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Procédé pour obtenir des constructions de béton perfectionnées.
La présente invention est relative à un procédé pour prolonger l'état humide de constructions en béton en cours de prise ou de durcissement. Après l'achèvement d'éléments en béton tels que des blocs coulés ou moulés, tuyaux, colonnes, moulures en béton ou éléments analogues, ou de constructions bétonnées telles que les routes ou d'autres ouvrages, il est d'usage courant de maintenir le béton pendant un certain temps à l'état humide ou mouillé afin d'assurer à la construction son maximum de résistance en service.
Un bon béton, destiné par exemple à la construction de routes,
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peut faire sa première prise en une heure et continuer à faire prise en un temps variant entre quatre et dix heures.
Ensuite la matière continue à s'affermir ou à durcir pendant une longue période de temps. Après un temps déterminé il acquiert une certaine résistance à la traction ou à la compression, requise en service. Environ 93% de la résistance maximum s'acquièrent pendant les premiers vingt-huit jours et le reste pendant des années.
Pour obtenir une résistance de service adéquate et une bonne résistance à l'usure, il faut maintenir le béton, pendant quelques jours, en contact avec de l'eau qui se combine chimiquement à ses constituants. En effet, si par exemple on laisse sécher la surface d'une chaussée bétonnée, elle a tendance à s'écailler jusqu'à une profondeur de trois millimètres en-dessous de la surface et ne possède généralement pas la même résistance à l'usure qu'un béton qui a été convenablement traité. Dans beaucoup d'autres constructions en béton il est également avantageux de maintenir de l'eau en contact avec l'ouvrage en béton fraîchement façonné pendant une certaine période de temps.
Dans la construction de routes bétonnées, par exemple, la durée du traitement est d'environ douze à quinze jours en hiver et d'environ sept à dix jours en été, suivant la nature du ciment employé dans le mélange de béton. Dans la construction de chaussées, après avoir brossé le béton fraîchement étendu, on le recouvre généralement de plusieurs couches de toile à sac humide ou d'une épaisseur d'environ quinze centimètres de paille humide et on maintient humide la}toile ou la paille pendant la durée voulue.
Dans certains cas on peut recouvrir le béton de plusieurs couches de toile
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à sac et maintenir celle-ci humide pendant quarante-huit heures, et on recouvre ensuite le béton, après avoir enlevé la toile, d'une couche de quinze centimètres de paille humide qu'on maintient pendant le restant du temps requis pour assurer en service les propriétés voulues. Ces opérations entraînent des frais de main-d'oeuvre élevés, pour la pose de la toile ou de la paille, pour leur entretien à l'état humide et pour leur enlèvement ultérieur.
On a proposé d'autres procédés pour créer la résistance de service voulue, par exemple le procédé consistant à incorporer des matières déliquescentes telles que le chlorure de calcium, mais dans beaucoup de cas l'emploi de ces matières n'est pas pratique. On a aussi proposé, par exemple, d'enrober d'une émulsion bitumeuse la surface d'une chaussée bétonnée après avoir brossé le béton fraîchement étendu.
Cette surface en matière bitumeuse scelle hermétiquement l'ouvrage en béton et maintient l'eau, pendant la durée voulue, en contact avec le béton fraîchement étendu. Toutefois ces matières bitumeuses présentent entre autres l'inconvénient d'altérer la couleur de la route bétonnée; aussi dans beaucoup de cas sont-elles considérées comme indésirables. De même dans la construction d'immeubles un tel procédé altérerait plus ou moins définitivement la couleur de l'ouvrage et lui donner-ait ainsi une apparence peu esthétique. D'autres ouvrages en béton peuvent être traités d'une manière quelque peu différente, par exemple on durcit généralement les tuyaux en béton en les traitant à la vapeur.
Dans le cas de colonnes ou de constructions analogues, on obtient le résultat voulu en maintenant simplement le béton, jusqu'à la fin d'une période de temps appropriée, en contact avec le coffrage
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en bois dans lequel le béton a été coulé, le coffrage retenant dans le béton une grande partie de l'humidité ou de l'eau, ou en attachant aux surfaces exposées des toiles ou des matières analogues maintenues à l'état humide.
Suivant la présente invention, pour prolonger l'état humide d'un béton en cours de prise ou de durcissement, on enrobe la surface exposée du béton d'un revêtement de matières solides déposées à partir d'une dispersion aqueuse de caoutchouc ou contenant du caoutchouc. L'eau contenue dans le béton est généralement une partie de celle employée pour le gâchage. Toutefois, dans certains cas, on peut ajouter de Peau au béton préalablement au traitement cité, notamment quand on emploie pour la construction de l'ouvrage un gâchis contenant peu d'eau ou un gâchis sec.
Un revêtement mince, par exemple de latex, appliqué sur une construction en béton peu après la prise forme une pellicule qui enrobe hermétiquement la construction et qui empêche l'évaporation de l'eau sous-jacente. Après obtention des propriétés voulues, on peut, si on le désire, abandonner sur la surface de la construction en béton cette pellicule de matières solides déposées à partir de la dispersion aqueuse de caoutchouc, et la laisser disparaître par usure. Ceci serait pratique pour les chaussées, mais quand il s'agit de constructions telles que les immeubles, façades, moulures en béton ou ouvrages analogues, il est préférable, après une période de temps appropriée, d'enlever la pellicule de caoutchouc à la main.
Pour produire une pellicule susceptible d'être enlevée facilement de la surface du béton, il peut être avantageux de disposer en contact direct avec la surface du béton un sous-revêtement comprenant une matière granulaire
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inerte telle que les barytes, l'argile, le talc ou une matière analogue de telle sorte que la pellicule de caoutchouc recou- vrant ce sous-revêtement- se laisse arracher de la surface du béton par relativement grands morceaux. On peut disposer de différentes manières sur la surface du béton cette couche de matière granulaire.
Dans le cas d'une surface horizontale plane, pour enlever finalement la pellicule de caoutchouc, on peut appliquer sur la surface une dispersion aqueuse de caoutchouc relativement non-visqueuse, très chargée de la matière granulaire voulue, et la matière granulaire descend à travers la couche de caoutchouc humide avant que celle-ci ne sèche et forme directement sur la surface du béton le sous-revêtement voulu. Dans le même genre de constructions ou dans d'autres, on peut appliquer sur la surface du béton, avant d'appliquer la dispersion de caoutchouc, un sous-revê- tement de matière granulaire dispersée dans un liquide ou mélangée à une petite quantité de dispersion aqueuse de caoutchouc, pour produire une pellicule de caoutchouc, imper- méable à l'eau, qu'on puisse enlever facilement après la période de temps voulue.
Le procédé pour traiter le béton suivant l'inven- tion ne dépend pas du mélange employé, car on peut durcir n'im- porte quel mélange de béton, après la prise, en l'enrobant d'un revêtement, sensiblement imperméable à l'eau, constitué de matières solides déposées à partir d'une dispersion aqueuse de caoutchouc. Par exemple, un mélange habituel, contenant une partie de ciment, deux parties de sable et quatre parties de pierres concassées, préparé de la manière courante dans un malaxeur à béton et façonné à la forme voulue de la cons- truction, a été enrobé à sa.surface exposée, après prise, au
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moyen de différentes dispersions de caoutchouc et on a laissé le revêtement en place pendant quatre jours.
Lors d'un de ces essais, on a étendu sur la surface exposée deux couches de latex normal sans mélange, contenant 38% de matières solides, en étalant les deux couches à la brosse et en laissant sécher le latex pendant environ quinze minutes entre les deux couches. Dans un autre essai, on a employé un latex de caoutchouc naturel concentré, contenant 63% de matières solides, produit par écrémage chimique au moyen d'un agent d'écrémage bien connu, et on l'a étale en une seule fois sur la surface exposée, après quoi on le sècha. Dans chaque cas on a obtenu une qualité de béton comparable à celle obtenue par le traitement usuel au moyen de toile à sac humide.
Dans ces essais le latex n'était ni vulcanisé, ni mélangé, mais si on le désire, on peut employer pour des usages spéciaux différentes compositions de latex naturelles ou artificielles, contenant ou non des ingrédients de vulcanisation ou prévulcanisés. Un dépôt d'environ 32 à 96 grammes de matières solides caoutchouteuses par mètre carré de surface exposée forme un enrobage satisfaisant qui empêche l'évaporation de l'eau de la surface de la construction en béton, mais si on le désire, on peut employer de plus grandes quantités pour produire des pellicules plus épaisses.
L'étalement à la brosse et d'autres moyens d' étalement donnent des résultats satisfaisants pour le durcissement de constructions ou éléments facilement manipulables, tandis que pour enrober de latex ou d'une autre dispersion aqueuse de caoutchouc de grandes constructions telles que les routes bétonnées on procède par aspersion.