Procédé pour la confection de revêtements ou parties de revêtements de routes et de toutes sortes de surfaces analogues. L'invention se rapporte à un procédé pour la confection de revêtements ou parties de revêtements de n'importe quelle épaisseur, de routes et de toutes sortes de surfaces ana logues.
Suivant ce procédé, on met en contact les matériaux solides généralement utilisés dans la construction et l'entretien des routes avec des émulsions et suspensions à base de brais, de bitumes, de goudron, d'huiles di verses, etc., du .genre spécifié dans la reven dication II du brevet suisse no 128461, le procédé étant exécuté -de façon telle que l'é mulsion se précipite à peu près immédiate ment en. laissant une couche de matière or ganique adhérant fortement auxdits ma tériaux.
Ainsi qu'on l'a indiqué dans le brevet suisse précité, l'émulsion destinée à être uti lisée pour la confection et à l'entretien des routes et chaussées peut être fabriquée com plètement en usine et contenir ainsi la tota lité .des éléments constitutifs et, en pa.rticu- lier, tous les éléments diluants ou bien être fabriquée en usine sous une forme concen trée. Dans ce cas on doit, au moment de l'utilisation, ajouter une partie des éléments constitutifs et, en particulier, certains élé ments diluants, de l'eau par exemple.
L'application du produit, lorsqu'il s'agit de l'étendre sur une chaussée, peut être la même dans les :deux cas. Le produit à épan dre peut être amené au point d'utilisation dans un récipient de forme quelconque, cons titué par exemple par une citerne ou une chaudière munie -en général d'un dispositif permettant l'agitation et pouvant comporter un dispositif :de chauffage. Si .le produit sort de l'usine sous la forme concentrée, l'appareillage d'utilisation doit comporter des moyens permettant d'effectuer sur place la dilution ci-dessus mentionnée.
Ledit récipient sera -de préférence muni d'un dispositif de vidange et d'un appareil lage destiné à être utilisé pour l'épandage et le traitement du revêtement: balais, Ta- clettes, rouleaux, cylindres, etc., ces derniers appareils pouvant être indépendants.
Ires conditions d'application de cette émulsion sont particulièrement simples du fait du phénomène de zone critique qui est particulier à l'émulsion décrite dans le bre vet suisse no 12$4ô1. Tant que l'émulsion reste sous la forme qu'elle a dans la pre mière phase, c'est-à-dire avant sa précipita tion, l'épandage et l'égalisation de l'émul sion utilisée peuvent être réalisés très simple ment, par exemple au moyen de balais ou de raclettes, mais après l'épandage, malgré la forme épaisse -du produit, se produisent presque immédiatement .la séparation du di luant et le durcissement :du revêtement.
L'épandage peut être combiné avec un sablage de la surface à revêtir, cette der nière étant recouverte de gravillons ou de cailloux -de petites dimensions qui s'incor porent au revêtement et constituent une sorte de "nougat", la substance du revêtement étant prise entre une couche de cailloux ou de gravillons inférieure et une couche de sa ble ou de gravillons supérieure.
La précipitation du produit actif et l'élimination 'de, -l'eau peuvent être hâtées par cylindrage et arrosage, soit à l'eau, soit avec une solution saline (sel marin, chlorure de calcium, etc.) avec sablage; la chaussée peut immédiatement être rendue à la circu lation après cette dernière opération.
Grâce à l'intervention dès produits de eorrection précités, l'élimination de la majeure partie de la phase aqueuse du système, élimination accompagnée de l'élimination .d'une certaine quantité des produits liquides entrant dans la composition de l'émulsion, a lieu générale ment par la surface supérieure du revête ment.
Les produits -de correction correspon dent aux agents émulsionnants et stabili sants et plastifiants qui sont ajoutés soit à l'une, soit à l'autre phase de l'émulsion en vue de lui donner les propriétés caractéris tiques signalées -dans le brevet no 12$461 et, en particulier, la propriété désignée par le terme "phénomène de zone critique". Quant aux fractions aqueuses qui arrivent en con- tact avec le sol, elles sont rapidement absor bées par celui-ci, notamment par suite de la faible tension superficielle et de la grande capacité de mouillage des eaux éliminées.
C'est notamment la présence, à la surface supérieure du revêtement, .des eaux résultant de l'élimination de l'émulsion des produits de correction ci-dessus spécifiés, -qui empêche la surface libre de "coller", même aussitôt après l'épandage (aux chaussures des pas sants, aux bandages de roues, aux sabots d'animaux, etc.), tandis que la surface infé rieure dudit revêtement adhère fortement à la chaussée par suite de l'élimination rapide desdites eaux.
En outre, ainsi qu'il vient d'être dit, l'eau chargée de la majeure partie des agents émulsionnants, qui se trouvent ainsi éliminés, entraîne également la majeure par tie des huiles et autres produits fluides qui ne doivent pas rester dans le revêtement dé finitif; la période de séchage se trouve ainsi extrêmement réduite étant donné que la sé paration des éléments solides constituant le revêtement définitif, d'avec les éléments fluides qui permettent l'épandage, ne se fait pas par simple évaporation, mais par un procédé physico-chimique mettant à pro fit les propriétés spéciales du système et ac célèrent l'évolution de celui-ci.
Bien entendu, au cours des transforma tions précitées les éléments plastiques non aqueux utilisés dans la fabrication de l'é mulsion restent dans le revêtement obtenu et lui assurent une, grande élasticité.
La facilité d'épandage sous toutes épais seurs, des émulsions en question et la faculté d'adhérence qu'elles présentent à toute sur face rugueuse et unie permettent la consti tution d'un "tapis" adhérent sur toute la sur face préexistante, c'est--à-dire la confection d'un chemin de roulement adapté aux néces sités de la circulation moderne, sur tout sou bassement présentent déjà, de par sa ;struc ture, toutes les qualités requises, mais dont la surface se trouve mal adaptée à la. circu lation rapide, du fait que ladite surface est glissante;
tel est en particulier le cas des chaussées. asphaltées qui peuvent être adap tées à la circulation rapide par l'épandage ,direct de l'émulsion considérée, qui peut être précédé d'une préparation convenable (mé- eanique, physique ou chimique) de la sur f ace à revêtir, avec ou sans épandage de gra villons ou -d'autres éléments susceptibles d'armer le revêtement ainsi constitué et, en ,outre, avec cylindrage subséquent s'il est nécessaire.
Dans d'autres cas, on peut faire pénétrer l'émulsion entre les éléments constitutifs de la chaussée de sorte qu'elle serve de liant entre lesdits éléments, et protège ceux-ci réa lisant "in situ" un revêtement profond de la chaussée. L'application du procédé est éga lement indiquée dans le cas du pavage en bois, car l'emploi de l'émulsion diminue ou empêche les attaques dues aux effets méca niques et aux intempéries qui favorisent la fixation et le développement .des micro-orga nismes destructeurs du bois. Cette utilisa tion s'applique également aux surfaces de .ciment que l'eau de pluie altère rapidement; l'épandage sera, selon le cas, accompagné ou non d'un sablage et .d'un cylindrage appro priés.
La couche épandue aura une épaisseur appropriée à chaque cas particulier envisagé. On augmentera, s'il y a lieu, l'adhérence et la résistance de la couche ainsi déposée par tout moyen physique, chimique, mécanique ou physico-chimique, par exemple par sa blage fait avec des matériaux de résistance mécanique et de grosseur convenables.
Le même procédé s'applique fort bien aux pavages en pierres naturelles ou artifi cielles, tant pour les armer et les protéger que pour diminuer leur sonorité gênante dans les villes, en particulier dans .les ar tères à grande circulation.
Le procédé :décrit s'applique aussi bien à la formation de revêtements superficiels qu'à la réalisation de revêtements profonds pour les routes et pour toutes sortes de sur faces analogues. En particulier, ledit pro cédé peut être utilisé pour le revêtement pro fond des routes, puisqu'il fournit directe- ment et sans appareillage spécial des pro duits comparables au tarmacadam.
Dans ce cas, l'émulsion ou les produits concentrés peuvent être amenés. sur le lieu d'épandage dans des conditions analogues à celles nécessitées par un travail de revête ment superficiel et répandus à même sur le ballast, constitué par les cailloux en cours de cylindrage. Il n'y a pas lieu de modifier la technique du .cylindrage, étant donné que le produit adhère fortement et rapidement aux cailloux sans adhérer au cylindre.
Ce procédé peut être combiné ou non avec l'utilisation de sable de gravillons ou de produits analogues, naturels ou artifi ciels, la liaison entre les cailloux pouvant être également obtenue dans toute la profon deur du ballast ou .dans une partie de celle- ci, de toute manière appropriée.
Le procédé peut aussi être exécuté en en robant préalablement les matériaux servant à la confection de la chaussée à l'aide des émulsions à stabilité variable décrites dans le b5revet suisse no 128461 et sans qu'il soit nécessaire de sécher lesdits matériaux. Les propriétés qui ont été signalées au point de . vue de l'épandage en vue -de constituer un revêtement superficiel sur une chaussée déjà faite se retrouvent, en effet, entièrement lorsqu'on traite les matériaux eux-mêmes.
Suivant la nature physique et chimique de ces matériaux, on fera varier la composition de l'émulsion en vue de lui donner la flui dité et la stabilité adaptée à chaque cas par ticulier.
Au point de vue technique, la réalisa tion de l'enrobement préalable par l'émul sion précitée se ramène au mélange de corps solides, liquides ou pâteux; ainsi, on pourra réaliser un travail continu ou discontinu dans des récipients clos ou non, tournants ou fixes, et munis ou non d'un dispositif ma. lugeur. On pourra également enrober ces divers matériaux -en faisant cheminer sur un système approprié -de tapis, chaînes à godets ou autres, les matériaux solides et l'élément liquide ou pâteux, ces divers éléments circu lant dans ,le même sens ou en sens contraire.
On remarquera que le mélange sera en général d'autant plus facile à réaliser que les densités apparentes des produits seront plus voisines, ce qui se produit dans le cas particulier -du mélange de l'émulsion épaisse et du sable ou des criblures provenant du broyage des laitiers de hauts-fourneaux, de pouzzolane, etc. ou encore lorsque les élé ments minéraux sont de très faibles dimen sions: sable argileux, gravillons très fin.
Ces opérations peuvent se faire préala blement ou dans l'appareil servant, au mo ment de l'utilisation, !à transformer le pro duit concentré en produit émulsionné.
Le procédé peut encore être appliqué < 1 la réparation ou réfection de revêtements an térieurs et, notamment, pour la réparation des accidents locaux dus à la circulation ou à toute autre cause (flaches, nids de poule, trous de toute nature) en faisant usage si multanément, s'il y a lieu, ,d'éléments mi néraux appropriés (cailloux, laitiers de hauts-fourneaux, gravier, sable, etc.), ces éléments minéraux étant imprégnés ou revé tus d'un produit goudronneux ou bitumineux.