est le centre d'une lueur sensiblement sphérique ou globulaire très intense. Dans certains gaz et vapeurs tels que l'hélium, le mercure et le cadmium, la lumière émise par cette lueur concentrée est d'une autre teinte et d'un meilleur rendement que la luminescence plus diffuse dont elle est entourée.
Dans d'autres gaz tels que le néon et le sodium par exemple, l'efficacité diminue aux densités de courant trop élevées. Pour de tels gaz on peut avantageusement employer un faisceau divergent tel que représenté par la figure 9, où le filtre de plasma 31 est de forme convexe.
Un des avantages inhérent aux lampes à source électronique constituée par un plasma, comparées aux autres formes de construction, réside en ce que le nombre d'ions positifs rapide heurtant la cathode peut être rendu presque nul. Les cathodes de ces sources fonctionnent donc dans les mêmes conditions que dans les lampes à arc à basse tension et peuvent avoir une très longue vie. Une autre caractéristique importante de ces sources est la possibilité d'employer des cathodes à chauffage automatique, qui s'amorcent aussitôt que la lampe est mise en circuit. De cette manière, dans les lampes à gaz permanents, la lampe fonctionne avec sa pleine intensité lumineuse dès l'allumage. Dans les lampes contenant également des vapeurs métalliques, l'intensité continue à croître et atteint sa valeur finale après quelques minutes.
On a cependant trouvé que même le rendement initial, pouvait déjà atteindre le rendement des lampes à incandescence à condition d'employér le néon comme gaz d'allumage. Le néon donne dans les nouvelles lampes une couleur
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jaune orange d'un rouge moins éblouissant que la teinte des tubes à décharges au néon.
La théorie et l'expérience montrent que pour les tensions plus élevées, de l'ordre de grandeur de 220 à 250 volts, on obtient un meilleur rendement pour une consommation donnée, ,en connectant en série deux lampes fonctionnant avec la moitié de la tension et la moitié du débit plutôt qu'en dépensant toute la puissance dans une seule lampe. La figure 10 montre la manière de monter deux lampes en série dans une seule ampoule, fonctionnant avec une seule source d'électrons. Les organes principaux sur la figure 10 sont la cathode 32 et le filtre de plasma 33. L'ampoule est divisée en deux parties par le diaphragme 34, muni d'un orifice central recouvert d'un second filtre de plasma 35, ayant les mêmes dimensions que le filtre 33. L'anode 36 se trouve au même niveau que le diaphragme 36 et est alimentée par le conducteur isolé 37.
Dans cette lampe le plasma de la première chambre 38 fait office de source d'électrons pour la seconde chambre 39. Les deux filtres de plasma équivalents' 33 et 35, divisent la tension en parties égales.
Jusqu'à présent on n'a décrit que des constructions pour du courant continu. Des constructions convenant au courant alternatif peuvent être réalisées en doublant les organes essentiels. La figure 11 montre une source de rayons électroniques à courant alternatif, dont la conception correspond à la source à courant continu représentée par la figure 5. Le corps chauffant 40 en matière céramique réfractaire, possède une rainure spirale contenant le fil de chauffage 41, directement relié à la distribution, en parallèle avec le circuit principal de la lampe. Deux feuilles métalliques 42 et 43 montées sur le corps chauffant forment les deux cathodes. Au lieu de feuilles, on pourrait employer à cet effet un revêtement mé- ntallique en nickel par exemple.
Les cathodes sont revêtues d'une
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matière à émission électronique telle que l'oxyde de baryum.
Les cathodes sont recouvertes par le filtre de plasma 44 et tous les organes sont montés à l'intérieur du boîtier en céra- mique 45. Ce boitiér est muni extérieurement de deux feuilles 46 et 47 formant les anodes. Ces anodes peuvent également être des revêtements métalliques, ou de préférence des parties car- bonisées de la surface. Cette dernière disposition est plus avantageuse car les anodes sont au potentiel de la cathode pendant chaque demi-période et les crachements ainsi que le danger d'amorçage d'arcs sont réduits par les revêtements en carbone. Les divers éléments sont assemblés au moyen d'un rivet 48.
La figure 12 est une vue en plan de la source avec le filtre de plasma enlevé, et montre clairement les cathodes 42 et 43 moritées sur le corps chauffant 40. Les deux anodes sont représentées en 46 et 47 respectivement.
Avec du courant alternatif, on peut également se passer des anodes externes et employer les cathodes alternati- vement comme cathodes et comme anodes. Cependant pour éviter une chute de potentiel entre l'anode momentanée et le plasma qui diminuerait de moitié la tension et le débit, il faut que les trous anodiques soient plus nombreux que les trous catho- diques, c'est-à-dire qu'une portion des trous seulement doit être revêtue de matière émettrice d'électrons. Il est encore plus avantageux de donner aux trous anodiques un plus grand diamètre qu'aux trous cathodiques. En plus de sa simplicité, cette disposition présente l'avantage d'une pénétration très lente de la matière crachée dans la chambre d'éclairage, tan- dis que la perte anodique sert au chauffage des cathodes.
Les figures 13 et 14 sont respectivement une coupe et un plan d'une source de rayons électroniques à courant al-
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ternatif employant un plasma comme source d'électrons. Le boîtier 48 est subdivisé en deux parties. Chaque cathode 49 et 50 possède un bouclier 51, 52 situé en face de trous de plus grand diamètre 54 du filtre de plasma 53. Les rayons d'électrons passent par les plus petits trous 55. Chaque subdivision du bottier contient des électrodes d'amorçage 56 et 57 connectées à la distribution par l'intermédiaire de résistances élevées 58, 59. La figure 14 montre une partie du filtre de plasma enlevée.
La figure 15 représente un autre type de source de' rayons électroniques pour courant alternatif, suivant linven- tion. Dans cette construction les rayons électroniques partent dans toutes les directions horizontales par des fentes radiales.
Les :deux cathodes 60 et 61 sont chauffées par le corps chauffant 62 directement connecté au réseau. Le disque plan 63 et les deux godets 64 et 65 sont en matière céramique réfractaire, et constituent ensemble le bottier de la source de rayons, muni de fentes 66 et 67 de dimensions convenables,pour le passage des rayons électroniques de part et d'autre du disque 63. Le courant revenant du plasma passe par les trous 68 aux anodes 69, en forme d'ailes, de préférence solidaires de la cathode. Les deux électrodes d'amorçage 70 et 71 sont connectées aux cathodes opposées par les grandes résistances 72, 73 qui peuvent aisément être formées par de minces bandes de revêtement en graphite ou en autre matière convenable, sur le disque isolant 63.
La figure 16 montre une lampe complète suivant la présente invention, ayant une ampoule 74 de forme sensiblement sphérique. La source 75 des rayons électroniques dépasse légèrement le col 76 qui peut être long pour les remplissages de gaz permanent, mais qui doit être court lorsqu'on emploie des vapeurs métalliques, afin d'éviter des condensations de métal sur des endroits froids. Les scellements sont de préférence constitués par des perles scellées dans le col. La lampe peut
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être munie d'un culot à vis ou de toute autre culot de lampe usuel. Une lampe de ce genre peut être fixée dans toutes les douilles de lampe en remplacement de lampes à incandescence, et fonctionne immédiatement sur les canalisations des réseaux d'é- clairage aux tensions normales de 100 à 250 volts.
La consomma- tion de courant de la nouvelle lampe est de l'ordre de grandeur de la consommation des lampes à incandescence. Des lampes de toute dimension usuelle ou appropriée peuvent être produites.
Tous les gaz et vapeurs peuvent être employés dans les lampes selon l'invention. Les rendements de ces lampes at- teignent, et dépassent même dans de nombreux cas, les meilleurs rendements obtenus dans les lampes à décharges à atmosphère ga- zeuse. Un avantage spécial de la nouvelle lampe réside en ce , qu'elle procure une lumière mixte par l'emploi de deux ou de plusieurs gaz ou vapeurs, qui n'émettent pas de lumière simul- tanément dans les lampes à décharges à atmosphère gazeuse con- nues. On peut produire ainsi dans la nouvelle lampe, une forte émission simultanée de néon et de sodium par exemple, tandis que dans les tubes à décharges à vapeur de sodium contenant du néon, connus jusqu'à présent, l'émission lumineuse du néon est presque entièrement éliminée par celle du sodium.
Pour l'éclairage usuel on désire généralement avoir une lumière blanche ce qui ne pouvait pas être réalisé de maniè- re satisfaisante dans une lampe à décharges à atmosphère gazeuse.
Or, dans la nouvelle lampe, on peut obtenir une bonne lumière blanche par un mélange de néon et de vapeur de mercure. Une meilleure lumière encore,avec un rendement élevé dépassant notablement celui des lampes à incandescence est obtenu par un mélange de néon, de sodium et de cadmium. Dans ce mélange le néon fournit la plus grande partie de la lumière rouge et une petite partie de la lumière verte, tandis que le cadmium fournit
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sodium contribue par sa ligne jaune.
La nouvelle source lumineuse présente donc certains avantages seulement obtenus au moyen de lampes à incandescence jusqu'à présent, mais irréalisables au moyen de lampes à déchar- ges à remplissage gazeux, notamment une lumière blanche, une grande variété d'intensités, le fonctionnement sur les réseaux de distribution d'éclairage ordinaires sans dispositifs auxi- liaires spéciaux tels que transformateurs, bobines de self ou organes analogues, l'allumage automatique au moment de la mise en circuit, et une forme commode permettant la fabrication en grande série. La nouvelle lampe possède en outre les avantages propres des gaz ou vapeurs luminescents, notamment une gamme de couleurs étendue et un rendement d'éclairage élevé.